29.05.03
Swimming Pool (3.5/5)

Si j'étais invité à une réception de l'ambassadeur et qu'au milieu d'un groupe de gens réunis autour d'un présentoir à Ferrero rochers, un individu se mettait à se foutre de la gueule de François Ozon, je pense que je serais le premier à l'aider. En clair, en général, il me gonfle un peu.
Mais
Swimming Pool est vraiment pas mal. Les deux actrices principales (Charlotte Rampling et Ludivine Sagnier, filmée avec un érotisme naturel assez euh... intéressant) sont simplement incroyables, et parfaitement choisies. Même en réfléchissant longtemps, je ne vois pas trop qui le réalisateur aurait pu choisir de mieux pour ces rôles. Leurs personnalités presque caricaturales au début du film, évoluent avec une progression vraiment superbe au fur et à mesure que le film avance. D'ailleurs, tout le film évolue un peu comme ça : lentement, finement, implacablement, quasi parfaitement. La mécanique est vraiment huilée avec une précision phénoménale. Même quand on commence à se dire "ah non, là c'est trop quand même", on s'aperçoit qu'en fait non. C'est cette maîtrise qui m'a le plus impressionné, d'autant plus qu'elle s'applique à une évolution relativement profonde dans les sentiments et le comportement des personnages.
L'histoire, quant à elle, est sympa, mais ne brille pas spécialement par son originalité (elle se heurte même à une petite incohérence, je pense - voir les commentaires pour en savoir plus), et le film aurait sans doute pu être chiant s'il n'était pas aussi maîtrisé et bien mené (et au final c'est tout le contraire).
À part ça, l'intérêt d'aller au cinéma dans le 8è le mercredi après-midi alors qu'il fait super beau dehors, c'est d'entendre les commentaires des vieux qui peuplent la salle. Bon, peupler est un bien grand mot, étant donné qu'on devait être 10, mais il devait bien y en avoir 9 dans le lot. J'ai ainsi eu droit à un "c'est un droguée ?" révolté lorsque Ludivine Sagnier fume dans son bain, à un "ah ben dis donc !" lorsqu'elle se touche au bord de la piscine ou encore à un "elle a des jambes affreuses" sur un plan de Charlotte Rampling allongée près de la piscine. Et apparemment, l'auteur de ces commentaires n'a pas trop aimé le film. Je suppose que vous devriez aller voir sur son blog pour en savoir plus...
27.05.03
C'est qui le plus fort entre l'éléphant et l'hippopotame ?

J'ai trouvé deux dessins assez cools de Wolverine. Je crois que je préfère , mais est assez original, je trouve. Ils sont extraits de
Marvel Universe RPG, qui doit être le 2759ème jeu de rôle sur les superhéros. J'ai pas tout lu, mais il utilise un système original de pierres pour remplacer les dés, il est bien illustré (encore heureux) et surtout, il permet de répondre à des questions aussi fondamentales que "C'est qui le plus fort entre La Chose et Hulk ?" ou encore "Mais le Surfer d'argent, il est vraiment plus rapide que Iron Man ?".
Dogville (3/5)

J'avais été vachement déçu par
Dancer In The Dark, que tout le monde encensait, et il s'est un peu produit la même chose, dans une moindre mesure, avec
Dogville. On a beaucoup parlé du côté expérimental du film : aucun décor, les différents bâtiments du village étant tracés à la craie sur le sol dans une vaste pièce aux murs noirs. Cela permet bien évidemment de se concentrer sur les excellents acteurs qui incarnent les habitants de Dogville, mais Lars Von Trier en profite également pour nous sortir quelques trouvailles assez intéressantes : comme il n'y a pas de murs, il est possible de filmer des personnages, tout en gardant un oeil sur d'autres situés dans une autre maison et qui seraient donc invisibles dans un film plus traditionnel.
Malheureusement, cette originalité dans la forme se retrouve moins dans le fond. Si vous avez lu
L'arrache-coeur de Boris Vian ou la bande-dessinée
Qui a tué l'idiot ? de Dumontheuil, il y a peu de chances pour que vous soyez surpris par l'environnement de
Dogville. On y retrouve en effet le thème des villageois isolés et peu éduqués qui trouvent un bouc émissaire venant de l'extérieur et s'en servent pour se libérer de leurs frustrations et de leur culpabilité, mais le mode dur, peu distancié, avec lequel le réalisateur le traite le rend moins efficace que dans les oeuvres sus-citées. Ce côté dur et "premier degré" met aussi en relief l'aspect monolithique des réactions des habitants du village : jamais personne ne sort du rang (problème que l'on retrouve également dans
L'expérience). Je pense que ce point aurait également été moins gênant si le sujet avait été traité avec plus de distance, plus sur le mode de la fable que sur celui du drame.
