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03.06.03 Les côtelettes (1/5)
Bon ben voilà, c'est bien fait pour ma gueule. Dans mon article sur Dogville, je me plaignais, je disais que je voulais de la fable, de la fantaisie et de la distance, et Bertrand Blier m'a écouté.
Le côté positif, c'est que cette adaptation de sa pièce de théâtre est tout sauf politiquement correct. C'est un peu une machine à faire gueuler un critique de Libé, mais il faut avouer que ça offre quelques répliques, voire quelques réflexions savoureuses. J'ai aussi trouvé que le procédé de narration utilisé par Blier était intéressant : en gros, on voit les personnages revivre les situations dont ils parlent tout en les racontant. Des voix off pas off, quoi.
Ceci dit, ça ne rend pas ce qu'elles racontent plus intéressant pour autant. Certains dialogues sont pas mal, mais globalement, c'est très bavard, très condescendant, faussement intello, et au final très chiant. Il y a bien quelques remarques qui font mouche, mais elles sont malheureusement trop rares. Pour faire passer tout ce verbiage, Blier a recours à l'humour-électrochoc au bazooka : 99% du comique vient du décalage entre le discours pseudo réfléchi d'un personnage et la réplique contenant "con" ou "foutre" de son interlocuteur. Personnellement, j'aime bien ce genre de trucs, mais quand c'est sans arrêt pendant une heure et demie, l'effet perd un peu en efficacité...
Et comme si tout ça ne suffisait pas, Bouquet et Noiret décident de se lancer dans un concours de celui qui en fait le plus et surjouent comme des malades. Au final, je pense que c'est Noiret qui gagne, mais il n'a que peu de mérite : il s'entraîne à jouer son propre rôle depuis une bonne dizaine de films et devient petit à petit une espèce de Christian Clavier en plus bourru et en moins hystérique.
Du coup, quand le film se termine, sur une scène splendide et hautement allégorique dans laquelle tout le personnel d'un hôpital s'unit dans une chorégraphie complexe sous les yeux de nos deux vieillards qui, la bave aux lèvres et les yeux exorbités, se tapent la Mort en levrette, tandis que celle-ci les encourage par de subtils "'faut continuer d'limer, là !", on se barre en courant, de peur que le générique ne contienne un bêtisier ou des scènes inédites. Enfin moi c'est ce que j'ai fait, en tout cas.
Un an sans cerveau
Il est déjà dans ma liste de liens, mais vu que c'est son anniversaire et que ses posts sont meilleurs chaque jour, je recommande à nouveau la lecture régulière de 404 Brain Not Found. Ca fait un peu "Renault préconise Elf", mais bon, j'assume.
04.06.03 28 Days Later (4/5)
Il faut bien se rendre compte qu'il y a un temps pour tout : un pour le questionnement philosophique sur le pardon et la responsabilité, et un autre pour l'éclatage de tête à la batte de base-ball ; un pour les tribulation oniro-imaginatives d'une écrivain au bord d'une piscine, et un autre pour l'arrachage de tripes avec les dents. À chaque fois, 28 jours plus tard se situe plutôt dans la seconde catégorie.
Le premier truc qui m'a frappé dans ce film, c'est sa réalisation. Au DV, très efficace, très vive, avec des utilisations assez cools du flou et de quelques filtres (le champ de fleur et son effet "peinture"), elle m'a vraiment beaucoup plu. À cela s'ajoute une utilisation quasi-parfaite de la bande son qui remplit à chaque fois son rôle apaisant, inquiétant ou carrément assourdissant.
L'histoire de base est assez simple : un mec se réveille dans une ville dévastée par une épidémie qui se propage par le sang et transforme les gens en espèces de zombies ultra agressifs, qui viennent alors évidemment saigner un peu partout histoire de grossir leurs rangs à moindre frais. C'est un peu Mort à l'arrivée à plus grande échelle (l'épidémie sévit dans toute l'Angleterre). Et en mieux, quand même, parce que Danny Boyle trouve toujours un petit élément qui relance l'intrigue et empêche ainsi 28 Days Later de se transformer en bête film de zombies. Bon, à la fin, il se lâche un peu, ça mord et ça gicle dans tous les sens, mais ça reste très bien foutu.
