G
Cacochyme
bulles

30.01.04
Disney, c'est beaucoup trop

Hahaha ! Enfin ! ENFIN ! Depuis le temps que je l'attendais ! Pixar a enfin lâché Disney ! Vivement le prochain ! Allez, j'arrête avec les points d'exclamation et je vous file le lien de nerd où j'ai appris ça. Et je vais pas sur ce genre de sites de mon plein gré, c'est Jul qui m'y a envoyé (je tenais à ce que ce soit clair).

28.01.04
Le vengeance du castor guerrier

Ce soir (enfin hier soir pour être exact), soirée aemily + Higuma + Malabars à la fraise + Dead Or Alive 2 + Dead Or Alive 3. Comme quoi je suis aussi bien ici qu'au Japon.

Si vous voyez pas le rapport entre les Malabars et le Japon, c'est parce que vous savez pas que y a des images de Yu-Gi-Oh ! dedans, maintenant. A priori, c'est des sortes de Pokémon,  mais avec des castors guerriers, donc ça doit pas être totalement pourri. Quant à aemily, aucun rapport avec le Japon, mais justement, ça fait une valeur ajoutée au fait de rester ici.

27.01.04
The Texas Chainsaw Massacre (3.5/5)

J'ai parfois l'impression de me répéter, mais tant pis : le Massacre à la tronçonneuse original, celui de 1974, est un des mes films préférés de tous les temps, tous genres confondus. Alors évidemment, ce remake me faisait vraiment très peur, d'autant plus que toutes les suites du premier ont été de véritables fiascos.

Du coup, c'est sans surprise que je me suis dit, dès la scène d'introduction, un truc du genre "Oh putain ils ont transformé mon Texas Chainsaw Massacre en Halloween politiquement correct !". Cette scène était à l'origine exceptionnelle, avec son auto-stoppeur qui annonçait la suite en finesse. Ici, elle est super bourrine et elle gâche un peu les événements à venir. Ca commence mal, quoi. Et les détails de ce genre s'accumulent tout au long du film : on supprime la victime en fauteuil roulant, on introduit un gosse forcément pas si méchant, on sauve des enfants enlevés, etc. Bref, on lisse un peu tout le côté sans espoir et impitoyable de l'original. De même, là où on suivait une bande de hippies de base, on se retrouve devant les aventures de quelques beaux gosses et d'une Jessica Biel toute en seins et en cul, dont la silhouette se découpe savamment en contre-jour et contre-plongée dans des angles à la limite de la décence. D'un côté, c'est assez cool, et je pense que tout le monde voit bien pourquoi. D'un autre, son côté bimbo casse un peu l'ambiance hyper-réaliste qui caractérisait la version de 1974 et que l'on retrouve, dans une moindre mesure, dans celle-ci. Et c'est pas les scènes de t-shirt mouillé qui font changer cette tendance.

Mais finalement, tous ces changements s'expliquent rapidement : cette nouvelle version de Massacre à la tronçonneuse ne se contente pas de réactualiser l'original. En réalité, le scénariste a seulement repris l'idée de départ (une famille dégénérée vivant dans un coin archi-paumé du Texas massacre une bande de hippies), les lieux (la maison de la famille, l'abattoir) et certaines scènes clés (le coup de masse sur la gueule, les crochets de boucher, les masques de Leatherface) pour écrire une histoire différente de l'originale. C'est pas plus mal, mais je regrette vraiment que deux des scènes les plus fortes du film aient été abandonnées : la scène d'ouverture et la scène quasi finale du "repas". En revanche, côté ambiance, le film est très fidèle à son prédécesseur : tout est bien crade, bien malsain, et les décors fourmillent de détails degs. Dans le même ordre d'idée, le travail sur la photo est assez bluffant : les mecs ont réussi à reproduire en partie les couleurs de l'original, à garder son côté flippant, tout en la rendant quand même plus propre et plus "grand public". Évidemment, on peut préférer le gros grain de la version de 1974 (et d'ailleurs je vais pas me gêner pour le faire), mais ça n'en reste pas moins très bien foutu. Et puis ça ne s'arrête pas là : ce Massacre à la tronçonneuse est également superbement filmé. Les plans sont, dans leur style, magnifiques (Jessica Biel dans la chambre froide, avec des "ailes" en quartier de viande), et certaines scènes sont vraiment très inventives dans leur façon d'amener le côté macabre et grotesque tellement efficace qui fait la force du film (celle où les orteils du mec appuient sur les touches du piano en est un bon exemple). Je dois dire que de ce côté-là, j'ai été impressionné. Ca m'a même fait réviser mon jugement initial et me laisser embarquer avec "plaisir" dans cette nouvelle mouture.

Ceci dit, Marcus Nispel, le réalisateur, a beau faire des merveilles et réussir à imposer certains choix que je trouvais a priori discutables (le focus quasi-permanent sur Jessica Biel et ses diverses protubérences charnues), il ne fait pas aussi bien que l'original. Le gros problème, c'est que tout est lissé. Bon, par rapport à ce qu'on a l'habitude de voir ces derniers temps, ça reste cent fois plus brut et mille fois meilleur, mais ça ne rivalise en aucun cas avec la version de Tobe Hooper. J'ai déjà parlé du côté politiquement correct super énervant, mais ce n'est pas le seul bémol. L'un des thèmes du film est en quelque sorte, sous un angle bien pervers, la revanche des losers : des paysans dégénérés du fin fond du Texas et leur fils atteint d'une sorte de nécrose faciale se vengent en faisant subir les pire sévices à une bande de jeunes cools qui les méprise. Du coup, il y a dans la première version une sorte de défouloir unilatéral. Jamais les hippies ne prennent le dessus, ils sont juste là pour subir. Dans le remake, cette dimension désespérée, extrêmement bien rendue dans certaines scènes (par exemple celle où le flic file son flingue à Morgan), est désamorcée par les quelques moments où Erin (le personnage de Jessica Biel) se la joue héroïne de film d'action (je veux pas trop en dévoiler, mais la scène dans les casiers de l'abattoir ou la fin du film en sont de bonnes illustrations). D'autre part, l'image moins crade, les gueules des dégénérés moins réussies, les effets atténués (notamment visibles dans les tremblements de la victime de la masse et l'attitude du mec pendu au crochet), et évidemment l'absence d'une scène aussi puissante que celle du repas, contribuent à amoindrir l'horreur et le côté malsain de l'original.

Malgré tout, cette version du Texas Chainsaw Massacre est sans aucun doute le meilleur film d'horreur que j'aie vu depuis un sacré bout de temps. Le réalisateur parvient à restituer un paquet de points forts de l'original et à y ajouter quelques touches personnelles très réussies. Il manque des choses, mais l'exercice était de toute façon casse-gueule. Donc, je pinaille, je renouvelle mon allégeance à la version de 74, mais je reconnais que ce remake est plutôt une bonne surprise.

La paille et la poutre

Via De la salade entre les dents, un article de mon pote Noam Chomsky sur les "États voyous", paru dans Le Monde Diplomatique.

24.01.04
21 Grams (3.5/5)

Y a des mecs qui savent vraiment comment me prendre (oui oh ça va). Sean Penn, Benicio Del Toro, Charlotte Gainsbourg, film énormément centré sur les acteurs (ouais OK il se la pète un peu à la caméra et au montage mais attendez vous allez voir c'que j'en dis, moi), caméra à l'épaule, un personnage (celui de mon pote Benicio) exceptionnel, bref, Iñarritu avait tout pour me mettre dans sa poche.

