G
Cacochyme
bulles

31.07.03
Neko no ongaeshi (3/5)

Hihihi ! Oh la la c'est trop mignon hihihi ! Alors tu vois, c'est l'histoire de Haru, qui est super gentille mais un peu distraite. Et un jour, attends tu vas voir c'est trop mignon, elle sauve un chat qui va se faire écraser par un camion ! Et en fait, le chat, c'est le fils du roi des chats alors après il veut la récompenser pour ce qu'elle a fait !!! Du coup, elle vit plein d'aventures avec des chats super mignons, sauf un qui s'appelle Muta, qu'est un peu grincheux mais qui au fond de lui est mignon quand même, hihihi !

Bon, OK, j'arrête. Mais j'aime autant vous prévenir tout de suite, c'est bien mièvre. La moitié des "gags" est plus là pour vous faire dire "hihi" que "haha", croyez-moi. Alors comme je suis pas du genre à dire facilement "hihi", ça m'a rapidement gonflé. De ce point de vue, la première partie du film est horrible. J'avais envie de hurler des expressions contenant les mots "merde" et "foutre" à l'oreille de toutes les filles qui faisaient "hihi" sans arrêt dans la salle. Heureusement, au bout d'un moment, ça s'améliore. Tout le monde devient moins "gentil" et des scènes vraiment drôles se mettent en place. Il y a toujours ce côté un peu mignon qui vous donne envie d'égorger des bisounours à mains nues, mais c'est plus équilibré. Et puis bon, il faut reconnaître qu'il y a toujours la patte des studios Ghibli, un petit côté bien décalé que personnellement je trouve irrésistible. Des personnages comme Muta ou le roi des chats peuvent sembler un peu caricaturaux, puisqu'on les retrouve sous d'autres formes dans les autres dessins animés du studio, mais ils sont malgré tout drôles et efficaces.

Par contre, j'ai été déçu par l'animation, que j'ai trouvée vraiment un cran en-dessous du Voyage de Chihiro ou du Château dans le ciel. C'est d'ailleurs assez curieux, parce que certaines scènes sont vraiment belles (la chute libre notamment), alors que d'autres sont bizarrement animées et un peu saccadées. Enfin, c'est pas très grave, parce que le dessin reste élégant et surtout super riche, fourmillant de détails.

En résumé, donc, si vous avez 14 ans ou plus, passez votre chemin, à moins que vous soyiez très curieux ou très enclin au hihi. Ou que vous accompagniez votre petite soeur, parce qu'il y a de grandes chances qu'elle aime, elle. Quant à vous, si vous arrivez à passer sans encombre la première demi-heure, le reste devrait glisser tout seul et il se peut même que vous en gardiez un bon souvenir.

29.07.03
Equilibrium (1.5/5)

Quand on voit l'affiche d'Equilibrium, on a tendance à croire que le film va être une espèce de resucée de Matrix. En fait, esthétiquement parlant, le film ressemble plutôt à Bienvenue à Gattaca, en un peu plus cheap, avec des images froides légèrement bleutées et des décors dépouillés. Personnellement, j'aime bien.

Par contre, le postulat de départ est un peu difficile à avaler : après la troisième guerre mondiale (évoquée à coups d'images de Saddam Hussein), l'humanité se dit que non, décidément, la guerre c'est pas bien. Et qu'est-ce qui provoque la guerre ? Les sentiments. OK, alors on va inventer un médicament qui supprime les sentiments. C'est un peu énorme, mais comme je suis sympa, je me dis que c'est de la S-F et qu'ils ont du trouver un truc qui remplace la testostérone pour qu'on puisse se reproduire sans se taper dessus, et toutes sortes de choses du même genre. Allez, je suis tolérant, j'accepte. Par contre, tout au long du film, on voit des mecs rire, se mettre en colère, etc. Ca casse un peu tout.

Bref, c'est dans ce monde foid et déshumanisé que se déroule l'histoire, celle d'un mec faisant partie d'un corps d'élite, les Clerics, chargé de débusquer les fripons qui prennent pas leurs pilules anti-sentiments et de leur latter la gueule (en gros). Et, ô surprise, le mec en question découvre peu à peu les bienfaits des sentiments et va commencer à se rebeller, un peu comme Lorenzo Lamas, mais en moins négligé quand même, on rigole pas avec l'hygiène, chez les Clerics. Le truc un peu chiant avec ce personnage, c'est qu'il n'est pas censé être un super-héros, juste un mec d'un corps d'élite super entraîné, et qu'il éclate pourtant tranquillement, sans une goutte de sueur, des dizaines et des dizaines de mecs armés de fusils d'assaut, alignés bien sagement. Alors moi je veux bien qu'on stylise, qu'on parabolise et même qu'on allégorise, mais trop c'est trop. Là, les failles ne sont plus de l'ordre du réalisme (ce qui ne serait pas très grave, puisque c'est quand même de la SF), mais de la cohérence. Et comme l'intrigue en elle-même est un peu menée au bazooka (oh mon Dieu, j'ai pas pris ma pilule, je suis ultra sensible, noooooooooon, ne tuez pas ce chiooooot !), ça n'arrange rien.

Au milieu de tout ça, on retiendra malgré tout quelques plans sympas, un combat de gun fu bien classe et une ambiance paranoïaque pas si mal rendue. Mais c'est tout.

26.07.03
Gédéon (M-004)

Je suis au milieu de l’ascenseur, menotté et entouré de neuf mecs qui pointent des flingues longs comme leurs bras en direction de ma gueule. Je sue comme un bœuf. Pas à cause des armes, mais plutôt du thermomètre incrusté dans le panneau de contrôle de l’ascenseur, qui indique 43° C. Ca va tourner à l’orage.

On arrive en bas de l’immeuble et mes gardes du corps me font sortir le premier, guidé par la pression de leurs flingues sur mon dos et ma nuque. On sort de l’immeuble. Garée en travers de la rue, ma limousine m’attend. C’est un modèle un peu spécial : 10 tonnes de métal blindé, aucune fenêtre à part le pare-brise et deux grande portes au cul, ouvertes sur un compartiment à bestiaux garni de bancs en fonte où ils comptent me faire asseoir le temps de me ramener à l’asile. Dans ma situation actuelle, je peux difficilement refuser l’invitation, alors j’entre dans le camion et me pose sur l’un des bancs. C’est à ce moment là qu’ils se rendent compte que je prends un peu plus de place que leur pote que j’ai éclaté tout à l’heure et qu’il va falloir se serrer. Ca les emmerde un peu, mais finalement les portes arrières se ferment et le véhicule démarre. Je sens que les deux mecs qui sont collés à moi n’en mèneraient pas large si cinq des leurs n’étaient pas assis en face, leurs flingues toujours braqués sur moi.