Malgré cette tendance un peu gorette, 28 Days Later parvient à évoquer de manière assez intéressante la notion de liberté, par le contraste entre la vie dangereuse mais finalement pas si malheureuse des personnages au début du film et ce qu'elle devient lorsqu'ils arrivent "en sécurité".
Au final, après mixage de tous ces éléments, auxquels on aura au préalable ajouté des très bons acteurs, on se retrouve avec un film vraiment cool auquel mon commentaire ne fait pas vraiment honneur, mais on va dire que c'est parce que c'est un jour sans.
05.06.03 Kaena, la prophétie (4/5)
Avant toute chose, je tiens à signaler que je suis parfaitement conscient de me faire avoir par un film qui me caresse dans le sens du poil. Enfin un film d'animation, comme on dit, parce que dessin animé ça fait pas très sérieux.
Le gros avantage de celui-ci, c'est qu'il est relativement adulte, ce qui contraste avec le reste des productions françaises et américaines qu'on a l'habitude de voir (moins avec les DA japonais, c'est vrai). Attention, j'ai dit "relativement adulte", c'est pas non plus forcément ce qui se fait de plus réfléchi au monde, mais il évite plein de petits détails énervants qu'on retrouve souvent dans ce genre de projet. Déjà, le manichéisme. Et ça, c'est énorme, parce qu'il n'est pas juste "pas trop manichéen", il ne l'est absolument pas. Tout de suite, ça permet au scénario de s'élever au-dessus de la moyenne, en donnant à chaque camp en présence une raison subjective concrète d'agir comme il le fait. Par concrète, j'entends qu'il ne s'agit pas d'un truc du genre "parce que je suis méchant" ou "parce que j'ai été conditionné dans mon enfance à être cruel et sans pitié, et un jour je dominerai le monde".
Le scénario, donc, est pas mal, avec son lot de dilemmes intéressants et de petits symboles qui, sans être visionnaires, sont souvent bien vus et bien utilisés. L'histoire est un peu complexe et surtout difficile à raconter sans en dévoiler tous les éléments, mais il s'agit en gros d'une jeune fille un peu rebelle qui tente de délivrer son peuple du joug de dieux un peu relous et découvre peu à peu que la vérité est ailleurs. Ouais, comme dans X-Files. Et aussi un peu comme dans Le château dans le ciel, parce que l'espèce de grand arbre dans lequel vit le peuple de Kaena rappelle beaucoup Laputa. Ca donne un peu rien, comme ça, mais ça se complexifie au fur et à mesure et si je vous demande de me croire quand je vous dis que l'histoire est pas mal, vous pouvez bien faire un effort.
La voix de l'héroïne est en réalité celle de Cécile de France, qui en plus d'être jolie donne un ton particulièrement juste aux répliques pourtant pas toutes évidentes (en clair, les dialogues sont parfois un peu limites) de son personnage. C'est un peu le problème des films de fantasy ou de science-fiction, ça : comment dire avec naturel une phrase du genre "Les propulseurs à fusion protonique inversée sont en panne, ça doit être parce que le ciel est rouge et que le sang a coulé cette nuit" ? J'exagère un peu, les dialogues sont loin d'être aussi mauvais, mais vous voyez l'idée.
Côté technique, parce qu'on est quand même bien obligé d'en parler, le choix est clair : 3D partout. C'est bien fait, même si à certains moment j'ai trouvé que c'était un peu saccadé (mais c'est peut-être dû à une contrainte quelconque que je ne connais pas) et surtout, artistiquement parlant, c'est assez varié et original pour nous faire vraiment entrer dans l'univers du film. La bande-annonce faisait la part belle à des images d'une teinte ocre, ce qui pouvait sembler un peu étouffant, mais elle ne faisait pas honneur au goût sûr et à la variété de Kaena.
