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01.02.04 Animaux charismatiques, tome 3
Bon ben voilà, encore une nuit National Geographic Channel, et encore des tas de trucs à peine croyables sur des animaux classieux.
Cette nuit, ça parlait de pieuvres et c'était juste mortel. Je savais déjà pas mal de choses sur les pieuvres, comme leur capacité à s'étirer dans tous les sens et à passer dans des conduits hyper étroits, ou encore comme leurs combats impressionnants contre les murènes (et la tactique du noeud opérée par ces dernières pour se débarasser de l'étreinte du céphalopode - hop, j'ai placé céphalopode, ni vu ni connu), mais j'ai encore appris des trucs incroyables.
Par exemple, j'ai vu une espèce de pieuvre-caméléon, qui change de couleur à volonté et hyper vite, qui modifie sa forme comme elle veut, et qui peut ressembler à un rocher couvert de n'importe quoi. Elle change même la texture de sa peau (genre plus ou moins granuleuse, avec des excroissances ou pas, etc.). J'ai aussi appris l'existence d'un animal assimilé aux pieuvres, qui est une sorte de limace de mer assez classe (c'est la bestiole de la photo). Ca s'appelle une danseuse espagnole, et je trouve que le nom est incroyablement bien trouvé. Et encore, là, vous la voyez pas nager en ondulant son espèce de robe de flamenco.
Bon, tout ça c'est gentil et instructif, mais je gardais quand même le meilleur pour la fin. Pour tester les capacités de camouflage de la pieuvre géante, des mecs l'ont mise dans un très grand aquarium avec pas mal de poissons, dont des requins d'environ un mètre de longueur. Eh ben non seulement ma pote la pieuvre ne se faisait pas repérer, mais elle a tué plusieurs requins et les a entièrement bouffés. Dans le reportage, y avait des images de la pieuvre qui chopait un requin et c'était super impressionnant.
Enfin voilà quoi, tout ça pour dire que j'aime les pieuvres et les docus animaliers. C'est assez audacieux, je sais.
04.02.04 Dead Or Alive 2 - Tôbôsha (3/5)
Allez, vite fait, parce qu'une fois de plus je suis à la bourre (ça doit être l'effet DOA). Il s'agit donc du deuxième volet de la trilogie "culte" de Miike et c'est sans doute celui qui mérite le plus son titre. Fini le côté sur-stylisé du premier (encore que le réalisateur succombe parfois à la tentation), place à un film plus lent, plus réfléchi. C'est pas un mal, parce que Hanzaisya était franchement léger au niveau du scénario. Ce volet permet aussi aux deux acteurs principaux, qui forment l'un des liens peu évidents de prime abord entre les trois films, de s'exprimer pleinement et de sortir un peu des rôles d'archétypes qu'ils endossent dans le premier volet.
En revanche, en introduisant un aspect plus poétique, Miike atténue grandement la folie qui caractérisant le film précédent. Il y a bien quelques phases mémorables, comme la pièce de théâtre totalement surréaliste ou le meurtre de l'homme à la bite géante (et c'est là qu'on voir que Catherine Breillat se la joue vraiment petit slip avec son obsession Siffredienne), mais la plus grande partie du film est plus dans la nuance et dans un vrai questionnement sur la vie (et la mort) des personnages. En l'occurence, il s'agit de tueurs à gages, amis d'enfance, qui se retrouvent et découvrent qu'ils font le même métier. Ca donne d'ailleurs lieu à une idée que j'ai trouvée vraiment très bonne quant à leurs motivations pour l'exercer (je veux pas trop spoiler alors le reste sera en commentaires).
Pour conclure, je dois avouer que je ne suis pas insensible au côté poético-symbolique du film, et on sent que les enjeux de ce volet vont au-delà de la simple lubie de réalisateur (ce qu'on ne pouvait pas vraiment dire du premier). Malheureusement, Dead Or Alive 2 est malgré tout un peu chiant à la longue et on se surprend parfois à souhaiter un retour à la folie incontrôlée de son prédécesseur.
Dead Or Alive 3 - Final (1/5)
Le premier était un film de flics couillu, le second était une comédie dramatique de tueurs à gages et le troisième s'attaque à un genre bien casse-gueule : la SF. Et, sans surprise, il se casse la gueule. C'est quand même bien fait.
Alors voilà, c'est de la SF, avec tout un tas de clins d'oeils aux références du genre. Et puis bon, comme c'est dans le futur et que c'est pas beau à voir, on fout une image volontairement pixelisée (l'idée n'est pas forcément mauvaise, mais on sent, comme dans le premier volet, la volonté d'être "culte"), un filtre verdâtre et des réplicants qui sautent partout et se mettent des coups de tatane à travers la gueule. Enfin, des coups de tatanes, y en a pas tant que ça en fait, et c'est bien dommage, parce qu'on se serait peut-être un peu moins fait chier.
Bon, OK, on retrouve une nouvelle fois un certain sens bien calculé de la folie, tout particulièrement dans le personnage du maire de la ville, sorte de Al Super-Gay japonais déguisé en dictateur, ou encore dans la scène finale, qui tape directement dans le n'importe quoi au bazooka. Bon, d'accord, blabla, c'est une sorte de sythèse des trois films en forme de pied de nez décalé, blabla bla, film culte, blabla, mais merde, ça suffit à un moment. Heureusement, il y a aussi dans cette dernière partie de la trilogie une fille absolument mortelle qu'il faudrait que je mette dans ma liste des actrices à épouser absolument. Elle s'appelle Maria Chen, il me semble. Et elle tue. Mais bon, je m'égare, parce que c'est loin de suffir à faire de DOA 3 un bon film, et je veux pas que ça me pousse trop à l'indulgence.
Quant à l'histoire, j'en parle même pas tellement elle sert à rien. On me rétorquera que de toute façon l'intérêt est plus dans les thèmes que dans l'histoire, et je lui répondrai que ouais, mais que les thèmes ça fait deux (longs) épisodes qu'on nous les rabâche et que du coup j'aimerais bien pouvoir un peu m'en évader dans un scénario motivant. Et là on me répondra que je peux toujours me brosser. Dont acte.
RRRrrrr !!! (2/5)
Les teasers me faisaient bien marrer, et la bande-annonce idem. Et puis c'est sorti, et tout le monde me disait que c'était pourri. Mais bon, étant un aventurier du quotidien, j'ai décidé d'aller voir par moi-même. Et j'ai pas forcément eu raison.
