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06.11.03 Anything Else (3/5)
Une grosse flemme venue de l'espace s'est emparée de moi. Du coup, j'ai envie d'expédier ça en trois lignes, mais je peux pas parce que ça va merder avec la hauteur de l'image. Je pourrais aussi attendre quelques jours que la flemme passe, mais j'ai déjà trois commentaires à la bourre. Alors je vais être obligé de me forcer un peu, d'autant plus qu'après il faudra que je pense à écrire un truc sur ma première année de blog. Et aussi sur Matrix Revolutions, qu'il faut bien que j'aille voir malgré ma quasi-certitude de me faire chier. On peut pas voir le 1 et le 2 et bouder le 3. Faut prendre ses responsabilités. N'empêche, j'irais bien faire une petite sieste, là.
Ceci étant dit, revenons à Anything Else, qui s'appelle en français Anything else, la vie et tout le reste. J'avoue que des fois j'ai du mal à comprendre les traducteurs (ce qui, vous l'avouerez, est un comble, parce que leur boulot c'est quand même de faire en sorte qu'on comprenne, alors si ça marche pas, autant qu'ils partent en vacances et qu'ils laissent le titre du film en anglais). Enfin bref. Ce film est, comme tout le monde le sait (sauf Jeff Mirmanzaux de Dax), réalisé par Woody Allen qui, bien qu'étant sacrément doué, s'est quand même pas mal répété ces dernières années. En même temps, ça me gêne pas qu'il se répète moi, j'aime bien ses tics et sa façon de traiter les sujets. Quoi qu'il en soit, Anything Else entre pile dans le cadre de cette remarque. Le petit côté original est cette espèce de passage de relai / nostalgie qui s'incarne dans la présence de Jason Biggs dans le premier rôle, celui d'un jeune auteur juif New-Yorkais dans le vent. Je sais pas trop si c'est un Allen jeune ou la relève d'Allen, mais bon, il y a un jeu de miroir évident entre Biggs (qui est vraiment très bon) et l'acteur réalisateur du film (qui est comme d'hab).
À part ça, c'est classique. Bon, OK, il y a Dopler, le personnage de Woody Allen, une sorte d'érudit paranoïaque, apôtre indéfectible de la loi de Godwin, le charisme animal de Christina Ricci, et tout un tas de petits détails à la cool, mais on retrouve aussi la mise en scène Woody Allen, les dialogues Woody Allen, les thèmes Woody Allen, bref tout ce qu'on a déjà vu sous une multitude d'angles et dans des centaines de variations dans ses films précédents. Enfin bon, j'ai l'air de me plaindre, comme ça, mais en fait j'aime bien. Pour moi, un Woody Allen pas terrible, c'est quand même un bon film.
Zatoichi (3.5/5)
Zatoichi, ça ressemble vachement à un Western. Un étranger arrive dans une ville après un long voyage. Il aide la femme célibataire de la ville et apprend que l'endroit est aux mains d'un gang local qui terrorise et affame la population. Lui, il veut pas spécialement d'emmerdes, alors il coupe du bois pour son hôtesse, va se rincer le gosier au saloon, se fait un pote, joue au poker, et, comme il est doué, s'attire l'hostilité de membres du gang local, qui commettent l'erreur de vouloir lui casser la gueule. Évidemment, l'étranger, tel le Steven Seagal dans la soupe de qui on crache ou, pour rester dans le ton, tel le Clint Eastwood qui se fait emmerder par des chasseurs de prime, il les descend et va se planquer dans une maison avec les rares autochtones qui ne lui sont pas hostiles. Et comme vous vous en doutez, ça n'en reste pas là et il finit par nettoyer la ville de tous ces coyotes sanguinaires.
En fait, la seule différence, c'est que ça se passe au Japon et que l'étranger en question est un samouraï aveugle. Du coup, ça ouvre la porte à tout un tas de trouvailles que Kitano gère impeccablement, que ce soit en tant que réalisateur (avec une emphase sur les sons hyper bien foutue) ou en tant qu'acteur (certes, le personnage a la classe en lui-même, mais son interprétation est vraiment exceptionnelle). En bonus, il nous offre quelques plans mortels (j'ai particulièrement aimé celui du parapluie déchiré) et une précision impressionnante dans la mise en scène. On a également droit à une brochette de seconds rôles de qualité : que ce soit le ronin interprété par Tadanobu Asano ou l'un des Grands Méchants de l'histoire (Ginzo) interprété par Ittoku Kishibe, on ne peut que s'incliner devant la qualité des personnages et de leurs acteurs.
Mais malgré ça, il y a quelques trucs qui m'ont un peu saoûlé. En effet, autant j'aime les tics de Woody Allen, autant j'ai du mal avec certains de ceux de Kitano. Parmi eux, il y a une certaine propension à faire durer les choses plus que nécessaire, sous prétexte que c'est beau ou même parfois sans aucun prétexte. Dans le même style, je trouve qu'il abuse un peu du flashback. Ca fait qu'on a parfois l'impression que le film, déjà assez long (2 heures), dure des heures et des heures (alors que vous savez qu'il ne dure qu'une heure et une heure, si vous avez bien suivi). D'autres détails m'ont également fait tiquer : les giclées de sang à la Freddy Vs. Jason, et les effets spéciaux un peu cheap, notamment.