Tout le monde transpire à grosses gouttes, et la température ne cesse d’augmenter. On entend le tonnerre gronder et mes cheveux sont trempés de sueur. J’ai mal au bide. Dès que je crois m’être habitué au manque, un soudain regain de douleur vient me rappeler que personne n’y arrive jamais et que si on n’en crève pas, c’est qu’on est retourné à l’asile bouffer sagement sa dose quotidienne de médicaments. Mes gardes semblent eux aussi être de plus en plus mal à l’aise. La chaleur est étouffante à l’arrière du fourgon et l’odeur de sueur n’a rien à lui envier. Je n’ai qu’une envie : sortir. Les écraser un par un dans le camion et sortir. Mon problème, c’est qu’ils n’attendent que ce prétexte pour me plomber. Le mec à ma gauche commence à se marrer, comme s’il lisait dans mes pensées. Je tourne la tête et m’aperçois qu’il a enlevé son casque et qu’il penche sa tête d’un côté à l’autre, sans arrêt, le regard perdu dans le vide. Il rigole comme un crétin et les autres commencent à s’agiter et à lui demander ce qu’il a. Non seulement il continue son cirque sans répondre, mais le mec à ma droite se met à faire pareil. Je sens que, bizarrement, les autres commencent à paniquer. Leurs voix sont distordues, exagérément aiguës, et leurs gestes de moins en moins précis. Un énorme coup de tonnerre résonne au dehors et ils sursautent tous comme des fillettes. Et puis, petit à petit, sans raison, ils s’affalent sur le banc et s’endorment.

Je comprends rien, mais j’ai d’autres priorités. Je choppe un flingue et m’assure, à bout portant, qu’ils ne se réveilleront pas au mauvais moment. Et puis je commence à donner des coups d’épaule dans les portes. Évidemment, c’est solide. Ca bouge, mais ça pète pas. Les mecs dans la cabine ont l’air de se rendre compte de quelque chose, parce qu’ils commencent à gueuler pour savoir ce qu’il se passe à l’arrière. Je continue de foutre des coups dans les portes et elles commencent à céder. Encore quelques efforts et je pourrai sortir et me perdre dans la foule. Je retournerai pas à l’IEEC. Je suis pas Dan, allez vous faire foutre. Le métal se déchire enfin et les portes s’ouvrent. Je saute du camion, mais l’extérieur est très différent de ce à quoi je m’attendais : les rues sont totalement vides et le ciel est d’un gris uniforme très sombre, presque noir. Mais j’ai pas le temps d’étudier la question pendant deux heures. Je cours pour me mettre hors de vue des mecs du camion, qui vient de s’arrêter quelques centaines de mètres plus loin. Je tourne dans la première rue que je trouve, mais apparemment ma fuite n’est pas passée inaperçue, parce qu’une escouade de miliciens armés me barre le passage. Les mecs me braquent et m’ordonnent de ne plus bouger. J’hésite, mais l’éclair et le grondement de tonnerre simultané qui déchirent le ciel, immédiatement suivis d’un déluge de pluie et de cendre m’offrent une diversion suffisante pour me jeter à l’abri dans une entrée d’immeuble. La milice ouvre le feu et je me mange une ou deux bastos avant de quitter leur ligne de mire. J’entends leurs pas et leurs cris se rapprocher tandis que je cherche une issue. Je m’apprête à pénétrer dans une cage d’escalier, lorsque le bruit des portes de l’ascenseur attire mon attention sur ma gauche. Un petit mec tenant une grenade à la main vient de pénétrer dans le hall et me dévisage. Je marque un temps d’arrêt, un peu surpris par cette apparition, lorsque le soudain vacarme à ma droite m’avertit que les miliciens viennent d’investir l’immeuble. J’ai tout juste le temps de me jeter dans la cage d’escalier avant qu’une explosion ne dévaste le hall et ses occupants. Étalé par terre, je commence à sentir les balles qui m’ont atteint tout à l’heure. Une au ventre, une à la cuisse. Ca pique, mais comparé au manque, c’est vraiment rien. Je me relève, me retourne, et le petit mec, émergeant de la fumée qui a rempli l’entrée de l’immeuble, me fait signe de le suivre et se barre du hall en courant. Un peu paumé, je décide de lui faire confiance, au moins momentanément. Je cours derrière lui et il me guide à travers les rues, sous l’incessante pluie de cendre qui recouvre peu à peu la ville désertée et nous rend invisibles à quiconque se trouvant à plus de deux mètres de nous. Je ne sais pas qui est ce mec, mais je sais que je suis libre, pour quelques heures de plus.

22.07.03
Raising Victor Vargas / The Long Way Home (4.5/5)

Alors voilà, on se plaint, on gueule parce que l'été y a rien au cinéma, et on passe à côté de petits bijoux dans le genre de Long Way Home. Une fois de plus, il faut un peu jongler avec les titres : à la base, ça s'appelait The Long Way Home, Long Way Home en version française, et le nom américain définitif qui a été choisi est Raising Victor Vargas. Me demandez pas pourquoi, j'en sais rien.

Par contre, ce qui est sûr, c'est qu'il fait partie des rares films auxquels je n'ai absolument rien à reprocher. Souvent, même dans ceux que je trouve excellents, il y a un ou deux petits détails qui me gênent un peu, ou que j'aurais trouvés mieux amenés autrement. Eh ben pas là.

L'histoire, grosso modo, est celle d'un adolescent now-yorkais de 16 ans, Victor Vargas, élevé avec son frère et sa soeur par sa grand-mère, dominicaine installée depuis longtemps aux USA. Si je voulais faire simple, je dirais que l'intrigue est axée autour de sa personnalité de dragueur de base, qui évolue petit à petit vers quelque chose de plus sincère. Le problème, si je disais ça, c'est que vous penseriez que Victor Vargas est joué par Hugh Grant et que Melanie Griffith doit traîner pas loin, alors que pas du tout. En fait, autour de ça, se greffent une multitude de thèmes, en particulier ceux de l'intégration et de la responsabilisation qui accompagne le passage à l'âge adulte. Le tour de force du film, c'est de mêler sentiments, portrait social et touches d'humour sans aucune lourdeur, avec une habileté vraiment surprenante compte tenu des sujets évoqués.