Et il a presque réussi. Parce que les deux acteurs mâles principaux tuent, notamment. Sean Penn, on commence à avoir l'habitude, mais Benicio Del Toro est encore plus remarquable dans son rôle assez mortel de mec maudit. Il est impressionnant avec sa vieille gueule de taulard, ses coupes de cheveux approximatives et sa barbe sauvage. Je m'arrête là parce que ça va être très gay si je continue à m'étendre là-dessus. Mais bon, vous voyez l'idée : la grande classe. J'ai vu des gens qui disaient que Charlotte Gainsbourg n'avait rien à faire là et je suis pas du tout d'accord, je la trouve très bien dans ce film. Je la trouve souvent très bien, en même temps, alors c'est peut-être pas hyper objectif comme avis, mais je le maintiens quand même. Par contre, j'ai moins aimé la prestation de Naomi Watts. Au début ça passe, mais après ça vire vite à l'hystérique et j'aime pas. C'est pas parce qu'on a tué toute ta famille que tu dois hurler sans arrêt des trucs complètement débiles, merde. Par contre, elle a des tétons intéressants, d'un point de vue scientifique. C'est à voir.

Quant à l'histoire, elle est bien cool. Enfin, "cool" c'est peut-être un peu guilleret comme mot. Parce que bon, c'est glauque, très glauque. La scène de baston dans le motel, notamment, est vraiment suintante de glauquerie XL. J'ai beaucoup aimé. Sinon, c'est encore une histoire de vies qui se croisent, vues sous un angle bien pessimiste et extrêmement fataliste. Je dirais bien "déterministe", parce que le mot convient ici plus que jamais, mais je l'ai déjà utilisé dans Violence des échanges en milieu tempéré, alors j'hésite. Allez, hey, soyons fou : c'est très déterministe comme histoire. C'est même métaphysiquement déterministe si vous voulez tout savoir (par exemple, l'histoire du bébé à père mort qui se répercute d'une histoire à l'autre - ça a l'air cryptique comme ça mais c'est pour que les gens qui ont vu le film voient de quoi je parle et que ceux qui ne l'ont pas vu soient intrigués - si après ça vous dites que je prends pas soin de vous...). Ouais bon, je vais pas vous faire une dissert' dessus, parce que ça risque d'être long et chiant et que y a plein d'autres thèmes hyper cools même si les scènes où Sean Penn les explique ne sont pas forcément les plus réussies (un peu bavardo-intellos, quoi). OK, la vraie raison c'est que j'ai pas envie. Mais même.

Et là je vous vois tous regarder votre écran avec des yeux de merlan frit et un gros point d'interrogation rouge vif à bords noirs au-dessus de votre tête interloquée. Qu'est-ce qui cloche ? vous demandez-vouzagards (je sais). Ce qui cloche, c'est que le réalisateur se la pète (je parlais de la liaison et du h). En même temps, un mec fan de David Lynch qui critique un réalisateur parce qu'il se la pète, c'est tout de suite suspect, je suis d'accord. Mais ce qui me gène vraiment, en fait, c'est qu'il se la pète gratuitement et qu'en plus, ça en vient même à nuire au film. En gros, il a mis toutes ses scènes dans les désordre et il les a toutes enchaînées à coups de flashbacks dans ta sale face de rat de spectateur et, plus prosaïquement, de coupures suspensmiques (plus prosaïquement ET en moins français) dans ta gueule. Des fois, ça donne des effets vraiment bien, mais des fois ça fait un peu pitié. Genre le doigt à la piscine, bof (voir une des parenthèses situées plus haut si vous comprenez pas ce que je veux dire). Et puis surtout, au bout d'une heure environ, on commence à avoir bien tout pigé, à voir où le réalisateur veut en venir et à se dire que c'est super bien, que les dénouements doivent approcher et que, décidément, ce Iñarritu sait y faire. Ben oui mais non, on est qu'à la moitié du film, et ce qui nous attend dans l'immédiat n'est pas un dénouement mais une grosse séance d'explications bien appuyées. En gros, au début il nous paume un peu en nous forçant à réfléchir pour tout bien recomposer, et quand on est tout fier et tout stimulé d'avoir réussi, il nous assène un long machin inutile. Du coup c'est chiant. Ca me fait mal de le dire, mais la fin est vraiment longue. Et c'est dommage.

Il était pas trop bâclé celui-là, si ?

Dead Or Alive - Hanzaisya (2.5/5)

Suite du baclage. Dead Or Alive - Hanzaisya est un film japonais faisant partie d'une trilogie paraît-il culte. Le réalisateur, Takashi Miike, a également pondu Audition, qui est une espèce de film culte pour YLEDM, probablement surtout parce que l'actrice principale est asiat, lui plait et fait des trucs un peu degs. Oui, même pour un Suisse, il est quand même pervers. Donc en gros le mec, son boulot, c'est réalisateur de films cultes. C'est pratique.

Et en fait ça se voit : c'est plein de trucs bizarres ou destinés (un peu facilement) à choquer. Alors on voit des gens courir cul nu dans un cimetière bizarre, des mecs qui mangent plein de nouilles qui se font exploser le bide à coups de fusil à pompe, ce qui a pour effet (très esthétique) de fait gicler les nouilles partout. On voit aussi des pseudoputes noyées dans des bains de merde, des mecs qui lancent des boules de feu, des strip-teaseuses en gros plan vagino-anal ou encore des photographes zoophiles. Genre culte, quoi. Genre.

Bon, à côté de ça, il faut pas trop en faire non plus, hein. C'est juste une banale histoire de flic avec une vie personnelle un peu chargée et une affaire de guerre des gangs sur les bras. On ajoute à ça une intrigue à la Navarro et des trucs complètement débiles, mais pas débiles genre drôle-culte, débiles genre téléfilm d'M6 (du style ah tu vas mourir mais non je te sauve mais qu'est-ce que tu fous là tu m'avais renié tout à l'heure oui mais je suis revenu ah c'est beau embrassons-nous hahaha non je vais tous vous tuer BAM BAM BAM BAM BAM BAM). Et puis c'est un peu chiant aussi. On a souvent l'impression que le réalisateur se foutait un peu de la qualité du film en général et qu'il voulait juste placer quelques trucs qu'il avait en tête.

Mais bon, c'est bien filmé, y a des trucs vraiment bien faits, j'ai rien contre les pseudoputes noyées dans leur caca et la scène finale est tellement énorme que haha. Et puis il parait que dans les deux autres Dead Or Alive, c'est complètement différent mais y a toujours les deux acteurs principaux (qui sont assez cools).

Finalement, c'est moins baclé que ça aurait pu l'être (je parle de mon article là, hein).

Violence des échanges en milieu tempéré (3.5/5)

Bon, j'ai pas le temps, je suis à la bourre, j'ai la flemme, j'ai cassé mon lit, j'ai fait un déménagement, le mec du dessus me fait chier avec son frigo, son congélateur ou son vibromasseur branché sur minuterie, alors je vais bacler deux ou trois articles. Je sais, c'est pas très sport, mais c'est pourtant bien ce qui va se passer.

Alors Violence des échanges en milieu tempéré, c'est vraiment pas mal, avec un petit côté déterministe un brin ironique et une fin très très classe. Ca commence comme Ressources humaines, avec un mec issu d'une famille modeste qui se retrouve à faire un audit dans une boîte et à devoir virer des gens. Par contre, l'angle d'attaque est assez différent et vaut le coup d'être vu. C'est bien mis en scène et moyennement bien interprété. On peut aussi reprocher au film son côté un peu caricatural, notamment en ce qui concerne la famille de la fille dont j'ai oublié le nom et la boîte d'audit qui ferait passer les vendeurs de purificateurs d'eau au porte-à-porte pour le Père Noël de La Poste.

Voilà.

23.01.04
Scolopendre un enfant par la main

Non, j'en suis pas fier du tout, mais je voulais qu'il y ait "scolopendre" dans le titre parce que je trouve ce mot assez cool. Et puis il est trop tôt pour réfléchir plus de 7 secondes sur un titre.

Je sais que je suis en retard sur mes commentaires de films et qu'il faut que je me dépêche de parler de Violence des échanges en milieu tempéré, Dead Or Alive et 21 Grams, mais c'était quand même important que je vous parle du mille-pattes géant, de mon pote Nico et d'une invitée surprise.