Si on met à part les petits défauts évoqués plus haut et une légère tendance à céder au syndrôme Lara Croft (à coups de plans entre les cuisses de l'héroïne ou de reflets de lumière sur les courbes de ses seins), je trouve que Kaena, la prophétie est un film d'animation très attachant, qui m'a même emballé par certains aspects (mais c'était facile). Du coup, si Les triplettes de Belleville tient ses promesses (enfin, celles de sa bande-annonce), je décrèterai juin mois du dessin animé cacochyme (en attendant les Cacochyme Awards et la République Démocratique Mais Quand Même C'est Moi Qui Commande Cacochyme). OK, je vais me reposer.
Avril bashing
Je déteste Avril Lavigne. Surtout depuis que j'ai vu un de ses clips. Je lui souhaite vraiment du mal et tout, ça m'étonne moi-même.
Heureusement, mon pote Jul (dont on ne saura jamais vraiment s'il est fan de she-males ou non, mais à mon avis oui) a trouvé un moyen de stopper un peu ce sentiment de culpabilité qui m'envahit quand je coupe la radio ou que je zappe au son des premières mesures de Sk8er Boi (rien que le titre...) en hurlant "mais ta gueule grosse conne !" : une reprise de Chop Suey de System Of A Down par Avril Lavigne. Écoutez, on touche le fond (poc !).
07.06.03 Le freestyle comme style de vie
Aujourd'hui, je voulais écrire le commentaire de Mais qui a tué Pamela Rose ?, mais je viens de donner un grand coup de genou dans le tiroir ouvert de mon graveur. La bonne nouvelle, c'est que je peux casser la gueule à mains nues (enfin à genoux nus) à n'importe quel graveur de CD. La mauvaise nouvelle c'est que j'ai plus envie d'écrire (et que mon graveur est niqué).
08.06.03 Mais qui a tué Pamela Rose ? (3/5)
Ils sont un peu chiants, Kad et Olivier, de se balader partout pour faire la promo de leur film. Je veux bien qu'il faille le vendre et tout, mais là c'est sans arrêt, impossible de passer à côté. Bref, des fois ça veut rien dire, mais ça m'énerve quand même.
Bon, alors le film. J'avoue que je sais pas très bien par quel bout le prendre. Si j'avais pas été obligé de coller une raclée à mon graveur hier (il me cherchait trop), j'aurais même écrit mon commentaire sans lui mettre de note. Heureusement, j'ai finalement réussi à démêler un peu tout ça dans ma tête (on est un grand philosophe ou on ne l'est pas) et j'ai opté pour la note très audacieuse que vous avez pu découvrir ci-dessus avec une stupéfaction non feinte. Je vous l'accorde, l'avancée n'est pas vraiment spectaculaire (surtout si on considère qu'elle m'a coûté un graveur - vieux et insolent, certes, mais quand même), mais c'est déjà pas mal.
On a pas mal entendu Kad et Olivier dire que leur film suivait un vrai scénario et n'était pas simplement une suite de gag. C'est pas complètement faux, mais un peu quand même. En fait, il s'agit d'une parodie de film hollywoodien de base, avec scénario d'enquête de base. Du coup, on ne peut pas dire que l'histoire en elle-même soit intéressante. On devine quasiment tout depuis le début et il n'y a rien de bien original dans la progression de l'intrigue.