Et puis il y a les acteurs. Et là ça fait mal. Je me demande comment certaines célébrités d'Hollywood, même excellentes, peuvent toucher de tels cachets, alors qu'il est visiblement possible de trouver des acteurs incroyables et pourtant méconnus. Parce que dans Long Way Home, c'est vraiment un sans faute. Tous les acteurs, du plus petit rôle au rôle principal, sont mortels.

Alors bon, on a une mise en scène subtile et irréprochable, un scénario centré sur les personnages d'une qualité remarquable, des dialogues impeccablement adaptés et des acteurs exceptionnels. Je vous laisse faire le calcul vous-mêmes.

21.07.03
Lost In La Mancha (4/5)

Lost In La Mancha, c'est le making-of d'un film qui ne s'est pas fait et qui n'a que peu de chances de voir le jour dans le futur. Rien que ça, c'est un bon concept, je trouve. Alors si on y ajoute le fait que le film en question est inspiré de Don Quichotte de Cervantès et réalisé par Terry Gilliam, ça devient carrément alléchant.

Peu de budget et une malchance à faire passer Murphy pour un gagnant du loto recevant une lettre d'amour de Salma Hayek ont fait de The Man Who Killed Don Quichotte (le titre que le film de Gilliam aurait dû avoir) un véritable fiasco. On se marre parfois de voir les tuiles tomber sur la tête de l'équipe du tournage, mais la plupart du temps, on a juste très mal pour eux. À côté de ça, Lost In La Mancha offre un intéressant éclairage sur les coulisses d'un tournage, et notamment sur le rôle crucial des hommes de l'ombre que sont, par exemple, le premier assistant réalisateur ou les techniciens.

Mais en fait, tout ça c'est bien joli, c'est hyper intéressant, mais c'est pas l'important. L'important (à part la rose), c'est de voir l'enthousiasme surhumain de Terry Gilliam. Le ciel lui tombe sur la tête, il trouve 5mn pour tourner une scène minuscule, et cette scène semble lui procurer un plaisir exceptionnel. On voit à quel point il aime les acteurs, son film, etc. Étant un peu mégalomane, je vais ramener tout ça à ma petite vie, afin d'être un peu plus clair : de temps en temps, j'entreprends des projets créatifs divers, souvent inachevés parce que l'enthousiasme, pourtant fort au départ, finit par s'estomper. Alors quand je vois un mec comme ça, qui a déjà connu des succès impressionnants, s'enthousiasmer aussi sincèrement pour ce qu'il fait sur un projet de 10 ans, avec tous les coups du sort qu'il subit, ça me laisse rêveur. C'est vraiment cette dimension du film qui m'a marqué et c'est à mon avis le fait d'avoir réussi à capter cela qui fait que Lost In La Mancha n'est pas juste un petit documentaire sur un tournage catastrophe, mais brosse également le portrait d'un grand du cinéma à l'imagination ultra-fertile et totalement atypique. Le côté un peu frustrant de l'opération, par contre, c'est que j'aurais bien aimé voir Don Quichotte de Terry Gilliam, avec Jean Rochefort et Johnny Depp.

19.07.03
L'Outremangeur (3/5)

Ca me fait tout drôle de refaire un commentaire de film, tiens. Du coup je sais pas trop quoi dire, alors je vais faire simple. L'Outremangeur, c'est l'adaptation d'une BD de Ferrandez (qui est un auteur / dessinateur qui a pas mal la classe) et Benacquista (que je ne connais pas, désolé) qui parle d'un mec obèse qui décidément n'a pas la vie la plus réussie du monde puisqu'il est également commissaire de police. Bon, en fait, ça va quand même un peu plus loin, vu que le mec en question a une espèce de frénésie bouffatoire irrésistible (également appelée boulimie par les gens terre à terre) dont il essaye de se débarasser au fil de l'histoire pour des raisons qui lui appartiennent, que je connais, mais que je ne vous révèlerai pas. Et faites pas la gueule, c'est pour votre bien. Bref, sous une intrigue policière se cache un portrait psychanalytique (et c'est pas la peine de serrer les fesses, ça changera rien) assez bien foutu d'un mec évidemment très complexé.

L'intérêt, c'est que ce portrait est plus ou moins universel. Il parle de la boulimie et de l'obésité de Séléna (le commissaire - oui, je sais, on dirait un prénom de fille, mais j'y peux rien) mais il pourrait aussi bien évoquer toutes les manies et les défauts compulsifs que nous ne parvenons pas à vaincre et sur lesquels je m'étendrais si je ne mettais pas un point d'honneur à ne jamais me faire traiter de gothasse par Ptyx. Là, je parle évidemment du thème du film, mais il y a aussi une intrigue (si), qui mêle une enquête policière (même si ce n'est pas l'aspect le plus important du film) et ce qu'on pourrait appeler un drame psychologique, puisque le commissaire Séléna flash comme un Kodak jetable sur l'auteure présumée d'un meurtre, interprétée par une Rachida Brakni assez charismatique, si je puis me permettre.

Je ne dirais pas que L'Outremangeur est un grand film, mais il est bourré de petites observations qui font mouche (et ça n'a rien à voir avec l'histoire du routier gay, je tiens à le préciser) et surtout il parvient à rendre Séléna très humain. Bien sûr, parfois, la mise en scène en fait un peu trop (les pas du commissaire qui résonnent très fort dans les escaliers, sa façon de manger un peu dégueu, qui se justifie lorsqu'il est en phase de frénésie, mais moins quand il mange un Lion peinard à son bureau, etc.). Par contre, grosse surprise (ou pas), Cantona est excellent (si vous vivez dans une fosse sous-marine, sachez que c'est lui qui interprète Séléna). Il joue super bien, avec plein de phases "tout dans le regard" qui rendent vraiment bien et une façon très juste d'interpréter ce personnage atypique.

Donc, clairement, on trouve dans ce film un bon paquet de choses intéressantes, même si l'intrigue policière est souvent un peu poussive et si certaines scènes auraient pu être évitées ou filmées de manière moins lourdingue (quand Canto demande à Borhinger de lui montrer ses compétences de plongeur acrobatique, par exemple). En tout cas, je trouve ça assez prometteur pour la carrière de Cantona au cinéma.

15.07.03
Priorités

Hier matin, en rentrant chez moi, je croise une tripotée de cavaliers en costume de carnaval qui se rendaient sur les Champs. Les chevaux ayant la capacité détestable et pourtant si pratique de chier en marchant, un escadron de trois véhicules verts à brosses rotatives (que j'appellerai autocrottes) fermait le cortège, bien décidé à ne pas laisser l'observateur malintentionné sous-entendre que l'armée fout la merde dans les rues de Paris.