Et puis, il y a cette fin horriblement bavarde et didactique sur le bien et la responsabilité, dont le thème n'est pas inintéressant, mais qui aurait mérité infiniment plus de finesse dans la forme.
Je sais, tout cela a l'air bien négatif.
Dogville a pourtant de grandes qualités et, malgré sa ressemblance avec les livres dont j'ai parlé, l'histoire s'en écarte parfois pour traiter d'autres thèmes et demeure de toute façon intelligente. Ceci dit, je trouve vraiment que la façon très sérieuse dont elle est traitée en réduit un peu la portée.
23.05.03
Das Experiment (3.5/5)

Je sais pas pourquoi, je sens qu'il va y avoir beaucoup moins de commentaires sur
L'expérience que sur
Matrix. Pourtant, il y aurait beaucoup plus de choses à dire dessus.
L'expérience dont il est question est la suivante : on prend 20 personnes consentantes et on les place dans une prison en autarcie pendant 15 jours. 8 "gardiens" et 12 "prisonniers" qu'on observe par l'intermédiaire de caméras afin d'étudier les évolutions de leur comportement, sachant que la violence est interdite. Oui, ça rappelle un peu tous les lofts du monde, mais en scientifique. Évidemment, les choses se gâtent, les comportements évoluent et échappent quelque peu au contrôle des responsables de l'expérience.
Bon, autant le dire tout de suite, le cadre lui-même n'est pas crédible. Des gens enfermés comme ça, avec tous les risques que ça comporte, ne peuvent pas être surveillés par un seul mec un peu endormi derrière une dizaine de moniteurs. Mais si on accepte cette incohérence de départ, le film devient vraiment intéressant. On assiste à l'intérieur de la prison à l'établissement d'un vrai rapport dominant / dominé et à une lente montée en puissance de la violence (symbolique, psychologique, puis finalement physique) des "cobayes" et de leurs bas instincts. Cette progression est vraiment bien amenée, et les acteurs sont à peu près tous excellents. Par contre, ce que je reprocherais au film, c'est certains points un peu caricaturaux, comme le personnage de l'homme discret qui cache en réalité un tempérament sadique, ou encore la façon dont tous les gardiens font corps. Il n'y en a jamais un qui se révolte : au mieux, il hésite, reste plus ou moins passif, mais personne ne conteste jamais l'autorité de celui qui devient petit à petit leur chef. Le film aurait aussi facilement pu se dispenser de la petite histoire d'amour un peu merdique qui n'est au final ni utile, ni intéressante.
Ceci dit, l'idée de base est bien traitée et les interprétations excellentes. Et puis ça permet de réviser un peu son allemand.
21.05.03
Le divan picard
Hier, je suis allé voir
les Fatals Picards en concert au Divan du monde. C'était bien, drôle et vachement moins con et démago que la plupart des groupes de ce genre (qu'on appelle souvent, dans Lilo en tout cas, groupes de "rock festif").
Ce soir,
Dogville, sauf si mon nez continue de se prendre pour les chutes du Niagara.
19.05.03
Le gaijin qui enculait les mouches
Ca y est, YLEDM est arrivé à Tokyo. Il va y rester un an et boire beaucoup de saké. Ca a pas l'air super intéressant comme ça, je sais. Mais ça le devient quand on sait qu'il va (théoriquement) tenir à jour un blog relatant ses aventures au pays où même moi j'aurais une chance de voir le soleil levant. Il faut également préciser qu'il dessine des trucs vraiment bizarres quand il est bourré au saké, et qu'avec un peu de chance il en mettra quelques-uns en ligne. Le blog en question s'appelle
Tokyo Genki et c'est me semble-t-il la première fois que je parle de sodomie sur ce blog. Désolé.
The First Matrix Reloaded
Matrix premier du nom passait tout à l'heure sur France 2. Je l'ai revu, parce qu'il fallait quand même que je sache si ce film que j'avais aimé à sa sortie n'était pas en fait aussi mauvais que
sa suite.
Et à présent, j'avoue avoir du mal à comprendre comment les Wachowski Bros. ont pu gâcher à ce point le deuxième opus, parce que
The Matrix est un bon film. C'est d'ailleurs assez intéressant de le revoir après
The Matrix Reloaded, car on se rend alors compte que tous les éléments qui ont marqué les esprits à l'époque ne sont pas si appuyés que ça. Ils le sont, hein, mais pas autant que je le croyais.