Alors voilà, il y a quelques années, mon pote Nico a fait un stage de 6 mois aux Comores. Les Comores, je vous le dis tout de suite, c'est pas un pays pour les douillettes. La vie là-bas (dans l'île où était Nico, en tout cas) est à base de machette, de 4x4 pourris, de routes boueuses, de "coopérants" se comportant comme des vieux colons (non, pas les intestins, encore que...) et d'animaux assez flippants. Et de bananes, aussi, mais ça n'a rien à voir, alors on va revenir aux animaux flippants. Parmi eux, il y en a un qui fait particulièrement chier et qui se trouve être une espèce de scolopendre d'une trentaine de centimètres de long, dont la morsure en ferait baver au résultat d'une expérience génétique évolué visant à croiser Vin Diesel et Clint Eastwood. Une belle saloperie, quoi. Et à plusieurs reprises (deux, je crois), mon pote en a trouvé un à côté de son lit. Comme c'est un ami des bêtes, il a attrapé sa machette et lui en a mis un grand coup au milieu du corps (à peu près). Eh ben la bestiole était toujours en un seul morceau et continuait de remuer ! Il a fallu qu'il s'acharne comme un malade pour la couper en deux. Bref, non seulement c'est relou mais en plus c'est résistant.

Eh ben y a trois jours (ou quatre, je sais plus trop, en fait), alors que je m'adonnais à un de mes loisirs favoris de 4h du mat', à savoir regarder Animaux ou National Geographic Channel, j'ai vu un reportage sur le mille-pattes géant. Le même que celui qui emmerdait Nico aux Comores, ou en tout cas une espèce très proche. Et tout d'un coup, mon pote a baissé de vingt-trois crans dans mon estime : sous mes yeux médusés, une musaraigne (ouais, une musaraigne !) poutrait la gueule de la bestiole qui avait terrorisé un solide gaillard et sa machette. Évidemment, comme dans tous les reportages animaliers modernes, c'était super bien filmé, avec des ralentis et tout, et on pouvait voir le scolopendre essayer de mordre la musaraigne ou de la choper avec ses pinces de cul (qui ont certainement un nom plus scientifique, mais également beaucoup moins chargé de poésie) en se contorsionnant, mais elle était tellement rapide qu'elle arrivait à tout esquiver, en lui mettant au passage de méchants coups de dents. Et au final, elle l'a buté. Bon, l'autre l'avait bien cherché, vu qu'il était venu pour lui bouffer ses petits, à la base. Enfin quoi qu'il en soit c'était assez impressionnant et ça prouve de manière indiscutable la supériorité de la musaraigne sur mon pote.

Un jour il faudra que j'essaye d'analyser mon attirance pour les animaux de merde (après la cuboméduse, le scolopendre).

21.01.04
The Fog Of War : Eleven Lessons From The Life Of Robert S. McNamara (4/5)

The Fog Of War est un documentaire principalement constitué d'un long entretien avec Robert McNamara, mis en relief par des extraits d'enregistrements de conversations téléphoniques entre lui et les deux présidents avec lesquels il a travaillé (Kennedy et Johnson).

Au cours du film, il passe en revue les éléments marquants de la guerre froide et nous livre une vision des choses assez intéressante, vue de l'intérieur. Évidemment, Bob dévoile bien ce qu'il a envie de dévoiler, mais, certaines de ses anecdotes étant appuyées par les enregistrements, il y a quand même des choses à garder. Par ailleurs, j'ai été un peu surpris par son côté franc sur bon nombre de questions (la guerre du vietnâm notamment, pour laquelle il dit clairement que la vision du conflit qu'avaient les USA était erronnée). Le truc vraiment mortel, aussi, c'est la construction du film. Bien sûr, le réalisateur a dans l'ensemble placé les événements commentés par McNamara dans leur ordre chronologique, mais il n'hésite pas à faire des retours en arrière de 15 ans pour expliquer les sources d'un problème ou les éléments qui l'ont fait agir d'une façon plutôt que d'une autre. De même, les images choisies pour illustrer les propos de McNamara sont parfaitement adaptées, et surtout très loin de ce qu'on a l'habitude de voir dans ce genre de documentaires (j'ai d'ailleurs trouvé les défilements de tableaux statistiques vraiment efficaces).

Mais outre le côté historique, il y a un côté humain extrêmement bien capté. OK, McNamara ne dit pas tout, il ment certainement parfois, se donne évidemment le beau rôle à d'autres moments, c'est évident. Mais malgré tout, le film parvient à nous mettre par instants à sa place et à réviser certains jugements parfois simplistes qu'on pourrait être tentés de porter. Du genre, fallait-il raser des dizaines de villes japonaises pendant la deuxième guerre mondiale ? Pourquoi les gens qui l'ont fait en sont arrivés là ? Quelle est la vraie définition d'un crime de guerre ? Comment gérer une crise comme celles des fusées de Cuba ? Fallait-il autoriser l'utilisation de défoliants dans la jungle vietnamienne ? Toutes ces questions, à un moment ou à un autre, un homme (pas forcément l'interviewé) a du y répondre, parfois dans l'urgence, et assumer (plus ou moins) les conséquences de sa décision. Cet aspect de The Fog Of War est sans doute celui qui m'a le plus remué. Et c'est comme ça pendant tout le film : ce genre de questions est omniprésent.

Bien sûr, on peut trouver quelques bémols : le côté un peu "carte blanche à Robert McNamara", associé à la haute estime de soi dont est doté le personnage, peut parfois énerver et demande d'être vigilant. Par ailleurs, la petite phrase de fin expliquant que, maintenant, McNamara lutte contre la pauvreté à travers la Banque Mondiale est peut-être de trop. Ca contribue à alimenter les critiques éventuelles qui pourraient être faites sur l'absence de contradiction apportée à l'interviewé, ça n'apporte pas grand chose et personnellement ça m'a même rendu un peu soupçonneux quant aux buts du réalisateur (personnellement, j'ai jamais considéré la Banque Mondiale comme un exemple d'aide au développement des pays pauvres - et ça me fait penser qu'il faut que je vous parle de scolopendres - ça n'a pas l'air lié, mais ça l'est, croyez-moi). Bref. Oui, y a des défauts. Mais c'est quand même un putain de docu, et si, comme moi, on est un peu intéressé par ce genre de choses, on ne peut que plonger.

18.01.04
Copinage (j'aime le travail d'équipe)

Arh arh arh, je l'aime bien celui-là. Arh arh.

Hum, passons. Ce que je voulais dire, c'est que les blogs ont en fait été inventés pour deux type de personnes, chaque type ne comportant qu'un seul individu. Autrement dit, il y a deux blogueurs légitimes, les autres (dont je fais partie) étant des imposteurs (et imposteur c'est déjà largement suffisant). Eh ben figurez-vous que je vais vous révéler l'identité de ces deux Über-Blogueurs en exclusivité. En fait, le seul problème, c'est qu'ils ont beau être über, ils sont aussi peu productifs. Mais ça peut changer. En tout cas, les voilà.

Le premier, c'est Ptyx. À la base, le blog ne devait être inventé que pour lui, mais finalement le deuxième a gueulé et comme il faisait vraiment chier ils l'ont inclus dans le processus. Ptyx, c'est le mec qui ressort des forums les posts où les mecs se donnent rendez-vous à Créteil pour s'égorger, où on parle de fenouil à la merde et où se trouvent les insultes les plus sophistiquées du net. C'est aussi le roi de la formule choc, et si je vous faisais lire son histoire de Neal Cassady, vous seriez assez ébahis. D'ailleurs, c'est une idée, ça, je vais voir ce que je peux faire. Son blog est là et normalement, maintenant qu'il est bien installé à Tokyo avec une connexion Internet à rendre jaloux un techos d'Akamai, son rythme de publication devrait redevenir normal.

Quant au deuxième, c'est juste une prévision, parce qu'il a à peine commencé, mais il s'appelle moustic (on choisit pas ses potes en fonction de leur nom hein). Pour l'instant, il a pas mal parlé de musique très bruyante, mais c'est drôle quand même (tant qu'il parle pas d'Iron Maiden). Évidemment, je manque de matière pour vous prouver que ça va valoir le coup, mais je peux quand même vous donner trois indices : le premier, le deuxième et le troisième. Voilà. Son vieux site plein de trucs est ici, et son nouveau blog presque vide est là.