Par contre, ya du gag. Des milliards de gags. Des petits, des gros, des plats, des énormes, bref, c'est un peu Le zizi de Pierre Perret mais avec des gags à la place des zizis. Vous noterez qu'on y gagne au change. Du coup, c'est forcément inégal, on ne sourit pas à tout, mais il y a vraiment des passages super drôles (l'apnée, l'hélium...) et d'autres plus classiques mais bien amenés (le chien en bois). Bon, il faut aimer l'univers de Kad et Olivier, parce que sans ça je pense que ça peut devenir un peu hermétique. On y retrouve en vrac des Renault Fuego, des noms américains basés sur les sandwiches Mc Donald's, du rock sudiste, une rue Chuck Norris, des jeunes hommes qui découvrent leur homosexualité et quelques histoires d'odeurs corporelles. Alors forcément, moi qui ai beaucoup écouté le Rock'n'roll Circus, qui étais fan du Ziggy Show et qui ai bien aimé leur Grosse émission, j'ai tout de suite accroché et je me suis bien marré, mais pas mal de gens risquent de trouver ça un peu chiant. Malgré tout, Mais qui a tué Pamela Rose ? a également un côté plus "accessible", puisqu'il parodie plutôt pas mal le cinéma policier hollywoodien un peu pourri et foisonne donc de scènes bien trouvées tournant en dérision les poncifs du genre.
Enfin, l'autre force du film c'est sa réalisation (d'Eric Lartigau), et surtout le fait que les gags ne soient pas là pour conclure une scène avec un petit coup sur la cymbale, mais soient omniprésents, à tel point qu'on en rate certains. D'un côté c'est plus lourd parce que ça n'arrête pas, mais de l'autre c'est plus fin, parce que le réalisateur n'appuie pas dessus pendant 7 heures pour indiquer au spectateur qu'il faut rire. Les décors sont aussi vraiment bien foutus, surtout si on considère que tout a été tourné en Ile-de-France. Je sais, tout le monde commence à être au courant, mais je le précise pour les deux qui dormaient au fond de la salle.
Au final, je suis bien conscient que ce film n'est pas un chef d'oeuvre, qu'il va sembler un peu naze à pas mal de gens, mais moi il m'interpelle, parce qu'il se situe dans un univers que j'aime bien (même si Pamela Rose n'est pas à mon avis leur meilleur "feuilleton"), traité avec un humour que j'apprécie. J'aimerais bien qu'ils fassent le prochain sur la famille Gaillard, ça pourrait donner un truc à la fois drôle et amer que je courrai vois sans hésiter. Si quelqu'un qui les connaît veut bien transmettre...
Alouette
Un joli texte, un peu révolté et assez désabusé.
10.06.03 Secretary (2/5)
C'est bizarre, quand même. Ca commençait plutôt bien, c'était un peu décalé, yavait une progression vraiment intéressante dans le comportement de la secrétaire en question, une espèce de libération dans la soumission, deux acteurs vraiment bons interprétant des personnages atypiques et quelque peu tourmentés, bref, La secrétaire avait tout pour me plaire. Et puis vers le milieu du film, le réalisateur en a apparemment eu un peu marre de toute cette ambiguité et a donc transformé son film en comédie romantique de base. James Spader se métamorphose alors en Hugh Grant et Maggie Gyllenhaal en Andie MacDowell, afin de pouvoir se marier et former un parfait petit couple américain qui, on n'en doute pas une seule seconde, vivra heureux et aura beaucoup d'enfants. Soudain, les personnages perdent toute leur profondeur et on a l'impression de se retrouver devant la 574127 merdasse romantique hollywoodienne. Erk.
J'arrive toujours pas à comprendre comment on peut se laisser aller à tant de facilité quand on est capable de produire la première partie de ce film. Bon, il reste bien des situations assez drôles et une interprétation vraiment excellente, mais je suis quand même vachement déçu.
Le Bison (et sa voisine Dorine) (3.5/5)
Oh la bonne surprise ! Je suis allé voir Le Bison pour voir Édouard Baer faire le con, en m'attendant à un film du calibre de Toutes les filles sont folles, mais j'ai découvert une comédie largement supérieure, vraiment drôle, dans le sens où on rit vraiment et où on ne se contente pas de sourire de temps en temps en se disant "ah ouais pas mal ça".