Par exemple, le coup des costards noirs qui volent au vent et font des figures stylées pendant les combats, on le voit pas trop. De même, les effets de la mort avec les balles au ralenti, les sauts surhumains et les rotations "stop motion" ne sont pas si fréquents que ça. Néo découvre ses facultés très progressivement, et l'apparition de nouveaux effets spéciaux suit le rythme de cet apprentissage, amenant un peu de surprise à chaque fois. Le fond et la forme, bla bla bla, quoi. Du coup, à côté,
The Matrix Reloaded a l'air d'une caricature sans aucune finesse, qui éclipse totalement le charme du premier épisode. En fait
The Matrix était même filmé de façon plus originale (les multiples plans sur les douilles, l'entraînement au combat contre Morpheus), sans pour autant recourir à tous ces effets spéciaux criards.
Quant à l'histoire, outre le côté exposition du monde, qui est nouveau et qui donc surprend un peu (plus que dans le second opus, évidemment), on a droit à quelque chose de joliment fait, autour du héros qui découvre ses facultés, passe par des moments de doute quant à sa véritable identité, etc. C'est bien mené et ça apporte un côté un peu plus profond que l'intrigue poussive qui essaye vainement de se frayer un chemin entre les scènes d'actions chiantes de la suite. Et puis, ce qui ne gâche rien, on a le temps de voir les vrais acteurs, en chair et en os, faire un peu leur métier, sans pour autant recourir à de longs monologues soporifiques.
Vraiment, le premier et le deuxième
Matrix n'ont pas grand chose à voir. Je ne dis pas que le premier était un chef d'oeuvre, mais selon moi c'était un bon film, à des années lumière de la bousasse sortie vendredi. Et puis il faudra qu'on m'explique un truc : si Néo n'a libéré personne, ou en tout cas pas grand monde, comme semble l'indiquer le deuxième film, à quoi sert la scène finale du premier ?
18.05.03
Jack l'éventreur, la suite !
Hop, quelques heures après cette histoire de bouquin de Patricia Cornwell, je tombe sur
une critique négative de son enquête, et c'est tout aussi intéressant.
17.05.03
Jack l'éventreur
Alors voilà, je vais tranquillement chez
Alan Smithee pour consulter le dernier Smititivi, et qu'est-ce que je trouve ? La possible solution à l'enquête la plus célèbre du monde. Patricia Cornwell, médecin légiste et romancière, et une demi-tripotée d'experts en tous genres ont a priori découvert l'identité de Jack l'éventreur. C'est certes un peu tard, mais ça reste hyper intéressant. Et le lien ? Ben
le voilà, le lien.
16.05.03
The Matrix Reloaded (0/5)

La tendance du moment, ça doit être de faire des films de merde et de les déguiser grossièrement en vagues allégories religieuses pour faire croire qu'il s'agit d'oeuvres intelligentes. C'était le cas de
The Hunted avec son évocation du sacrifice d'Abraham, c'est le cas de
The Matrix Reloaded avec son Apocalypse revue et corrigée.
Je fais partie des gens qui avaient aimé le premier volet de
Matrix, mais à la vue de cette suite, je me demande si je ne devrais pas le revoir pour vérifier que j'étais pas sous acides quand je l'ai vu. En gros, c'est le même, sans les éléments intéressants, avec 90% de baston (chiante, sans innovations, avec des chorégraphies pourries et réutilisant ce qui s'était déjà fait dans la première partie, en moins bien), des dialogues bavards, bourrés de jargon mal utilisé, sans aucun intérêt (la scène chez l'Architecte répond brillamment à la question "comment ruiner un coup de théâtre avec un monologue verbeux ?"), une débauche de 3D jusqu'à la nausée, une intrigue mal menée et un nombre d'incohérences assez faramineux.
Par exemple, il me semblait (mais là je peux me tromper, mes souvenirs sont pas très précis) que dans le premier, Néo libérait tout le monde et c'était la fête. Là, apparemment, il a pas réveillé grand monde. Dans le même ordre d'idées, on voit les réalisateurs s'emmêler les pinceaux en mettant des personnages avec un look "hors matrice" dans la matrice, etc.