En fait, pour moi qui n'ai quasiment aucune culture des films japonais, ça me fait un peu penser à un Sergio Leone nippon (ce qui est plus que positif), auquel on aurait ajouté des éléments dont je ne comprends pas bien l'intérêt et, évidemment, d'autres que j'apprécie plus, comme les mimiques de Kitano, la gestion exceptionnelle des bruitages et de la musique ou encore les scènes clownesques qui viennent s'intercaler ici et là. Et au final, malgré quelques moments creux, c'est vraiment pas mal.
07.11.03 CacoRadio
Bon ben voilà, moi aussi j'ai franchi le pas. CacoRadio est accessible d'un simple clic en haut de ma petite colonne de droite et il y a déjà pas mal de morceaux dessus. J'essaierai de les changer de temps en temps, si j'oublie pas. Pour info, j'utilise comme tout le monde le script RADIO.BLOG d'Astro.
11.11.03 Métamorphose
Je sais pas si vous avez remarqué, mais Style & Purée, le blog de Gaëlle, a changé de layout.
12.11.03 Freddy Vs. Jason (1.5/5)
C'est quand même incroyable. La fille est sur le ponton, filmée de dos, et elle se désape. Elle rigole même un petit peu, la conne. Puis, elle s'élance et plonge à poil dans l'eau sombre en appelant son mec. Voyant qu'il arrive pas, elle revient vers le ponton et elle lance des trucs du genre "mais t'es où, Bob, montre-toi, c'est vraiment pas drôle comme blague". Et bon, elle remonte sur le ponton, et là on voit qu'elle a quand même des gros seins, y a pas à dire. Elle cherche son mec, mais évidemment il s'est fait buter, et elle va pas tarder à subir le même sort. En fait, sans blague, on se croirait dans la fin des années 70, quand Jamie Lee Curtis courait partout en criant et qu'on regardait juste ses seins s'agiter au rythme de ses foulées. Enfin moi je regardais ça un peu plus tard quand même, parce que j'étais à peine né à l'époque, mais c'est un détail. En fait, s'il n'y avait pas cette image un peu plus propre et les seins visiblement siliconés de la coureuse-crieuse cuvée 2003, on aurait peine à imaginer que Freddy Vs. Jason est un nouveau film.
C'est vrai pour la scène d'intro, mais également pour tout le reste. Les détails et les recettes des slashers que Scream avait utilisés ironiquement pour obtenir un résultat efficace se retrouvent quasiment tous dans Freddy Vs. Jason. Le problème, c'est qu'en les utilisant, Scream les a tellement désamorcés qu'on a ensuite bien du mal à les reprendre au premier degré. Bon, OK, c'est pas un vrai premier degré, c'est une sorte de premier degré basé sur du second degré (je sais pas si je me fais bien comprendre, mais la fin de la phrase devrait vous aider), mais ça reste relativement indigeste, malgré le côté sympathique qu'on perçoit tout de même dans l'utilisation consciente de ces clichés éculés. Donc, sans surprise, c'est plein de filles à gros seins (excellent casting, soit dit en passant), de giclées de sang, de découpages et de coups dans la gueule.
L'une des surprises du film aurait pu venir du scénario : l'histoire initiale est sympa, Freddy décidant en gros de manipuler Jason pour que les gens se souviennent de lui et qu'il regagne suffisamment de puissance pour pouvoir se remettre au boulot, mais, mis à part quelques petites trouvailles basées sur ce concept, elle est petit à petit abandonnée au profit de quelque chose de beaucoup plus basique (un slasher de base, quoi). Il y a aussi l'opposition entre deux slashers de légende, l'un dans un registre machiavélique, l'autre dans un numéro très réussi consistant à mimer un semi-remorque (même son sang ressemble à de l'huile de moteur), mais là encore, ça reste très limité. En fait, le seul truc qui vient sauver Freddy Vs. Jason du zéro pointé, c'est son réalisateur. Il s'appelle Ronny Yu, il avait déjà réalisé Le 51è État (que je n'ai pas vu mais qui n'avait pas l'air d'être un chef-d'oeuvre), et il nous offre quelques plans vraiment bien foutus et quelques scènes a priori basique mais que son traitement rend plutôt efficaces.
Mais à part ça, pas grand chose à se mettre sous la dent, à moins d'être un fan absolu des Destiny's Child et de vouloir être témoin des premiers pas de Kelly Rowland dans un "vrai" rôle au cinéma.
The Matrix Revolutions (2/5)
Après l'escroquerie du deuxième volet de la trilogie, The Matrix Reloaded, j'avais un peu d'appréhension en allant voir celui-là. Mais bon, je suis un mec curieux, je voulais connaître le fin de mot de l'histoire et je voulais savoir si Larry Wachowski avait changé son nom en Larra dans le générique de fin (la réponse est non).
