Cacochyme
 

 

01.09.03
Rock over London, Rock on Chicago

Wesley Willis est mort.
18.15 | | Huit commentaires | Lien

02.09.03
La petite Lili (3.5/5)

Depuis que j'ai parlé de Swimming Pool, je reçois la visite d'un tas de sympathique internautes au goût très sûr, qui non seulement choisissent Google comme moteur de recherche, mais en plus ne s'en servent pas pour n'importe quoi, puisque leurs mots-clés favoris sont "Ludivine", "Sagnier" et "nue". Et "photos" aussi, des fois. Eh bien mes chers amis, réjouissez-vous ! Ludivine Sagnier apparaît totalement nue au tout début de La petite Lili. Ne me remerciez pas, je suis là pour ça.

Une fois l'attente du public satisfaite, Claude Miller peut se concentrer sur son film, et on l'en remercie. L'histoire La petite Lili est divisée en deux parties se concentrant essentiellement sur les personnages et une mise en abyme un peu facile mais quand même bien foutue sur les métiers d'acteur, de réalisateur et d'artiste du show-biz en général.

La première partie montre les vacances d'une famille naviguant dans ce milieu : la mère actrice (Nicole Garcia) et son mec réalisateur à succès (Bernard Giraudeau), le fils apprenti réalisateur écorché vif (Robinson Stévenin), rêvant de pureté artistique, de sincérité et de blog arty-goth et sa muse-copine (Ludivine Sagnier), et quelques personnages à la cool autour (interprétés notamment par Julie Depardieu et Jean-Pierre Marielle, qui tue). C'est très bien fait, ça interagit dans tous les sens, c'est la plupart du temps bien vu et les dialogues sont chiadés et souvent drôles. Le seul truc que j'aie trouvé à redire concerne le caractère un peu caricatural des personnages. Je sais bien que c'est la plupart du temps volontaire, mais on a quand même l'impression que la caricature échappe parfois un peu à Miller, notamment autour du personnage de Lili. A part ça, les acteurs sont très bons, mis à part peut-être Stévenin, qui est bien meilleur dans la deuxième partie du film (avec un personnage assagi et moins caricatural, justement).

A la fin de ces vacances, on saute quelques années et on retrouve tout le monde dans un autre contexte, celui du tournage du film de Julien (Robinson Stévenin), pour observer l'évolution des personages et de leurs idéaux. Cette partie, plus encore que la première, semble rassembler un peu toutes les pensées de Miller sur le milieu du cinéma. C'est souvent très critique, notamment à l'égard de tout le côté frime et superficiel du truc, mais c'est également, au final, plutôt optimiste et plein d'espoir. C'est aussi un peu moins réussi que le début, un peu plus facile, mais ça reste vraiment bien, si vous voulez mon avis.

Du coup, on se retrouve avec pas grand chose à jeter, et le film parvient même à faire passer sa petite morale assez subtilement, alors qu'elle paraîtrait gnangnan à vomir dans bon nombre de films. Comme quoi, avec un peu de talent...
18.47 | | Quatre commentaires | Lien


Les égarés (3.5/5)

C'est bizarre, je l'ai vu que dans un film (enfin deux maintenant), mais j'aime beaucoup Gaspard Ulliel. Non seulement il joue vachement bien, mais en plus il a une espèce de charisme bizarre que j'apprécie. C'est un peu une Julie Durand au masculin, pour moi. Et dans Les égarés, il a le premier rôle masculin. Du coup on le voit tout le temps, et moi j'étais tout content.

Bon, allez, l'histoire vite fait et après on passe aux choses sérieuses : 1940, c'est la débâcle, les Allemands arrivent à Paris et les hordes d'exilés qui se pressent sur les routes en direction du sud ont la joie de compter dans leur rang Emmanuelle Béart et ses deux enfants (un garçon et une fille, comme dans les pubs Kinder). La colonne se fait bombarder par un avion allemand, Gaspard Ulliel sauve la petite famille et s'enfuit avec eux dans la forêt, avant de trouver une grande maison abandonnée et de s'y installer "en attendant". Le reste du film, en gros, concerne les relations entre Emmanuelle (je l'appelle par son prénom, c'est une copine) et Gaspard, Emmanuelle et ses enfants et, évidemment, pour compléter la boucle, Gaspard et les enfants d'Emmanuelle. Par-dessus, il y a aussi un petit mystère autour de la véritable identité de Gaspard. Bref, ça tourne encore vachement autour des personnages et le tout est mené de bien belle quoique très classique manière. Mais surtout, deux questions fondamentales se posent.