A part ça, un film où à la fin le héros découvre qui est son père, tente de le vaincre mais ne gagne pas vraiment, se retrouve gravement blessé, puis est sauvé par l'arrivée d'un vaisseau et où on comprend que c'est la fin de l'épisode mais pas de la trilogie, ça vous rappelle quelque chose ? Ben non, c'est pas
L'Empire contre-attaque, c'est
The Matrix Reloaded. Ce genre de choses est assez symptômatique du manque total d'originalité du film. Ca pompe dans
Star Wars, dans
Terminator, dans le premier volet (entre autres) et ça n'apporte strictement rien de nouveau.
Ah si, pardon, ça apporte pas mal de trucs bien ridicules : le maître des clés qui a les clés de toutes les portes sauf de celle de sa prison, la scène de baise / rave-party / partouze géante où 125000 filles incroyables et à demi-nues dansent avec 125000 mecs aux muscles saillants et luisants de sueur, la Ducati à contre-sens sur l'autoroute qui se fait griller par des caisses de flics de base, Néo-Superman, le massage cardiaque virtuel, encore plus efficace que la réanimation au taser de
Half Past Dead, et j'en passe, parce que ça va finir par être pris pour de l'acharnement. Désolé si c'est déjà le cas, mais vraiment, je n'ai rien trouvé dans ce film qui vaille la peine d'être sauvé.
Pour finir, partant du principe qu'il ne faut pas trop tirer sur l'ambulance, surtout quand elle est bourrée d'explosifs, je dirai simplement que
The Matrix Reloaded est une petite saloperie new-age chiante à mourir, à l'esthétique beauf, filmée par des yuppies en Segway et dont la profondeur est digne du petit bain de la piscine municipale de Plessis-les-Chameleaux. Guillaume, lui, dit que c'est un peu Bob Marley contre les Chinois, et je ne peux même pas lui donner tort.
Toutes les filles sont folles (2/5)

Ariel Wizman est un gros sac à foutre. Ca a l'air un peu gratuit et hors-sujet comme ça, mais ça l'est pas. L'autre jour, j'ai vu son émission (sur Arte ou La cinquième, je sais plus), dans laquelle il recevait Barbara Schulz et Antoine Duléry, deux des acteurs de
Toutes les filles sont folles. Antoine Duléry lui expliquait à quel point son émission était salvatrice et encourageait le vrai cinéma. L'autre faisait évidemment le faux modeste, et a commencé à lécher scrupuleusement les pompes du film (oui c'est un film qu'a des pieds) jusqu'à ce que sa langue saigne. Bref, une belle séance de congratulation réciproque.
Or,
Toutes les filles sont folles ne dépasse jamais le niveau de
Pinot simple flic. Et le pire, c'est que les rares scènes, sympas / drôles / acceptables sont celles qui n'ont que peu de rapport avec l'"histoire" (je mets que deux guillemets, mais c'est uniquement par souci de lisibilité). En gros, il s'agit de celles avec Jean Dujardin et Isabelle Nanty, qui ont l'air de s'amuser, se donnent à fond et réussissent à faire sortir quelque chose de ce demi-naveton. Ben et Barbara Schulz ? Ben non, pas Barbara Schulz.
On assiste donc à une suite de gags plus ou moins minables et vus un million de fois, plus ou moins assemblés par une histoire dont j'espère qu'elle n'était pas suposée être une allégorie morale, sans quoi on frôlerait le vomissement. Même les dialogues, à de rares exceptions près, sont plats.
J'espère quand même revoir Dujardin dans un film un peu supérieur (j'ai pas vu
Bienvenue chez les Rozes, mais ça ne m'avait pas l'air d'être un chef d'oeuvre non plus), parce qu'il est vraiment pas mauvais dans ce film.
Le programme qui fonctionne parfaitement l'ascenseur
Bravo à John Rodriguez de Champs-sur-Marne (77), qui est arrivé sur mon blog en cherchant cette jolie phrase dans Google. John, je t'envoie ce programme mais je te préviens : c'est un shareware.
13.05.03
Cacochyme Park
Voilà, de gauche à droite : Guillaume, YLEDM, Ptyx et Briz. Mine de rien, ça permet de remarquer pas mal de choses. Par exemple, si on considère les trois derniers, on s'aperçoit que Ptyx et Briz (oui, je parle de moi à la troisième personne, maintenant) sont pas rasés et que YLEDM fait le contraire de tout le monde. Et si on se penche sur le groupe entier, on constate immédiatement que Guillaume aime se faire remarquer. Par contre, ce qu'on ne voit pas, et qui pourtant est un fait avéré, c'est que je les ai tous battus à
Illuminati.