Quand je pense que le petit bout de caca qui avait été malicieusement déposé par un camarade canin devant la porte de mon immeuble, puis déplacé par une âme charitable dans un proche recoin, a tenu plus d'un mois avant de disparaître, je me dis que je serais quand même bien mieux traité si j'étais habillé comme un clown.

12.07.03
Le drame de ma vie

Il est une vérité que je ne peux tenir secrète plus longtemps. Tout le monde en ce bas-monde a sa peur secrète cachée enfouie au plus profond des tréfonds des abîmes insondables de son âme, et c'est ma foi bien naturel. On n'est pas des bêtes non plus. Certains par exemple leur drame c'est d'être les voisins des Osbournes ou encore de ne pas pouvoir passer une nuit dans un lit avec Britney Spears, Jessica Biel, Shakira, Famke Janssen et Camille de Pazzis nues. Et ben moi le drame de ma vie c'est que je suis actif électriquement. Quoique c'est aussi de ne pas pouvoir passer une nuit dans le lit sus-cité, mais c'est un autre problème sur lequel je préfère ne pas m'attarder (et si vous vous dites on les connaît pas ces filles et surtout pas Camille de Pazzis, laissez-moi vous dire que vous n'avez pas de chance mais qu'il ne tient qu'a vous de remédier rapidement à cet épineux problème).

Avec le recul que me donne mon grand âge et ma maturité intellectuelle, je me rends compte aujourd'hui que mon intense activité électrique remonte à mon plus jeune âge. À cette époque je pensais encore être un descendant de Jésus et je trouvais donc parfaitement naturel d'etre doté d'un fluide me permettant de réaliser des miracles. Quelques années après lorsque mes études me poussèrent naturellement vers un célèbre lieu d'études de l'électricité française, je n'y voyais pas malice. Quel naïf j'etais alors ! Et je devais le regretter pour le restant de mes jours.

Ca avait commencé chez moi de la façon la plus banale. Ma nouvelle lampe halogène que j'avais eue pour mes 12 ans (ou 13 ou 14 ou 15 je sais plus mais on s'en fout c'est pas le sujet) avait très vite présenté des signes troublants de faiblesse. Et quelle ne fut pas l'horreur qui s'empara de moi lorsque rentrant fourbu de l'école mon halogène refusa de s'allumer ! Heureusement que mon papa dans un éclair de génie (éclair <-> électricité comme quoi rien n'est innocent) avait réussi par sa chance incroyable à la faire remarcher apres de multiples démontages/remontages totalement inutiles. Et je refuse de mettre ça sur le compte d'un hypothétique goût du bricolage dont ne dispose absolument pas mon papa. Ca le fait meme bien chier mais de temps en temps on n'a pas le choix il paraît.

Jamais non plus je ne vis le signe du destin quand mon journaliste favori, à savoir Jérome Bony dit "Tête d'ampoule", rapportait les malheurs du monde de l'Ethiopie à la Yougoslavie en passant par le Rwanda et la Roumanie. L'Electricité était dejà le Triste Hérault du Mal mais je ne le savais alors pas.

Lorsque j'intégrai ma prison d'études et que de vils professeurs m'obligèrent à assister à des TLs (Travaux de Laboratoire) inintéressants au possible sur l'art de placer une diode dans un circuit électrique, je ne m'etonnais que moyennement quand, passant à proximité du disjoncteur du triphasé, les plombs sautaient brutalement (ou plutot devrais-je dire se volatilisaient car oui il n'en restait rien), plongeant les etudiants dans le plus grand désarroi et le noir. Nous mettions ça alors sur le compte de notre incompétence notoire et notre incapacité a maîtriser les mystères de la fée électricité.

Mais cela fait environ 2 ans maintenant que j'ai pris conscience de cet état de fait, aussi horrible qu'il soit. JE SUIS ACTIF ELECTRIQUEMENT PARLANT (oui parce que à part électriquement on ne peut pas dire que je sois caractérisé par une intense activité). Lorsque la lampe halogène de ma jeunesse intégra mon nouveau domicile, j'avoue que je ne fus que peu surpris qu'elle rende définitivement l'âme peu après. Ce n'était après tout que justice après ces années de (loyaux ?) services. Je fis donc l'acquisition d'un bel exemplaire tout neuf de cette espèce dite des lampes halogènes qui trôna fièrement dans mon salon.
Ma joie ne fut que de courte durée. Deux mois après je fus surpris lorsqu'un matin à 16h elle refusa de s'allumer (c'était en hiver donc il faisait sombre et tout et tout). Changement d'ampoule, trifouillage et rien. Le variateur avait manifestement décidé d'entamer une grève définitive et sans préavis. Mauvaise humeur, grognements on s'arrange comme on peut pour continuer à voir clair chez soi en faisant avec ce qui marche. Peu de temps après ma maman dans un élan de générosité qui la caractérise me fait cadeau du frère jumeau de mon lampadaire mort. Ni une ni deux je l'installe en lieu et place de son frère défaillant.

Vous me direz rien de bien original là-dedans et vous aurez tout à fait raison mais en fait non. Car je ne donne là en exemple que la lampe principale de mon habitat qui est le lampadaire halogène de mon salon. Car les ampoules de la cuisine (5 au total) se sont aussi bien défendues au jeu du "j'emmerde Guillaume au maximum" en claquant à intervalles plus ou moins régulier, par groupes de 1 à 4 (oui je n'ai pas encore eu les 5 qui claquent d'un coup, le destin me réserve encore un avenir plein de surprises). Oui je sais c'est normal que des ampoules claquent mais l'espérance de vie d'une ampoule chez moi doit être d'environ un mois et je me refuse à être le Tiers-Monde des ampoules. Lampe de chevet, lampe de bureau, plafonnier, lampe décoration, pas une pour rattraper l'autre.

Et quand des amis accueillants me convient en leur foyer chaleureux, très peu se doutent que j'amène avec moi la Malédiction de l'Ampoule et son lot de désolation. J'ai en tête plusieurs exemples (3 pour être précis) où passant à proximité de sources lumineuses non familières, celles-ci ont succombé brutalement à mes surtensions. Sans doute certains d'entre vous ont déjà été confrontés à ce type d'expérience au-delà du réél où une lampe claque à votre passage. Malheureusement j'ai bien le dur sentiment d'être particulièrement sensible à ce genre de phénomènes. Certains sont prédisposés pour les cancers ou polytechnique, moi c'est pour les claquages d'ampoule.
Et pire que cela la télévision ne nous propose plus ces émissions de qualité où Madame Paluche vient témoigner que la Vierge est apparue dans sa machine à laver pour bénir les slips jaunis de son mari, car peut-être je pourrais y trouver un peu de réconfort.

