G
Cacochyme
bulles

30.03.04
The School Of Rock (3.5/5)

J'aime bien Jack Black et j'adore Tenacious D, alors même si je suspectais le vieux film à la Mighty Ducks, je pouvais pas ne pas aller voir Rock Academy (avec un magnifique contresens dans la traduction, car on est quand même loin de la fabrication de groupe à la Star Ac'). Et bon, il faut bien l'avouer, le film a vraiment un côté déjà vu mille fois. Jack Black est un loser qui vit dans son rêve d'ado de devenir une star du rock. Se retrouvant forcé de trouver du travail, il se fait passer pour son pote instit et est embauché comme remplaçant dans une école privée super huppée. Et puis bon, au lieu d'apprendre les maths à ses nouveaux élèves, il leur enseigne le rock dans le but de les faire participer au grand concours de rock auquel il veut participer depuis longtemps. Ouais, voilà, ce genre de scénario, on le retrouve à l'identique dans environ quarante mille deux cent douze films. Même les différents retournements de situation, on les prévoit avant de rentrer en salle et on n'est pas surpris une seule fois. Donc, on tient effectivement un archétype de film américain ultra grand public pour mômes, baigné de bons sentiments et de clichés scénaristiques.

Et pourtant, c'est pas une grosse merde, loin de là. D'abord, comme personne ne peut manquer de s'en rendre compte, Jack Black porte une grande partie de ce School Of Rock sur ses épaules dodues. A coups de mimiques faciales hyper variées et de surjeu constant, évitant pourtant le piège de fatiguer à la longue le spectateur, il met une énergie ahurissante dans le film et se charge quasiment à lui seul de tout le comique. J'ai souvent pensé à De Funès, mais je pourrais aussi le rapprocher d'une version trash de Jim Carrey. Pour moi c'est des compliments (je préfère préciser parce que je pense qu'un paquet de gens pourraient en douter). Ceux qui connaissent un peu Tenacious D et les divers clips dans lesquels Jack Black a tourné reconnaîtront immédiatement son style, qui curieusement passe sans aucun problème du sketch au long métrage. Donc bon, clairement, Jack Black fait beaucoup pour The School Of Rock.

Mais malgré sa présence envahissante et la structure extrêmement rigide et prévisible du scénario, malgré aussi le côté "tout le monde est gentil" et l'inévitable happy end, le film est doté d'un réel charme et, aussi curieux que ça puisse paraître, d'une certaine forme d'authenticité typiquement rock. Bien entendu, tout cela transparaît sous une forme très enrobée, puisque le film est avant tout destiné aux pré-ados, mais n'empêche : la personnalité de Zack, la façon dont le film, par petites touches, lui fait endosser le rôle du songwriter tourmenté, ou encore les multiples références aux monde du rock sont autant de grandes réussites, d'autant plus remarquables qu'elles sont assez inattendues dans ce genre de comédie très formatée. Il y a aussi beaucoup d'énergie dans la mise en scène, bien entendue épaulée par une bande-son choisie avec soin et à-propos, et de jeunes acteurs très doués qui ont vraiment l'air de se marrer en jouant. Enfin, on retrouve aussi, avec un bonheur mêlé de surprise, le petit ton distancié tendance loser qui marchait déjà bien dans Almost Famous, film d'un genre assez éloigné mais traitant de sujets parfois proches. Bref, en gros, malgré une structure ultra rigide, ça parvient à bien remuer de l'intérieur.

Avant de m'arrêter, je voudrais prendre le temps de remercier le scénariste pour avoir introduit dans son film ce joli petit couple qui héberge Dewey (Jack Black) et qui est forcément inspiré de personnages réels. D'ailleurs, Mike, contacte-moi si tu lis ce texte, parce que si ça se trouve on se connaît.

29.03.04
On n'a pas changé d'avis sur la Lorraine, mais l'Alsace on vous la donne si vous voulez

Non, rien, c'est tout ce que je voulais dire. Hahaha !

25.03.04
Immortel (ad vitam) (3/5)

Et hop, encore une BD adaptée au cinéma. Cette fois, on a de la chance, elle l'est pas son auteur, ce qui nous préserve des surprises à la Blueberry. Quand j'étais jeune et lycéen, j'étais super fan d'Enki Bilal. Aujourd'hui, des BD comme Partie de chasse ou Les phalanges de l'ordre noir restent parmi mes références, même si j'ai un peu plus de mal avec La trilogie Nikopol (dont est tiré le film) et Le sommeil du monstre, à cause du dessin des personnages que je trouve un peu trop statique. Et non, je vous raconte pas ma vie gratuitement, parce que c'est justement le premier truc qui m'a marqué en regardant Immortel : les personnages en 3D sont très rigides, et j'ai eu beaucoup de mal à entrer dans le film à cause de ça. C'est bizarre d'ailleurs, parce que Bilal fait également jouer des acteurs en chair en en os (Linda Hardy, notamment, qui constitue un exemple quasi parfait de ce qu'on peut faire avec de la chair et des os), qui sont à mon sens bien plus efficaces que leurs partenaires modélisés. C'est d'autant plus étrange que certains rôles secondaires (voire certains figurants) sont incarnés par des humains, tandis que des personnages principaux sont en images de synthèse (rigides). Bon enfin je sais pas si c'est super grave, mais moi ça m'a gêné.