Bien sûr, une grande partie du comique vient des deux acteurs principaux. Édouard Baer, évidemment, donne dans son style habituel, mais a apparemment été dirigé différemment, peut-être de façon un peu plus stricte, je sais pas. Quoi qu'il en soit, ça donne quelque chose de bien. Mais pour une fois, Baer ne monopolise pas l'écran. Isabelle Nanty (qui a réalisé et co-écrit le film) lui vole carrément la vedette. Elle est vraiment excellente dans son rôle de concierge larguée par son mari et se dépêtrant comme elle peut entre ses quatre enfants, le cinquième à venir et une horde de locataires relous (dont Louis Le Bison, le personnage d'Édouard Baer). Ca a l'air un peu cliché, comme personnage, mais il va en fait bien au-delà de la caricature de concierge et on s'aperçoit au fur et à mesure du film qu'il est beaucoup plus riche qu'on ne s'y attendait au début.
Un truc que j'ai bien aimé, aussi, c'est le rôle des enfants, qui forment un peu à eux tous le troisième personnage principal du film. Souvent, dans ce genre de comédie, les enfants (interprétés par des jeunes acteurs pas terribles - je me demande d'ailleurs comment ils font, les américains, pour avoir des gosses qui jouent bien dans leurs films, parce qu'en France c'est la plupart du temps assez horrible) apportent une touche de fantaisie guimauve et de bon sens enfantin à la merde. Eh ben dans Le Bison, c'est pas le cas. D'abord ils jouent bien, ensuite ils sont drôles, et enfin ils sont traités comme des personnages à part entière, et non comme des Jar Jar Binks de seconde zone.
À part ça c'est de la bonne comédie, avec beaucoup de gags, d'excellents dialogues, et au final très peu de déchet. Certes, le scénario est un peu anecdotique et la fin limite bâclée, mais, et ça me fait presque mal au coeur de le dire, on s'en fout, ça passe quand même, et ça fait enfin une bonne comédie à se mettre sous la dent (yavait bien Pamela Rose, mais c'est plus subjectif).
Des nouvelles de la conspiration du poireau
Il y a quelque temps, mon frère et moi découvrîmes l'existence d'une sombre conspiration, omniprésente, dont les membres se reconnaissaient au poireau qui ornait leur visage. Essayez un peu d'imaginer : Jacques Chirac, François Feldman, Bruno Cremer, Madame Ledoux, qui sait, votre voisin peut-être, tous unis dans un seul et unique but : dominer le monde.
Gérard Oury essaya bien d'avertir le monde de ce danger, à travers une scène célèbre mais pourtant incomprise des Aventures de Rabbi Jacob, mais rien n'y fit. Le poireau se répandait dans la société et gangrénait peu à peu toutes ses structures de pouvoir.
Mais tout ceci n'était que le début. Hier, alors que je me rendais à un congrès de philosophie fromagère, je vis une fille monter dans le métro, avec au-dessus de la lèvre supérieure un poireau métallique. Alors que je la cuisinais pour connaître la signification précise de ce signe d'allégeance supposé, constatant par là même le caractère profondément primaire de ses dénégations ("mais lâche moi sale con c'est pas un poireau c'est un piercing !"), l'illumination intervint. Sous le coup de l'émotion, je la lâchai et elle en profita pour s'enfuir, mais cela n'avait plus d'importance car je venais de découvrir la vérité : la conspiration du poireau était décidée à créer une armée de cyborgs fidèles à sa cause, en implantant des poireaux métalliques sur le visage d'innocentes victimes. Sous couvert de mode, cette secte maléfique étendait ses tentacules empoisonnés dans les couches branchouilles de la société, les seules qu'elle n'avait pas encore atteint jusque là. Ah, ils se croyaient protégés, avec leurs armées de dermatologues et de plasticiens, mais rien n'arrête la conspiration du poireau.
Un jour, vous aussi, vous en ferez partie.
12.06.03 La succube des lombards
Moi aussi, comme J-A, je veux construire des choses, merde.