12.05.03
Briz

Moi dans South Park
(un jour)
Igby Goes Down (3.5/5)

J'y pense après coup, mais il y avait de grandes chances que je n'aime que moyennement un film sur un gosse de riches rebelle avec une BO rock de djeunns un peu pourrie (à une ou deux exceptions près, mais le morceau qu'ils ont foutu sur la fin du film la gâche à un point tel que c'en est scandaleux). Donc, si j'ai aimé, il doit y avoir plein de raisons, du genre de celles qui font qu'un film est bon (oui, si j'aime, c'est que c'est bon, et je vous permets même pas d'en douter).
En fait, je pense que l'élément qui fait que je me suis attaché au héros du film (Igby, joué par Kieran Culkin) est le côté intelligent de la révolte d'Igby. Oui, parce qu'il est révolté, Igby. Son frère est un premier de la classe beau gosse qui fait la fierté de sa famille, qui elle-même fait partie de manière quasi caricaturale de la haute-bourgeoisie américaine avec tout ce qu'elle comporte de codes et de traditions hypocrites, et tout ça, ça le révolte. Mais ce qui distingue les sentiments d'Igby de la banale révolte d'adolescent, c'est son côté réfléchi. Son père est schyzophrène (ou a au minimum fait une dépression nerveuse à transformer Clint Eastwood en Tori Amos) et la façon dont cela s'est révélé l'a convaincu que ce qui faisait figure de modèle de réussite dans son milieu n'était pas franchement la voie à suivre. Du coup, il en emprunte une autre, ça énerve tout le monde, son entourage essaye de le ré-embrigader, mais, étant assez intelligent, il parvient tant bien que mal à rester en dehors du rang (même s'il y a quand même la thune de la famille derrière) et à se façonner une personnalité intéressante. C'est un peu une sorte de "chacun sa voie" bien foutu.
A côté de ça, le film a deux énormes qualités : ses dialogues, fins, parfois un peu intellos, et surtout très drôles, et son casting, absolument irréprochable. J'aimerais dire un truc du genre "et tout particulièrement en ce qui concerne Kieran Culkin, qui est vraiment mortel", mais je peux pas, parce que les autres aussi. D'ailleurs, ça m'a fait plaisir de revoir Bill Pullman dans un bon film, même si c'était dans un petit rôle.
Bon, je m'aperçois que ce texte est un peu naze, mais j'ai pas trop le courage de le refaire, alors je vais résumer :
Igby Goes Down, c'est bien, c'est drôle, les dialogues et les acteurs sont excellents et ça m'a pas mal touché.
Half Past Dead (0/5) / (3/5)
Un jour, alors que j'étais jeune et quasiment innocent, je suis allé voir un film avec des potes, dont l'un d'eux m'avait certifié qu'il s'agissait d'un "film d'action mais en bien". C'était
Terrain miné, alias
On Deadly Ground, avec comme star incontestée le grand Steven Seagal. Une horreur. Mais en sortant, on avait finalement plus à en dire que de la plupart des bons films qu'on avait vus ensemble. Un constat s'imposait : Steven Seagal était en fait incroyablement drôle et pratiquait le second degré involontaire avec une maestria jamais vue auparavant, même chez des acteurs jouant dans des films ouvertement parodiques.
À partir de là, tout s'est enchaîné très vite. Notre vidéoclub favori ("chez le petit porc", par opposition à l'autre vidéoclub, "chez le gros porc") s'étant révélé être un véritable stock de vidéos de Seagal, nous avons entrepris de toutes les louer, semaine après semaine, par ordre chronologique, afin de connaître l'oeuvre complète de cet acteur remarquable. On comptait les morts, les fractures (classées par membre), les vitres brisées ; on relevait les répliques (qui allaient entre nous devenir cultes), les apprenait par coeur et les ressortait de temps en temps ; on faisait des recherches biographiques sur notre nouvelle idole ; bref, on devenait complètement crétins. Mais c'était bon.
Et puis, une fois l'intégrale de Seagal absorbée en vidéo, on guettait avec impatience la sortie de chacun de ses films, que ce soit directement en vidéoclub ou au cinéma. Et cette semaine, ça n'a pas loupé : j'ai reçu un coup de fil de mon pote Nico qui me proposait d'aller voir le nouveau Seagal,
Mission Alcatraz, le jour de sa sortie. Évidemment, j'ai accepté. C'est sacré, ces choses là.
Résultat des courses : je suis pas déçu. Le film reste au niveau de qualité moyen du reste de la filmographie de Seagal, c'est à dire au 36è dessous. Des milliers d'incohérences, un scénario mégalomane écrit par une enclume anémique, des personnages incroyablement bidons, des acteurs irrémédiablement mauvais, la totale ! En revanche, côté rire, on est servis : la réanimation au taser, le monologue du grand méchant (vraiment à mourir de rire), l'éternelle tronche de débile alcoolique de Steven, les gags à côté de la plaque, tout y est.