Les décors du film sont également dessinés et modélisés, mais là par contre ça fonctionne parfaitement. Autant j'ai pris un peu de recul par rapport aux personnages de Bilal, autant les décors de ses univers futuristes un peu rouillés me parlent toujours autant. Et dans Immortel, ça rend vraiment bien. Esthétiquement, on prend quand même une bonne claque revigorante. Les acteurs sont bien intégrés dans le décor et sont plutôt bons dans l'ensemble, y compris Linda Hardy, au sujet de qui j'avais quand même de gros doutes plein de préjugés avant la projection. Quant à l'histoire, elle reprend celle de la bande-dessinée, avec quelques modifications. Pas de surprise, donc, mais du coup c'est pas non plus l'extase totale, notamment à cause de l'histoire d'amour entre Jill et Nikopol, qui est traitée un peu par-dessus la jambe, dans le style coup de foudre inexplicable, mais que voulez-vous ma bonne dame, l'amour ça ne s'explique pas. Moi je veux bien, mais on reste quand même un peu sur sa faim.

Ceci dit, s'il y a un truc qu'on ne peut vraiment pas enlever à Immortel, c'est que c'est vraiment une oeuvre personnelle. Ca fait plaisir de pas sentir une once de formatage de tout le film. Par certains côtés, c'est même un peu naze, comme lorsque les acteurs se sentent obligés de déclamer de la poésie en regardant l'horizon, mais ça donne aussi un grande personnalité au film et ça contribue à son originalité incontestable. En fait, que ce soit par son esthétique ou par son ton, Immortel est réellement un film d'artiste, avec évidemment tous les avantages mais aussi tous les défauts que cela comporte. Enfin au moins ça change un peu.

Donc bon, je peux pas dire que j'aie été follement enthousiasmé par ce nouveau long métrage d'Enki Bilal, mais j'ai quand même trouvé que c'était un film agréable et qui surtout sortait des sentiers battus. Et puis du point de vue de la mise en scène (et d'un paquet d'autres trucs), il est incontestablement supérieur à Tykho Moon et Bunker Palace Hotel.

24.03.04
Triple agent (3/5)

Je suis allé voir ce film mercredi dernier et non seulement j'écris mon commentaire une semaine après, mais en plus je suis pas allé au cinéma depuis. On pourrait croire que c'est parce que je me suis levé à 22 heures tous les jours, mais c'est même pas ça : j'ai repris un rythme exceptionnellement normal et je me lève rarement après 9h30. Même quand j'étais un vrai salarié, je me levais pas aussi tôt. Non, je vous jure, je suis un homme nouveau et super équilibré. Je vais faire mes courses un jour sur deux, je file des centimes à la caissière en plus du billet pour qu'elle ait de la monnaie et qu'elle me rende des euros complets, j'arrête de faire vibrer le parquet de mon voisin relou avec ma musique après 19 heures, j'invite Ae au cinéma (mais ça marche pas parce qu'elle a souvent piscine ces derniers temps), je regarde la soirée électorale sur France 2 et j'ai même failli (du verbe faillir, ouais, on l'oublie trop souvent) participer au dépouillement dans mon bureau de vote. Mais bon, sachant que là où j'habite, le député UMP a été élu au premier tour la dernière fois, ça aurait été injustement déprimant si j'avais accepté. Donc voilà, la question reste en suspens : j'ai pas vraiment d'explication à cette espèce d'abstinence cinématographique, mais en même temps c'est pas comme si ça intéressait quelqu'un. Même moi, j'avoue que ça me glisse dessus comme un pet sur une toile cirée. Bon, allez, c'est pas tout ça, mais il va falloir parler un peu du film.

Ceci dit, vu la note dont je l'affuble (j'adore ce mot), on pourrait penser que c'est pas forcément la peine d'en parler. Et on se tromperait. Parce qu'en fait, Triple Agent tue pas mal par plein d'aspects. Je vous explique : l'histoire, inspirée de faits réelle, c'est celle d'un russe blanc exilé en France, qui surveille l'activité communiste en France (et même en Europe) et observe l'arrivée au pouvoir du Front Populaire, tout en essayant de placer ses pions là où il faut. En clair, c'est un espion. Et comme le titre l'indique, c'est un espion assez individualiste qui bouffe à pas mal de râteliers. Bon, alors après y a plein d'histoires avec des russes, des allemands, des français et tout un tas de coyotes, et le tout forme une intrigue assez cool et bien ficelée. Mais le truc qui assure vraiment, c'est la façon dont c'est raconté. On ne voit jamais Fiodor (l'espion en question) manigancer ses trucs avec ses amis et ennemis politiques. Tout ce qu'on le sait, on le sait par l'intermédiaire de ce qu'il dit à sa femme ou des rumeurs qui parviennent à ses oreilles. Et le tour de force, c'est qu'on parvient à comprendre peu à peu ce qui se trame, alors que Fiodor fait tout (ou presque) pour le cacher à son épouse. Du coup, toute l'intrigue est quasiment résolue à coups de dialogues. La suprême classe. Un peu comme le suprême NTM mais en plus poli. Enfin bref, de ce côté là, Eric Rohmer se la joue Fonzie fait tilter le flipper, y a rien à dire (à part "woaw").