Et puis bon, je vais quand même parler du troisième, que je ne connais pas, qui n'a rien à voir avec les deux autres, mais qui écrit une histoire bien cool qui s'appelle Minutes. Lui, il s'appelle konsstrukt et il publie ça sur le blog collectif Orgasme inerte. Cherchez dans les archives pour trouver le début de l'histoire, j'ai la flemme.

Lost In Translation (3.5/5)

Pff, ça fait une semaine que j'ai vu ce film et j'ai toujours rien écrit dessus. Ma flemme me mettra à la rue, un jour, et vous regretterez d'avoir refusé de sponsoriser ma vie quand il en était encore temps. Heureusement, il vous reste encore quelques jours pour m'envoyer vos dons. Ceci dit, on pourrait croire que c'est pas très grave que j'écrive rien sur Lost In Translation, vu que tout le monde en a parlé deux mille fois, et que c'est un peu le chouchou actuel des critiques comme du public. Mais bon, fidèle à mon esprit de contradiction légendaire, qui m'a fait plaider des causes comme celles de la vente d'armes aux pays du tiers-monde, de la joie de jeter des papiers gras par terre dans des réserves naturelles ou encore des bienfaits universels de Julien Courbet, je suis pas tout à fait d'accord. Ha !

Bon, OK, je le suis quand même un peu. Lost In Translation est quand même, et c'est pas un petit mérite, une des seules comédies romantiques digestes que j'aie vue depuis un sacré bout de temps. En même temps ce n'est une comédie que de justesse, on est pas plié de rire à chaque réplique, mais à la limite c'est pas forcément plus mal, parce qu'il s'installe peu à peu dans ce film une espèce de finesse hyper classe dans le traitement de la relation entre les deux personnages principaux. Ils sont parfaitement incarnés par Bill Murray et Scarlett Johansson. Mais vraiment parfaitement. Ca veut dire que quand on les regarde jouer, on sent de manière presque palpable les sentiments parfois un peu bizarres et paradoxaux qui émanent de leurs personnages. Oui, parce que au cas où vous le sauriez pas, c'est l'histoire d'un quadragénaire et d'un fille de 25 ans, tous les deux mariés et américains (un malheur n'arrivant jamais seul), qui se rencontrent dans un hôtel de Tokyo où ils se trouvent pour quelques jours, et tombent plus ou moins amoureux (plutôt plus que moins d'ailleurs). Et là, bon, classique (mais pas tant que ça en fait), invocation du dieu Corneille, mais invocation très fine, sans les sabots en bois cloutés et les "vas y, ta mère, j'te hais point". Enfin bref, voilà, tout ça, c'est le gros point fort du film. Une situation pas facile à traiter avec finesse et pourtant rendue de manière incroyable, grâce aux acteurs et à la réalisatrice.

Et bon, OK, c'est impressionnant, mais c'est un peu mou. On se fait pas chier, mais on sent parfois la longueur du film (qui ne fait pourtant qu'un peu moins de 105 minutes). Ce serait idiot de se plaindre qu'un film de ce genre n'ait pas d'intrigue, mais une évolution un peu plus variée de la relation entre les deux personnages n'aurait à mon avis pas été de trop. À côté de ça, on peut aussi reprocher à Sofia Coppola (la réalisatrice) une vision un peu caricaturale du Japon et quelques gags un peu faciles (la scène de la douche, par exemple, qui cumule un peu des deux, en plus de pas être très bien foutue, puisqu'on voit très bien à l'image qu'avec un petit effort Bill pourrait remonter la fixation d'une bonne trentaine de centimètres). C'est pas très grave, puisque l'intérêt du film est ailleurs, mais on se souvient immanquablement de ces petits bémols en sortant de la salle.

Mais je vais pas cracher dans la soupe, Lost In Translation m'a plu. Moins qu'aux autres, apparemment, mais il m'a plu quand même. Et puis il m'a permis d'ajouter une nouvelle actrice à ma liste de Femmes À Épouser Absolument. Oui, c'est Scarlett Johansson.

15.01.04
Moi aussi je vais faire ma Jessica Marquez !

Non mais sérieux, merde. Déjà, y a quelques années (genre deux), Catherine Tasca avait fait assez fort dans le genre sponsorisée par Universal en imposant une taxe sur les supports numériques (les CD-ROM vierges, quoi), déjà contestable sur le principe, mais en plus reversée de manière totalement débile. En gros, qu'on pirate un groupe indépendant, qu'on fasse des sauvegardes de son disque dur ou qu'on grave des ISO de distributions de Linux, c'est Nègre et Obispo (via la SACEM) qui ramassent la thune au bout. Pas mal. Non, vraiment, jolie performance, Catherine. Enfin, je dis Catherine, mais elle était pas seule sur ce coup-là, hein, y avait un paquet de ses potes députés pour l'épauler. Heureusement (dans un sens), un paquet d'entre eux n'a pas vu son CDD renouvelé à la fin. C'était pas vraiment à cause de ça, mais on peut se consoler en y voyant une espèce de révolte de la Grande Cohérence Universelle. Faudra que je fasse un post sur cette théorie aussi, un jour. Bref, déjà, Cathy avait placé la barre assez haut.

Mais évidemment, suivant le même schéma qui veut que chaque Ministre de l'Éducation tente de laisser son nom dans l'Histoire en niquant l'école privée ou publique (ils tirent à pile ou face au début de leur mandat) et se prenne un gros retour de bâton dans la tête avec option démission, Nicole Fontaine, notre "nouvelle" Ministre déléguée à l'industrie, ne pouvait pas laisser sa rivale la devancer de la sorte. Du coup, paf, elle nous pond une Loi pour la confiance dans l'économie numérique (en fait c'est assez comique comme nom, même si je suppose que c'est involontaire), dont on peut trouver les points les plus "intéressants" sur Millénaires (merci Alan).

Je passe rapidement sur les problèmes de filtrage et de surveillance des contenus. Les hébergeurs et les fournisseurs d'accès se sont déjà indignés (essentiellement parce que ça leur coûte cher, faut pas se faire d'illusions), et menacent même de fermer tous les sites persos, forums et autres chats. Bon, soyons clair, je pense pas vraiment qu'ils appliquent cet engagement, parce qu'ils vont sûrement trouver un moyen de négocier et d'appliquer les mesures demandées par la loi à grands coups de pots-de-vin officiels (autrement appelés subventions). C'est dommage, parce que ce genre d'action d'envergure (une énorme partie de la francophonie disparaissant du web) aurait sûrement eu des répercussions médiatiques intéressantes, qui auraient un peu mis le rouge au front de Nicole. Genre des titres de journaux américains ou anglais, glosant sur une France donneuse de leçons diplomatiques mais appliquant derrière des mesures que seuls des pays du niveau démocratique de la Chine ont jusqu'à présent mis en place. Ca pourrait être assez drôle. Enfin bref, ça arrivera pas, donc passons.

Le truc qui m'étonne vraiment, c'est cette histoire d'emails. Je veux dire, les mecs qui ont voté cette loi, est-ce qu'ils l'ont vraiment comprise ? Parce que bon, c'est vrai qu'ils sont plus tout jeunes et qu'ils ont parfois du mal à régler leur magnétoscope avec le choviouve, mais ils doivent bien se rendre compte que le mail remplace peu à peu le courrier traditionnel, non ? Et je voudrais bien voir leur gueule si on votait une loi qui autorisait leur facteur à lire leur courrier et à déchirer toutes les lettres qui ne lui plaisent pas sans autre forme de procès. Du coup, pour moi, il y a trois possibilités : soit ils ont rien compris à ce qu'ils votaient (et dans ce cas j'engage tous les télévendeurs de cuisines Spacial à contacter ces députés au plus vite afin d'augmenter facilement leur prime de rendement), soit ils voulaient pas laisser une collègue dans la merde ("Attends mais elle délire Nicole, c'est complètement débile son truc !" / "Euh ouais mais bon, elle l'a annoncé à tout le monde et tout, on peut pas la laisser se casser la gueule comme ça, rappelle-toi quand elle nous a invités au réveillon l'année dernière..."), soit, hypothèse que je n'ose envisager, ils ont tous vendu leur cul à Pascal Nègre (ce qui, en plus d'être à mon avis un choix sexuel plus que malheureux, est totalement impossible, puisque j'ai vu à la télé que c'était que dans les "républiques" africaines douteuses que les politiques étaient achetés par les grosse boîtes - et aussi parfois aux États-Unis, mais seulement quand ils font la guerre à l'Irak, sinon ça va).