(Cet article concourt officiellement pour le Most Cryptic Post Award).
16.06.03 Field dans ta chambre
C'est un peu tard pour vous la conseiller, vu que la dernière diffusion de la saison s'est terminée il y a quelques minutes, mais l'émission "littéraire" de Michel Field sur Paris Première, Field dans ta chambre, est vraiment bien. Enfin était, mais avec un peu de bol, ça va redémarrer en septembre.
C'est une sorte de On a tout essayé, mais en bien et où ça ne parle que de bouquins, avec des chroniqueurs dans l'ensemble assez cools, le tout orchestré par Michel Field. Certains auteurs assistent également à l'émission pour parler de leur livre, le défendre ou l'expliquer. Bref, c'est bien, mais c'est fini. Mais c'est bien.
Confessions Of A Dangerous Mind (3.5/5)
J'aime bien Clooney, et je suis bien content qu'il commence à avoir des rôles un peu atypiques, qui se basent un peu sur autre chose que sa classe naturelle. C'était le cas dans Welcome To Collinwood, qu'il avait produit, et c'est le cas dans Confessions d'un homme dangereux. Bon, là, c'est plus facile vu que c'est aussi lui le réalisateur, mais quand même.
Ceci dit, dans ce film, il y a bien moins à dire sur George Clooney (en tant qu'acteur, en tout cas) que sur Sam Rockwell, alias l'acteur américain préféré de Ptyx (ou pas loin). Ca se comprend quand on voit sa performance dans ce film. Il est toujours juste, semble prendre un paquet de visages différents, en fonction de la situation et de quel côté de son personnage il incarne, etc. C'est assez impressionnant. Les seconds rôles, notamment Drew Barrymore et Julia Roberts (que pourtant je n'aime pas trop) sont également assez bons.
Quant à l'histoire, c'est celle d'un producteur-animateur d'émissions de télé américain, Chuck Barris, qui a écrit un bouquin prétendant qu'il était également un agent de la CIA, pour qui il commettait des assassinats dans des pays étrangers. Personne ne sait réellement s'il mentait ou non, et la réalisation ne pousse le spectateur vers aucune de ces deux options. La vie de Barris, qui a de plus en plus de mal à concilier les deux aspects de sa double vie (ou à assumer sa mythomanie, au choix) est reconstituée telle qu'il l'a relatée, à coups de scènes efficaces entrecoupées de mini interventions de gens qui l'ont connu (interprétés par des acteurs). Ceci permet de découper le films en chapîtres, introduits par ces interventions, et j'aime bien les films découpés en chapîtres, alors je vais pas me plaindre.
Autre truc intéressant, la carrière de Barris elle-même : ce mec a quand même inventé un paquet de concepts de jeux télés, internationalement exportés, tels que ceux de Tournez Manèges, Les amours, le jeu qui passait sur la 3 où le public évaluait la prestation d'un mec et votait pour l'interrompre ou le laisser continuer, ou encore Mon cul sur ton nez, qui n'existe pas vraiment mais dont vous pouvez avoir un aperçu dans L'histoire du conteur électrique, qui est un album de Fred, auteur de BD que je vous recommande chaudement même si ça n'a vraiment plus rien à voir avec mon commentaire de film.
En fait, le seul truc que je regrette un peu, c'est un certain manque d'originalité dans la mise en scène et la rareté des scènes drôles ou cocasses qui sont pourtant toutes réussies. Ceci dit, je dis ça aussi un peu pour faire le chieur.
Le mystère de la chambre jaune (3/5)
Je suis un peu déçu. La bande-annonce m'avait fait espérer un film très travaillé au niveau de l'ambiance, assez théâtral et plutôt plein de charme, mais je n'y ai malheureusement pas trouvé tout ça.