Lorsque pas plus tard qu'il y a moins d'une semaine (ca fait pas longtemps hein) le variateur de ma deuxième lampe halogène a failli, j'avoue que je me suis vu tomber très bas. Une sorte de fatigue morale qui vous envahit et vous submerge. Une vague d'ecume qui déferle sur les frêles esquifs de votre rationnalité. Cette même fatigue qui faisait dire à Obelix rapportant les propos du tribun je sais plus qui dans Asterix je sais plus où : "je suis lalala".

Oui voilà je suis lalala... Maintenant j'erre dans les allées du Bricorama d'Italie II entre les rayons luminaires et ampoules, les yeux vitreux et exorbités (je veux dire encore plus que d'habitude) caractéristiques d'une non-exposition suffisante aux bienfaits des photons haïs.

Alors quand dans quelques années les progrès de la science auront montré que le corps et le cerveau dégagent bien une intense activité electromagnétique (pour etre plus précis que la vulgarisation dont je vous ai fait part jusqu'à maintenant, même si en fait ce sera pas vraiment de l'electromagnétisme parce que ça on peut dejà le verifier) et ben moi ca me fera pas mal rigoler car ces scientifiques auraient été heureux de m'avoir eu comme sujet d'étude en tant que specimen particulierement favorable.

On aura beau dire "oui mais quand meme l'électricité c'est pas mal chouette, ca facilite vachement la vie et comment on ferait si on avait pas de réfrigérateur / télévision / ascenseur /..." eh bien moi je suis un fou et je le clame haut et fort "L'ÉLECTRICITÉ C'EST POUR LES CONS". Vous avez qu'à lire un livre à la lueur d'une bougie en mangeant du jambon avarié dans les escaliers. En plus je suis persuadé que ça règlera rapidement le problème des retraites, dont de toute façon vous n'entendrez plus parler vu qu'il n'y aura plus de télé.

PS : Je tiens les pièces a conviction de ces récits disponibles chez moi pour consultation voire réparation si jamais vous avez vraiment rien à foutre ou si vous préparez une thèse anthropoélectrique pour "Le Monde de l'Inconnu" qui sera dorénavant ma nouvelle bible scientifique.

Le mois portes ouvertes cacochyme

Et voilà ! Je me suis fait avoir. Je croyais avoir trouvé une combine ultime pour continuer à avoir des commentaires de films sur Cacochyme, et le résultat c'est que Guillaume est jaloux et veut aussi écrire quelque chose. Mais comme par hasard, c'est pas un commentaire de film, c'est un truc à la gloire de ses pouvoirs psy.

Donc on va dire que jusqu'à la fin du mois, c'est portes ouvertes sur Cacochyme. Par contre, c'est limité à une participation par personne, sauf s'il s'agit de critiques de films que je ne pourrai pas voir. Et en août, on reprend les bonnes habitudes, et je suis à nouveau le maître incontesté de ce blog, celui qui récupère toute la thune et les groupies.

11.07.03
La Meglio gioventu (4.5/5)

Quand on souhaite aller au cinéma et qu'à la fin du résumé est mentionné, en petit, "durée : 6h", ça peut rebuter. Et pourtant, on aurait bien tort de se priver.
Pour illustrer cette affirmation, je vais prendre un film de 6 heures au hazard dans les salles. Allez, toi là, tu viens. Comment t'appelles-tu ?
- "Nos meilleures années".
Génial. On commence.

En soi, on ne peut pas dire que "La Meglio gioventu" soit un film qui puisse être résumé. Si je m'y essayais, je dirais que c'est, sur 40 ans, l'histoire de Matteo et Nicola, deux frères partageant tout, jusqu'au jour où la rencontre avec une jeune fille souffrant de troubles psychologiques, détermine le destin de chacun : Nicola décide de devenir psychiatre, alors que Matteo entre dans la police. Leur parcours ainsi que celui de leur famille s'inscrit en parallèle avec les événements qui ont joué un rôle crucial dans l'histoire de l'Italie : l'inondation de Florence, la lutte contre la mafia en Sicile, les brigades rouges...
Mais si vous aviez quelque chose à redire là dessus, ce serait que d'un côté, ça ressemble à un simple copier/coller du résumé du site de l'UGC et que, d'un autre, c'est presque aussi alléchant que d'être coincé chez soi, la cheville en vrac sans béquille. Et sur ces deux points, vous auriez absolument raison.
Non. Nos meilleures années, ce sont six heures grandioses qui nous lient dans un premier temps avec la jeunesse de Matteo et Nicola, nous font parcourir l'Italie sans vouloir nous en mettre plein les yeux, nous font pénétrer dans leurs histoires, celles de leur pays et de leur entourage. Tant et si bien, qu'en plus de rire et pleurer avec eux, on finit par vivre avec eux, se prendre d'intérêt pour leur rencontre, faire les choix qu'ils feront à notre place. Et tout ça aux grés de leurs déplacements géographiques, de Rome à Palerme en passant par Turin, la Toscane et la Norvège.
La seule faille que je trouverai à lui reprocher serait son côté ultra romancé. Les violons pour se dire qu'on aime, les violons pour se dire qu'il faut pleurer. C'est usant.

Mais à défaut d'un film parfait, on a le droit à un voyage saisissant à travers un pays et des vies ordinaires. Et quand le film se finit par un "Tutto e bello", on me dira ce qu'on voudra, mais c'est loin d'être faux.(La rime à 4 sous n'est absolument pas volontaire.)

Bon, et pour tous ceux (et surtout toutes celles) qui seraient venues là pour lire du Brice, sachez que moi aussi, j'étais venue pour ça au début. Comme quoi, faites attention. On commence par le lire, il finit par vous faire écrire à sa place.