Première constatation, ça n'a plus grand chose à voir avec le premier et le deuxième volets. Là ou les autres (surtout le premier, en fait) étaient pas mal construits autour des effets des actes de chacun dans la Matrice et en dehors, The Matrix Revolutions se passe essentiellement en dehors, et les interactions Matrice / monde "réel" sont vraiment anecdotiques. On se retrouve donc plutôt devant un film ressemblant à un mix de Star Wars et de ce que laisse présager le futur Terminator. C'est pas forcément un mal, et ça pourrait même être assez efficace. Les scènes de la grande bataille de Sion sont par exemple souvent très bien foutues. Ca tire dans tous les sens, les effets spéciaux sont impressionnants et la réalisation est, à ce niveau, excellente. On a carrément l'impression de sentir tout le poids des énormes structures qui s'affaissent et des gigantesques foreuses qui tombent de la voute vers le sol de Sion. Malheureusement, ces scènes de combats sont ternies par un nombre impressionnant de clichés à la minute : des couples qui se retrouvent, des jeunes héros pleins de bonne volonté qui font basculer l'issue du combat, des soldats en exosquelettes qui hurlent en vidant leurs mitrailleuses sur des hordes d'ennemis, bref, un paquet de générateurs de soupirs blasés.
Outre la bataille de Sion, The Matrix Revolutions se focalise évidemment sur l'évolution de Néo, sa quête et son amour indéfectible pour Trinity, amour évidemment réciproque et prétexte à un bon gros pot familial de scènes insipides, de déclarations diverses et de larmes faciles. De ce côté là, c'est pas très brillant, essentiellement à cause des dialogues qui sont au mieux plats, au pire risibles et stéréotypés. Bien sûr, on a encore droit à quelques savoureuses tranches de philosophie new age 100% pur beurre bio, qui permettent à peu de frais à tous les fans des Wachowski d'élaborer des théories de dix pages sur le côté profondément philosophique de la trilogie, et dont la scène de la gare, au début du film, est parfaitement emblématique.
Autre écueil, on retrouve un acteur que j'aime beaucoup qui se ridiculise une fois de plus dans le rôle du Mérovingien, aux côtés d'une Monica Bellucci se servant de ses seins comme d'une minerve et prenant sans arrêt de grandes respirations saccadées dans le style de Milady dans Les trois mousquetaires. La scène en question est une fois de plus pourrie, avec, encore et toujours, une mention spéciale pour les dialogues de mon pote Lambert qui m'ont donné envie de me cacher sous mon fauteuil, un peu comme quand la fille de Loftstory 2 dont j'ai oublié le nom essayait de donner des leçons de vie au public de l'émission.
En fait, si on y regarde de près, The Matrix Revolutions se rapproche assez de gros films classiques dans lesquels on suit d'un côté une opposition entre groupes, plutôt défavorable aux "gentils", et d'un autre la quête d'un ou plusieurs héros qui feront basculer l'issue finale de cette opposition (genre Star Wars ou Le Seigneur des anneaux). Bien sûr, tout ça est saupoudré d'une petite métaphore informatique et de concepts philosophiques prédigérés et enrobé d'une esthétique qui, bien que m'ayant plu dans le premier volet, commence sérieusement à s'auto-parodier (comme en témoignent le combat final contre Smith et l'entrée dans la boîte du Mérovingien), mais ça ne suffit pas à masquer la faiblesse et le peu d'originalité de l'histoire, de la narration et des dialogues. Bref, c'est moins horrible que la deuxième partie, mais ça reste un peu chiant quand même.
14.11.03 Les sentiments (3/5)
Ouais, ben si vous voulez mon avis, ça va pas bien loin. Alors voilà, Machin (Jean-Pierre Bacri), médecin de son état et Machine (Nathalie Baye) sont mariés depuis un moment et vivent à la campagne. Un jour, un jeune couple formé de Bidul (Melvil Poupaud) et Bidule (Isabelle Carré nue) s'installe dans une maison mitoyenne. Bidul est censé prendre la succession de Machin en tant que médecin de campagne attitré, le vieux en ayant un peu marre de tout ça quand même. Tout se passe bien, sauf que Machin tombe amoureux de Bidule, qu'elle le lui rend bien et qu'ils s'adonnent à des actes que la morale et la République réprouvent à des degrés divers mais néanmoins bien concrets.
Le sujet du film, c'est évidemment cet adultère amoureux un peu particulier, puisque Bidule semble tout aussi amoureuse de Bidul que de Machin. Enfin, c'est pas si particulier que ça, si vous voulez une fois encore mon avis (sinon, on se demande même pourquoi vous continuez à lire cet article), mais c'est vrai que c'est une facette sans doute moins traitée au cinéma que le traditionnel "écoute il paraît que c'est très bon d'un point de vue hygiénique". Donc, voilà. Je dis pas que c'est pas bien traité, parce que c'est globalement assez fin, mais ça casse pas trois pattes à un canard. On a un peu l'impression, en quittant la salle, que la réalisatrice aurait pu aller un peu plus loin que ça, d'autant plus que ce qu'elle fait, elle le fait très bien.