Mais alors, qu'est-ce qui distingue ce Seagal des autres ? Plusieurs choses : d'abord, le ridicule est mieux partagé que d'habitude entre les différents personnages, Seagal n'écrasant plus autant ses petits camarades de ce côté là (il faut dire qu'entre lui, Morris Chestnut et Ja Rule - oui, vous avez bien lu -, la concurrence est sévère). C'est plutôt un point négatif selon moi, mais je suis un peu subjectif sur ce point. Ensuite, le réalisateur a vu Matrix, a pensé que c'était le film le mieux réalisé de la terre, et a décidé de tout filmer avec des mouvements de caméra à la one again, avec des rotations et des accélérations partout. C'est prétentieux, gratuit, mal foutu, placé aux pires moments possibles, pseudo-moderne, et au final j'ai adoré, même si du coup Don Michael Paul s'accapare lui aussi un bout du ridicule du film. Enfin, et je précise que c'est regrettable, Steven ne casse plus de membres, se bat de moins en moins au corps à corps, et a tendance à se spécialiser en flingue. C'est peut-être dû à la croissance exponentielle de son bide depuis quelques années, mais j'espère qu'il retournera bien vite aux bonnes vieilles méthodes dans ses prochains films.
En conclusion,
Mission Alcatraz n'est pas le Seagal le plus drôle de sa carrière (on est loin de
Hard To Kill), mais reste quand même dans la moyenne. On rigole au moins autant que pour
La soupe aux choux, et c'est pas forcément plus con.
07.05.03
Cacochyme, powered by IMDB
Sur les conseils d'YLEDM, je vais dorénavant mettre sur l'affiche de chaque nouveau film un lien vers sa fiche IMDB. J'en ai mis sur les derniers que j'ai vus aussi. Ca s'étendra sûrement aux archives, mais là ça me saoûle de repasser sur chaque article.
Oligarkh (3.5/5)

Une fois de plus, je suis bien emmerdé. Le titre français de ce film est
Un nouveau russe et son titre anglais est
Oligarkh. Quant à son titre russe, le seul dont j'aie véritablement besoin pour respecter ma charte de nommage des films en V.O., il est écrit en cyrillique. Ces gens sont quand même salement égoïstes avec leur alphabet qu'ils sont les seuls (ou presque) à pouvoir déchiffrer. J'ai donc opté pour la version anglaise, parce que c'est à celle-ci que ressemble le plus . Si quelqu'un parle le russe et peut transcrire le titre en alphabet latin, je suis prêt à parler de Lui en mettant une majuscule à chaque Mot Le Concernant s'Il Fait ça pour moi. Sinon, je ferai avec. Enfin sans.
Quant au film en lui-même, il est plutôt pas mal. Il s'agit en gros d'un parallèle entre une histoire individuelle fictive et l'histoire récente de la Russie. L'arrivée du capitalisme, la valse des dirigeants à base d'ex-anciens-futurs et d'individus un peu flippants (souvenez-vous du Général Lebed) et les liens de plus en plus étroits entre grand banditisme, armée, mercenaires de tout poil, businessmen et politiques.
Le processus de narration, à base de flashbacks intervenant de temps en temps, au fil des interrogatoires menés par un juge d'instruction au sujet du meurtre d'un important homme d'affaire russe (le nouveau du titre), est bien vu et l'intrigue menée avec intelligence. En revanche, je regrette la longueur et le rythme parfois un peu poussif du film. Certes, ces problèmes sont certainement dus à la complexité de l'intrigue, mais quand même.
Pour finir, pas grand chose à dire sur les acteurs, parce qu'ils sont tous vraiment très bons (même si Mariya Mironova a de bonnes raisons - deux, en fait - d'être furieuse contre son chirurgien). Mention spéciale à Yves, quand même, pour avoir reconnu l'acteur qui joue le chef de la mafia russe dans
25th Hour.
Tristan (2/5)

Ca va être dur de parler de ce film un peu en profondeur sans trop en révéler. Je le sens. Remarquez, ça serait pas forcément gênant que je vous raconte la fin, ça vous inciterait à pas y aller. Mais comme je sais qu'il y a de nombreux fans de Philippe Harel qui lisent ce blog (plus de 7212 au dernier recensement), je vais être sympa et faire de mon mieux pour éviter de trop en dire.