Dead inside

L'air était doux en cette fin de soirée, et les clameurs de Montmartre s'étaient déjà dissipées. La lumière de la lune se reflétait sur mes avant-bras, posés sur le rebord de la fenêtre. En temps normal, je me serais délecté de cette atmosphère intimiste au coeur de Paris, de cette douce nuit d'été et de la brise légère qui effleurait ma peau. Mais parfois, la vie décide de vous planter des milliers de lames éfilées dans tout le corps et, comme si ça ne suffisait pas, entreprend de les remuer toutes en même temps dans la chair meurtrie de votre enveloppe charnelle, jusqu'à atteindre votre esprit et vous incapaciter pour de bon, à la fois physiquement et spirituellement.

Hier était l'un de ces jours-là. J'avais mis Tabula Rasa, des Einstürzende Neubauten dans ma platine CD et j'écoutais Wüste en ressassant encore et toujours les mêmes pensées noires qui me tourmentent depuis mon adolescence. C'est toujours la même chose : on pense s'en être sorti, on pense avoir éliminé tous ces complexes et ces freins qui vous empêchent de vous sentir vivre, mais au final, Ils sont toujours présents, tapis dans les recoins de votre âme, prêts à vous déchiqueter sans pitié au moindre faux pas. La remarque presque anodine que m'a faite Séverine Les a faits ressortir de Leur tanière. J'ai encaissé le coup, tentant de cacher la Douleur, comme j'ai toujours si bien su le faire, et j'ai abrégé la rencontre. Mais lorsque je me suis retrouvé seul chez moi, hier soir, j'ai craqué.

Aujourd'hui, ça va un peu mieux, mais tout ça reste très présent en moi et je sais qu'il me faudra plusieurs mois pour repousser toutes mes sombres pensées dans un endroit de mon esprit suffisamment inaccessible pour que je ne retombe pas dessus au moindre problème. Enfin, il va falloir s'y faire, on verra bien comment tout cela évolue...

Mais non, j'déconne !

10.07.03
I'll show 'em who's the boss of my big mouth !

J'ai pas compris tout de suite, parce que la cheville me semblait un peu éloignée des cordes vocales, mais tout est devenu clair lorsque j'ai été obligé de refuser la proposition de Ptyx d'aller voir Shangai Kid 2 avec lui. Même si c'est à mon avis pas un grand film, ça m'a énervé. Et puis c'est pas comme si on pouvait se permettre d'être difficile en ce moment. Bref, j'ai compris que mon "accident" à la cheville n'était destiné qu'à une chose : me faire taire.

Parce que bon, j'ai réfléchi. Si j'essaye de marcher jusqu'au cinéma, je risque de mourir à mi-chemin d'une gangrène instantanée des ligaments, ce qui non seulement ne me plairait pas particulièrement, mais en plus contrarierait sûrement Susanna, le médecin à l'accent incroyable qui s'est occupé de moi. Et s'il y a une chose que j'ai pas envie de lui faire éprouver, c'est bien de la contrariété. Alors il reste la solution des béquilles, mais j'en ai pas, puisque j'ai fait le malin avec Susanna (haha, non, pas de béquilles c'est bon, j'ai même pas mal, haha), ou alors il faut que je demande à mon frère de m'en ramener. Et puis même, les béquilles, c'est chiant, ça fait mal aux avant-bras, et ça va emmerder tout le monde au cinéma. Et vu que je suis assez d'accord avec Gaëllou en ce qui concerne les gens relous qui tapent dans les fauteuils, parlent et choisissent exprès des trucs à manger dont l'emballage fait beaucoup de bruit, je peux pas me permettre d'emmerder le monde, question d'intégrité. Ou alors, je me mets sur le bord d'une rangée, mais ça me fait un peu chier. Donc voilà, c'est la merde. Entre ça et la moisson de films pourris qui s'annonce, la santé de Cacochyme est vraiment en danger. Et c'est bien pour ça que je pense que cette entorse n'est pas un accident. Quelqu'un a intérêt à voir mourir ce blog.

Le suspect le plus évident est un mec qui se fait appeler Petit Padawan dans le milieu. Dans l'intimité je sais pas, mais ça doit être quelque chose de bien pervers. Je le soupçonne parce qu'en ce moment il s'intéresse pas mal aux blogs morts. Je sais pas trop quel genre de rituel dégueulasse il veut pratiquer avec des cadavres de blog, mais ça a l'air sérieux. Les preuves se trouvent  et . J'aime pas trop mettre des liens sur le mot "là", parce qu'il est tout petit et que les plus vieux et les plus nerveux d'entre vous risquent de ne pas réussir à cliquer au bon endroit, mais bon, il s'agit d'une situation d'urgence, alors je le fais quand même. L'autre élément qui m'amène à le suspecter, c'est les menaces à peine voilées qu'il a délivrées, sous un pseudonyme derrière lequel ma perspicacité légendaire m'a permis de découvrir qu'il se cachait, à Alan Smithee, mon ami de blog (un ami de blog, c'est quelqu'un qui n'est pas votre ami mais qui a un blog qui est l'ami de votre blog ; c'est un peu comme un cousin par alliance, mais pas vraiment), dans les commentaires d'un post pourtant plein de bon sens.

Du coup, pour lui montrer qu'on m'intimide pas aussi facilement, j'ai passé quelques coups de fil chez Free et France Telecom, ça devrait le calmer.

Tout ça pour dire que leur stratégie (je dis "leur" parce que je pense qu'il a des complices) ne marchera pas. Quitte à m'enliser dans la fange malodorante de la paranoïa et de la mythomanie, je continuerai  à maintenir Cacochyme coûte que coûte. Et qu'on ne dise pas que je poste pour ne rien dire, parce que ce serait totalement faux. Par exemple, cet article a un but bien précis : vous annoncer que j'ai ajouté un lien dans la colonne de droite, pointant sur Greyroom, le blog d'un québécois qui voit des crevettes géantes et raconte des histoires d'amours palmipèdes (oui, tout ça pour ça).

Et pour finir, rendons à Biafra ce qui est à Biafra : le titre de cet article est tiré d'un morceau de Lard absolument mortel, intitulé Can God Fill Teeth ? et je vous encourage chaudement (en humectant mon doigt avec ma langue, puis en le passant lentement sur mon téton, par exemple) à écouter tous les disques de ce groupe.

09.07.03
Wario Ware, Inc.

Wario Ware, Inc.On peut dire ce qu'on veut de Nintendo, par exemple qu'ils n'ont pas compris que les jeux vidéos pouvaient aussi être adultes, mais ça reste des maîtres du gameplay. Prenez Wario Ware Inc., par exemple. Finalement, ce n'est rien de plus qu'une suite de petits jeux dignes de la NES, en même pas complets qui plus est. Et pourtant, ça marche : au bout de 2mn, on se dit "ouais bon, c'est sympa mais ça va vite me gonfler" et au final, quatre heures plus tard, on est devenu complètement épileptique, et on jure, les yeux rouges et les doigts tremblottants, que c'est la dernière et qu'après on va se coucher. Bref, Wario Ware, c'est bien.