D'abord, pourquoi est-ce que ce sont les américains qui ont tous les bons acteurs en-dessous de quinze ans ? Je ne veux pas tirer sur les deux jeunes acteurs des Égarés, qui sont finalement bien au dessus de la moyenne de ce que j'ai vu dans les films français (surtout Grégoire Leprince-Ringuet), mais quand même, on sent que c'est pas tout à fait ça.

Quant à la deuxième question, elle est bien plus fondamentale : comment Emmanuelle Béart fait-elle pour dégager une espèce d'énergie sexuelle irrésistible en permanence, qu'elle fasse la gueule, les vitres ou la cuisine ? Je sais bien qu'elle est jolie et tout, mais c'est pas la seule. Bref, je comprends pas. Ou alors je suis un sale pervers. En tout cas ça m'intrigue.

Sinon, pour en revenir au film, allez le voir, il est bien.
19.21 | | Trois commentaires | Lien

03.09.03
80's Matchbox B-Line Disaster

Hop, j'ai trouvé mon nouveau groupe du moment, après La Rumeur et The Mars Volta. Ce coup-ci, ça s'appelle Eighties Matchbox B-Line Disaster, ça ressemble au rejeton improbable des Dead Kennedys, d'Elvis Presley et de And You Will Know Us By The Trail Of Dead (une sacrée partouze, quoi), c'est bourré de violence, de tripes et de bizarreries, c'est sale, original et barré, et je suis bien content que ce soit arrivé dans mes oreilles. L'album s'appelle Horse Of The Dog et le site web est sympa et offre quelques morceaux en écoute. Charge the guns !
02.19 | | Deux commentaires | Lien

08.09.03
Phone Booth (2/5)

J'étais pas très chaud à l'idée d'aller voir un film de Joel "le droit de tuer !" Schumacher, mais tout le monde a son prix. Le mien, c'est un saucisson corse. Ptyx a donc acheté mon intégrité à grands coups de charcuterie et, quelques minutes plus tard, le grand Joel nous dispensait une leçon de philosophie dont il a le secret.

L'histoire de Phone Game est entièrement résumée dans sa bande annonce : un jeune yuppie presque infidèle (il ne trompe pas sa femme mais y pense plus ou moins) se retrouve piégé dans une cabine téléphonique avec un sniper psychopathe au bout du fil qui menace de lui faire sauter la cervelle s'il en sort avant d'avoir satisfait ses exigences. La cabine en question est rapidement cernée par la Police et Colin Farrel (le yuppie) suspecté d'avoir abattu un gros mac qui passait par là et voulait libérer la cabine pour ses protégées. Évidemment, c'est le sniper qui l'a abattu, mais les flics étant un peu trop cons pour analyser la trajectoire de la balle ou déterminer le type d'arme qui l'a tirée, une situation de blocage s'installe, avec la police qui veut faire sortir le mec de la cabine, le sniper qui veut l'y faire rester, et Colin Farrel qui rentrerait bien chez lui se siffler une bière devant Larry King.

Le truc qu'on ne peut pas reprocher à mon pote Joel, c'est de ne pas savoir mener son film. Ce genre de situation de base aurait pu donner un film bien chiant, mais ce n'est pas le cas : le rythme est soutenu, la tension maintenue jusqu'à la fin et seules les nombreuses incohérences viennent remettre la construction en cause. Malheureusement, de ce côté là, ça n'arrête pas : entre les flics qui ont oublié leurs leçons de ballistique, la façon qu'ils ont de considérer un suicide par égorgement au cutter comme étant tout à fait normal (ça m'a d'ailleurs rappelé un film dont le titre était un truc du genre L'attaque de l'épouvantail tueur et dans lequel la thèse du suicide n'était pas exclue lorsqu'on retrouvait un mec compressé contre un mur par une moissonneuse-batteuse avec une fourche plantée dans le dos), le cryptage magique de la communication téléphonique et, d'une manière générale, le manque d'idées des flics frôlant l'incompétence, on sent bien que la situation de blocage est totalement artificielle et que Navarro ou Julie Lescaut auraient torché cette affaire en quatre minutes, plus vite que Frameto. C'est quand même pas très flatteur pour le commissaire Forest Whitaker...