Bon, ça commence à être long, tout ça, mais fallait vraiment que je parle de ça, parce que ça m'énerve et qu'il faut bien que je me défoule sur quelqu'un. Sinon, vous pouvez toujours aller signer ça, on sait jamais.

***

Allez, j'arrête avec la loi de Nicole (même si j'ai oublié plein de trucs que je voulais dire), mais je continue à faire ma Jessica. Gaëlle avait il y a quelque temps trafiqué une photo de l'AFP montrant une Roselyne Bachelot à l'air ébahi devant un moniteur d'ordinateur affichant je sais plus quoi. Sur la photo modifiée, l'image à l'écran était devenue une représentation explicite de turlute. Oui bon, voilà, on rigole, quoi.

Eh ben figurez-vous que le ministère a pas aimé et qu'il a mis en demeure l'hébergeur de Gaëlle de supprimer le fichier, prétextant qu'il offrait une image dégradante de Roselyne Bachelot. C'est marrant, moi je trouve que pleurnicher devant l'Assemblée Nationale pour soutenir le PACS avant de gentiment rentrer dans le rang et s'abstenir quand il faut voter la loi et mettre des actes derrière ses paroles, c'est vachement plus dégradant que regarder une image de cul. En même temps, c'est peut-être pour ça que je suis pas porte-parole du gouvernement.

***

Ca n'a que très peu de rapport, mais je me demande si les romains gueulaient sur leurs blogs en pierre pendant que leur civilisation déclinait lentement.

Lazy, la-la-la-lazy

Oh la la. C'te flemme. Pfiou. Si vous saviez ! J'ai commencé lundi l'article sur Lost In Translation et je l'ai pas terminé. Depuis je me traîne cette grosse flemme intersidérale. C'est con, parce que j'ai plein d'idées et de trucs à dire. Certaines me sont venues hier soir à cause de la margarita frozen, d'ailleurs. Enfin tout ça pour dire que je suis pas sûr d'en parler aujourd'hui et que vous y perdez beaucoup. Moi ça va, vu que je sais à peu près ce que je voulais dire, mais vous... je vous plains.

Je vais quand même en dévoiler un peu plus, des fois que je me fasse écraser par une voiture (qui aurait réussi à rentrer chez moi) avant la fin de ma flemme. Il faut que le monde sache que j'allais dire que Lost In Translation c'était bien, mais pas au point de s'extasier comme des benêts comme le fait la critique, même si je comprends pourquoi elle le fait. J'allais aussi parler de gens que j'aime bien et faire de la pub pour le blog de deux d'entre eux. Ca aurait été un peu du copinage, mais pas uniquement parce que y avait une vraie vision des choses derrière qui aurait subjugué l'humanité. Je voulais aussi parler du suicide d'Emmanuelle Béart, même si je savais même pas que ces mots avaient un lien entre eux (enfin pour "Emmanuelle" et "Béart", j'avais des soupçons, quand même). Et puis c'est pas fini, je voulais aussi parler de konsstrukt pour une raison bien particulière, écrire un nouvel épisode de Martexx, faire une BD avec le Roi Poussière, et commencer une nouvelle histoire à suivre avec Ptyx comme héros. Mais pour ça je dois d'abord lui trouver un faire-valoir et j'hésite encore entre plein de monde (au premier rang desquels on trouve Wonder Woman, Ronald Reagan, Bernard de la Villardière et Chuck Norris). Et enfin, mais prioritairement, je voulais me transformer temporairement en jeune rebelle et taper sur Catherine Tasca, Nicole Fontaine et Roselyne Bachelot avec un gros truc lourd et large (s'il vous plaît, un peu de dignité). Du coup, je m'aperçois que je pourrais même faire une sorte de supplique contre la discrimination positive, mais après j'aurais les ligues féministes sur le dos et, si ça se trouve, Isabelle Alonso me mordillerait avec ses dents de guerre. Et très sincèrement, si je peux éviter ça, je préfère le faire. Y a des limites à mon courage politique.

Enfin voilà, quoi. Ca vous fait pas saliver ? Hmm, c'est pas grave, moi si. Par contre, en voyant tous ces trucs en attente, ça me file une énorme poussée de flemme. Alors en fait, je vais prendre ma douche, acheter des Oreo Cookies avec le nappage de chocolat par-dessus et aller faire un tour à la Fnac pour dépenser mes chèques cadeaux sur le dernier Donjon et un autre Trondheim, parce que de toute façon ils rendent pas la monnaie. Et puis je distillerai le reste comme je peux. Allez, bonne nuit. Ou alors je fais comme Lou. Allez, je le fais.

Bisous,
Brice2004.

12.01.04
Gothika (1.5/5)

J'ai pas de haine (haha) particulière contre Mathieu Kassovitz, je suis fan de La haine et j'ai pas trouvé Assassins aussi pourri que tout le monde l'a dit, mais là, merde, y a de quoi donner raison à Ptyx, qui pousse des cris aiguës en donnant des coups de poing dans le vide à la seule mention du nom du réalisateur. Tiens, je vais d'ailleurs m'amuser un peu. Kassovitz Kassovitz Kassovitz Kassovitz Kassovitz Kassovitz Kassovitz Kassovitz Kassovitz. Il va pas tarder à se passer quelque chose de bien drôle au Japon.

Alors bon, je déjà dit un million de fois sur ce site, mais c'est pas grave, j'aime me répéter : pour moi, pour qu'un film un peu flippant fonctionne, il faut qu'il ait une grande cohérence. Si déjà on croit pas une seule seconde aux éléments "normaux" d'un scénario, ça va devient dur de faire passer les éléments plus surnaturels, qui arrivent alors comme une invraisemblance de plus. Bon, eh ben je vais vous faire un petit résumé du début de Gothika pour vous montrer à quel point le film part sur de bonnes bases.

Miranda Grey (Halle Berry) est une espèce de psychiatre super douée travaillant dans un asile isolé et en apparence hyper sécurisé qui, une nuit, tue son mari et supérieur hiérarchique à coups de hache dans la gueule. Elle se retrouve alors internée dans le même asile que celui où elle travavaillait, au beau milieu de tous les malades dont elle s'occupait (et dont certains évidemment ne la portent pas dans leur coeur). Déjà c'est bien crédible. Mais c'est encore rien, parce qu'après on apprend qu'elle va être traitée par son ex-collègue et ami. Ben voyons. Et devinez qui s'occupe de l'affaire du meurtre du mari ? Ben son meilleur pote, avec qui il allait à la pêche tous les week-ends. Et ça continue, y a des centaines de trucs totalement énervants dans le genre. Je vais pas tous les citer parce que je veux pas trop spoiler, mais on a droit à des détails comme un asile hyper sombre avec néons clignotants (il me semblait que c'était plutôt clair dans les hôpitaux psychiatriques, moi), des coupures de courant ultra fréquentes dans un lieu où les cellules sont fermées électriquement, et une conclusion absolument surréaliste que les plus courageux d'entre vous pourront découvrir dans les commentaires de cet article afin de ne pas tout révéler aux quelques masochistes qui iraient quand même voir Gothika (joli titre, au passage, toutes mes félicitations, je pense que les fans d'Evanescence apprécieront).