Malheureusement, même si je pense que pour lui it's not a bug, it's a feature (you know), je déteste la façon dont il dirige ses acteurs. Je la déteste presque autant que de boire une bouteille de lait d'un litre, ouverte puis oublié une semaine à deux centimètres d'un urinoir publique surchauffé. Je vous fais pas un dessin. Du coup, je peux pas dire si les acteurs sont bons ou mauvais, vu qu'ils jouent comme si c'était tous des Aïbos moins designs et déguisés en être vivants. Ca m'a semblé tellement faux que c'en était insupportable. Et évidemment, comme le fil est basé à deux mille pourcents sur les dialogues, on peut dire que j'ai été bien maltraité pendant deux heures. C'est vraiment dommage, parce que ça casse tout, mais je suppose que des gens apprécient ce type de jeu.

Enfin voilà, quoi. L'histoire est intéressante, la réalisation est pour ainsi dire parfaite et les acteurs sont moins naturels que des images de synthèse et pourrissent tout le film de leur omniprésence désincarnée. Et ils sont mal habillés en plus, mais ça, je l'admets, c'est un détail plus subjectif. Ca me désole des trucs comme ça, tiens.

22.03.04
When they'll kick at your front door, how you gonna come ?

Au cas où ça intéresserait des gens, What's Your Number, qui figure sur le dernier Cypress Hill est une espèce de reprise des Guns Of Brixton des Clash. Enfin c'est pas vraiment une reprise, mais c'est bien plus qu'un sample. Sinon, histoire de faire un post d'un peu plus de deux lignes, je tiens à signaler que le dernier Miossec est pas bien (même comparé aux deux précédents) et que ce que j'ai entendu à la télé du prochain The Streets a pas l'air terrible (et ça ça me déçoit vraiment). Et puis je voulais aussi signaler aux pauvres gars comme moi qui peuvent pas aller à Pau ou à Marmande voir Nomeansno en concert qu'ils viennent de sortir un DVD plutôt bien. Dessus, y a presque deux heures de Nomeansno (logique), mais aussi une heure de Hanson Brothers (non, pas ceux de Hmm Bop, un peu de sérieux s'il vous plaît) pendant laquelle le guitariste bave abondemment (c'est tout un concept, les Hanson Brothers). Ouais, ça fait quasiment trois heures de concert, c'est bien la classe. Et puis ça m'a surpris, mais les morceaux plutôt calmes de l'album No One passent hyper bien en live, avec des petites impros jazzy bien classes. Enfin bref, le DVD s'appelle Would We Be... Live ?, à ne pas confondre avec l'EP Would We Be Alive ? qui contenait comme son nom l'indique une reprise des Residents, et comme son nom ne l'indique pas d'autres morceaux dont un ou deux inédits.

Ah oui et puis je voulais dire à mes éventuels lecteurs de droite que haha, vous l'avez bien dans l'cul. Chacun son tour.

18.03.04
Gerry (3/5)

C'est trop facile de se foutre de la gueule de Gus Van Sant. Déjà dans Elephant, que j'avais pourtant trouvé vachement bien, il accumulait les effets arty et les longues scènes volontairement dépouillées, mais dans Gerry il a définitivement lâché la rampe. Et vas-y que je te fais des séquences de dix minutes avec des ombres qui marchent dans un décor bicolore ressemblant à la pochette de In On The Kill Taker (en plus désertique), et que je te balance des plans interminables sur la gueule des personnages, et que je te fais des 360 degrés de cinq minutes autour d'un Gerry assis, bref, ça n'arrête pas. Et je parle même pas (ah ben si du coup) de la tentative d'établir le record du monde de durée de travelling dans un seul film. Il a dû acheter des milliers de kilomètres de rail avant de tourner Gerry, c'est hallucinant. Enfin bref, on commence à être habitués.

Ceci dit, je veux pas lui enlever le droit de faire des plans hyper longs, mais c'est quand même mieux quand c'est pas aussi chiant. Parce que quelles que soient les qualités de Gerry (et il faut avouer qu'y en a quand même un paquet), elles ne suffisent pas à légitimer le plaisir que Gus (j'adore ce prénom) prend à essayer d'endormir le spectateur. Autant c'est parfois justifié, autant dans bien des cas c'est juste chiant. Au début, on en rigole un peu, mais au bout d"un moment ça devient un peu énervant. Par exemple, la scène des ombres qui marchent, vers la fin du film, est presque venue à bout de ma patience. Enfin bon, l'avantage, c'est qu'on a largement le temps de penser. Personnellement, au bout de quelques minutes, je réfléchissais à plein de trucs concernant la condition des personnages et ce que telle ou telle scène impliquait dans le film, mais je me surprenais un peu plus tard à me demander si je changeais à Châtelet ou à Chaussée d'Antin pour rentrer chez moi. Et il a beau être fort, je pense pas que c'était le but initial du réalisateur.