Ceci dit, je peux pas le nier, je me suis marré. J'aime bien l'humour des Robin des bois en général, donc c'était pas si dur que ça de me faire rigoler, mais quand même. Y a un paquet de bons gags, au milieu d'une tonne de déchets bien dégueus certes, mais quand même. Ca foisonne de trouvailles débiles qui, même si elles ne font pas hurler de rire, contribuent à donner au film une ambiance absurde que j'ai bien aimée. On a également droit à plein de clins d'oeils sur les personnages des Robin des bois (le chef qui demande à tout le monde de dire que sa femme - Élise - est belle, le côté enfantin de PEF, etc.), qui ne frapperont probablement pas ceux qui ne connaissent pas trop le reste de leur oeuvre, mais qui, pour les initiés, feront certainement mouche. En même temps, fallait s'y attendre dans un film où on mange de la viande crue. Enfin de ce côté là, c'est sans surprise, quoi. C'est drôle comme un long sketch des Robin des bois, ni plus, ni moins. C'est con parce que j'avais l'impression que ce serait plutôt plus, mais passons.
À côté de ça, l'intrigue du film est assez minable (on s'y attendait), le rythme est très très irrégulier (on le craignait), il y a peu de cohésion entre les gags (idem) et surtout c'est monté avec une hache de trente tonnes mal aiguisée. C'est vraiment frappant tellement c'est mal foutu. Et encore, je ne parle pas des raccords ratés qui parsèment le film. Évidemment, quand l'histoire de base n'est pas terrible, une réalisation comme ça, ça vous plombe un film.
Enfin voilà, j'ai pas grand chose à dire sur RRRrrrr !!!, tellement il est bancal et sans surprise. Heureusement, il reste quelques gags qui resteront certainement et qu'on se ressortira entre potes sous l'oeil perplexe de ceux qui n'auront pas vu le film (et je compte bien le prouver avant la fin de cet article, et vu le nombre de lignes qui restent, avouez que c'est un sacré challenge), mais on peut dire la même chose des films des Charlots, donc je suppose que ça doit pas être un critère valable. Bref, pas de quoi fouetter un chamouth (paf !).
Commentaires de films pas vus
Ouais, c'est un nouveau concept. Y a deux films à l'affiche qui m'énervent sans même que je les aie vus, alors je vais me foutre de leur gueule gratuitement.
- Anatomie de l'enfer (0.5/5) : Catherine Breillat se la pète et ce film ne fait pas exception à la règle. Elle fantasme sur la bite de Rocco et elle essaye de nous faire croire qu'il s'agit en fait d'une réflexion sur le désir et d'un exercice de style autour de la façon de filmer le sexe au cinéma. Hyper ambitieux, quoi. Et intello. Du coup, on assiste à des scènes surréalistes où Amira Casar, en femme blessée mais néanmoins consciente de ses propres limites qui la font souffrir mais font également d'elle ce qu'elle est, récite des phrases pseudo-profondes en fixant le sol devant elle, vide son sac sentimental et exprime ses angoisses de femme devant un Rocco interloqué qui meurt d'envie de lui ressortir une des deux répliques qu'il avait apprises pour Romance, autre film de la réalisatrice (les deux répliques en question étant "Tou vo mé faire ouneuh pipeuh ?" et "Tou vo qué yé t'encoulo ?"). Les dialogues sont donc tout nazes (mais c'est volontaire), le jeu des acteurs est au naturel ce que Scotch Brite est à l'hygiène intime (mais c'est fait expres) et la réflexion, qui se veut profonde, subversive et novatrice a à peu près la portée de Sim au lancer du marteau (ah merde là c'était pas voulu). Un grand film, quoi.
- Les 11 commandements (1/5) : Jackass sans les couilles.
Sinon, je sais pas si vous êtes au courant, mais y a un documentaire a priori mortel qui sort cette semaine. Ca s'appelle Deep Blue et c'est sur la vie dans les océans. Ils ont mis 8 ans à le tourner, dans un environnement dont on ne connaît quasiment rien et à mon avis ça vaut vraiment le coup. Je vais peut-être aller le voir cet aprem et je vous encourage à faire de même, pour qu'ils en sortent d'autres et que j'aille les voir. Vous pouvez bien faire ça pour moi.
07.02.04 Deep Blue (3/5)
Ouais ben j'ai peut-être crié victoire un peu vite, quand même. Sur le papier, ça avait l'air d'être un document animalier incroyable, avec des images jamais vues et une portée un peu plus intéressante que celle d'un reportage d'Ushuaïa, mais, en pratique, on n'en est pas tout à fait là.
Première déception, c'est pas très scientifique. J'entends par là qu'on a très peu de données techniques. Moi, ce que j'aime bien, c'est savoir où vit tel animal, comment il regroupe les bancs de poissons près de la surface à l'aide d'ultrasons pour mieux les coincer et les bouffer, ou encore admirer au ralenti le mouvement d'aspiration du poisson-vorace quand il bondit sur un poisson-victime en aspirant l'eau tout autour pour ne lui laisser aucune chance. Tous ces trucs, quoi. Ben là y a pas. Désolé. Y a une phrase de commentaire toutes les sept minutes et débrouillez-vous avec ça. Du coup, j'ai un coin de la bouche qui descend un peu.
Mais bon, si y a très peu de commentaires, ça peut être fait à la Microcosmos, vachement scénarisé, avec des enjeux simples mais bien amenés qui font qu'on s'intéresse de près à l'histoire de toutes les bestioles filmées. Ben oui mais non. Il y a très peu d'enjeux dramatiques, en dehors d'un chasse au baleineau par un groupe d'orques et des tendances très écolos des commentaires.