Donc, l'histoire de
Tristan, c'est celle d'une commissaire de police (jouée par Mathilde Seigner, pas vraiment impeccable et incapable de se débarrasser de ce petit air XVIè arrondissement un peu énervant) qui traque un serial killer aux méthodes inédites. Il séduit des filles et les pousse au suicide en les quittant. Évidemment, ça va un peu plus loin que ça et l'idée de base est plutôt cool, mais super mal traitée. D'ailleurs j'ai eu des doutes du début à la fin, et j'ai eu raison. "Des doutes sur quoi ?", me demanderez-vous. Eh bien je vous renverrai au premier paragraphe de cet article pour vous faire comprendre que je n'en dirai pas plus. Bref, c'est mal foutu, pas très crédible sur plein d'aspects et très bourrin sur d'autres.
Mais j'avoue qu'il y a quand même quelques trucs à sauver : le personnage de Mathilde Seigner (même si j'ai pas aimé l'interprétation) et son partenaire, le thème du film (même s'il est mal exploité) et sans doute une des plus mauvaises performances de Nicole Garcia en profileuse improbable et verbeuse (mais ça c'est vraiment pour les collectionneurs).
Pour terminer, au niveau des thèmes (voir l'article sur
Avril brisé),
Tristan est à attacher avec un ruban rose parfumé au Shalimar à
Laisse tes mains sur mes hanches et à ranger dans la case "films avec des personnages fans de chanteurs français morts ou presque" (ici c'est Jonasz).
06.05.03
Apologie de la surprise
- Ouais mais moi tu vois, c'que j'aime, c'est qu'on me surprenne. Qu'on fasse des trucs inattendus. J'en ai marre de la routine, tu vois. Quand tu sais à l'avance ce qui va arriver, quand on te donne toujours ce que t'attends. Ce que je veux, c'est du neuf, de l'imprévu, de l'audace...
- ET SI J'TE METS UNE GROSSE BAFFE DANS TA SALE GUEULE DE CONNE, CA VA ETRE ASSEZ SURPRENANT ?
(Tout ça pour dire que ça me fait bien marrer, les gens qui réclament de la surprise et de l'inattendu et qui chialent dès que la surprise n'est pas conforme à leurs attentes).
03.05.03
Abril despedaçado (3/5)

C'est bizarre, en ce moment j'ai l'impression que ma vie culturelle suit une espèce de logique hyper bien foutue et surtout totalement involontaire. Ca part sur un thème, puis un autre s'ajoute et le premier disparaît petit à petit. Et là, hop, un troisième s'amène, et ainsi de suite. Plein de transitions bien fluides. C'est presque beau. Concrètement, ça a fait ça avec les super-héros et la douleur (Martexx,
X-Men,
Frida,
X²), puis de là ça a viré, tout en gardant le thème de la douleur, sur les crimes d'honneur (j'ai vu sur TF5 une rediffusion de l'émission d'Ardisson dans laquelle témoignait une victime de ce type de crime). Et aujourd'hui, pas de thème de la douleur (en tout cas pas physique), mais la suite des crimes d'honneur, avec
Avril brisé (c'est le titre du film en français). Comme ça parle aussi pas mal de paysans pauvres et que j'ai déjà fait le thème du Brésil avec
La cité de Dieu, je pense que le prochain sera celui de l'agriculture. On verra bien.
Quoi qu'il en soit, sans être un chef d'oeuvre, ce film est assez bien. Il recoupe pas mal le témoignage dont j'ai parlé plus haut, en ce qu'il évoque le poids de traditions dont on ne connaît pas vraiment les sources et qui pourtant régissent toute la vie d'une communauté, quasiment par automatisme. Dans
Avril brisé, il s'agit d'une vieille querelle entre deux familles à propos des terres que l'une aurait volées à l'autre, et qui oblige l'aîné de chacune d'elles, alternativement, à tuer un membre de la lignée "ennemie". Oui, c'est stupide. Et pourtant, parfois, pendant quelques secondes, on comprend ce qui pousse les fils de ces familles à obéir à cette tradition absurde. Bon, par-dessus ça, le réalisateur a collé une histoire d'amour, moyen (pas forcément le plus original, mais passons) d'amener un peu d'air extérieur dans ce vase clos et de faire douter le héros du bien fondé des coutumes familiales.
A part ça, les personnages, peu nombreux, sont bien travaillés, les acteurs sont bons, et c'est bien réalisé, malgré une légère tendance au "regardez mes belles images" (ceci dit, après avoir vu
Dolls, je suis immunisé de ce côté là).