Mais bon, sans le pardonner totalement, j'arrive facilement à relativiser. Parce que, effectivement, Gus Van Sant nous tend des perches de sept mètres pour critiquer la lenteur et le côté complaisamment inaccessible de Gerry, mais les qualités du film sont malgré tout indéniables. Déjà, c'est beau. Sans arrêt. À coups d'images contrastées, d'ocres secs et de bleus saturés, il transforme les paysages du film en magnifiques compositions qui donnent au décor un côté à la fois poétique et dépouillé, accentuant encore la domination totale de celui-ci sur les personnages. Ils sont perdus, et ça se sent. Jamais on n'a l'impression qu'ils se rapprochent d'un quelconque îlot de civilisation. Ils passent de terrains semi-arides en régions désertiques rocheuses ou sablonneuses, se retrouvent dans un désert de sel et, à chaque fois, on est bluffé par la beauté des images et la vulnérabilité des personnages. Les rares dialogues vont également dans ce sens : ils commencent par des sujets relativement futiles (une émission de télé, une partie de jeu vidéo), et finissent par se réduire à l'essentiel, par ne plus concerner que la survie des deux Gerry. Car l'intrigue se réduit à ça : la survie de deux mecs qui cherchent à sortir d'un désert dans lequel ils se sont retrouvés suite à une erreur de parcours au retour d'une randonnée improvisée. Alors forcément, à part la fatigue qui s'accumule, la disparition progressive de tout espoir et la façon dont les personnages, individuellement et en tant que paire, régissent face à tout ça, les ressorts du scénario se font plutôt rares. Mais bon, il s'en fout, Gus. Il se concentre sur son boulot de réalisateur et nous offre des tas de scènes mortelles, même si comme je l'ai dit elles s'étirent un peu en longueur. Elles balayent un panel assez large allant du comique absurde (Gerry perché sur son rocher) à la pure beauté conceptuelle (les deux profils des marcheurs, qui semblent faire la course). Enfin bon, c'est la classe, quoi. Et puis côté acteurs, Matt Damon et Casey Affleck ont beau ne pas avoir grand chose à faire, ils le font super bien.

En fait, qu'est ce que ça serait bien si c'était pas aussi chiant ! Parce que bon, je peux comprendre qu'on ait pas envie de faire un film avec une intrigue classique, qu'on aime faire réfléchir le spectateur et tout, mais là on a juste l'impression qu'on est les seuls à faire le boulot, le réalisateur se contentant de fournir une jolie toile de fond et de nous tenir une heure quarante dans une salle sombre pour qu'on se concentre correctement. En gros, ça manque du parti pris sensible d'Elephant et de sa montée progressive, et ça ajoute une couche de pur esthétisme, certes réussie, mais tellement isolée et mise en exergue qu'elle en devient aride. En même temps, pour un film qui se déroule dans le désert, c'est un parti pris qui se défend.

"Dans la com', c'est tous des enculés."

Comme j'ai un peu la flemme de vous parler de Gerry et de Triple Agent, je vous livre l'aspect le plus intéressant de dix jours de conversation avec Léah.

Alors c'est simple : vous cliquez sur ce lien, et ensuite sur "le groupe". Voilà. Si quelqu'un a une explication sérieuse, ça m'intéresse (les pas sérieuses je les ai déjà toutes trouvées).

16.03.04
The Butterfly Effect (2.5/5)

Des fois je fais des trucs bizarres et je m'en rends compte qu'après. Par exemple, là, je suis allé voir un film avec Ashton Kutcher. Parfois, aussi, je fais des trucs logiques mais là encore je m'en rends compte qu'après. Par exemple, là, je suis allé voir un film réalisé par les auteurs du scénario de  Final Destination 2. Comme quoi, c'est des conneries, le hasard fait pas spécialement bien les choses, il les équilibre. Ou pas.

Quoi qu'il en soit, L'effet papillon raconte l'histoire d'un gamin qui a des moments d'absence et qui doit donc écrire tout ce qu'il fait dans un journal pour essayer de reconstituer les éléments manquants de sa mémoire. Et justement, en grandissant, il finit par les redécouvrir et se voit même doté de la faculté des les remodeler, en retournant dans les situations où il avait ces absences et en modifiant ses actions d'alors. Du coup, effet papillon oblige, sa vie et celle de ses proches est modifiée et il se retrouve dans une nouvelle situation à chaque fois (oui, parce qu'il retourne à l'époque actuelle immédiatement après son blackout). Voilà, l'idée est sympa et elle rappelle effectivement, en un sens, celle de Destination Finale. Et bon, heureusement qu'elle est pas mauvaise, cette idée, parce que le reste est loin d'être du même niveau.

Déjà, la moitié du concept est niquée par une vision hyper tranchée et stéréotypée des conséquences des actes du héros. En gros, un enfant abusé n'a que deux choix : soit il se transforme automatiquement en psychopathe, soit il se suicide dès qu'on lui parle de son enfance. Pareil, sa copine devient soit la pire des crackwhores, soit une espèce de canon membre de sororité sur le campus d'une université. Bref, toutes les situations un peu fines qui auraient pu être basées sur l'incertitude de ce qu'est devenu chacun passent à la trappe, au profit de grosses caricatures bien identifiables. Ca donne quand même des trucs sympas, parce que mine de rien le concept est marrant, mais c'est quand même assez décevant en regard des possibilités qu'il offrait.