"Ben merde !", vous dites-vous, afin de respecter la structure de mon article et de marcher dans mes combines, guidés que vous êtes par le souci louable d'éviter de me vexer. "Mais alors, y a quoi dans ce film ? Que des images ?". Eh ben presque (et je dis pas ça pour feindre de vous croire perspicaces). En fait c'est vachement contemplatif. Enfin écolo-contemplatif. Du genre dix minutes d'images, suivies d'une petite tirade métaphorique pleine d'eau et de sable qui se fécondent et de trucs du genre. Pour tout dire, c'est souvent un peu relou, au niveau des commentaires. Par contre, en ce qui concerne les images, c'est juste woaw. Déjà c'est hyper bien filmé et réalisé, un sans faute de ce côté là. Mais alors les images ! Y a des tas de plans mortels, qui reprennent parfois des choses vues mille fois mais d'une façon tellement belle et sous un angle tellement original que ça m'a vraiment scotché malgré tout le reste. Pour citer deux ou trois trucs rapidement, je peux mentionner la chasse au baleineau sus-citée, les images des albatros, ou encore les crabes qui vont à la mer (mais là encore, c'est vraiment du gâchis de ne pas avoir mis quelques commentaires explicatifs). Et puis, en cadeau, on a aussi droit à quelques scènes que je n'avais jamais vues (et pourtant je m'en tape des documentaires animaliers) : certains protozoaires des profondeurs et leurs jets de lumières tout chelous, les requins qui se battent pour bouffer, l'orque qui jongle avec les otaries, etc. Vraiment la classe.
Donc voilà, je peux pas dire que La Planète bleue n'est pas un film plein de qualités, et certaines images sont tout bonnement exceptionnelles, mais je regrette vraiment ce côté ôde à l'océan un peu basique qui prend complètement le pas sur l'aspect plus scientifique que personnellement j'attendais avec beaucoup d'enthousiasme. Je suis un peu déçu, quoi.
10.02.04 Buongiorno, notte (3.5/5)
C'est quand même pas si facile de faire un film dont tout le monde connaît déjà la fin. Si je dis ça, c'est que c'est évidemment le cas de Buongiorno, notte, qui évoque l'assassinat du président du parti démocrate-chrérien italien par les Brigades rouges dans les années 70. On suit le petit groupe communiste, constitué de trois hommes et d'une femme, depuis les préparatifs de l'enlèvement d'Aldo Moro jusqu'à son, exécution.
Évidemment, puisqu'on connaît d'avance l'issue du scénario, le réalisateur se concentre sur autre chose. Sur un paquet d'autres choses, même. Et c'est là que réside le tour de force : évoquer de façon très convaincante des aspects très nombreux de l'événement en semblant à peine les effleurer. On ne s'en rend pas forcément compte tout de suite, mais en sortant de la salle et en réflechissant un peu à la raison pour laquelle Buongiorno, notte laisse à l'esprit cette très bonne impression, on refait rapidement le tour de tout ce que le film parvient à dire si délicatement : l'union sacrée un peu lâche de l'ensemble de la classe politique ainsi que du Vatican, les réactions plus divisées de la population (avant l'assassinat en tout cas), l'évolution des convictions des différents membres du petit groupe des Brigades rouges, l'intégrité philosophique d'Aldo Moro dans ses dernières heures, et, à travers tout cela, une réflexion ouverte et finalement assez peu moralisatrice sur l'engagement politique. En gros, jusqu'où peut-on aller pour des idées, est-ce qu'une cause peut-être trahie temporairement pour faciliter son triomphe, et toutes sortes de choses tournant autour de ces thèmes. Tout cela est amené avec une maîtrise du scénario et de la mise en scène très convaincante.
Bien sûr, on ressent assez facilement la tendance globale des idées du réalisateur et, par certains aspects, les ravisseurs d'Aldo Moro peuvent sembler un peu caricaturaux et le dogmatisme fanatique de leur chef peut-être un peu exagéré, mais tout ça est contrebalancé par la qualité du traitement de l'évolution du personnage féminin du groupe, tiraillé entre le "monde extérieur" et ses convictions politiques, tiraillement qui donne lieu au fil principal du scénario. On peut aussi reprocher au film son rythme un peu lent, mais contrairement au Sourire de ma mère, le précédent long métrage de Bellochio, ces longueurs ne m'ont pas trop dérangé (à l'exception de quelques-unes), et je trouve même qu'elles contribuent à donner à l'intrigue sa dimension inéluctable et à augmenter la tension qui caractérise bon nombre de scènes.
Bref, malgré quelques aspects un peu caricaturaux, Buongiorne, notte m'a bien plu, grâce notamment à sa façon d'évoquer des idées sans les imposer et à sa mise en scène impeccable qui fait de Marco Bellochio la vraie star de ce film.
Jeepers Creepers 2 (1.5/5)
Ouais bon ben il est moins bien que le premier, quoi. Y a quelques bons trucs, et toujours ce côté "jeunes hommes musclés pris en chasse par un prédateur dégueu", mais ça suffit pas vraiment.
Le truc, c'est que Jeepers Creepers 2 a beau être plutôt bien réalisé, le scénario est assez plat et n'offre que très peu de surprises. Quelques sursauts, tout au plus, mais rien de bien effrayant. Il y a aussi un petit côté comics, avec le fermier et son lance-harpon en tourelle à l'arrière de son pickup, et la série de cascades totalement délirantes qui s'en suit, mais le film baigne dans sa grande majorité dans une ambiance mornes et pas si flippante que ça. Même la créature, en devenant une espèce de super-villain ailé, perd de son mystère et contribue donc au côté téléphoné de pas mal de scènes.
Enfin bon, on se fait pas chier à proprement parler (oui je donne dans l'oxymore poétique), mais on laisse passer tous ces jeunes athlètes en sueur fuyant une menace invulnérable sans trop leur prêter attention et on sort de là la tête un peu vide. Ah oui, au cas où vous auriez pas encore compris (et pas vu le premier), c'est quand même super gay, donc il y a toute une dimension du film qui m'a laissé assez indifférent (encore que j'aie quand même parfois un peu souri) mais qui pourrait faire à certains un effet semblable à celui qu'a produit sur moi Jessica Biel dans Massacre à la tronçonneuse. Ou pas.
Chryde, avec nous !
Y a eu Bob Dylan, y a eu Aristide Bruant, et aujourd'hui c'est Chryde qui est avec nous. Enfin avec moi. Bon, il est dans la tendance modérée du mouvement, mais je peux pas me permettre de faire le difficile.
Euh, les Cacochyme Awards ? Ouais, ça vient...
11.02.04 Cacochyme Awards 2004
Wheeeee ! Ils sont là ! Je sais, ça a été un peu long, mais j'ai du débloquer un budget ahurissant pour la réalisation de ce magnifique trophée en 3D anguleuse. Mais ça valait le coup, non (allez, pour me faire plaisir) ?