X² (3/5)

Je me sens presque coupable. J'aurais sincèrement aimé mettre 3 (ou plus) au Kitano et 2.5 aux X-Men, mais vraiment, je peux pas. Pour le Kitano, il suffit de lire l'article précédent, sinon ça sert à rien que je le tape, et pour
X², c'est juste que c'est une bonne surprise.
Pas une grosse surprise, en même temps, vu que je viens de voir le 1, dont il y avait deux ou trois choses à sauver, et que j'avais entendu dire qu'ils s'étaient appliqués sur le scénario, ce coup-ci. Bon, on va pas faire durer le suspense, ils se sont effectivement appliqués, mais pas trop non plus. Ca reste du grand scénario mégalomane avec grand méchant au pathos très chargé qui rêve d'accomplir son grand-oeuvre. Mais quand même, ça sent un peu moins le vide que le premier opus (qui me rappelait le genre de vide de
Men In Black 1, un vide du genre "Hein ? Déjà ? C'est tout ?", si vous voyez ce que je veux dire).
Et puis ya toujours ces petits détails que j'aime : le côté animal vraiment réussi de Wolverine, une Mystique qu'a pas mal la classe, l'ingéniosité dans l'utilisation des pouvoirs des mutants (bon, OK, pas tout le temps), la façon dont sont traitées les interactions entre les personnages (parmi les mutants, parce que dès qu'ils se frottent à "l'ennemi", ça devient déjà un peu plus caricatural), ou encore cet espèce de sentiment de désespoir dû au fait que, quoi qu'ils fassent, les mutants vont finir par s'en prendre plein la gueule (sentiment un peu atténué par la happy end de rigueur, mais qui subsiste quand même). Le réalisateur a par contre laissé tomber quelques côtés assez intéressants du premier épisode, comme la relation Wolverine / Malicia (on remplace Wolverine par Iceberg et on y perd un peu, je trouve).
Ceci dit, faut pas non plus chercher trop loin, X² reste avant tout un bon gros film d'action, pas un conte philosophique. Mais il a le mérite de pas être trop con (un peu quand même, pas de panique) et d'être bien réalisé. Par contre, il faudra que je parle à Bryan Singer un jour, pour le faire jouer à un jeu de baston sur console. Parce que quand Wolverine et l'assistante japonaise (dont j'ai oublié le nom) du grand méchant se battent, c'est pas terrible. Théoriquement, ils sont faits pareils (même pouvoir, mêmes "modifications"), donc ce qui va les différencier c'est ce qu'ils ont acquis plus tard. Par exemple, la force pour Wolverine (il a fait de la muscu depuis le 1, non ?) et peut-être plus de souplesse et de rapidité du côté de son adversaire. Et là, ils se battent comme des chiffonniers, de la même façon. Un peu comme si Chun Li faisait des prises de catch à la Zangieff. Voilà, c'était la remarque inutile du jour. Pour le reste, j'attends toujours le mec qui fera un film de super-héros qui aura la vraie classe, genre un mix entre
Unbreakable et
X². Et
Brazil.
OK, je rêve.
Dolls (2.5/5)

Woaw. Je sais pas combien de temps il a mis à tourner ce film, mais c'est assez impressionnant. Chaque plan est travaillé comme je ne l'ai jamais vu dans aucun autre film. C'est vraiment super beau. Ca ressemble carrément à un bouquin de photos, avec des compositions de couleurs et de formes soigneusement arrangées et on en prend vraiment plein les yeux pendant tout le film.
Par contre, en dehors de ce côté graphique assez époustoufflant, on se fait un peu chier. Des trois histoires qui composent ce film, je n'en sauverais personnellement qu'une seule, celle des vagabonds enchaînés. Et encore, elle a beau être à la fois belle, symbolique et poétique, elle devient un peu chiante à la longue. Les deux autres histoires sont super classiques : que ce soit la star déchue et son fan hardcore ou la fiancée qui attend son amoureux pendant des années, lequel, lorsqu'il s'en aperçoit, la côtoie sans lui révéler son identité, je les ai trouvées vraiment simplistes, et pas traitées de façon particulièrement originale.
Bref, c'est hyper beau (mais vraiment, hein), mais c'est quand même bien long pour trois petites fables un peu faiblardes. Oui, je sais, c'est chargé de sentiments, ça raconte plein de trucs universels sur la vie, l'amour, la culpabilité, blabla, mais on comprend tout ça en environ 7 minutes et après c'est juste... chiant. Mais beau. Mais chiant.