En revanche, les fans de Chute Libre et du Droit de tuer ? seront ravis de constater que Joel Schumacher est un cinéaste constant et cohérent, fidèle à ses idées. Finalement, c'est quand même bien fait pour la gueule de Colin Farrel, qui voyait régulièrement une fille avec qui il espérait tromper sa femme. Il l'a pas vraiment fait, mais il l'a pensé, et on peut dire qu'il s'en tire pas si mal ce salaud ! Heureusement qu'il y a des snipers-justiciers-tueurs-de-macs pour faire respecter la morale dans ce pays ! Cette petite musique vient rythmer l'ensemble du film avec une finesse n'ayant d'égale que les jeux de mots d'Arnold Schwartzenegger dans Batman & Robin. Du coup, en sortant, j'étais prêt à conclure un marché avec Joel : je veux bien le laisser faire des films, mais uniquement s'il s'engage à ne jamais entrer en politique (le mensonge étant évidemment, pour rester dans le ton, puni de mort).
09.39 | | Deux commentaires | Lien

09.09.03
Bruce Almighty (2/5)

Personnellement, j'ai rien contre Jim Carrey. Je le trouve même plutôt bon en général, mais il faut bien avouer qu'il a une proportion assez impressionnante de films pourris à son actif. Et Bruce Tout-Puissant en fait partie, ça ne fait aucun doute. C'est un peu dur de donner ce genre de sentence, parce que le film a quand même un bon petit capital sympathie, mais il faut quand même se rendre à l'évidence, il est naze.

Jim Carrey nous ressort une fois de plus son surjeu constant, fait de grimaces, de grands mouvements de bras et d'attitudes caricaturales de cartoons, et même si ça fait bien longtemps qu'on a pigé son truc, ça fonctionne toujours. Enfin chez moi ça fonctionne, en tout cas. En clair, ça veut dire que même si j'étais allé voir ce film plein de mauvaises intentions, avec la volonté manifeste de lui latter la gueule sur mon blog en rentrant, j'aurais pas pu m'empêcher de me marrer. Ca fait entrer Bruce Almighty dans la catégorie de ce que j'appelle les "films à la Hot Shots", où l'histoire n'est qu'un prétexte d'une minceur katemossesque (toi aussi, invente tes mots et gagne une fessée infligée par Maître Capello et son célèbre martinet-compte-triple) à enchaîner gag débile sur gag débile, laissant le spectateur à la fois hilare et honteux.

Alors voilà, le Dieu Morgan Freeman, fatigué d'entendre le petit Carrey se plaindre de lui, enfin de Lui (même si ça n'a rien à voir avec le magazine très connu qui offre des reportages extrêmement intéressants sur des sujets de société primordiaux), lui file tous ses pouvoirs et se barre en vacances. Évidemment, Jim s'en sert pour soulever les jupes des filles, éviter les embouteillages, obtenir des scoops incroyables (il est vaguement journaliste) et avoir la puissance sexuelle d'un taureau (voyez plus bas si vous voulez connaître une vraie-méthode-qui-marche à ce sujet). Et là, c'est drôle.

Par contre, ça se dégrade pas mal (et assez vite en plus) lorsqu'on arrive aux environs des deux tiers du film. Les scènes se répètent, c'est chiant, suintant d'une espèce de petite morale de ménagère de 50 ans habitant un minuscule village de l'Oklahoma qui dégouline paresseusement sur une esquisse d'intrigue amoureuse gerbante. C'est la morale qui dégouline, hein, pas la ménagère. Et là, on rigole déjà vachement moins, on pousse des soupirs et on amène par réaction les bons chétiens en phase de doute à devenir de fervents anti-cléricaux, à grands coups de bons sentiments et de bienveillance religieuse. Je sais bien qu'il faut pas prendre tout ça au sérieux, mais je crois qu'il aurait également fallu prévenir le réalisateur qu'on était au courant, tant celui-ci redouble d'efforts pour bien montrer qu'au fond il sait bien que Dieu n'est pas noir, qu'il Le respecte et que tout cela n'est qu'une blague, juré craché, ha ha, d'ailleurs regardez : en fait c'est pas Sa faute !

Sinon, au sujet de la puissance sexuelle des taureaux (c'est important de revenir à des choses plus sérieuses de temps en temps), j'ai lu il y a quelques années, dans un magazine sérieux (Abus Dangereux), qu'il existait une méthode infaillible pour l'acquérir. D'après le journaliste de cette respectable publication, il suffirait pour cela de se taper des vaches dans les champs. Celles-ci, ne faisant pas la différence, estimeraient alors que vous avez effectivement la puissance sexuelle d'un taureau. Personnellement, je suis bien trop timide pour essayer, mais si quelqu'un peut me donner un retour d'expérience à ce sujet, je suis preneur.
19.54 | | Sept commentaires | Lien


AaaaAaaAaAAAaaaaAAh !

Vous faîtes ce que vous voulez, mais moi je serais vous je cliquerais ici (via moustic sur #poesie_pastis_repondeur).
20.13 | | Neuf commentaires | Lien

10.09.03
Dirty Pretty Things (4/5)

J'aime autant vous prévenir tout de suite, on n'est pas là pour rigoler. Bon, peut-être un peu quand même à deux ou trois moments, mais après Bruce Almighty on ressent quand même un certain contraste.