Ceci dit, mon top 10 des meilleurs films de 2003 était prêt depuis longtemps. Le vôtre aussi, mais moins, parce que j'ai du déployer des trésors d'ingéniosité pour établir un barême cohérent, que je vais d'ailleurs vous dévoiler, dans un souci de transparence qui, reconnaissez-le, m'honore. Alors voilà : chaque film cité par les gens qui ont voté s'est vu attribuer 10 points. Ouais, je suis plutôt du genre généreux, moi, d'autant plus que c'est pas fini ! En effet, chaque film a également été crédité d'un nombre de points égal à 11 mois sa position dans le classement de chaque votant. Donc, un film cité à la première place a reçu 20 points (10 + 11 -1), alors qu'un film cité en dixième position en a reçu 11 (10 + 11 - 10). Je vois déjà vos petits airs de mecs qui font les malins, alors je coupe court à votre remarque sarcastique : personne n'a cité plus de 10 films (sinon j'aurais gueulé, de toute façon). Voilà pour la partie technique, place aux résulats !
A tout seigneur tout honneur, je vais commencer par mon classement à moi perso :
1. 25th Hour, de Spike Lee
2. The Long Way Home, de Peter Sollett
3. Mystic River, de Clint Eastwood
4. The Magdalene Sisters, de Peter Mullan
5. Elephant, de Gus Van Sant
6. Far From Heaven, de Todd Haynes
7. American Splendor, de Shari Springer Berman et Robert Pulcini
8. La trilogie (Un couple épatant, Cavale, Après la vie) de Lucas Belvaux
9. Dirty Pretty Things, de Stephen Frears
10. The Safety of Objects, de Rose Troche
Voilà. Je m'étends pas trop, parce que pour la plupart des films y a déjà suffisamment de commentaires. En ce qui concerne ceux de Lucas Belvaux, si le premier est un peu faible comparé aux suivants, la qualité de la trilogie est à mon avis supérieure à la moyenne de ses composants. En clair, chaque film renforce la valeur des deux autres.
Allez, assez de suspense, passons au top 10 des lecteurs de Cacochyme (enfin de ceux qui y ont participé - pour info, ils sont une quinzaine, c'qu'est pas énorme, mais pour tout dire j'en attendais pas tant).
1. 25th Hour, de Spike Lee
2. Mystic River, de Clint Eastwood
3. Punch-Drunk Love, de Paul Thomas Anderson
4. The Lord of the Rings 3 - The Return of the King, de Peter Jackson
5. Lost in La Mancha, de Keith Fulton et Louis Pepe
6. 28 Days Later, de Danny Boyle
7. Kill Bill Volume 1, de Quentin Tarentino
8. The Rules of Attraction, de Roger Avary
9. Dolls, de Takeshi Kitano
10. Goodbye Lenin, de Wolfgang Becker
J'avoue que je suis un peu surpris par le nombre de personnes qui ont beaucoup aimé Punch-Drunk Love, que j'avais trouvé pas mal, mais sans plus. Enfin bref, voilà ce que ça donne.
Maintenant, vous avez plus qu'à prendre des notes en 2004 pour les awards de 2005. Sauf si d'ici là je me suis mis aux recettes de cuisine (ce qui serait une belle feinte, mine de rien).
12.02.04 Blueberry, l'expérience secrète (1.5/5)
Ha ha ! Blueberry ! Mythique, cette série de BD ! Enfin moi j'en suis super fan en tout cas. Un des meilleurs dessinateurs du monde, Jean Giraud / Moebius, adulé et imité par des milliers d'autres et un scénariste du genre qu'a bien la classe, Jean-Michel Charlier, ça pouvait pas donner autre chose en même temps. Enfin si, ça pouvait, mais ça l'a pas fait. Bon ben déjà, soyons clair : Blueberry, l'expérience secrète, annoncé dès le générique de début comme "loosely adapted" (qu'on pourrait traduire par "librement adapté", mais aussi par "adapté à la lose") de la BD, n'a en fait strictement rien à voir, si ce n'est le nom du héros, son nez cassé et son environnement western. Voilà, à partir de là, il faut se dire que tout a un prix, passer l'éponge et regarder le film comme si c'était une création originale (puisqu'au final c'en est une).
Et la vraie histoire du film, la voici : les mystiques indiens Chiricahua possèdent un savoir que tous envient mais auquel personne n'a jamais eu accès : le secret des plugins Winamp. Ils sont passés maîtres dans la 3D pourrie, dominent leur mère en fractales et déchirent des slips grands comme le Nouveau-Mexique en Open GL. Alors évidemment, les autres (et notamment le méchant Michael Madsen et son allié de circonstance germanique), avec leur petit Texte Défilant Windows à rouler, ils font un peu la gueule, et ils aimeraient bien mettre la main sur le Geiss des indiens. Mais bon, ça va pas se passer comme ça, parce que Blueberry Cassel est l'ami des Chiricahua et il va euh... en fait il va les laisser se démerder et rejoindre toute la clique des chasseurs de trésor pour un grand final psychédélique durant lequel il apprendra à ouvrir ses chacras et à trouver la paix vis-à-vis de lui-même et de son Némésis (Michael "Némésis" Madsen). En fait je sais plus si on peut dire son Némésis quand la déesse a des couilles, ou si on doit quand même dire sa Némésis, mais c'est pas grave, vous voyez l'idée. Quoi qu'il en soit, pour régler son compte à ce scénario foudroyant, Jan Kounen n'y est pas allé par quatre chemins : une première partie un peu chiante mais acceptable, et une deuxième partie à chier des clous rouillés. Fluorescents, les clous, mais rouillés quand même. Et puis même, c'est pas fait pour passer par là.
Bon, en vrai, le début est pas si mal, et on arrive même à se faire à l'idée de voir Vincent Cassel habillé en cowboy. Ca flirt un petit peu du côté des westerns spaghetti, avec un certain accent mis sur les gueules et quelques plans d'ensemble bien classes, sur fond de poussière et de paysages rocailleux. Les dialogues sont pas transcendants, mais certains acteurs (y compris Cassel, comme quoi...) ont suffisamment de présence pour compenser. Par contre, le vrai truc relou, c'est que Jan Kounen doit se nourrir essentiellement de sauterelles vivantes et a par conséquent beaucoup de mal à laisser sa caméra en place. Du coup, si un plan fait plus de trois secondes, ça l'énerve, il coupe. Ou alors, si il faut vraiment que ça dure un peu, il fait une espèce de travelling-zoom-avant-zoom-arrière-accéléré-ralenti-en hélicoptère. Et bon, ça va cinq minutes, mais à un moment on a envie de lui dire "hey, Jan, c'est bon, on a vu ce que tu fais avec une caméra, t'arrêtes maintenant !". J'ai même vu des phases à la X-Or, avec des gros zooms sur la gueule du mec qui vient de dire un truc important. Et des trucs à la Half Past Dead aussi. Bon, je crache un peu dans la soupe, parce que c'est quand même souvent bien foutu, mais on sent vraiment qu'il arrête pas de se la péter gratuitement et que mine de rien ça tombe à plat un paquet de fois.