Quant aux acteurs, on peut pas vraiment leur reprocher quoi que ce soit, mais là encore, ça sent un peu la facilité : Bacri dans un rôle extrêmement proche d'Une femme de ménage ou du Goût des autres, Isabelle Carré dans la peau (nue) d'une jeune femme sincère et un peu (trop) ingénue, etc.
Donc, bon, Les sentiments est loin d'être mauvais, mais il n'a rien de particulièrement renversant. Si vous voulez mon avis.
Histoire de Marie et Julien (1/5)
Oh putain ! J'avais pas vu un film aussi chiant depuis euh... je me souviens même plus de m'être autant ennuyé pendant un film. Le pire c'est que j'ai même pas l'impression de ne rien avoir compris ou d'avoir raté l'essentiel, et à la limite, même si je me trompe, je ne vois pas comment ça aurait pu renforcer mon intérêt pour cette Histoire de Marie et Julien. Évidemment, quand je suis sorti du cinéma, je suis allé voir ce que les autres disaient du film, et je dois dire que ça m'a pas mal sidéré. Quasiment tout le monde en parle comme d'un chef-d'oeuvre. Le truc qui me rassure, c'est que quand on creuse, on s'aperçoit que soit ils parlent d'éléments qui sont loin de m'avoir parus aussi géniaux qu'ils le prétendent, soit ils noient leur critique dans un charabia tellement verbeux qu'on est en droit de suspecter un rien de snobisme dans le propos. Enfin j'ai pas tout lu, en même temps, peut-être que quelqu'un pourrait me convaincre, mais il va falloir qu'il soit balaise. Si vous voulez vous faire une idée de critique positive, je vous conseille celle de Chronicart, puisqu'on y apprend notamment que "si le cinéma de Rivette est, depuis ses débuts, travaillé par cette scansion de deux éléments hétérogènes, jamais comme ici on n’avait eu un tel sentiment du virtuel, des choses derrière les choses" et qu'"il faudra d’ailleurs re-faire, réitérer pour que ces choses enfin reprennent leur cour normal, redeviennent 'une'". Ca a l'air simple a priori, mais je vous conseille quand même de boire un peu de café avant, au cas où.
Quant à moi, je vais rester un peu plus terre à terre, parce que je suis pas super fan de scansion réitérée jusqu'à l'homogénéisation paradoxale de l'hétérogénéité ésotérique de toute chose, qui nous pousse souvent à passer allègrement de la synchronie à la dysynchronie sans autre forme de procès. L'histoire réservant un gros spoiler (qui n'est d'ailleurs pas très intéressant, soit dit en passant), je ne vais pas m'étendre dessus, mais, en gros, un horloger misanthrope tombe amoureux d'Emmanuel Béart (comme c'est original), qu'il recontre par hasard après l'avoir perdue de vue pendant un an. Rapidement, ils vivent ensemble et c'est à la fois le bonheur total, la merde, le doute, bref, la passion (et le spoiler aussi). Évidemment, je simplifie, parce qu'en fait c'est plein de symboles et de thèmes récurrents (qui tournent quand même pas mal autour de la passion). Indéniablement, c'est travaillé. Mais c'est aussi chiant et prétentieux, et ça se ressent particulièrement dans le jeu des acteurs, totalement désincarné, et les dialogues, dont chaque phrase est espacée de quelques secondes de silence, et qui sont déclamés comme quand on s'amuse à faire une parodie de théâtre d'avant-garde. Une façon hyper efficace de combiner platitude et grandiloquence. Pour tout dire, c'en est même parfois risible. D'ailleurs, même si moi je gardais mon sang froid, quelques spectateurs étaient visiblement morts de rire, et je ne pouvais que les comprendre.
Et en ce qui concerne la mise en scène, que tout le monde, là encore, trouve exceptionnelle, elle constitue exactement tout ce à quoi j'accroche pas. Les acteurs sont dirigés comme des zombies, les décors sont tellement placés au millimètre que ça en devient visible, et tout est sur-stylisé (les scènes de nu sont presque des caricatures). Bref, je peux pas dire que c'est pourri, mais je suis totalement hermétique à ça. C'est juste TROP.
Alors voilà, ça me désole un peu, surtout après avoir mis 1.5 à Freddy Vs. Jason, qui ne vaut pas grand chose, mais non seulement je n'ai pas trouvé quoi que ce soit de vraiment intéressant dans Histoire de Marie et Julien, mais en plus c'est la première fois depuis des années que j'ai eu envie de quitter la salle avant la fin du film tellement j'avais l'impression de me trouver devant une caricature de film chiant. Du coup, j'aimerais que ça provoque des réactions, parce qu'autant j'arrive à comprendre le mécanisme qui fait que, même si je trouve ça mauvais, des gens accrochent à un film comme The Matrix Reloaded, autant je n'arrive pas à voir ce qu'on peut trouver de passionnant dans celui-là.
18.11.03 Métamorphose (2)
Je sais pas si vous avez remarqué, mais aucun layout n'a changé. Ni ici, ni là.