Dirty Pretty Things, réalisé par Stephen Frears, se passe dans le milieu des immigrés plus ou moins clandestins de Londres et montre au fil de l'intrigue des éléments qui le caractérisent : comment ils se démerdent, où ils travaillent, ce qu'ils subissent et la façon dont tout cela façonne leur vie quotidienne. L'intrigue, quant à elle, mêle une histoire d'amour assez discrète et la quête d'une vie un peu meilleure, menée par Okwe, un clandestin nigerian joué par Chiwetel Ejiofor et Senay, une immigrée turque en phase de régularisation incarnée par Audrey Tautou.

Je dirais bien que les acteurs sont le point fort du film, mais ce serait oublier la façon dont il est mené, le naturel avec lequel l'intrigue pourtant sordide est développée, les images sombres et l'épaisseur intéressante des personnages. Vraiment, il est difficile de trouver de vraies failles dans Dirty Pretty Things. Pendant un moment, j'ai trouvé que le personnage de Sneaky, le gérant de l'hôtel dans lequel travaillent Okwe et Senay était peut-être un peu trop cynique, joué de façon légèrement caricaturale, mais à la réflexion je ne vois pas bien comment il aurait pu être géré autrement. Finalement, le seul petit défaut que je relèverai, c'est la tendance un peu prévisible de certains éléments, notamment autour du personage de Senay. Pas de quoi fouetter un chat (comme si vous aviez besoin d'un prétexte), mais puisque j'ai dit que je relevais, je relève.

Ceci dit, fatalement, il faut que je parle des acteurs, et en particulier de Chiwetel Ejiofor. Parce que bon, c'est vrai qu'il a un personnage qui a particulièrement la classe, mais quand même, il est d'une justesse vraiment impressionnante. L'efficacité de la scène où les flics débarquent dans l'hôtel, ou encore de celle, plus classique, de l'aéroport est décuplée par sa présence. Du coup, je suis vraiment impatient de le voir dans d'autres films. A côté, Audrey Tautou est également très bonne (oui oh ça va), dans un registre un peu moins propret qu'à l'accoutumée. Et puis bon, je vais pas tous les citer, mais y en a un paquet qui assurent vraiment (allez, un dernier nom : Benedict Wong, dans un second rôle également bien travaillé).

Enfin, un dernier truc que j'ai apprécié dans Dirty Pretty Things : on ne peut pas dire que le film n'est pas militant, parce que le simple fait de montrer cet univers implique une certaine réaction chez le spectateur, mais il évite de belle manière le prêchi-prêcha enfonceur de portes ouvertes qu'on n'aurait pas été étonné de rencontrer dans une histoire de ce genre.

Voilà, on va pas s'étendre davantage : des acteurs qui tuent, une histoire intéressante parfaitement maîtrisée, une esthétique et une réalisation réussies sans être m'as-tu-vu, et on obtient un film bien classe qui nous signale avec bonheur, en association avec la pluie et le rhume que j'ai chopé, que la rentrée est arrivée.
16.41 | | Deux commentaires | Lien

11.09.03
Good bye Lenin ! (3.5/5)

Ouais bon ben Good bye Lenin !, c'est un film allemand avec une histoire marrante mais pas crédible. En gros, une femme bien impliquée dans la vie politique de la RDA tombe dans le coma un peu avant la chute du mur de Berlin et rate l'épisode de la réunification, la conne. Elle se réveille un peu après et les médecins sont formels : tout choc psychologique risque de provoquer un second infarctus et de la tuer. Du coup, son fils, une espèce de mélange entre McDull et McGyver, lui ment et organise sa vie (et celle de sa famille) afin qu'elle ne se rende pas compte des changements intervenus, ou en tout cas qu'ils aient l'air d'être favorables à l'Allemagne de l'Est. Et par-dessus cette intrigue principale, il y a un petit drame familial à la cool et un paquet d'anecdotes plus ou moins parodiques de la vie à l'Est et des résultats de la réunification. Des trucs que vous auriez sus comme moi si, lors de votre adolescence, au lieu de faire les malins à draguer quelques vagues bonnasses sur une plage quelconque pendant vos vacances, vous aviez eu un correspondant allemand qui vous avait fait visiter Hamburg en vous expliquant que c'était beaucoup plus propre avant la réunification. Je sens bien que vous regrettez, maintenant, mais c'est trop tard, fallait y penser avant.