Mais bon, tout ça n'est rien à côté de la fin : après avoir cherché pendant tout le film une carte pourrie censée les mener au trésor caché des indiens (les mille-pattes en 3D, quoi), tous les protagonistes finissent par se retrouver dans le lieu où il est caché, alors qu'un seul d'entre eux a la carte. C'était bien la peine de nous emmerder pendant une heure et demie. Mais bon, passons. Donc ils sont là, dans une grotte bizarre, et ils prennent des drogues pour faire la paix et que Vincent Cassel puisse enfin se taper Juliette Lewis sous l'eau, dans une scène assez proche d'un film de cul lesbien des annés 80 (si on accepte l'idée d'un film lesbien avec Vincent Cassel). D'ailleurs, l'autre scène "d'amour" du film est tout aussi naze. Enfin en tout cas ils ont pas l'air de s'amuser beaucoup. Non mais le truc mortel et absolument inoubliable, c'est la scène de trip de Madsen et Cassel. Y a bien quinze minutes d'effets pourris en 3D, avec des mille-pattes, des araignées, des serpents et des crocodiles qui se croisent dans des compositions plus ou moins symétriques, entrecoupées de scènes où les personnages voient des aliens sortir de leur tête et chanter la macarena (remixée par Trent Reznor). C'est juste incroyable. Au bout de cinq minutes, je me disais "hey, Jan, t'as un film à finir je te rappelle". Et au bout de dix, je me marrais. Mais c'est vraiment à voir, fallait oser.
Bon enfin voilà quoi, c'est pas la peine que je vous fasse un dessin, j'ai trouvé ça bien mauvais. Pas totalement pourri, parce qu'il y a quelques bons trucs dans la première partie, mais tellement faussement spirituel (ouais parce que un trip de LSD, enfin de LSD bio, y a vraiment que Brett Michaels pour trouver ça spirituel, et encore, il faut qu'il ait pas mal picolé avant) et autosatisfait (ça se dit pas ça hein, je crois) que j'ai juste envie de continuer à en rigoler pendant des heures. Mais je peux pas, donc je vais m'arrêter là et vous laisser méditer sur cette formule certes éculée mais néanmoins d'actualité : la drogue, c'est d'la merde.
19.02.04 RIAA bien qui RIAA le dernier
Trouvé sur Downhill Battle, via Websucks :

Sur le même site, y a aussi une interview assez cool de Ian MacKaye, chanteur et guitariste de Fugazi, sur l'air de "When people who are songwriters say 'That's my property and if you give it away for free then I'll lose my incentive,' then, well, good riddance".
22.02.04 Podium (3/5)
J'aime bien Pouèllevourde, moi. Bon, pas au point d'être allé voir Le Boulet, quand même, il me reste un peu de dignité, mais ça a failli. Malgré tout, je m'attendais pas non plus à un truc transcendant en allant voir Podium, et au final je n'ai été ni déçu, ni agréablement surpris
L'histoire est assez classique et je pense qu'on peut retrouver exactement la même trame dans un paquet de comédies, françaises ou non. En gros, un personnage principal qui a un choix à faire entre une carrière pleine de promesses et une femme qui y est un peu (voire beaucoup) opposée. Mais bon, heureusement, l'originalité ne vient pas de là, mais plutôt de la vision qu'a le réalisateur de l'univers qu'il décrit. En effet, Yann Moix pose un regard assez violent sur le monde des sosies et des adorateurs de Claude François : ça va de leur mode de vie à au côté un peu médiocre des tournées allant de la foire aux boudins d'Yvon-sur-Yvette à la représentation exceptionnelle sur le parking du Leroy Merlin du Plessis-les-Chameleaux, et toutes sortes de détails du même accabit. Mais en même temps, malgré tous les gags tape-à-l'oeil et une bonne dose de méchanceté, on perçoit aussi une certaine normalité, une dose de "ma vie n'est pas pire qu'une autre" émanant du personnage principal, incarné par Benoît Poelvoorde. Des scènes comme celle du psy mettent l'accent sur le côté lucide de Bernard Frédéric, sosie de Claude François certes, mais sachant où s'arrête sa passion et où commence son show. C'est à mon sens cette petite nuance qui préserve Podium de l'étiquette "grosse farce à la française" qui le menace parfois.
Ceci dit, les réalisateur a beau tenter d'amener ces nuances au film, il n'y serait sans doute pas arrivé sans Poelvoorde. Je l'ai déjà dit, j'aime bien ce mec, et dans Podium, il rayonne vraiment. Bien sûr, on a droit à quelques phases typiques mettant en exergue les aspects à la fois mégalo et médiocre du personnage, mais pour une fois (si l'on excepte le cas un peu particulier de C'est arrivé près de chez vous), le registre de jeu de Poelvoorde s'étoffe considérablement et ça m'a fait plaisir de le voir exceller dans des scènes assez inhabituelles pour lui. Coup de chapeau, donc, parce que le film aurait eu beaucoup de mal sans sa présence.
Enfin bon, malgré tous les efforts de mon pote Benoît, il y a quand même pas mal de trucs que j'ai trouvés un peu nazes dans le film. D'abord, comme je l'ai dit plus haut, la structure du scénario pue un peu le déjà-vu-mille-fois. Ensuite, et c'est en fait ce qui m'a le plus gêné, on a souvent l'impression que Yann Moix se fait un peu dessus et n'ose pas aller au bout des choses. C'est peut-être moi qui perçois mal son intention initiale, mais le côté féroce de Podium, qui est une de ses qualités, s'exerce parfois de manière un peu facile. En gros, il n'a aucun problème à être féroce vis à vis les sosies, du pseudo-Polnareff incarné par Jean-Paul Rouve ou encore des travers de mec de base de Bernard Frédéric, mais dès qu'il s'attaque à des choses un peu plus balaises, on sent que le réalisateur a du mal. Par exemple, Evelyne Thomas, qui dans le film joue son propre rôle, organise un concours de sosies auquel va participer le personnage principal. Et curieusement, alors que Yann Moix ne semble avoir aucun mal à appuyer sur le cas de l'ex-bernadette (les claudettes de Bernard Frédéric) enfermée dans ses souvenirs, il ne prend même pas le temps d'une scène pour s'occuper du cas de la présentatrice, ou plus largement de la télé, qui vit pourtant des éléments que parodie le film et les encourage de façon assez cynique. Bref, il s'attaque facilement aux individus, mais semble un peu timide avec les systèmes et les mécanismes qui les influencent. En même temps, il fallait bien qu'Évelyne Thomas accepte de jouer dans le film, hein, il faut savoir faire des sacrifices...