Autre petit truc énervant, la réalisation à la X-Files. Dès le début du film, alors que tout semble à peu près normal, tout est mis en scène comme si une force extra-terrestre surpuissante observait les personnages. Genre Ashton va pisser, c'est mystérieux. Il va tondre la pelouse, hop, le volume sonore augmente brusquement pour faire sursauter gratuitement le spectateur. Bref, ça lasse un peu, à force. Et puis bon, forcément, à un moment il faut parler des acteurs. Et là c'est la merde, parce que j'ai pas grand chose de positif à dire sur eux. Bon, si, OK, j'aurais rien contre passer une soirée en tête à tête avec Melora Walters. Voilà, c'est tout. Ashton Kutcher nous sort trois expressions en tout et pour tout, et comme le film tourne quand même pas mal autour de son personnage, ça appauvrit tout de suite l'ensemble. Les autres sont passables et font ce qu'ils peuvent pour incarner des personnages façonnés au lance-missiles. Bof, quoi.

Enfin, passage obligé lorsqu'on parle de ce genre de films, je pense avoir relevé deux ou trois petits trucs incohérents dans les aller-retours entre le présent et le passé du personnage principal. Je me gourre peut-être, mais je vais quand même en parler, dans l'espoir qu'on me montre que j'ai tort. Alors voilà : j'ai l'impression que le film montre les blackouts du gamin comme étant des phases durant lesquelles le Ashton Kutcher du futur pourra agir. On voit ça dans la scène du couteau et dans celle où il dessine un massacre en classe. Donc, si on suit cette logique, ce qui va se passer dans le futur (les tentatives d'Ashton d'influer sur son passé) est déjà prévu dans le passé (d'où la scène du couteau, interrompue par sa mère). Or, on ne peut pas accepter ce postulat, vu que justement, il parvient à modifier son passé de manière à faire changer son présent (comme le montre tout le film, mais aussi, par exemple, la scène des "stigmates"). En clair, les blackouts sont montrés tantôt comme des incursions du futur dans le passé et tantôt comme des moments totalement aléatoires. Du coup, je me demande si le scénariste n'a pas voulu en faire un peu trop. Enfin bref, c'est pas très important, mais j'aimerais bien comprendre (ou être certain que c'est une erreur).

Pour conclure, je ne dirais pas que L'effet papillon est mauvais, mais l'idée originale laissait espérer tellement mieux que ça reste quand même un beau gâchis qui fait vraiment pâle figure à côté de Destination Finale 2. Et même un peu plus loin, en fait.

15.03.04
Feux rouges (3.5/5)

Et voilà ! Après avoir vu une centaine de films "pas mal, sans plus", Feux rouges vient à mon secours. Il s'agit de l'adaptation du roman de Georges Simenon, que je n'avais jamais lu alors qu'à une époque je me bouffais les tomes de son intégrale à une vitesse ahurissante. Donc oui, à la base je l'aime bien, Georges. D'ailleurs c'est grâce à lui qu'il existe une série policière française acceptable à la télé (les Maigret avec Bruno Kremer). Mais bon, là ça n'a pas grand chose à voir.

En effet, l'histoire de Feux rouges est celle d'un couple qui va chercher ses enfants dans le sud de la France et qui s'engueule en voiture. Ouais, un peu comme quand papa rate la sortie, que maman fait la gueule, prend en mains la direction des opérations, et finit par perdre tout le monde dans la zone industrielle d'Issoudun, après quoi papa est vraiment énervé et dit que jamais il n'aurait dû accepter d'acheter cette maison en banlieue ouest alors qu'il avait un plan en or en Normandie, mais que forcément Mâdâme n'aime pas les vaches. En général, ça se termine assez mal et on arrive très très tard à destination. Eh ben là c'est exactement pareil, sauf qu'il se passe des trucs bizarres qui changent radicalement le déroulement normal de ce genre d'engueulades. En gros, sans trop en dévoiler, papa (Jean-Pierre Darroussin) se retrouve tout seul dans sa caisse parce que maman (Carole Bouquet) a décidé de faire le reste du trajet en train.

Le truc qu'a vraiment la classe dans ce film, c'est la descente de Darroussin. Au début, il est tout heureux de partir rejoindre ses gosses dans le sud avec sa femme, et puis, petit à petit, de micro-contrariété en micro-contrariété, il pète les plombs. De ce côté-là, le début du film est mortel, et je me suis reconnu sur pas mal de points dans le personnage de Darroussin. Après, une fois qu'il a vraiment lâché la rampe et qu'il crie yeehaa en roulant sur l'autoroute à contresens et à 140 sur les trottoi-a-a-a-ars, l'ambiance change mais le personnage est toujours traité avec autant de classe. Je dirais pas que Jean-Pierre Darroussin porte tout le film sur ses épaules, parce que Cédric Kahn, le réalisateur, mène vraiment la progression de l'histoire de main de maître, mais son rôle est tout de même prépondérant. D'ailleurs, ce film me servira d'argument supplémentaire contre les gens qui prétendent défendre Joël Schumacher en citant Chute libre, parce que Michaël Douglas dans ce film, à côté de Darroussin dans Feux rouges, c'est une caricature de Stéphane Collaro.