Sinon, en bref, parce que j'ai pas non plus envie de parler pendant trois plombes, la mise en scène est assez sobre mais on s'en fout ça convient bien au côté "plein d'anecdotes et de situations liées les unes aux autres font avancer l'histoire" du film et les acteurs sont plutôt bons, sans casser des multiples de trois pattes à plusieurs canards. En clair, tout ça est bien ficelé, assez marrant et parfois un peu touchant, mais pas trop quand même.

Bon ben voilà, Good bye Lenin est plutôt bien, mais c'est pas non plus le film du siècle, parce que ca reste finalement assez convenu en un seul mot. Et puis c'est super énervant d'aller dans un cinéma de bourgeois qui s'écoutent rire à chaque évocation plus ou moins parodique de n'importe quoi. Le pire c'est quand ça les concerne, parce qu'ils ressentent le besoin de montrer à la salle entière qu'ils sont capables d'auto-dérision. Alors si je peux vous donner un conseil, arrêtez de rigoler comme des phoques pour un oui ou pour un non, on se croirait au Royaume des chats.

P.S. (enfin A.S. mais c'est pas de ma faute si on peut pas faire de vrai post scriptum sur ce blog) : si mes aimables lecteurs ne voient pas très bien de quoi je veux parler, c'est comme si, en lisant mon texte et en tombant sur "draguer quelques vagues bonnasses sur une plage", vous vous mettiez à éclater de rire hyper fort pour bien montrer à votre copain / copine / tata qui lit par-dessus votre épaule que vous avez repéré le jeu de mots pourtant très basique que recèle cette phrase.
15.48 | | Six commentaires | Lien

15.09.03
La Jôle

L'autre jour, je me suis rendu compte que j'avais 200 trains de retard. Mon pote Nico m'a prêté l'intégrale de Dans les villages... de Max Cabanès. J'avais déjà lu pas mal de trucs de lui, et il faisait déjà partie des auteurs / dessinateurs de BD que j'aimais bien, mais ces albums m'étaient inexplicablement restés inconnus, alors qu'il s'agit visiblement de ses oeuvres majeures.

Du coup, j'ai rattrapé mon retard et je suis vraiment pas déçu : le tome 1, La Jôle, est une des meilleures BD que j'aie lues. Déjà, l'histoire est super originale. En gros, ça se passe au milieu d'une civilisation vaguement humaine, primitive et qui vénère la connerie. On y suit des merdouzils (les enfants de cette "civilisation") en quête d'intelligence, et c'est raconté sur un ton philo-oniro-fantasy vraiment classe, émaillé d'un langage déformé et inventif. Bref, c'est un vrai bonheur, d'autant plus que la narration est bien classe et que le dessin en noir et blanc, un peu crade et pourtant vraiment magnifique, arrache un peu tout sur son passage.

Dans les tomes suivants, le dessin devient un peu plus propre, en couleurs, et on perd presque totalement le language utilisé dans le premier. C'est vraiment dommage, je trouve que ça fait un peu retomber le charme. Ceci dit, l'inventivité reste présente dans l'histoire, et le traitement demeure le même, ce qui fait que ça reste nettement au-dessus de la moyenne. Enfin voilà, je découvre encore un truc mortel après tout le monde, et je suis bien content.
01.59 | | Quatre commentaires | Lien

16.09.03
Le tango des Rashevski (3/5)

Y a plein de types de soirées. Y a la soirée avec plein de gens dont la plupart nous est souvent inconnue, que j'aime pas et qui souvent s'avère être très très chiante, cas particuliers mis à part. Y a aussi la soirée poker-entre-hommes (où il peut y avoir des filles, mais qui reste quand même une soirée poker-entre-hommes) qui se passe à peu près toujours bien et dont on dit en rentrant qu'elle était bonne. Je pense qu'y en a plein d'autres, des types de soirées, mais maintenant que vous voyez l'idée, je vais me permettre de ne pas toutes les citer -- il y a d'autres blogs pour ça -- et je vais me concentrer sur la soirée à-deux-avec-quelqu'un-qu'on-voit-rarement, parce que c'était en fait le but de mon introduction et que j'aime bien quand c'est un peu structuré, sans quoi c'est l'anarchie et on se retrouve avec des consommateurs de cannabis qui roulent partout en scooter avec un portable scotché à l'oreille. Donc, hier soir, c'était une soirée comme ça et le seul truc que je voulais dire, c'est que c'était la meilleure de ce genre depuis un paquet de temps. Oui, tout ça pour ça, mais au moins vous savez comment je vais et c'est important pour moi alors vous pouvez bien faire un petit effort. Et puis d'autre part, vu la note du film, si vous suivez toujours c'est que vous aimez bien ça, bande de fripons.