Et sur le fond, c'est pas beaucoup mieux. Le scénario, passé la première heure, se révèle être totalement bidon, s'enfonçant de plus en plus profondément dans le n'importe quoi au fur et à mesure que le film avance, et pompant des éléments dans des films que tout le monde a déjà vus. I see dead people, quoi. Le seul côté intéressant que laissaient présager la bande-annonce et le début du film, à savoir le passage de la psychiatre de l'autre côté des anti-psychotiques, est bien vite oublié au profit d'éléments de thriller standards et de découvertes racoleuses.

Enfin bon, devant ce tableau ridicule, j'étais quand même un peu énervé. De plus, même les éléments a priori réussis du film, comme la photo assez travaillée et l'ambiance "gothique" de l'asile, deviennent des points négatifs, tant ils paraissent totalement artificiels, en décalage énorme avec toute forme de crédibilité et simplement mis au service d'effets faciles et téléphonés. Bon, OK, dans le lot, il y a quelques trucs réussis et le film dans son ensemble n'est pas si mal réalisé, mais ces rares points forts sont noyés dans la masse et peinent à faire passer tous ses défauts. Magré tout, au milieu de ce beau gâchis, il reste une Halle Berry plutôt bonne (oui oh ça va) et quelques passages inspirés du réalisateur. Et je dis pas ça uniquement pour donner des boutons à Ptyx.

09.01.04
Cacochyme Awards 2004

Ils arrivent. Pour de vrai, là. L'idée de base est simple : réaliser un top 10 des films que j'ai le plus aimés en 2003. Mais bon, comme aucune idée ne peut rester de base bien longtemps, j'ai reçu des plaintes qui m'ont forcé à ajouter un truc par-dessus. En gros, les gens veulent donner leur avis. Je sais pas encore comment je vais gérer ça, mais soit je ferai un top Cacochyme et un top lecteurs, soit j'intègrerai vos propositions dans le top final, soit je trouverai une ruse de sioux pour obtenir le résultat qui me satisfait le mieux.

Donc, on va dire que vous avez jusqu'au 31 janvier 2004 (je précise l'année à la fois pour faire officiel et pour empêcher Guillaume de faire le malin) pour m'envoyer les titres de vos films préférés de l'année écoulée. Vous n'êtes absolument pas obligés de choisir parmi les films que j'ai vus et commentés, mais si vous le faîtes, il y a quand même plus de chance pour que ça ait du poids. C'est pas de ma faute, c'est le syndrôme Besancenot 2002.

Ah oui, petite précision : envoyez-moi tout ça par mail, ça va être relou si vous le faîtes dans les commentaires (en clair : je prendrai pas les commentaires en compte). Mon email est disponible en cliquant sur mon prénom à la fin de cet article (c'est quand même bien fait, vous avouerez).

Ajout du lendemain : je fais quelques modifications / précisions parce qu'apparemment c'était pas clair. Alors, déjà, vous êtes pas obligés de donner 10 films. Vous donnez ce que vous voulez, comme à la messe. Et puis, sur une suggestion de Gaëlle, vous pouvez aussi donner des noms d'acteurs et d'actrices, de réalisteurs et de scénaristes. On va s'arrêter là parce que j'ai pas non plus très envie de faire le top 10 de la meilleure photo ou des meilleurs costumes. Voilà, maintenant c'est clair, alors il va falloir commencer à vous remuer sévèrement le burnou, comme dirait le concombre masqué.

07.01.04
L'esquive (4/5)

J'aime bien les films indépendants américains, parce que c'est souvent l'occasion de voir des acteurs peu ou pas connus crever dix fois plus l'écran que les grandes stars hollywoodiennes (ou françaises, en fait) qui sont tellement omniprésentes qu'elles donnent parfois l'impression qu'il est impossible de tourner un bon film sans elles. C'est aussi vrai pour certains petits films français, mais je suis plus rarement impressionné par les acteurs qui y évoluent. Ca pourrait être d'autant plus vrai pour L'esquive que les héros sont des ados et que je trouve en général les très jeunes acteurs français à des kilomètres en-dessous des meilleurs américains. Peut-être que je vois pas les bons films, mais en tout cas c'est l'impression que j'ai.

Du coup, le premier avantage de L'esquive, c'est qu'il me prouve que j'ai tort. Les acteurs principaux sont tous des amateurs évoluant ici dans leur premier rôle, et ils sont pourtant incroyablement bons. On va évidemment beaucoup parler de Sara Forestier, qui joue Lydia, dont le personnage principal du film va tomber amoureux, mais j'ai également beaucoup aimé Sabrina Ouazani et ses violents coups de gueule tout en veines du cou. Le personnage est d'ailleurs intéressant, car tout en étant le plus violent verbalement, il provoque également énormément de réflexions sur les différentes situations dans lesquelles se trouvent les autres. Ceci dit, même si j'en sors deux du lot, tous les acteurs sont excellents. Et pourtant, leurs scènes sont souvent loin d'êtres faciles : ils jouent des comédiens amateurs préparant Les jeux de l'amour et du hasard de Marivaux, des scènes d'engueulades bien longues, des situations tout en regards et en sourires expressifs, bref, des tas de trucs qui auraient de grandes chances de sonner faux chez un paquet d'autres acteurs. Ce côté naturel est de plus renforcé par une mise en scène ultra brute (pour avoir un beau sourire), des acteurs très peu maquillés et un paquet de plans bien serrés, sans fioritures mais super efficaces (tout ce que j'aime, quoi). Le réalisateur, Abdellatif Kechiche, gère de main de maître les perpétuelles montées de pression, souvent dues à une augmentation graduelle de la violence verbale (et parfois physique), et y intercale sans arrêt des réflexions et des relâchements pleins d'humour.

Mais au-delà de tout ça, ce qui fait la force du film, c'est sa façon de traiter cette histoire a priori banale d'un ado vivant dans une cité qui tombe amoureux d'une fille de sa classe et se met à faire du théâtre pour s'en approcher. Pendant tout le film, on fait des aller-retours entre la pièce (avec des scènes de répétitions vraiment classes) et la situation réelle des personnages. Ces aller-retours concernent aussi bien leurs sentiments que leur milieu social ou leur personnalité, et surtout que leur langage. Je sais pas si c'est volontaire ou non (je pense que oui), mais il y a vraiment une grande attention prêtée aux différences et aux points communs entre  la façon dont ils parlent dans la vie et celle qu'ils doivent adopter pour interpréter les personnages eux-même travestis de Marivaux (en gros, dans la pièce, les valets se font passer pour des maîtres et vice-versa). C'est aussi un des côtés vraiment cools de L'esquive.

Ca a l'air un peu sérieux comme ça, et j'aurais bien aimé le dire de façon un peu plus drôle, parce que le film est avant tout une comédie, mais comme je refuse de tout récrire, il va bien falloir vous contenter de ça. Donc, croyez-moi sur parole, c'est drôle. On finit même par oublier le cadre peu reluisant dans lequel l'histoire se déroule, jusqu'à la scène très violente où le groupe de personnages est "interpellé" par la Police. Cette scène fait un peu cliché de film de banlieue, même si elle n'est pas totalement gratuite, sert le déroulement du film, et a en même temps, je suppose, des visées militantes tout à fait compréhensibles. Malgré tout, alors que tous les autres choix du réalisateur sont irréprochables, cette scène m'a fait m'interroger sur son utilité.

Quoi qu'il en soit, le film reste excellent et évoque des thèmes qu'on n'attendait pas forcément en voyant la bande-annonce et qu'il traite avec brio et originalité. Et comme, derrière, la mise en scène et les acteurs suivent, ça ne pouvait donner que cet excellent résultat.

Master And Commander : The Far Side Of The World (2.5/5)

Russel "Streetfighting" Crowe dans un film de corsaires avec une bande-annonce pourrie et un paquet de thunes, ça peut faire peur. Mais c'est un film de Peter Weir (réalisateur du Truman Show), et les critiques étaient très bonnes, alors je me suis laissé tenter.