Canard PC
À une époque, je me traînais un vieil Amstrad CPC 6128, qui ,certes, avait connu son heure de gloire, mais qui, au milieu de la légendaire guerre ST / Amiga, commençait sérieusement à sentir le formol. Amstrad Cent Pour Cent, le magazine de référence de ma bécane, adoptait une périodicté de plus en plus sporadique, pour finir par s'éteindre peu de temps après. C'est là que j'ai commencé à lire Joystick. Il y avait environ un test CPC par mois, mais c'était mieux que rien. Et puis, petit à petit, les jeux Amstrad ont disparu des pages de ce magazine (et des rayons des magasins). Je n'avais toujours pas de nouvelle machine et j'étais passé pro dans l'art de refaire marcher ce putain de lecteur de disquettes qui hurlait pour qu'on avance l'âge de sa retraite. Malgré tout, je continuais à lire Joystick, parce que finalement, plus que pour les news et les tests de jeux vidéos, j'aimais ce mag pour son ton, ses suppléments marrants (le fameux Éclectique Super Valable, suivi d'Abus Dangereux), et ses rédacteurs talentueux.
Au fil des années, les membres de l'équipe ont changé, mais le ton et le talent sont restés. Du coup, je lisais encore et toujours Joystick, que ma machine du moment soit concernée ou non par son contenu. Et puis, récemment, quasiment toute l'équipe s'est barrée, suite au rachat du magazine par un groupe possédant déjà une bonne partie de la presse informatique de France. Bien sûr, Joystick n'est pas mort, et il est peut-être encore un peu tôt pour juger la nouvelle équipe, mais quelque chose a incontestablement changé. Heureusement, comme je viens de l'apprendre en lisant le blog de Bingirl, les démissionnaires lancent leur propre mag, hebdomadaire qui plus est ! Ca va s'appeler Canard PC, et l'aventure commencera (du moins pour les lecteurs) le 26 novembre. Alors moi je dis youpi.
19.11.03 Kill Everyone Now
La porte éclate sous mon coup de botte. Je démarre la tronçonneuse et, curieusement, le petit personnel s’écarte bien vite de mon passage. C'était voulu, mais j'aurais pas cru que ça serait aussi efficace. Je longe le couloir à grands pas en défonçant chaque porte latérale d'un coup de hache. C'est technique, il faut bien faire gaffe à pas la coincer dans le bois, sans quoi ça ruinerait la fluidité de mon déplacement et tout l'effet stylistique de mon entrée. Mais j'ai répété. Les éclats de bois sautent dans tous les sens et le bout du couloir est proche. Avant d'en sortir, je jette un oeil en arrière pour constater que les loufiats se barrent dans l'escalier. Je lance la hache, pour voir. Elle est bien équilibrée et elle cloue un mec en bout de course contre la lourde déjà défoncée qui le séparait de la liberté. Ca fait plaisir de bosser avec du matos de qualité.
En entrant dans la pièce du fond, je dégaine la chaîne rouillée que j'ai enduite de graisse pour que les coups que je donnerai avec laissent des marques bien distinctes. Ce genre de détails visuels, ça ajoute tout de suite un côté chiadé à l'opération. On peut pas dire que mon entrée ait été particulièrement discrète, et pourtant ces trous du cul ont pas bougé. Ils sont toujours scotchés à leurs fauteuils Louis XVI, les dernières lettres de leur dernier mot dégoulinant de leur bouche entr'ouverte sur leur costard prêté par la prod’. J’aime les voir comme ça.
Je me demande par lequel je vais commencer. Un coup de chaîne en travers de la gueule du premier mec, dont je ne connais pas le nom, met un terme à mes hésitations. Y a pas à dire, une belle ligne de graisse noire, bordée de sang clair, reliant l’œil au menton, ça a du chien. Le mec porte ses mains à son visage et s’écroule. Visiblement, ça a des vertus pédagogiques, parce que les autres crétins comprennent que le fait de se lever de sa chaise constitue sans doute un premier pas vers une mort moins violente. Un coup de chaîne au milieu de la table, un autre dans le lustre et un troisième dans la gueule de Steevy donnent à la pièce un style qui me convient déjà mieux. Ca fait beaucoup de bruit, y a du pinard renversé partout, et le môme est en train de crever sur le tapis. Quand je pense que sa dernière pensée aura été de savoir si Sheila est oui ou non une icône gay, ça me fait froid dans le dos.