Sinon, Le tango des Rashevski, c'est un film sur une famille juive libérale qui a le mérite de sortir un peu de la caricature habituelle et de poser quelques questions sur l'identité religieuse, culturelle et familiale. Le point fort du film, je dirais que ce sont les personnages, même si certains (Ric) sont quand même moins travaillés que d'autres (Dolfo). Le point faible, c'est que tout le monde est gentil, que la tolérance est partout et qu'on fait des mariages mixtes à la pelle où les invités font la danse du ventre avec une kipa sur la tête.

Voilà, à part ça, j'ai rien à redire sur les acteurs, qui se démerdent bien dans ce film un peu plat et facilement positif. Je sais, c'est court, mais sinon vous prenez de mauvaises habitudes et je suis obligé de taper régulièrement des textes de douze pages.
17.02 | | Un commentaire | Lien

17.09.03
Les invasions barbares (4/5)

C'est marrant d'aller voir un film québécois. On parle la même langue, et pourtant on ressent un décalage, certes moins important qu'avec un film américain, mais un décalage quand même. Évidemment, l'accent est en partie responsable, mais il n'y a pas que ça, le ton en lui-même est inhabituel. Enfin, si ça se trouve, ça n'a rien à voir avec l'origine du film et c'est juste le style du réalisateur. Bref, quoi qu'il en soit, c'est marrant.

Comme je suis un mec sérieux, j'espérais de tout coeur que Les invasions barbares seraient accompagnées de leur lot de ciboires et de crisses qui font le bonheur de Ptyx, mais aussi de bien des imitateurs de province. Sur ce point, j'ai été un peu déçu : les protagonistes sont pour la plupart des universitaires old school et sont plus portés sur le jeu de mots maoiste que sur le juron de base. Heureusement, un des personnages principaux vient combler l'attente du linguiste esthète que je suis dans une des premières scènes du film, en gueulant un "va don' chier, caaaaalice" tonitruant, après quoi il balance un grand coup de pompe dans une poubelle avant de laisser sortir un "tabernacle" rageur qui a ému toute la salle.

Ceci dit, on s'attarde sur les côtés amusants de l'accent et des différences de langage, mais ça ne dure pas bien longtemps, parce que l'intérêt du film va bien au-delà. L'histoire de base est simple : un fils brouillé avec son père (atteint d'un cancer) revient à son chevet pour l'accompagner dans ses derniers instants. Évidemment, y a plein de trucs autour qui font que le sens des Invasions barbares ne se résume pas à cela, mais même si on reste dans cette optique, le film a la classe. L'histoire est filmée avec à la fois un recul et une empathie étonnants, et les scènes émouvantes servent toujours l'histoire, et ne versent jamais dans le larmoyant malgré leur intensité. Ca a pas l'air comme ça, mais c'est fort.

Et puis à côté de cette histoire père / fils, il y a des tonnes et des tonnes de réflexions, parfois philosophico-nostalgiques sur le passé de ces hommes brillants, émaillé de bons moments mais aussi d'erreurs monumentales, et parfois plus générales sur la maladie et le fameux sens de la vie, expression totalement éculée mais que le film de Denys Arcand parvient à traiter avec une modestie et une profondeur enthousiasmantes. Malgré tout, il ne faut pas complètement se fier à ce que je dis : Les invasions barbares n'est pas uniquement un film triste. Non seulement il est souvent drôle, mais, en plus, le pessimisme ambiant recèle quelques éclairs d'optimisme bienvenus.

Et pourtant, malgré tout ça, ce film est bourré de petits défauts : certains personnages sont vraiment bâclés et / ou stéréotypés à l'extrême (l'homosexuel italien, notamment), certains gags sont un peu faciles ou grandiloquents (avec l'excuse du niveau culturel très élevé des protagonistes, mais quand même, parfois, c'est un peu trop) et les contraintes de réalisme souvent oubliées (le fils qui achète tout à tout le monde). On pourra bien me répliquer que ce n'est pas le sujet, mais là j'aime autant vous dire qu'on aurait mieux fait de se taire, parce que si, justement, ça fait partie du sujet, et si j'argumente pas c'est uniquement pour ne pas trop en dévoiler, mais je suis prêt à en découdre avec quiconque viendrait faire le malin sur MON blog.

Tous ces défauts, donc, j'en suis conscient, je les ai vus, mais ils ne suffisent pas à faire descendre le film suffisamment pour que je puisse m'accouder sur sa tête en proférant des commentaires sarcastiques. Ce qui achève de prouver indiscutablement que Les invasions barbares est un film vraiment cool et, accessoirement, que vous devriez aller le voir.
07.37 | | Quatre commentaires | Lien

18.09.03
Power And Terror : Noam Chomsky In Our Times (2.5/5)

C'est bizarre, quand même. Noam Chomsky a beau être un des intellectuels les plus brillants des États-Unis, il faut que ce soit des japonais qui produisent ce film. D'un côté, c'est vrai qu'on est bien loin du domaine de compétences original de Chomsky, la linguistique, puisque Pouvoir et terreur regroupe une série d'entretiens et de lectures qu'il a donnés au sujet du 11 septembre, mais quand même, je trouve ça surprenant.