Il y a effectivement un petit côté théâtral, que je n'aime pas forcément, mais qui convient tout à fait au cadre et à l'intrigue du Mystère de la chambre jaune. En revanche, Bruno Podalydès y a introduit un Rouletabille un peu trop gouailleur et cabot pour que l'opposition de style ne me dérange pas un petit peu. Alors c'est peut-être une question de goût, mais si je ne peux plus parler des miens sur mon blog, où allons nous, je vous le demande ! En tout cas, l'ambiance ne prend pas vraiment, et on se retrouve avec des scènes qui en font un peu trop, comme celle où le concierge tire un peu n'importe où avec son gros fusil de chasse, ou encore la prestation presque clownesque (et malgré tout très bavarde) de Denis Podalydès-Rouletabille dans le dénouement.
Malgré cela, il reste un montage et une réalisation très bien faits (particulièrement dans les scènes clés de l'intrigue), ainsi qu'un très bon acteur, Claude Rich, dans un rôle formidable tant au niveau du ton que des répliques, et un mec qui m'énerve, Pierre Arditi, qui s'en sort pourtant admirablement dans un rôle quelque peu ingrat.
En bref, ça se laisse regarder, il y a quelques grands moments, mais ça ne m'a à aucun moment particulièrement enthousiasmé.
Les triplettes de Belleville (3.5/5)
Un graphisme atypique, une histoire inhabituelle, un charme indéniable, des trouvailles vraiment intéressantes et on se retrouve au final avec un dessin animé original et relativement prenant.
Je me suis demandé s'il fallait que je parle de l'intrigue, juste histoire de faire honneur à son côté décalé, mais je pense que ça gâcherait un peu le plaisir de ceux qui n'auraient pas encore vu le film. Du coup, je vais me concentrer sur le cadre et l'atmosphère qui y règnent. On y retrouve notamment le charme du vieux Paris populaire, et plus largement de ces petits détails nostalgiques franchouillards, qui vont des grandes heures du tour de France aux allocutions télévisées du Général de Gaulle, en passant par les vieux immeubles aux formes torturées de l'ancien Belleville, ou le swing, les cabarets et Joséphine Baker. Et au milieu de cet univers connu et souvent mis en scène avec plus ou moins de bonheur, les trouvailles fourmillent : la mafia française basée au musée du vin, un New-York revisité au style Belleville (la ville en question, clairement située aux États-Unis, s'appelle d'ailleurs Belleville), des hommes de main qui fusionnent, des chanteuses de cabaret mangeuses de grenouilles, des cuisses (pas de grenouilles, celles-là) hypertrophiées (et à s'hypertrophier, on finit par se faire avoir), ou encore de nouvelles techniques de changement de pneus crevés, le tout rythmé par un swing brinquebalant et omniprésent.
J'ai tout de même un tout petit reproche à faire aux Triplettes de Belleville : le réalisateur a choisi d'en faire un film muet, ce qui ajoute certainement à son charme mais pose parfois quelques problèmes de rythme (vraiment minimes), et surtout semble le frustrer, au point qu'il a recours à une demi-douzaine de phrases parlées. Je ne sais pas si ça aurait été mieux si le dessin animé avait été totalement muet, ni si l'ajout de dialogues n'aurait pas ruiné l'atmosphère du film, mais je trouve qu'il y a un petit côté frustrant à cette quasi-absence de voix.
Bon, je fais un peu la fine bouche, mais si d'autres dessins animés avec autant de style et d'inventivité se mettaient à débouler dans les cinémas, je dois bien avouer que j'en serais le premier ravi.
19.06.03 Définition
S'immoler = se sacrifier. On peut donc aussi bien s'immoler par le feu que par injection de sirop de glucose.
Ceci est un communiqué officiel de l'Association Française des Mots Révoltés contre le Dévoiement de leur Définition dans la Presse (AFMRDDP).
26.06.03 Ca s'en va et ça revient (certains prétendent même que c'est fait de tout petits riens)
Alice Donut se reforme. Je sais pas si c'est une bonne ou une mauvaise nouvelle, parce que je suis toujours assez suspicieux en ce qui concerne les reformations de groupes, mais je suis quand même plein d'espoir. Ils vont théoriquement pas tarder à sortir un album, et s'il est juste un peu moins bon que Mule ou Revenge Fantasies Of The Impotent, ça sera déjà la fête. Sinon, tant pis, ça m'aura fait un prétexte pour réécouter les anciens.