Je m'aperçois que c'est assez difficile d'expliquer ce que j'ai aimé dans Feux rouges sans trop en dévoiler, mais ça l'est encore plus de déterminer ce qui fait que ce n'est pas un film parfait, même si concrètement je n'ai quasiment rien à lui reprocher. Je peux éventuellement mentionner les dialogues de l'engueulade, que j'ai trouvés un peu trop écrits, ou encore la scène du téléphone qui, bien qu'elle soit finalement assez classe, a les défauts de ses avantages : si vous arrivez à passer dix coups de fils de suite et que la personne décroche à chaque fois à la première sonnerie, vous m'expliquez comment vous faites. Bon, je chipote, OK. Mais même si l'ambiance oppressante, la progression du lâchage de rampe du personnage principal et même la résolution de l'intrigue sont excellentes, je trouve qu'il manque un petit quelque chose pour faire de Feux rouges un film mortel. Je sais que c'est pas bien de médire comme ça gratuitement, mais il faut que je m'en contente, vu que j'arrive pas à mettre le doigt sur ce qui manque.

Ceci dit, je veux pas finir sur cette note négative, parce que le film est vraiment pas mal, dans un style sombre très marqué et superbement renforcé par la prestation de Darroussin, que j'aime bien globalement et qui est ici meilleur que jamais. Donc voilà, je finis sur une note positive. C'est quand même bien fait, hein ?

11.03.04
May (3/5)

Promis, à un moment je vais arrêter de mettre 3/5 à tous les films, mais pas aujourd'hui. Par contre, je tiens à faire amende honorable : je suis désolé d'avoir sous-entendu que Underworld était un film ultra goth. En fait, LE film ultra goth, celui qui figurera parmi les films cultes de toute une génération de jeunes filles habillées en noir et portant des corsets et des bagues armures uniquement pour me mettre dans tous mes états alors qu'elles sont à peine majeures, c'est celui-ci. May. Ultra Mega Hypra Giga Gothy May, ça aurait dû s'appeler. Avec un sous-titre du genre "The Scarification Of The Lonely Freaky Girl In Black". Et encore, ça aurait peut-être pas été assez préventif. Enfin bref, passons.

May est donc une jeune fille dont l'enfance a été durement marquée par un strabisme conséquent, qui l'a tenue à l'écart des autres enfants et a fait d'elle une grande solitaire. Et forcément, une fois adulte, elle a achevé sa transformation et coud maintenent elle-même ses vêtements en écoutant Sisters Of Mercy et en rêvant au prince charmant, en l'occurence un mec qui bosse dans une casse (ou un truc du genre) mais qui a de jolies mains (moi j'ai pas trouvé mais bon, les goths et les couleurs, hein...). Et puis bon, là on se rend compte qu'elle est encore plus bizarre qu'on le pensait, mais attachante quand même avec son petit monde intérieur et ses maladresses de fille pas adaptée mais originale blabla blabla, bref, ça sert à rien que je vous fasse un vrai portrait du personnage, parce qu'un mot suffit à le décrire à la perfection, et vu que j'ai déjà répété ce mot vingt fois, je vais me calmer avant d'avoir le fan club d'Evanescence sur le dos, bientôt rejoint par celui de Switchblade Symphony qui me tapera dessus en même temps que sur l'autre fan club en prétextant qu'Evanescence c'est pas goth, que toutes les filles qui mettent des grandes robes noires pour ressembler à la chanteuse sont des impostrices et qu'être goth c'est un état d'esprit, pas simplement un look et du maquillage. Là-dessus, Ptyx fera un commentaire sarcastique et le fan club de Cradle Of Filth fera son apparition pour y répliquer, me taper dessus, et en profiter pour mettre un coup de latte au passage aux deux autres hordes de fans en hurlant que Switchblade Symphony c'est du goth de fillettes. C'est là que les jeunes supporters d'Evanescence renchériront sur le même thème, en ajoutant que Cradle c'est un truc de vampires homosexuels maquillés comme les mecs de Kiss trente ans après. Et là, les fans de Kiss arriveront et tout ça dégénèrera en conflit de générations. Et vous êtes témoins : j'ai jamais voulu ça. Ceci dit, May, c'est plutôt du goth à la Switchblade Symphony. Je dis ça pour les spécialistes (ceux qui vont gueuler dans les commentaires, quoi).

Bref, on suit la vie de May, amoureuse pour la première fois, et c'est finalement pas si mauvais une fois qu'on a bien intégré le fait que malgré toutes nos protestations interieures, l'héroïne est attachante (je dirais même addictive, arh arh arh) et superbement interprétée par Angela Bettis qui change dix mille fois de registre au cours du film sans jamais baisser le niveau de son jeu. Par ailleurs, l'évolution du scénario est très bien foutue, et entraîne May sur des voies qu'on aurait jamais soupçonnées au début du film. J'aimerais bien en dire plus, parce que c'est une des grandes qualités du film, mais ça serait dommage de gâcher l'effet de surprise, alors j'en parlerai dans les commentaires avec l'avertissement adéquat. En plus de ça, le réalisateur est pas mauvais du tout et certaines trouvailles sont vraiment excellentes : le verre de la boîte de la poupée qui se fendille peu à peu ou encore la scène avec la poupée et les aveugles en sont de parfaits exemples. On peut peut-être dire qu'il se la pète un peu, mais personnellement, j'ai trouvé que ça passait bien.