Bon, ceci dit, le film en lui-même est loin d'être brillant. Déjà, les extraits sont parfois coupés un peu n'importe comment, et on a l'impression de ne pas arriver au bout du raisonnement que mon pote Noam était en train de construire. C'est un peu gênant quand même. Et puis, pour ne rien arranger, le film n'a pas vraiment de structure, les extraits étant liés plus ou moins artificiellement par un sujet, mais ne formant pas un véritable ensemble allant vers quelque chose (un truc un peu foufou, comme une conclusion, par exemple). Autre truc un peu chiant, le manque de contradiction. C'est super intéressant d'écouter Chomsky parler, mais on aurait aimer le voir défendre ses positions, surtout que, d'après ce qu'on m'a dit, il a une classe phénoménale pour ça. Bref, le film est vraiment décevant, limite bâclé.

Alors que reste-t-il me demanderez-vous ? (Demandez-le, je vais passer pour un con sinon). Ha ha, je savais que vous me poseriez cette question ! Ben la réponse est simple : il reste Noam Chomsky. C'est à dire un mec à l'intelligence et à la culture exceptionnelles, qu'il met au service d'un militantisme de bon aloi, bien loin des jeunes sauvageons en jean troué qui brandissent des affiches d'Attac parsemées de trous de boulettes gros comme un sénateur. C'est d'ailleurs assez bizarre que certains critiques de Chomsky lui reprochent une vision du monde en noir et blanc (sans nuances, quoi), surtout lorsqu'on voit les réponses qu'il fait dans le film à certaines questions (genre "non, je ne pense pas que la presse américaine soit contrôlée par le gouvernement"). Enfin bref, tout ça pour dire qu'on trouve quand même des trucs intéressants dans ce film, malgré son manque de fil directeur. Il paraît que Manufacturing Consent est sur ce point bien meilleur, donc si vous avez le choix, laissez tomber celui-là.

Petite modification à cet article : je m'aperçois que je ne parle pas de sa thèse concernant le 11 septembre et ses suites, ce qui est un peu débile. Donc, en gros, il montre que les États-Unis ne peuvent pas vraiment faire la guerre au terrorisme, puisqu'ils sont eux-mêmes l'un des états qui le pratiquent le plus (explications à l'appui, parmis lesquelles des condamnations par l'ONU et différents tribunaux internationaux). Il évoque aussi certains faits assez ahurissant concernant la politique des USA et des diverses grandes puissances mondiales ou régionales (Angleterre, France, Allemagne, Turquie, Israel), qui ont selon lui au moins en partie provoqué les actes terroristes du 11 septembre. Voilà, fin de la modification, la prochaine fois je ferai attention, promis.
12.43 | | Un commentaire | Lien

19.09.03
Le carnal (M-005)

- Tu sais ce que c’est, un carnal ?

- Non.

- C’est un mammifère qu’ils ont trouvé sur Zyr. Ils parlent d’en ramener ici pour les mettre dans des jardins d’acclimatation. Il paraît que les petits sont mignons et que ça plairait aux gosses de les voir en vrai.

- Mais pourquoi tu me parles de ça ?

- Ben j’ai vu un docu sur eux, hier, à la télé, et y a un truc que je trouve bizarre. Les carnaux, c’est des prédateurs, tu vois, des carnivores qui courent hyper vite et qui vivent et chassent en meute. Un peu comme les loups d'ici, mais en plus gros. Ils sont toujours en groupe bien organisé, avec le couple dominant, les chasseurs, ceux qui surveillent les petits et tout. Et y a que le couple dominant qui peut baiser. Si une autre femelle fait des petits, ils les butent ; si un mâle est surpris en train de s’en taper une, ils le butent aussi, ça rigole pas. Bref, les petits, quand ils arrivent à l’âge adulte, ils deviennent de plus en plus agressifs et, des fois, le plus fort de la portée décide de se faire le chef pour se taper la femelle dominante à sa place. C’est comme ça qu’ils changent le leader de la meute. Enfin, la plupart du temps ils le changent pas, parce que tant que l’actuel est pas sénile, y a de grandes chances qu’il foute une branlée à tous ses rivaux, vu qu’ils ont quasiment aucune expérience du combat. Mais bon, c’est pas le problème. Ce qui se passe, c’est que le combat dure hyper longtemps, parce qu’en gros ils cherchent pas à se tuer mais à s’épuiser. Et à la fin, en général, il y en a un qui se retrouve sur le dos, complètement crevé, avec les crocs de l’autre sur la gorge. À ce moment là, dans cent pourcent des cas, tu m’entends, dans cent pourcent des cas, il couine pour que l’autre le lâche, et le combat est terminé.