Mais ce qui est encore mieux, c'est qu'un des mini-jeux est en fait dédié à Ptyx. Je ne sais pas trop comment c'est possible, mais c'est tellement évident que ça ne peut pas être une coïncidence. Dans, ce jeu, qu'on appellera La pince à Ptyx, on incarne une pince géante, sous laquelle Ptyx se balade avec l'insouciance qui le caractérise. Il est tellement insouciant, qu'il se permet de faire des bonds juste en-dessous de vous, ce qui n'est pas forcément très malin, vu que cela vous permet de le choper et qu'il ne lui reste alors plus qu'à remuer les pattes dans tous les sens (bien que cela ne serve strictement à rien). Ensuite, vous le relâchez, mais il n'a toujours pas compris : il se remet à passer dans l'insouciance la plus totale, et pousse même la naïveté jusqu'à venir faire des saltos arrières sous votre nez. Dans ces cas-là, pas de problème, il vous suffit de l'attraper par les pieds. Notez bien que, autant il gigote quand vous lui coincez la tête dans la pince, autant il reste parfaitement immobile lorsqu'il se fait choper au beau mileu d'un salto. Ceci dit, il n'est pas calmé pour autant, puisqu'il n'arrête plus de repasser et que parfois, au terme d'une feinte particulièrement vicieuse, il parvient à s'enfuir.

Je sais bien que ce post n'a aucun intérêt, mais j'ai mal à la cheville et je vous emmerde.

08.07.03
Ouch !


Bon ben voilà, au moins 3 semaines sans sport.

03.07.03
Mak dau goo si (3.5/5)

L'été dernier (mais si, souviens-toi), je préparais le mariage d'un pote avec plein de gens, dont une poignée d'inconscients qui avaient fait deux ou trois enfants quelques années plus tôt. Évidemment, ils couraient partout et ça a fini par énerver leurs parents, qui les ont mis devant la télé avec un cassette vidéo d'Aladdin. Enfin, pour être plus précis, ils ont mis les petits sur des fauteuils et la cassette dans le magnétoscope. Moi, j'étais assis à une table, pas loin, peignant de ma main à la fois agile et précise des petits pots en terre cuite. Vous l'avez deviné, c'était l'une des heures les plus sombres de mon histoire. Toutefois, il arrive que quelque chose de bénéfique ressorte des moments les plus difficiles et humiliants auxquels un être humain puisse être confronté, et c'est ce qui est arrivé cette fois-là. En effet; j'ai découvert une scène édifiante dans ce célèbre dessin animé des studios Disney : Aladdin drague Jasmine à la manière d'un lascar de base des Champs, lui racontant bobard sur bobard. Comme elle est bête mais pas trop, elle le grille, le traite de mythomane et commence à faire la gueule. Je commençais à me dire un truc du genre "haha c'est mal barré pour toi mon gars, ça t'apprendra à te la péter", mais j'avais tort ! Voyant que sa technique ne marche pas, Aladdin passe au plan B : la BM. "Bon, OK Jasmine, je suis pas producteur de R'n'B, mais regarde, j'ai une BM 540. Elle est cool, non ?" Et là, paf, Jasmine, comme une conne, se laisse avoir, monte dans la caisse et part faire le tour du périph' avec Ce rêve bleu à fond dans l'auto-radio Pioneer. J'étais tellement dégoûté que j'ai peint le pot suivant en vert moche.

Eh ben l'avantage, quand on va voir McDull dans les nuages (qui est le titre français de ce dessin animé, comme les plus sinophiles d'entre vous l'ont déjà remarqué), c'est qu'on se retrouve bien loin de ce genre de déception. Le message est simple, un peu plus profond (et un peu moins puant) que "Il a l'Audi, il aura la femme" et surtout délivré avec mille fois plus de poésie et de finesse. McDull dans les nuages est plutôt destiné aux enfants, et à ce rythme je vois pas bien comment dans 20 ou 30 ans les seuls artistes valables du monde ne seraient pas chinois. Je manque peut-être un peu de références pour dire ça, mais l'écart entre la richesse de ce dessin animé et la pauvreté de ce qu'on a l'habitude de voir ici me parait absolument sidérante. Et j'exagère même pas, c'est bien ça le pire.

Et puis c'est pas comme si c'était un peu de poésie, quelques métaphores et 3 grammes de petites réflexions sans rien autour. Graphiquement, c'est aussi très original. En gros, tous les décors sont en 3D, avec des extérieurs très réalistes et des intérieurs minimalistes et colorés, beaucoup plus enfantins et stylisés. Quant aux personnages, ils sont en 2D, dans un style très manga pour gosses. Pourtant, ça ne choque pas, le tout est très harmonieux et donne une ambiance vraiment particulière au dessin animé.

Dans cet univers, on suit l'enfance de McDull (qui a certes un nom un peu naze, mais quand on sait que sa mère s'appelle McBing et qu'elle a failli l'appeler McBassine, on relativise) et ses tentatives de combler tous les espoirs que sa mère a placés en lui. C'est traité d'une manière que j'ai vraiment adorée, en replaçant un peu tous ces rêves et tous ces espoirs au niveau du personnage et de son entourage. Ce qui est également appréciable, c'est que McDull dans les nuages ne vire jamais au mièvre, et est régulièrement ponctué de scènes bien drôles, dont certaines risquent de vous revenir à l'esprit dans certaines situations (les deux scènes dans le restaurant, ou l'histoire du site de cuisine de Mme McBing, par exemple). Bref, on passe vraiment un moment agréable, même en temps que proto-adulte. Et si par hasard vous faites partie des inconscients ayant généré des créatures qui courent partout dans les mariages, il ne vous reste plus qu'à leur faire voir McDull et bientôt, grâce à vous, des Champs-Elysées au Vieux Port en passant par la rue Sainte-Catherine, les filles pourront se balader tranquillement.