En fait, j'aurais pu trouver May excellent s'il n'était pas aussi goth. Le truc, c'est que tous les clichés et tout ce qu'on s'attend à trouver dans un film directement adressé aux ados gothisants est rassemblé dans ce film. Du coup, non seulement on passe très près de l'overdose, mais ça enlève une grande part d'originalité à l'histoire, puisque l'univers du film, censé être décalé, nous est en fait très familier et ne crée donc jamais la surprise. C'est dommage, parce qu'il y a une volonté visible de faire de May une espèce de fable une peu barrée. Bon, ça marche quand même dans une certaine mesure, mais on sent que ça aurait pu être beaucoup mieux si le réalisateur s'était affranchi de tous ces clichés.

Par conséquent, mon opinion est mitigée. D'un côté, j'aime bien ce refus du réalisme et ce choix de la caricature qui transforment le film en fable et permettent d'aborder les thèmes de l'histoire avec une certaine distance, mais d'un autre, je trouve ça dommage d'avoir cédé à la facilité en stéréotypant autant l'ambiance du film à coup de dentelle noire et de fond de teint. Et puis c'est tellement grillé qu'il a été calibré pile pour rentrer dans la liste de films cultes des ados métallogothiques que ça m'énerve. Bon allez, la suite dans les commentaires pour ceux qui ne craignent pas les spoilers.

La vie comme elle va (2.5/5)

Parfois, il faut faire des concessions. Je serais bien allé voir Gerry, moi, mais vu que j'étais allé voir La jeune fille à la perle sans ae, elle m'a condamné à La vie comme elle va. Et à Une vie à t'attendre, aussi, mais c'est une autre histoire. En tout cas, elle aime bien les films qui parlent de la vie apparemment.

Et bon, celui-là, il est un peu particulier, parce que c'est en fait un documentaire sur la vie dans un petit village paumé de l'Aveyron (si je me gourre pas). Enfin, même pour un documentaire, il est un peu particulier, puisque le réalisateur habite lui même Najac, le village en question. Du coup, il connaît les protagonistes et il les met un peu en scène (ou alors ils le font tout seul et il leur dit rien). Donc bon, voilà, on le sait, c'est un peu biaisé dès le départ. Une fois que c'est dit, on peut regarder La vie comme elle va d'un oeil serein.

Jean-Henri (eh ouais) Meunier filme donc quelques habitants pittoresques de son bled. Il s'attarde sur certains, tandis que d'autres ne sont là qu'en toile de fond, mais quoi qu'il en soit, il les a bien choisis. Chaque personnage a son originalité : le "mauvais garçon" du village qui cherche sa "princesse" (bonne chance parce que ça a pas l'air très féminin, comme coin), la centenaire relou, le jeune syndicaliste de la Confédération Paysanne qui part avec un clown faire des spectacles pour les enfants de Bosnie, le mécano totalement dingue du boulot (sur qui Meunier aurait pu faire tout son film, ou à partir de qui il aurait pu tirer un magnifique personnage de fiction), le chef de gare feignant, bref, tous lui permettent de filmer des séquences drôles et / ou intéressantes. Donc, OK, ça marche, certains personnages sont vraiment attachants, on se marre un peu dans pas mal de scènes (même si c'est souvent aux dépens du protagoniste du moment), mais on sent quand même que ça va pas bien loin.

Bien sûr, on sent une espèce de volonté de nous servir un Bonheur est dans le pré réaliste, mais même si l'aspect "vie simple" peut parfois sembler attirant, on se rend quand même bien compte qu'ils s'emmerdent pas mal, à Najac, et que c'est peut-être même ce qui explique le côté atypiques des personnages. Il faut avoir un monde intérieur sacrément riche pour pas y déprimer.

Donc bon, au bout du compte, on a quand même l'impression de pas être bien plus avancé après le film qu'avant, même si on ne peut pas dire qu'il soit chiant ou désagréable. L'authenticité est un peu sabordée par l'évidente mise en scène des personnages, et on a plus l'impression d'avoir affaire à une sorte de matière première à partir de laquelle on pourrait développer des personnages fictifs qu'à de vrais portraits "sociologiques" ou à une vision réaliste de la vie dans un petit bled paumé. Voilà, j'ai rien d'autre à dire et je trouve pas de chute particulière, alors on va dire que c'est fini.