- Et alors ?

- Ben je trouve ça bizarre, moi. Le perdant, si il couine, c’est fini : jamais il baisera, il devra obéir à l’autre toute sa vie, chasser pour lui ramener de la bouffe, surveiller ses petits et se faire déchiqueter par tout le groupe si il ose renifler le cul d’une femelle, même dans un moment d’égarement, ils veulent pas le savoir. Bref, sa vie est foutue.

- Ben oui mais si il couine pas, l’autre le bute...

- Ouais, mais ça vaudrait peut-être mieux, non ?

- Je sais pas, je crois que je couinerais, moi.
08.39 | | Trois commentaires | Lien

20.09.03
Bob Dylan, avec nous !

They sing while they slave, and I just get bored
I ain't gonna work on Maggie's farm no more


Bob Dylan, Maggie's Farm.
17.18 | | Pas de commentaires | Lien

22.09.03
Matchstick Men (3/5)

Bon alors blabla, Ridley Scott, Alien, Blade Runner, Thelma et Louise, blabla, mais aussi G.I. Jane et le pitoyable Hannibal. Et au milieu, Matchstick Men.

Qu'est-ce que tu veux que je te dise, moi, Ridley ? Il est pas mal ton film, y a plein de trucs hyper chiadés, t'as choisi les acteurs parfaits pour chaque rôle (Sam Rockwell a définitivement la classe et j'en viens à aimer un peu plus Nicolas Cage), bref, on voit que t'as bossé le truc, que t'as pas fait ça vite fait sur un coin de table, ça OK. Allez, on peut même dire que la mise en scène est bien, même si personnellement, rien dans Les associés ne m'a semblé exceptionnel.

Et puis bon, des fois, on a l'impression que tu te fous un peu de la gueule du monde. Qu'est-ce que c'est que ce retournement de situation à la mords moi l'noeud (mais pas trop fort) qui vient de nulle part et qui n'a pas d'autre intérêt que de montrer le diamètre et le poids impressionnants des couilles du personnage qui le provoque, son "coup" ayant à la base à peu près autant de chance de réussir qu'Elie Semoun de passer la barre des cent kilos au développé couché ? Moi, ce que j'en dis, c'est qu'à un moment, il va falloir arrêter les conneries.

Alors OK, c'est pas mal, mais ça devient tellement gros et tellement peu original qu'on ne peut pas s'empêcher de pousser des gros soupirs désabusés. Heureusement, l'épilogue rattrape un peu le tout et atténue l'effet du grop coup de théâtre bien gras qui le précède.
16.13 | | Deux commentaires | Lien

23.09.03
Vacances

Je me barre cinq jours en vacances. Heureusement pour vous, je suis un mec responsable et j'ai pris de l'avance : je rappelle donc les liens vers les commentaires de deux films qui sortent demain : Ying Xiong (Hero), qui va avoir des super critiques partout sauf ici, et Les invasions barbares, qui va avoir des critiques très très négatives et d'autres très très positives. Enfin tout ça c'est des suppositions, hein...

À lundi.
11.13 | | Un commentaire | Lien

29.09.03
Télex

Il y a des puputes dans le Cher. Les turbo-diésels, c'est mieux avec un turbo, surtout dans les côtes. Il est possible d'improviser un petit pogo avec sa grand-mère sur Smells Like Teen Spirit. La presqu'île du Cap-Ferret a vraiment la classe, surtout hors-saison. Je suis fort au beach soccer. J'arrive pas, déguisé en plombier, à envahir efficacement un château sans concentration, même avec l'aide d'un dinosaure rose. Les cannelés, c'est bon. Le dimanche est déclaré journée officielle de la télé, avec deux épisodes d'Urgences, puis deux épisodes d'Oz (en VO s'il vous plaît), et enfin la redif' de minuit trente de Field dans ta chambre. Lundi, c'est la journée des devis.

C'est tout, bonne nuit.
02.25 | | Pas de commentaires | Lien

30.09.03
Les liens capitaux de Gwendoline Klingon

Gwendoline Klingon est une fille qui ne manque pas de slack. Elle le prouve une fois encore en portant à ma connaissance ce petit joyau : Awful Plastic Surgery. Donc, je confirme, c'est bien ceux de Natalie Imbruglia que je veux toucher.
01.59 | | Pas de commentaires | Lien
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