L'histoire est adaptée d'une série de romans de Patrick O'Brian, dans lesquels un capitaine anglais se fait des bateaux de la flotte napoléonienne. Enfin, d'après ce qu'on m'a dit, dans les deux livres qui ont servi à faire le scénario du film, il pourchasse un bateau américain. Mais bon, comme en ce moment les anglais et les américains sont plutôt potes, ils l'ont remplacé par un bateau corsaire français. Si ça se trouve c'est des conneries, mais bon, j'en parle uniquement pour désamorcer la critique qu'on pourrait faire au film sur le thème "ah ouais c'est ça en gros ils passent leur nerfs sur la France comme ils peuvent". En fait, pas du tout, je vous dis pas pourquoi parce que je veux pas déflorer le sujet (à mon avis, le père Crowe est assez tatillon en ce qui concerne sa virginité et je fais vraiment pas le poids), mais le film est très loin d'une tentative mesquine de ridiculier les français (à part peut-être au sujet de leur accent anglais).

Donc bon, Jack Aubrey (Russel) passe le film à pourchasser un vaisseau de guerre français nommé Archeron. Évidemment, le navire en question est beaucoup plus moderne que celui du capitaine anglais et donc plus rapide, mieux armé et plus solide. La galère, quoi (si je puis me permettre). Heureusement, on la lui fait pas, à mon pote Russel, et croyez-moi sur parole, ça va chauffer. Dit comme ça, c'est pas super intéressant, et c'est là où c'est quand même bien fait la vie, parce qu'effectivement, c'est pas très intéressant non plus au cinéma. Heureusement, l'intérêt du film ne réside pas là, mais plutôt dans la présentation de la vie de l'équipage dans ce huis-clos où une dizaine de gentlemen doivent diriger et se faire respecter d'environ 200 matelots avec des gueules à faire flipper les protagonistes de Gangs Of New York. De ce côté là, c'est super réussi. Par ailleurs, on suit également un personnage très intéressant, incarné par Paul Bettany. Il s'agit du chirurgien de l'équipage, qui tente entre deux batailles de s'adonner à sa passion de naturaliste pour les animaux et les plantes inconnus. Mais bon, à la fin du film, j'ai quand même eu un petit sentiment de "tout ça pour ça". On s'emmerde pas, loin de là, mais bon, on peut pas non plus dire que ce soit passionnant. Et pourtant, en ce moment, je suis assez intéressé par ces histoires de vieux navires en bois qui se défoncent à coups de boulets sur toutes les mers du globe et, sur ce point, Master And Commander a vraiment la classe. Les batailles sont super bien filmées et le côté technique de la navigation et du combat naval est assez bien restitué sans pour autant être synonyme de lourdeur.

Et finalement, Master And Commander n'est pas vraiment décevant. Il apporte à peu près tout ce qu'on attend de positif d'un film à gros budget avec acteur qui marche et effets spéciaux de compét', et s'offre même le luxe de sortir un peu des schémas scénaristiques habituels dans ce genre pourtant peu regardant sur l'originalité. Mais malheureusement, malgré des passage annexes intéressants, l'intrigue principale ne décolle jamais vraiment. À noter quand même, une fin étonnamment bonne.

06.01.04
Qui a tué Bambi ? (3/5)

Murder murder murder
Someone should be angry
The crime of the century
Who shot little Bambi
Never trust a hippie
'Cause I love punky Bambi
I'll kill to find the killer
In that rotten roll army
All the spikey punkers
Believers in the ruins
With one big shout
They all cry out
Who killed Bambi ?

Ouais, c'est les Sex Pistols. Un film avec le titre d'une de leurs chansons, ça m'intriguait. Bon, je vous préviens tout de suite, à part ça les deux n'ont rien en commun. Les Sex Pistols, c'est pas un film, déjà.

Qui a tué Bambi ? est en fait l'histoire d'une élève infirmière qui fait son stage dans un hôpital où il se passe des choses bizarres. Le responsable de tout ça, c'est un chirurgien un peu pervers qui abuse des patientes endormies. Haha, là je suis sûr que vous m'insultez intérieurement en pensant que j'ai dévoilé tout le mystère de l'intrigue. Allez, calmez-vous, on le sait dès le début. C'est un parti pris assez courageux, parce que c'est assez dur de faire tenir le suspense quand tout le monde sait à peu près sur quoi ça va déboucher. Heureusement, cette partie principale du scénario est épaulée par une espèce d'histoire d'amour un peu bizarre et pas super saine, pas mal foutue du tout. Malheureusement, l'intrigue principale et son déroulement sont dignes d'un téléfilm d'M6, avec héroïne conne (même si cette attitude s'explique en partie à la lumière du deuxième aspect évoqué plus haut, c'est bien loin de suffir), mec qui s'écroule face à la caméra pour dévoiler, derrière lui, le méchant chirurgien, une seringue d'anesthésiant à la main, personnage trouble, pervers et charismatique, manque criant de crédibilité, et tout ce qui va avec. Ouais, pas terrible, en effet.

Mais y a un mais. Y en a même plusieurs, en fait, mais j'ai la flemme de les compter, alors je vais vous faire un gros mais collectif emballé dans du papier kraft et vous allez vous débrouiller avec. Déjà, y a les acteurs. Enfin, surtout les actrices, parce que l'acteur principal, Laurent Lucas, même s'il n'est pas mauvais, incarne l'infâme chirurgien trouble séduisant ténébreux intelligent froid inflexible fascinant pervers cruel solitaire mystérieux complexe, et croyez-moi, c'est pas facile. Mais à côté, y a Sophie Quinton, qui joue la Bambi du titre et Cathrine Jacob, et les deux sont excellentes. Je m'attarde pas trop sur Catherine Jacob, parce que tout le monde la connaît, mais Sophie Quinton, en plus de jouer très juste, est dotée d'une particularité physique assez mortelle : son dessous de nez. Oui, je sais, c'est un peu spécial comme fétichisme, mais attendez. La plupart des gens (pas tous, je crois, mais un paquet) ont sous le nez deux petits plis de chair qui relient la séparation des narines à la lèvre supérieure, formant ainsi une espèce de V inversé. Eh ben Sophie Quinton, elle a un troisième petit replis entre les deux, et ça lui fait un logo Atari sous le nez. C'est pas le top de la hype ça ?

Sinon, pour en revenir à des considérations plus cinématographiques, sachez que Gilles Marchand se surpasse et réalise ce film d'une main de maître, avec beaucoup de talent. C'est brillamment mis en scène (malgré quelques petits écarts), hyper bien filmé, et certains plans sont vraiment mortels tellement ils sont beaux. Du coup, ça m'a pas mal rappelé Cette femme-là, qui était aussi très bien filmé, mais souffrait d'un scénario un peu faiblard (surtout vers la fin). Ah oui, tiens, en parlant de fin, celle de Qui a tué Bambi ? est très bien et la scène de "jeu" au bord du trou entre Bambi et le diabolique chirurgien des ténèbres est carrément excellente (carrément).

Alors voilà, c'est un peu bizarre : d'un côté on a des trucs dignes des meilleurs films de l'année (hop encore un petit rappel de l'imminence des Cacochyme Awards), au milieu desquels flottent des petits bouts de merde déjà entr'aperçus sur M6 ou dans feu Hollywood Night, la fabuleuse seconde partie de je ne sais plus quelle soirée de TF1. Ceci dit, si vous êtes un minimum curieux, ça vaut vraiment le coup.

02.01.04
Quand Jessica philosophe...

Quand je vais chez mes parents, souvent, je lis Télé 7 jours. Ca me permet de rester en phase avec mon époque et de découvrir des trucs vraiment marrants. Comme je suis un mec sympa, je vous fais partager cette interview surréaliste de Jessica Marquez, une ancienne élève de la première version de Star Academy, qui paraît-il cartonne avec une reprise de Julie Piétri (ça s'invente pas). Mine de rien, elle réussit quand même l'exploit de surprendre une journaliste de Télé 7 jours, qui a déjà pourtant du interviewer un paquet d'abruti(e)s...

Le scan de l'interview est ici, et il vaut le détour.

Nowhere To Go But Up (1/5)

Le seul film d'Amos Kollek que j'avais vu avant d'aller voir Happy End (le titre "français" de Nowhere To Go But Up), c'était Fast Food, Fast Women, que j'avais trouvé très bien. Du coup, j'ai un peu de mal à comprendre comment on peut, après ça, pondre un truc pareil.