Ce que je reproche donc à Podium, c'est, malgré quelques éléments très bien vus et une dimension comique incontestable, son manque d'audace dans tous les domaines, qu'il s'agisse du scénario ou de la satire elle-même. Heureusement, les acteurs (j'ai oublié de citer Julie Depardieu, que je commence à bien aimer depuis La Petite Lili) trouvent bien leurs marques dans le film et l'univers dans lequel ils évoluent est suffisamment original et nuancé pour m'avoir laissé une impression assez favorable en sortant de la salle.
23.02.04 Cold Mountain (2.5/5)
Bon, va falloir que je me remue un peu, parce que je suis un peu ridicule, là, comparé au rythme psychopathique (ouais, je sais) de Gaëlle. Alors voilà, Cold Mountain, c'est le nouveu film du mec qui avait fait Le Patient anglais, qui accessoirement s'appelle Anthony Minghella. Personellement, je suis vraiment pas fan du film en question, mais vu les sorties de cette semaine j'ai pas fait le difficile et je suis allé voir Cold Mountain. En plus y a Jack White dedans, alors ça pouvait me faire une occasion d'emmerder un peu Gaëlle en médisant sur son idole.
Quoi qu'il en soit, le truc que je peux vraiment pas retirer au nouveau bébé de Minghella, c'est qu'il est bien fait. Le rythme assez lent du film est super bien géré (du coup, c'est beaucoup moins chiant que Le Patient anglais), c'est bien filmé, les acteurs sont excellents (particulièrement Nicole Kidman, mais je peux pas m'empêcher de citer aussi Philip Seymour Hoffman) et certaines scènes sont vraiment très impressionnantes (la bataille du début, et notamment le sauvetage). Bref, côté technique, c'est plutôt classe. Par contre, là où le bât blesse, c'est que rien n'est vraiment original. L'histoire est un peu basique, mais ce défaut est largement compensé par l'atmosphère instaurée par le réalisateur et par tout ce qui est présent en fond, à savoir le portrait des États-Unis, à l'arrière, pendant la guerre de sécession. Il y a une vision assez désespérée, une mise en relief de la précarité et des dangers permanents encourus par la population civile, que j'ai trouvée très bien foutue et particulièrement efficace. Par contre, l'autre aspect du film est un mélo dégoulinant bien relou, plein de regards qui en disent long et de promesses d'éternité. C'en est souvent ridicule. Même quand le réalisateur fait intervenir le personnage de Renée Zellweger (paysanne couillue au sens pratique salvateur) pour désamorcer un peu les diamants dans tes yeux qui brillent comme les étoiles au firmament et éclairent ton visage comme une ampoule halogène de 500 watts, on sent que ce qu'il veut dire n'est pas "ouais bon, c'est vrai que 500 watts c'est peut être un peu exagéré", mais bien "ah la la, ces paysannes, elles ont du mal avec l'électricité" (ou alors un autre truc, je me souviens plus). À part ça, on assiste aussi à un nombre de clichés assez impressionnant. Je veux pas spoiler, mais la fusillade finale en est un exemple saisissant (et c'est loin d'être le seul).
Du coup, même si je peux pas dire qu'il n'y a rien à retirer de ce film (la description du pays en temps de guerre est assez cool), j'ai quand même trouvé ça très fade, et les trucs que je retiens sont plus les scènes mal foutues (la mort des enfants de Maddy, par exemple) qu'une impression générale positive. C'est pas une catastrophe, mais pour moi c'est très loin d'être un film indispensable. En plus, je peux même pas emmerder Gaëlle, parce que Jack White a un tout petit rôle et n'est finalement pas mauvais acteur (même s'il en fait parfois un peu trop dans les phases muettes). La lose.
The Company (3/5)
Alors là, je suis bien emmerbêté. Pour plein de raisons, en plus. Déjà, je connais rien à la danse, donc je peux même pas dire "ouais, c'est une façon inventive de filmer des ballets" ou "les chorégraphies sont de toute beauté", de ce côté là c'est niqué. Ensuite, The Company n'est pas vraiment une fiction, dans le sens ou l'intrigue n'est qu'un prétexte. Mais c'est pas non plus vraiment un documentaire, puisqu'il y a quand même une intrigue et que c'est vraiment filmé comme une fiction. Je pourrais dire que c'est un exercice de style, mais pour en être certain, il faudrait que je m'y connaisse un minimum en danse pour bien voir comment il lie le fond et la forme de deux arts différents. Alors je préfère vous prévenir tout de suite : évidemment, dans tous les cas, mettre une note à un film est un procédé très subjectif, mais ça l'est encore plus s'agissant de The Company.
L'histoire, parce qu'il y en a quand même une, est celle d'une jeune danseuse et de son ascension au sein d'une compagnie de ballet. Mais comme je l'ai dit plus haut, il ne s'agit que d'un prétexte à une ballade un peu voyeuse (à la Altman, quoi - ah oui, le film est de lui) dans les coulisses de la compagnie en question et, je pense, une petite réflexion sur la création artistique. C'est filmé par petits bouts a priori incohérents qui, au final, forment un tout, comme souvent chez le réalisateur. Personnellement, j'aime beaucoup son style, et je l'ai trouvé efficace même dans ce film où l'intrigue n'a que peu d'importance et n'est dont pas le motif réel de l'assemblage des scènes. Les deux personnages principaux sont la danseuse interprétée par Neve Campbell et le directeur de la compagnie (Malcolm McDowell), les autres étant essentiellement de vrais danseurs d'un ballet de Chicago dont j'ai oublié le nom. Les acteurs sont convaincants, avec un jeu très naturel, et c'était assez indispensable vu que l'histoire est ultra mince et prévisible comme un gag de Benny Hill. Voilà pour le côté fiction.