30.06.03 Sin noticias de Dios (2/5)
Victoria Abril est un ange, Penelope "Fangfang" Cruz est un démon, et elles se battent pour l'âme d'un boxeur sur la pente descendante. Ca aurait pu donner un super combat de catch féminin avec en toile de fond un univers caustique à la In nomine satanis / Magna veritas, ou un truc du genre, mais en fait non. Sans nouvelles de Dieu ne décolle jamais.
La principale raison à cela est l'intrigue, plus que moyenne, et le déroulement un peu plat de l'histoire, passée la première demi-heure. En fait, ce qui est réussi dans ce film, c'est tous les petits à-côtés. Les scènes de cabaret de Victoria Abril, le personnage du sous-responsable de je sais pas quoi en Enfer, l'utilisation des langues (français au paradis, anglais en enfer, latin en terrain neutre), le paradis qui se désertifie, les punitions de l'enfer, etc. En bref, on se retrouve avec un cadre relativement riche bousillé par une intrigue au jus de latrines, de l'épaisseur d'un sandwich SNCF.
Comme je suis gentil, je relève quand même le thème marrant qui sert de point de départ à l'intrigue, à savoir la conspiration des riches en enfer. Je ne détaille pas trop, au cas où certains voudraient quand même voir le film, mais je trouve l'idée vraiment cool, et sans doute exploitable de façon bien plus convaincante.
Haute tension (3.5/5)
C'est assez marrant, la loi des séries. On a eu droit au retour du Evil Dead original, puis à un film de zombies old school (28 Days Later), et maintenant c'est Haute tension, un slasher à l'ancienne, qui débarque. Par "à l'ancienne", j'entends "avant la période des innombrables films tous plus pourris les uns que les autres qui ont surfé sur la vague du succès de Scream".
Mais toute l'élégance (si on peut parler d'élégance dans ce genre de films) de Haute tension réside dans la façon dont le réalisateur, Alexandre Aja, a récupéré et transformé à sa sauce les conventions des films qui lui ont servi de source d'inspiration. Il nous offre donc une réalisation très travaillée, tant au niveau des sons que des cadrages. Cécile de France ne passe pas son temps à hurler et son interprétation est d'une justesse sobre qui fait plaisir à voir. Bref, tout est ajusté pour que, tout en restant dans les codes du genre, le film y apporte réellement quelque chose. Je pense que c'est aussi dans cette optique que le choix du dispensable rebondissement final a été fait. Certes, il explique certaines scènes et ne sort pas tout à fait de nulle part, mais c'est quand même pas très loin. En revanche, j'ai adoré la scène finale, hommage évident mais néanmoins délicieux à Massacre à la tronçonneuse, film auquel on ne peut de toute façon s'empêcher d'associer Haute Tension.
D'un point de vue plus personnel, je me dois de signaler que ce film ne fait que renforcer la présence de Cécile de France sur ma liste des femmes célèbres à épouser rapidement. Il a aussi provoqué chez moi une question que je ne m'étais jamais posée. Parmi les victimes du tueur, il y a un petit garçon d'environ 10 ans (ou moins, ou un tout petit peu plus, je suis nul pour déterminer l'âge des enfants). Les scènes dans lesquelles il figure sont loin d'être les plus glauques du film, mais quand même, ça reste assez violent, et je pense que si je jouais dans un film, j'aimerais bien voir le résultat final. Alors comment ils font pour un film de ce genre ? Ils empêchent le gamin de voir le résultat de son travail, ou ils le laissent voir un film qui le transformera à coup sûr (ils le disent à la télé) en tueur de profs psychopathe tout juste bon à se droguer et à frauder dans le métro ?
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