Déjà, l'idée de base est toute pourrie : Audrey Tautou est une française émigrée aux États-Unis, où elle compte devenir une star de cinéma. En attendant, elle se métamorphose en une espèce de SDF glamour qui a élu domicile, heureuse coïncidence, sous la fenêtre d'un scénariste d'Hollywood en manque d'inspiration.

Évidemment, partant de là, l'histoire n'a absolument aucun intérêt, puisqu'on se doute depuis le début de ce qui va arriver. À la limite, Amos Kollek aurait pu se rattraper en inventant des péripéties originales ou inattendues, mais non : l'intrigue avance à grands coups de coïncidences abracadabrantes et de situations téléphonées. En fait on a l'impression que la seule chose sur laquelle le réalisateur voulait baser son film, c'est le côté pétillant et plein de bonne volonté d'Audrey Tautou, pompant directement dans son personnage d'Amélie Poulain pour la rendre sympathique et incroyablement fraîche. Bon, quand même, il a essayé de camoufler tout ça en la faisant un peu picoler et rouler une pelle à une fille, mais ça ne trompe vraiment personne. Le pire, c'est que le côté enthousiaste et original du personnage finit même par taper sur les nerfs, tant il est exacerbé de façon peu naturelle.

Je vais pas m'étendre, parce que ça n'en vaut vraiment pas la peine : c'est mal foutu, stéréotypé à l'extrême, mièvre à souhait, sans aucune surprise et doté d'autant de charme que les sièges en plastique de la gare RER des Halles. Erk.

01.01.04
La trilogie Pizza Hut

I.

En ce moment, j'entends souvent à la radio une publicité pour Pizza Hut qui me fait bien marrer tellement elle est naze. Je vous la retranscris à peu près, parce que je l'ai pas apprise pas coeur (il me reste un peu de dignité) :

- Hey salut Kévin ! Alors, qu'est-ce que t'as fait ce week-end ?

- Salut Cynthia. Je suis allé à Venise avec Heather, en amoureux, c'était vachement bien !

- Wah l'ot' hey, un peu surfait les gondoles, hein ! Nous c'était vachement mieux, on a commandé des pizzas chez Pizza Hut et on les a mangées avec Kurt et Ramona. C'était quand même autre chose que ton voyage pourri à Venise, hein !

Voilà, en gros c'est ça. Alors bon, moi je serais le premier à aimer dire que je préfère manger des pizzas avec des potes comme un loser que de partir avec ma copine à Venise en amoureux, mais bon, j'aurais au moins la décence de préciser "comme un loser". Genre, je sais que c'est pas très brillant, mais c'est comme ça.

Et puis même, quoi qu'il arrive, j'arrive pas à imaginer le week-end en amoureux à Venise comme étant plus terne ou plus routinier qu'une soirée pizzas. OK, y a Kurt et Ramona, mais si Kévin part à Venise avec Heather, c'est qu'il doit bien l'aimer quand même. Donc, si on peut dire que pour lui c'est au moins aussi bien d'être avec Heather que d'être avec Kurt, Ramona et Cynthia, tout le match se joue entre la soirée pizzas et le week-end à Venise (dans lequel il y a largement moyen d'insérer une soirée pizza, soit dit en passant). Je crois qu'y a pas photo, à part pour quelques indécrottables réfractaires, dont a priori - je dis a priori, vous verrez pourquoi plus tard - je ne fais pas partie. Enfin je suis peut-être un peu réfractaire, mais pas assez indécrottable sur ce coup-là.

Alors bon, soit Pizza Hut essaye de flatter les bas instincts des plus losers que moi, mais j'en doute, soit leur pub est un peu pourrie quand même. En me lisant, vous devez vous dire "tout ça pour ça", mais attendez de voir la suite, c'est pas une trilogie pour rien.

II.

Il est entre six et sept heures du mat' et je suis dans le métro. J'ai enfoncé mon bonnet au ras de mes yeux et je regarde les gens qui rentrent de leur réveillon. Y en a qui sont un peu bourrés et qui parlent fort de trucs pas très drôles mais qui les font rire quand même (c'est le principe). Y en a qui sont pas bourrés et qui regardent leurs chaussures ou discutent un peu entre eux, mais sans conviction. Y a aussi une espèce de fille déguisée en réveillonneuse, assise entre plein de mecs endormis. Je les aime pas trop.

Je sors du métro, station Franklin D. Roosevelt. Là, c'est l'apocalypse. Albuquerque après la foire aux bestiaux annuelle. Des cadavres de bouteilles partout, du verre éclaté, des sacs en papier de Pomme de pain et de Quick, des papiers, des traces de pisse ou de Champagne un peu partout et, de loin en loin, une camionnette de la Police ou un car de CRS. Ah ça, ils ont bien dû se marrer cette nuit. Du vrai réveillon de gens qui savent vivre et faire la fête. Je repense au post de Gaëlle concernant son aversion pour les réveillons-types, et je me dis qu'il faut que je pense à la citer dans le prochain article de mon blog, comme je l'ai promis. Putain, y a vraiment du verre partout, je peux pas éviter de marcher dessus. J'ai un peu peur de niquer la semelle de mes Nike toutes neuves, mais je trouve aussitôt que c'est vraiment débile de penser à un truc pareil, alors je marche sur quelques bris de verre pour me donner bonne conscience, en évitant quand même les plus gros, au cas où. Je tourne dans la rue de La Boëtie, et c'est le même chantier. Quelle belle soirée ça a du être !

Un peu plus loin, Keur Samba, une boîte afro-antillaise d'où sortent chaque week-end les centaines de caricatures d'africains et d'antillais qui font tellement flipper le très conservateur maire du VIIIè. Tiens, d'ailleurs, y en a deux qui draguent :

- Hey mesdemoiselles, vous êtes tellement charmantes que je peux vous raccompagner jusqu'à Marseille, héhéhé !

Les trois filles passent, super hautaines, habillées comme des réveillonneuses de Keur Samba, et murmurent quelques commentaires méprisants à l'égard des deux mecs. Une fois qu'elles sont passées, les dragueurs leurs balancent une ou deux insultes soft et montent dans leur Clio tunée.

Je rentre chez moi. Cette nuit, je suis allé bouffer chez Guillaume en jean et en pull. Y avait aussi mon frère, Jérôme et Marina. On a parlé de plein de trucs débiles jusqu'à 6 heures du mat' et j'ai fait mon premier jeu de mots pourri de 2004. Un jeu de mots de rôliste, en plus, bien hermétique. C'était vraiment une bonne soirée.

III.

C'est quand même bizarre, non ? Si j'avais croisé un copain sortant de Keur Samba, qui m'avait dit qu'il avait passé le début de soirée sur les Champs avec des potes, et qu'à minuit ils avaient picolé dans la rue, et que Mike avait fait tomber sa bouteille en voulant faire une acrobatie quelconque pour draguer une fille mor-telle et qu'ils avaient bien rigolé, ah ça oui, haha, et toi t'as fait quoi, qu'est-ce que je lui aurais répondu ?

Sûrement un truc du genre "ouais, bôf, c'est un peu surfait les réveillons sur les Champs, moi j'ai bouffé des frites et du foie gras chez Guillaume... des filles ? Ouais, enfin une, mais c'était la copine de Jérôme, alors y a que lui qui lui a touché les seins. Mais c'était vachement bien !"

Je sais bien qu'un week-end à Venise, c'est quand même autre chose qu'un réveillon glauque sur les Champs-Élysées entre deux vitrines cassées et un poivrot qui pisse sur une Ferrari, mais même, ça me fait me demander où je place la limite entre le cool pas cool et le pas cool cool. Ceci dit, c'est vrai que c'était peut-être pas la peine d'en faire une trilogie, maintenant que j'y pense...

Enfin quoi qu'il en soit, bonne année à tous et joyeux anniversaire à Ptyx, parce que mine de rien, au Japon, on est le 2 janvier.

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