En ce qui concerne le volet plus "documentaire" du film, j'avoue avoir été assez bluffé. Comme je l'ai dit, je n'ai absolument aucune connaissance en danse, et les rares extraits que j'ai pu voir dans diverses émissions n'ont produit aucun effet sur moi. Or, dans The Company, on assiste à plusieurs chorégraphies, en répétitions ou en spectacle, et j'ai été surpris de constater à quel point j'y ai été sensible. Ca me fait presque mal de le dire (essentiellement parce que j'entends d'ici les sarcasmes de Ptyx et Guillaume), mais ça m'a vraiment touché. Deux scènes notamment, sont à mes yeux absolument géniales : celle de l'orage et celle avec l'espèce de balançoire. Ca m'a vraiment foutu des frissons et tout. La façon qu'a Robert Altman de les filmer y est pour quelque chose, mais il ne fait que représenter de belle manière un truc à la base vraiment exceptionnel. Évidemment, tout ça est à prendre avec des pincettes, et il est possible qu'un mec qui s'y connaisse réellement rigole en voyant les scènes dont je parle. Ceci dit, je m'en fous, l'important c'est que ça ait marché sur moi. D'ailleurs, ces scènes m'ont amené à une réflexion plus générale (et éminemment poétique) : une discipline qui arrive à présenter des filles musclées en tenues ultra moulantes prenant des positions qui seraient jugées totalement obscènes dans n'importe quel autre contexte, et ce en provoquant chez moi plus de remue-ménage dans le bide et les glandes lacrymales que de pensées salaces, est forcément digne d'intérêt. Enfin en même temps, je dis ça, mais je pense pas aller voir un spectacle de danse dans les six mois à venir. Ou alors à la télé peut-être. Pff.
Pour revenir au film, je dois dire qu'il n'est pas exempt de défauts. J'ai déjà parlé de l'histoire qui, même si elle n'est pas primordiale, aurait certainement beaucoup gagné à être étoffée. Mais l'absence d'enjeu précis se fait également sentir tout au long du film, qui paraît parfois un peu longuet. Je regrette aussi que la distance ironique caractéristique des films de Robert Altman soit bien moins présente dans celui-ci. Il y a clairement de la distance (on la sent particulièrement vis à vis du directeur de la compagnie), mais l'ironie est bien rare. Mais bon, je regrette pas, parce que c'est quand même bien foutu techniquement et, surtout, ça m'a permis d'ouvrir un peu mes horizons dans une direction totalement inattendue.
25.02.04 Délinquance informatique
On a beaucoup parlé des hackers. Ils fascinent ou indignent, mais bénéficient d'une couverture médiatique de plus en plus importante, et de moyens d'action extrêmement efficaces du point de vue de la communication et de la diffusion de leurs éventuelles idéologies. Ces activités, qu'on pensait être l'apanage d'un petit groupe d'ados et de jeunes adultes issus de catégories socio-professionnelles intermédiaires et supérieures, ont atteint un nouveau pic de fréquence et concernent à présent des jeunes venus de tous les horizons. Un élargissement que nous avons pu constater en nous rendant à L., dans une cité difficile de la banlieue parisienne.
Notre contact sur place était un certain Seb, qui se présentait lui-même comme le chef des Renois de la Place Rouge. Nous avions rendez-vous avec lui au début de la nuit, non loin de la gare RER de L., occupée à cette heure tardive par quelques bandes de jeunes de la cité voisine. Ambiance tendue et atmosphère imbibée d'une agressivité presque palpable. Heureusement, Seb n'a pas tardé à venir à notre rencontre et à se présenter :
- Seb, chef des Renois de la Place Rouge. Venez, on va derrière.
Il nous conduit silencieusement derrière le bâtiment de la gare, me laissant le temps de l'observer de très près. Curieusement, il s'agissait d'un jeune homme blanc, barbu, et parlant avec un léger accent espagnol. Il était vêtu de façon assez neutre, mis à part un t-shirt sur lequel on pouvait lire un "SuSe 9.0" faisant référence à un système d'exploitation (l'équivalent de Windows) en vogue chez les pirates informatiques. Une fois arrivés derrière la gare, il nous présenta les membre de la section informatique de la Place Rouge, qui attendaient là, assis sur des bornes en ciment. Là encore, leur apparence nous surprit. Bien loins des clichés qui représentent les hackers dans l'inconscient collectif, les trois jeunes gens étaient des afro-antillais extrêmement athlétiques, vêtus de survêtements et de t-shirts de sport. L'un d'eux arborait néanmoins autour du cou un petit diablotin rouge (logo de FreeBSD, un autre système d'exploitation) transpercé d'une pièce de métal. Ils portaient en bandoulière de gros sacs ornés de logos Nike ou Umbro, et l'un d'eux était doté de mains impressionnantes que terminaient des doigts énormes, dont on se demandait comment ils pouvaient taper efficacement sur un clavier. Ils se levèrent pour nous serrer la main, et nous constatâmes qu'ils mesuraient tous plus d'un mètre quatre-vingt-dix. La rencontre était réellement impressionnante. Leur chef nous les présenta, puis nous présenta leur mission de la nuit.
Il s'agissait aujourd'hui d'une classique attaque DoS visant à rendre un serveur inaccessible. "L'idée, déclara Seb, est d'attaquer le serveur jusqu'à ce qu'il n'ait plus la force de répondre. Techniquement, c'est un peu plus compliqué, mais je simplifie pour que vos lecteurs comprennent". Une vague de ricanements s'ensuivit dans les rangs des Renois de la Place Rouge, bientôt interrompue par un "allez, au boulot !" péremptoire de Seb. Nous devions nous rendre en voiture dans un lieu secret, suivant l'équipe de hackers, tandis que leur chef coordonnerait le tout depuis son téléphone mobile Bluetooth, dont il avait customisé l'interface grâce à ses talents de programmeur Java.
À l'aide d'une astuce rhétorique courante dans la profession, nous parvîmes à convaincre le pirate aux mains énormes, qui se prénommait Bruno, de monter avec nous afin que nous puissions l'interviewer pendant le trajet. Ceci s'avéra être une bonne inspiration, puisque nous apprîmes que le serveur qui allait être victime de l'attaque de cette nuit appartenait à un gros laboratoire pharmaceutique, et surtout que le commanditaire de cet acte rappelons-le illégal était tout simplement l'un de ses principaux concurrents ! Finalement, nous arrivâmes à destination, et l'équipe passa à l'action.