02.07.03
The Hulk (3/5)

Ha ha ! Hulk, il a la classe. Vous pouvez bien me raconter ce que vous voulez, me dire que, quand même, son caleçon devrait craquer, essayer de le dénigrer pour la couleur de sa peau, ou vous moquer de son QI de Daniela Lumbroso version crackwhore, vous m'aurez pas. Moi, quand il hurle "Euaaaaarh !" en levant des bras menaçants et en contractant les pecs, juste avant de lancer un semi-remorque sur un groupe de flics, puis de s'enfuir en faisant des bonds gigantesques en pensant "eux attaquer Hulk mais Hulk trop fort", il me fait craquer. À la limite, vous pouvez me dire qu'il serait encore mieux s'il mangeait des gens, mais c'est tout.

Bon, par contre, le film commence pas comme ça. Mais alors pas du tout, hein. C'est d'ailleurs assez marrant : hier soir je disais à Ptyx que j'aimerais bien qu'ils fassent un film sur La chose, parce que c'est un personnage pour qui la tranformation en super-héros est quasiment négative à 100% et que ça pourrait donc permettre de faire des trucs pas mal et hop, Ang Lee commence son film sur ce thème. On sent monter le truc petit à petit, à coups d'éléments qui nous font suspecter quelque chose, sans qu'on sache trop exactement comment ça va se déclencher. Ensuite, évidemment, ce qui devait arriver arrive. Mais là encore, ça reste relativement fin, et ça va un peu plus loin que le mec qui se met en colère et qui casse tout. Il y a une petite phrase du personnage joué par Nick Nolte qui résume bien la "métaphore Hulk" (c'est un peu pourri comme expression, mais en fait ça convient pas mal je trouve) : "Rage, Power, Freedom". J'ai trouvé cette première partie (qui correspond bien à la moitié du film) vraiment bien., d'autant plus qu'on y découvre en prime un super-villain très bien trouvé, mais j'en dis pas plus parce que je suis dans un bon jour, et je sais que vous avez pas vu le film (oui bon, toi peut-être, mais pas tout le monde).

Et puis puisqu'on parle de la transformation de Hulk, parlons un peu des effets spéciaux. Hulk n'est pas interprété par un acteur, mais est réalisé en images de synthèse, sur lesquelles on a, me semble-t-il "collé" un visage d'acteur. Contrairement à ce que j'ai entendu dire avant de voir le film, je trouve ça assez bien fait, et les expressions du visage sont bien rendues. Le seul truc qui merde un peu, c'est la transformation en elle-même, mais j'ai pas trouvé ça très grave. Tout le reste est bien fait. Et puis si vous étiez fan de Lou Ferrigno, qui incarnait Hulk dans la série, sachez qu'il fait une petite apparition dans le film, probablement en guise d'excuse pour lui avoir préféré la technologie informatique.

Alors, si tout est si bien que ça, pourquoi 3/5 ? Haha, très bonne question jeune homme ! Parce que tout cela reste désespérément Hollywoodien, dans le mauvais sens du terme (oui, y en a un bon, aussi). Par exemple, Hulk ne tue personne et chaque scène est orchestrée de façon à ce qu'il n'y ait aucun doute là-dessus. On voit vraiment tous les humains s'en sortir, même après les pires accidents. Et quand on ne peut pas les voir, ils préviennent par radio. "Chef, pas de problème, l'hélico est pété mais nous ça va, vous pouvez prévenir les spectateurs que leur héros n'est pas un meurtrier". À force, ça gave un peu. Et puis à part ça, vers la fin, quelques trucs gênants apparaissent. La longue scène d'action quasi-finale est bien foutue, assez drôle, mais malgré tout un peu longue ; le super-villain, qui démarrait pourtant super bien, se transforme en über-super-héros un peu relou ; les militaires laissent faire des trucs un peu bizarres ; bref, ça part un peu en couilles, si je puis me permettre (et je puis).

Il y aurait même moyen de descendre encore un peu le film, en parlant de certains personnages sans doute caricaturaux, comme le général et Talbot, mais ce serait oublier qu'il s'agit avant tout d'une adaptation, et que ces personnages sont finalement assez fidèles à ceux qu'on trouve dans les comics Marvel. Ils participent même au charme du genre. Et puis la réalisation rappelle aussi pas mal le support d'origine, à coups d'écrans splittés que j'ai trouvés assez bienvenus, alors que je ne suis d'habitude pas spécialement fan de ce procédé.

Alors bon, The Hulk aurait clairement pu être mieux, mais il est déjà vraiment pas mal. Et puis quand il saute de montagne en montagne, écrasant un hélicoptère par ci, défonçant une route par là, pour se rendre là où tout le monde sait qu'il va mais où il veut aller quand même, je suis presque amoureux.

01.07.03
À la petite semaine (3.5/5)

Il y a quelque temps, j'ai vu un film qui s'appelait Du poil sous les roses. Oui, le titre est bizarre. Le film l'était aussi (en plus d'être pas mal) et offrait surtout un rôle principal à Julie Durand, qui était juste incroyable. Eh ben figurez-vous que Julie Durand joue aussi dans À la petite semaine et qu'elle a toujours un charme incroyable. Bon, elle a clairement pas un rôle aussi important que dans Du poil sous les roses, mais quand même, moi je dis que c'est une actrice à suivre.

Enfin bon, je parle, je parle, et je dis rien sur le film. À la petite semaine, c'est l'histoire de quelques ex-taulards qui essayent de se démerder comme ils peuvent pour pas retourner en prison, et qui sont quand même attirés par tous les coups foireux qui passent, tant qu'ils sont susceptibles de les sortir de leur quotidien de prolos. C'est à rapprocher de Ni pour, ni contre (bien au contraire) de Klapisch, en plus réaliste (comme dans les chansons) et en plus axé sur les individus que sur le groupe. D'ailleurs, je parlais de Julie Durand, mais la plupart des acteurs sont excellents (mention spéciale à Jacques Gamblin qui est vraiment mortel, mais il faut dire que je suis toujours impressionné par les acteurs qui jouent des acteurs). Ils sont sans doute aidés par les dialogues nickels du film, mais ça n'enlève rien à leur talent. Niveau réalisation, rien de transcendant, mais elle nous fait bien rester au plus près des personnages, et c'était le plus important, je pense. Par contre, j'ai trouvé que le montage était parfois bizarre, avec des coupures un peu abruptes, notamment dans une scène dans le bar, où Roger (Philippe Nahon) vient parler à Jacques (Gérard Lanvin).

Ceci dit, le film a plein de qualités, et les scènes entre Julie Durand et Jacques Gamblin sont très justes et vraiment excellentes. Bref, ça se prend pas la tête, c'est très humain et c'est super bien interprété. Alors moi je dis que si on me propose un film de ce niveau par semaine pendant tout l'été, je signe tout de suite.

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