Mais bon, j’ai pas le temps de rêvasser : un gros mec vient de se faire la malle pendant que je redécorais l’endroit, et j’ai pas une folle envie de rater les autres. Orlando s’est cassé la gueule en arrière en voulant se lever trop vite, Serge Lama a attrapé un couteau et a reculé contre un mur, hors de portée de la chaîne, Anouk Aimée doit être sous la table et Ardisson a soulevé tant bien que mal son fauteuil pour s’en servir comme protection. Comme je suis un faible, je décide de laisser filer l’actrice, mais je me rattrape en renversant la table avec le corps de la tronçonneuse sur le gros bide d’Orlando. Il gueule mais ce qu’il a à raconter n’a pas l’air passionnant. Du coup, je commence à faire tournoyer la chaîne au-dessus de ma tête pour voir si j’arrive à entendre son sifflement malgré le boucan que fait mon amie Husqvarna. Non seulement ça marche, mais en plus ça projette d’épaisses gouttes de graisse dans toute la pièce et sur la gueule de Lama. Putain, c’est beau. Une vraie réussite ce truc, je le réutiliserai. Mais Thierry Ardisson n’est apparemment pas très sensible à toute cette poésie, et il profite de ma sensibilité pour tenter un mouvement tournant, bien planqué derrière le fauteuil qu’il brandit comme un bouclier, tout en restant dos au mur de la pièce et en marchant au passage sur son pote Orlando, qui gueule de plus belle. Mais y a aucun moyen que t’arrives à la porte, bonhomme. Ma chaîne, qui jusque là emplissait la pièce d’une musique lancinante, s’abat sur le fuyard et s’enroule autour d’un pied du fauteuil. Je tire dessus un grand coup pour lui arracher le fauteuil des mains et il se retrouve comme un con, des bouts de tissu déchirés dans ses petites mains crispées. Le côté négatif du truc, c’est que je vais pas pouvoir le finir à la chaîne ; je tenterais bien de faire tourner le fauteuil au bout, mais j’ai peur de me le prendre sur la gueule et de ruiner la composition jusqu’à présent parfaite de cette petite saynète. Pas grave : un grand mouvement circulaire de mon bras droit se charge des présentations entre la tronçonneuse et la veste d’Ardisson. Et comme ma copine vrombissante n’est pas du genre superficiel, elle entame aussi un peu le bide de son partenaire de jeu. Ca gicle pas mal, mais c’est bien le moins qu’on puisse attendre d’un coup de tronçonneuse. Quant à Ardisson, je sais pas si c’est le vin ou l’émotion, mais il a l’air d’attacher beaucoup moins d’importance que tout à l’heure au fait que l’arbitre ne puisse pas venir d’une des deux équipes et qu’il faille donc un roi pour jouer ce rôle. C’est drôle comme les raisonnements les plus simplistes sont vite abandonnés dans les moments importants. C’est la réflexion qui me traverse l’esprit lorsque mon deuxième coup de tronçonneuse lui sépare la tête en deux entre les maxillaires. Orlando couine encore un peu.
C’est là que Lama sent que c’est le moment de tenter quelque chose. Il se jette sur moi et tente de me planter avec son couteau à rôti. Heureusement, un réflexe me permet de placer le joli corps orange de ma tronçonneuse entre son arme et mon bide, et un tintement métallique salvateur ramène un sourire enjoué sur mon visage. Lama, lui, fait carrément la gueule. C’est le principe des vases communiquants. Alors coquin, c’est toi le boss de fin de niveau ? À nouveau, il tente de me percer avec son arme. Esquive, coup de pompe, coup de pompe, coup de pompe, garrot avec la chaîne, découpe du dos à la tronçonneuse en suivant les pointillés de la colonne vertébrale - 5 hits combo, PERFECT ! T’as raison, Serge : le baryton, c’est bon.
J’enjambe les corps en contemplant mes bottes maculées de sang et de fluides divers et réconfortants. J’ai plus qu’à redescendre l’escalier, monter dans ma Toyota et quitter cette putain de rue du Faubourg Saint-Honoré. Mais avant de sortir de la pièce, je jette un dernier coup d’œil en arrière. C’est bon, Orlando l’a définitivement bouclée.
20.11.03 Northfork (3/5)
Northfork me laisse une impression étrange et j'avoue avoir un peu de mal à trouver un angle d'attaque pour cet article. Disons qu'en surface (haha, vous savez pas encore pourquoi mais je suis déjà drôle, là), l'histoire est la suivante : pour des raisons liées au développement industriel et économique d'une région, un petit village et les champs qui l'entourent va être inondé par l'ouverture d'un barrage, afin de créer un lac artificiel. Quelque temps avant l'opération, un groupe de personnes est engagé pour expulser les quelques habitants qui refusent de quitter leur village et de s'installer ailleurs.
Mais en réalité, ce qui est censé être le vrai thème du film, c'est une espèce de parabole sur la mort et les anges, dont on ne peut pas dire qu'elle soit mal foutue, mais qui, finalement, ne mène pas à grand chose. En fait, pour rester dans une veine poétique que j'apprécie particulièrement, ça se pisse un peu sur la cuisse.
C'est dommage, parce qu'il y a dans ce film des trucs assez impressionnants niveau réalisation, notamment en ce qui concerne les raccords et les transitions entre les scènes. Toute la partie relatant les expulsions est de ce côté vraiment excellente. En revanche, le rythme est vraiment le parent pauvre de ce film par moments assez aride. Du coup, on baille un peu, et c'est d'autant plus dommage que certaines scènes un peu surréalistes sont très drôles et parfois même plutôt originales. Elles viennent donc de temps à autre rompre la monotonie qui a tendance à s'installer assez rapidement dans Northfork, de façon volontaire ou pas. Il y a également quelques scènes un peu décalées, qui rappellent parfois l'univers de Gilliam dans Brazil ou Fisher King (la maison des anges, ou encore la coquecigrue qui en indique le chemin à Irwin). Attention, hein, on reste quand même assez loin du niveau de ces deux films, mais l'ambiance et l'univers visuel de ces scènes y font néanmoins penser. Ce souci de l'esthétique se retrouve dans la plupart des scènes, et notamment dans les plans d'ensemble, qui installent de manière impressionnante l'atmosphère désespérée et mélancolique du village condamné.