Tout se déroula très rapidement : le petit groupe entra dans un immeuble, se rendit au troisième étage et, à l'aide d'énormes pieds de biche et de masses d'environ deux mètres de long, jusqu'alors cachés dans les sacs, finit par dégonder la porte d'entrée de ce qui semblait être un ensemble de bureaux. Les hackers se ruèrent à l'intérieur en hurlant (ils nous avouèrent plus tard que cette tactique était destinée à déstabiliser leurs victimes). Un administrateur réseau apparut dans l'encadrement d'une porte, visiblement cubomédusé par l'entrée de ces trois impressionnants pirates. Deux des Renois de la Place Rouge s'emparèrent de lui et l'immobilisèrent, tandis que Bruno décochait de puissants coups de poings dans les ordinateurs qui remplissaient littéralement la salle des machines. Après quelques secondes de ce traitement, le téléphone de l'un d'eux sonna : Seb appelait pour annoncer la mise offline du serveur (comprendre son inaccessibilité sur Internet). Mission accomplie.
L'efficacité de la méthode des Renois de la Place Rouge, qui commencent sérieusement à faire parler d'eux dans le petit monde du hacking, est inattaquable : temps de préparation inexistant, temps de réalisation négligeable, bref, tout ce qu'il faut pour rendre ce genre d'action extrêmement rentable pour Seb et sa bande. De plus, pour peu que les machines de sauvegarde se situent dans les mêmes locaux, il arrive que la remise en ligne du site attaqué prenne énormément de temps, comparé à celui nécessaire au rétablissement d'un serveur victime d'un DoS classique.
De l'avoeu même des professionnels de la sécurité informatique, la formation des administrateurs réseaux a tout intérêt à évoluer de manière radicale, et ceci très rapidement, si ces derniers veulent parvenir à s'adapter aux méthodes chaque jour plus ingénieuses de cette nouvelle école de pirates.
26.02.04 Massaot James be'eretz hakodesh (3/5)
Le Voyage de James à Jérusalem, c'est pile le genre de film qui peut vraiment m'emballer. J'adore les histoires qui, l'air de pas y toucher, y touchent quand même, les espèces de petits contes philosophiques ou encore les paraboles joyeuses sur un sujet grave. Et l'idée de ce film israëlien rejoint un peu tout ça : placer un personnage "pur" (c'est à dire naïf, plein d'idéaux et totalement intègre) dans un environnement qu'il idéalisait mais qui lui en fait baver.
Le personnage en question, c'est James, venu d'un pays indéterminé d'Afrique noire, chrétien fervent, et désirant se rendre à Jérusalem en pélerinage. L'environnement, c'est l'Israël d'aujourd'hui, à savoir un pays capitaliste développé, une société de consommation à l'occidentale et, bien sûr, tout ce qui fait qu'il est très différent de ce que James imaginait à son départ. Du coup, quand il arrive à la frontière, il est immédiatement suspecté de vouloir s'installer dans le pays irrégulièrement, et mis en prison en attendant son expulsion. C'est alors qu'un israëlien intervient et le sort de là. Mais évidemment, c'est pas gratos : James va devoir bosser dans les conditions de travail idylliques d'un ouvrier clandestin.
Tout l'enjeu du film est de montrer, avec un ton proche d'un conte, l'influence corruptrice de cet environnement peu reluisant sur un esprit au départ totalement pur. En gros, notre pote James, de moins en moins candide (mais quand même toujours un peu, sinon c'est pas drôle), va se ramasser sur la gueule tout ce que la société israëlienne (mais c'est évidemment extensible à toute société occidentale) abrite de pièges et de médiocrité. Autant dire qu'il va pas avoir trop le temps de rigoler. Globalement, tout ça est bien foutu, même si on sans bien que sans la présence rayonnante de Siyabonga Melongisi Shibe, qui incarne James, le film aurait eu toutes les chances de se vautrer. Mais bon, le casting, ça fait partie du jeu, alors on va pas cracher dans la soupe. En fait, le vrai problème de ce Voyage, c'est qu'il est écrit avec un stylo de sept tonnes : tout est énorme, et malgré tous les éléments très bien vus qui se succèdent au cours du scénario, il n'y a que peu de nuance dans le propos. Les évolutions du personnage principal, qui constituent quasiment le seul ressort de l'intrigue sont assez brutales (la scène où il distribue l'argent l'illustre parfaitement), et on comprend du coup relativement vite ce qui va se passer. Ca casse un peu tout, quoi.
Bon, évidemment, ça n'enlève rien à l'originalité du Voyage de James ni à son ton agréable et intelligent, mais ça réduit fortement l'efficacité de l'intrigue. Ceci dit, vu ce qui sort en ce moment au cinéma, je pense que c'est quand même assez rafraîchissant pour se laisser tenter. Enfin moi je regrette pas.
29.02.04 Victoires des majors 2004
Bon ben voilà : trois victoires de la musique pour Kyo et trois pour Mickey 3D. Match nul (c'est le cas de le dire), la balle au centre.
Pendant ce temps, les ventes d'album au Royaume-Uni progressent de 5,6% sur l'année 2003. Mais bon, c'est sûrement parce qu'ils téléchargent moins de MP3, hein...
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Playlist
* Cypress Hill - Till Death Do Us Part
* Shudder To Think - Funeral At The Movies / Ten Spot
* Probot - Probot
* Thirstin Howl III - Skilligan's Island
* The Coral - Magic And Medicine
* Svinkels - Bons pour l'asile
* Outkast - Speakerboxxx / The Love Below
* 80's Matchbox B-Line Disaster - Horse Of The Dog
* The Mars Volta - De-loused In The Comatorium
* La rumeur - L'ombre sur la mesure
Readlist
* Michael Connely - Le poète
* John Steinbeck - The Short Reign Of Pippin IV
* Principia Discordia
* Millar / Quitely - The Authority
* Max Cabanès - Dans les villages
* Sfar / Trondheim / Divers - Donjon
* Hervé Laroche - Dictionnaire des clichés littéraires
* David B / L'ascension du haut mal
* Christophe Blain - Isaac le pirate (les 3)
* Denis Diderot - Lettre sur les aveugles
Playlist (pas la même)
* Savage Worlds !
* Spycraft
* COPS
* Deadlands
* Vampire
* In nomine satanis
* L5R
* 7th Sea
* Cthulhu / DG
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