Les acteurs participent également à cette ambiance à la fois triste et décalée, qu'il s'agisse de James Wood ou de Nick Nolte, impeccable dans un rôle un peu bourru, très proche de son interprétation de Bob le flambeur dans The Good Thief. On notera aussi la prestation d'Anthony Edwards (le Mark Greene d'Urgences) dans la peau d'un personnage assez bizarre, pusqu'il incarne une sorte d'ange bigleux aux mains amovibles.
L'avantage incontestable de Northfork, outre sa réalisation très soignée, c'est que c'est un film qui pousse pas mal le spectateur à réfléchir, à recoller au fur et à mesure les pièces du puzzle pour en décoder les références (dont un bon paquet me sont passées à côté) et profiter pleinement de l'histoire et des thèmes abordés. Par contre, on peut regretter que cette réflexion soit plus forcée que stimulée, que certains passages soient un peu ennuyeux, et que tout cela débouche au final sur quelque chose de bien moins ambitieux que la forme du film ne voudrait nous le faire croire.
21.11.03 Lézard
On prend des manières à quinze ans
Pis on grandit sans qu'on les perde
Ainsi, moi, j'aime bien roupiller
J'peux pas travailler, ça m'emmerde.
- Aristide Bruant, Lézard.
24.11.03 Standing In The Shadows Of Motown (3.5/5)
Étant un sale individu notoire, je vais pomper mon intro sur celle du film. Alors voilà, si je vous parle de la Motown, vous pensez automatiquement aux figures emblématiques de cette maison de disques, à savoir Marvin Gaye, Stevie Wonder, Diana Ross, les Temptations, etc. Mais, curieusement, ce n'est pas sur eux que se focalise le film, mais sur leurs musiciens de studio, ceux à qui la Motown doit vraiment le son qui a fait sa légende. Pendant très longtemps, leur nom n'a jamais été mentionné dans les disques qu'elle sortait et seuls les fans acharnés connaissaient leurs noms.
Standing In The Shadow Of Motown offre donc une présentation de ces musiciens, qui se sont eux-mêmes nommés les Funk Brothers, à travers des interviews d'eux et des gens qui les ont côtoyés et des petites reconstitutions d'anecdotes (pas forcément réussies, mais passons). On apprend beaucoup, à la fois sur la musique et sur l'époque, et les interviews sont entrecoupées de morceaux live interprétés en 2000 avec des chanteurs contemporains (dont, entre autres, Bootsy Collins, Joan Osborne et Ben Harper). Ces "intermèdes" musicaux sont souvent très impressionnants (Shotgun, notamment) et donnent un sens indéniable aux propos des différents musiciens.
Et puis, en creux, on touche du doigt l'envers du décor : des musiciens mal payés faisant vendre des millions de disques, dont l'influence a été considérable mais qui n'ont pourtant, pendant longtemps, jamais été crédités dans les albums, et qui ont fini par apprendre, par l'intermédiaire d'une affiche placardée sur la porte de leur studio, que la maison de disque qu'ils avaient rendue célèbre dans le monde entier déménageait en Californie et n'avais plus besoin de leurs services. Et curieusement, malgré le côté festif du film, c'est cet aspect plus sombre, à peine évoqué, qui lui donne toute son âme en soulignant la sincérité et l'amour de la musique de ces Funk Brothers enfin réhabilités.
25.11.03 Still cyco after all these years
Ca faisait un petit moment que j'étais pas allé à un concert. Là, le prétexte, c'était l'éternel retour de Suicidal Tendencies, dans un mini festival de hardcore. Vu que je me suis endormi (avant, hein, parce que dans la salle ça aurait été un peu difficile), je sais pas ce que valaient les premiers groupes, mais les deux "petits" que j'ai vus étant vraiment pas terribles. Je pense qu'il s'agissait de Death By Stereo et de Ignite (qui ont un peu fait gueuler les vieux hardcoreux avec leur reprise bourrine de Sunday Bloody Sunday), mais je suis pas certain.
Heureusement, Madball a élevé le niveau d'une demi-douzaine de crans. Vraiment une bonne surprise, sentant l'expérience, la sueur et la fonte soulevée. Le chanteur était carrément bon, a fait un petit peu de provoc basique anti straight edge et globalement le groupe a bien réveillé la salle. Brutal et efficace, quoi.
Et puis enfin, les mecs de Suicidal ont envahi la scène avec leur nouvelle section rythmique, constituée de deux frères, dont l'un (le batteur) était excellent et l'autre (le bassiste, bah ouais hein), bien que pas mauvais, était un peu timide et avait du mal à faire oublier ses talentueux (et remuants) prédécesseurs. Ceci dit, leur prestation était pas mal, avec la traditionnelle mais néanmoins impressionnante montée sur scène de la moitié de la salle sur le dernier morceau (Pledge Your Allegiance). Le truc cool, aussi, c'est qu'ils ajoutent maintenant beaucoup de groove à leurs morceaux, des tas de changements de tempo, et que ça rend vraiment bien. Malgré tout, le concert est resté en-deça des précédents auxquels j'avais assisté, notamment à cause de la courte durée du set et de la salle un peu molle.
Enfin c'était cool quand même, et j'ai mal aux cuisses (ça c'est de la conclusion).
26.11.03 Kill Bill : Volume 1 (?/5)
Non, pas de note. J'arrive pas à comprendre pourquoi ils ont coupé ce film en deux (enfin si, j'y arrive, mais j'arrive pas à trouver la raison suffisante). Si je lui donnais une note, là, maintenant, ce serait un truc du genre 3.5 et ce serait un peu salaud. Mais en même temps, il faut se rendre à l'évidence : à la fin de Kill Bill : Volume 1, j'avais l'impression qu'on me virait de la salle après l'intro du film. Je sais bien qu'il y en a des tas qui sortent en plusieurs parties, mais en général ils sont filmés de façon à ce que chaque épisode ait sa propre unité et amène sur une sorte de fin, ou un retournement de dernière minute introduisant le suivant. Alors que là, rien de tout ça. Allez, OK, un mini (mais genre mini, hein) coup de théâtre, histoire de pas trop avoir l'air de se foutre de la gueule du public, mais je ne suis pas certain que ça trompe grand monde. Du coup, j'attends de voir le film en entier, et je le noterai à ce moment là.
Parce que bon, déjà que l'histoire de base n'est a priori pas bien épaisse, mais alors si on la coupe en deux, ça devient carrément léger. En gros, une ex-membre d'un groupe d'assassins, après avoir réchappé par miracle à la mort à laquelle la destinaient ses bien aimés collègues, revient, plus furax que jamais, bien décidée à se venger. Oui, dit comme ça, c'est un peu bidon, mais la fille en question c'est Uma Thurman, et le réalisateur, c'est Quentin Tarantino. Et ça change tout.
Que ce soit du point de vue de l'esthétique ou de celui de l'inventivité, la réalisation de Kill Bill est exceptionnelle. Des couleurs (et du noir et blanc) partout, des trouvailles en veux-tu en voilà, des plans mortels cadrés au millimètre à la pelle (qui n'est pourtant pas un instrument de précision), bref, on en prend vraiment plein la tête. D'ailleurs, je pense que regarder ce film après le deuxième Matrix ferait prendre conscience à pas mal de gens que les combats filmés par les frères Wachowski puent un peu du cul, en fait. Parce que même si on enlève tout le second degré et tout le côté parodique des scènes de baston de Kill Bill, on se trouve encore à des degrés d'ingéniosité et de rythme tellement supérieurs que c'en est époustoufflant (ouais, carrément). Ceci dit, je dis "même si on enlève", mais le truc cool, c'est qu'on enlève pas et que, du coup, on se retrouve au beau milieu d'une tornade d'effets décalés ou comiques, mêlés à des chorégraphies millimétrées et plus sanglantes que Freddy Vs. Jason et Zatoichi réunis. Et ça aussi, c'est assez mortel : Tarantino va jusqu'au bout ; si un personnage poutre la gueule et découpe en carpaccio une centaine d'ennemis, on a droit, à la fin de la scène, à un plan sur les cent cadavres plus ou moins découpés. Alors ouais, c'est quand même un peu gore, mais c'est traité avec tellement de style et d'ironie que toute la salle se marre. C'est un peu le même mécanisme que dans Braindead de Peter Jackson, en (un peu) moins gore et en plus stylisé (et donc aussi en plus grand public).
Et au milieu de tout ça, Uma Thurman s'amuse. Comme dans les autres films du réalisateur, les personnages occupent vraiment une place centrale, et comme dans celui-là tout tourne autour d'elle, elle crève vraiment l'écran. Dans la scène où elle rend visite à Hattori Hanzo, elle est juste parfaite, et durant tout le film elle enchaîne les traditionnelles répliques pleines de frime avec une moue vraiment classe. Par contre, j'ai été un peu déçu par la qualité générale des dialogues. Ils sont pas mauvais, loin s'en faut, mais on n'atteint pas le niveau de ceux des précédentes réalisations de Tarantino.
Mais malgré ça, c'est peu dire que j'attends la suite avec impatience. Le savant mélange de série B et de virtuosité technique et esthétique de Kill Bill a d'ores et déjà emporté ma totale adhésion, et si la suite s'étoffe un peu en ce qui concerne les dialogues et le "contenu" en général, ce film sera une fois de plus une référence. Sinon, ce sera simplement une preuve de plus de l'incontestable talent de Quentin Tarantino.
The Triplets Of Belleville
Vu sur l'indispensable Metacritic, l'accueil assez exceptionnel fait par la presse d'outre-atlantique aux Triplettes de Belleville de Sylvain Chomet.
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* Millar / Quitely - The Authority
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