09.03.04
Girl with a Pearl Earring (3/5)

Ha ha ! Y a des mecs qui se font pas chier. Le réalisateur de La Jeune fille à la perle, là, par exemple. Ouais, Peter, c'est de toi que je parle. Pas la peine de me regarder comme ça, hein ! J'ai bien vu ton petit manège. Hop, tu t'emmerdes pas, t'attrapes Scarlett Johansson juste après Lost In Translation, quand tout le monde est bien amoureux d'elle, et tu fais un film pour démontrer qu'elle est belle, alors que ce point fait déjà l'unanimité. T'aimes le risque, toi, hein ? En même temps, je peux pas te blâmer : moi aussi, si j'étais réalisateur, je manipulerais des jeunes filles toutes fraîches et je les filmerais sans arrêt en gros plan en leur demandant d'humecter leurs lèvres. En fait je ferais même pire que toi, donc j'arrête de t'emmerder là-dessus, mais je voulais juste que tu saches que t'étais grillé (en même temps, putain, qu'est-ce qu'elle est jolie !). Et te crois pas pour autant obligé de me sortir ton argument selon lequel t'as commencé à tourner avant la sortie de Lost In Translation, parce que ça marche pas avec moi, t'avais prévu le coup, c'est tout.

Bon, maintenant que j'ai réglé mes comptes avec Peter Webber, je vais en dire un peu de bien. La Jeune fille à la perle est hyper bien filmé. Mais genre woaw. Déjà, la photo est juste incroyable. Couplée aux cadrages bien classes et à la gestion ahurissante des lumières (ça fait un couple un peu bizarre, mais vous voyez l'idée), elle fait de chaque plan un véritable tableau de Vermeer. De ce côté là, c'est vraiment un tour de force et j'ai pas pu m'empêcher de me dire, pendant tout le film, que tel ou tel plan était super beau. Des merveilles comme ça, y en a au début dans la maison des parents de Scarlett, en extérieur, dans la maison de Vermeer (notamment un plan en plongée avec le carrelage ocre / vermillon), bref, partout. Vous allez me dire "c'est un peu normal pour un film sur la peinture, quand même" et vous aurez totalement raison, mais justement, je voulais souligner à quel point c'était super bien fait de ce côté.

Hm. Bon. Après, on arrive au moment où il faut quand même parler de l'histoire. Et là, c'est moins brillant. En gros, Scarlett arrive en tant que bonne chez Vermeer, qui bien sûr l'a vue dans Lost In Translation et commence donc à développer une obsession pour elle. Comme c'est un artiste avant tout, il a envie de la peindre, mais évidemment sa femme est jalouse et c'est le bordel. Tout le truc du film, c'est de montrer cette espèce de montée d'inspiration et de passion que Scarlett (qui s'appelle en fait Griet mais personne n'est dupe, Peter, je t'ai dit) provoque chez Vermeer. C'est pas trop mal fait, mais c'est pas non plus ébahissant, et ça manque parfois un peu de rythme. D'un côté, on s'en fout un peu, parce qu'en général c'est super joli et que quand ça l'est moins c'est que c'est un gros plan sur Scarlett Johansson et que donc c'est joli quand même, mais on aurait pas protesté si cet aspect-là du film avait été un peu plus développé. Sinon, côté acteurs, rien de transcendant. Scarlett Johansson (cet article tourne à la monomanie) est excellente dans certaines scènes, mais comme elle en fait des tonnes dans d'autres (dans le rôle de la servante qu'ose pas), on va dire que ça s'équilibre mais qu'elle est jolie quand même, au cas où on en aurait pas déjà parlé.

Enfin voilà quoi, rien d'exceptionnel dans ce film souvent un peu cliché, mis à part la réalisation, la photo et Scarlett Johansson qu'est jolie (vachement). Sacré Peter.

08.03.04
Les limaces de mer et moi

Aujourd'hui, je vais un peu raconter ma vie, mais c'est pour la science alors on va dire que ça passe. Et non, c'est pas encore une histoire de documentaire animalier. Enfin si, mais c'est moi qui le fais.

Quand j'étais petit, et même jusqu'à 15-16 ans (âge auquel j'étais pas spécialement grand non plus, soyons franc), je passais au minimum un mois chez mes grand-parents maternels, qui habitent sur la presqu'île du Cap-Ferret. Il s'agit d'une bande de terre entre le Bassin d'Arcachon et l'Océan Atlantique, et j'aime autant vous dire que c'est la suprême classe, ce coin. D'un côté, les eaux calmes et les villages de pêcheurs du bassin, de l'autre, les grosses vagues de l'océan, les touristes rougeauds et les filles topless partout, et au milieu une bonne grosse dune aménagée qui t'explose les cuisses et les mollets quand tu vas acheter des pétards à vélo. Enfin des pétards, des avions en polystyrène ou Newlook, c'est pareil, la dune veut pas le savoir. Mes grand-parents habitent un village d'ostréiculteurs situé côté bassin, à 50 mètres du bord de l'eau, et du coup, parmi toutes les conneries qu'on faisait avec mon frère et mes potes de vacances, il y avait la construction de pièges à bestioles marines. En gros, il s'agissait en général d'une armature de bois formant un cube et sur laquelle on attachait une espèce de grillage serré percé d'un ou deux trous. Dans ces trous, on fixait un bout de plastique en forme d'entonnoir pour que les bêtes rentrent et ne puissent plus ressortir. À marée basse, on attachait le piège à un parc à huîtres avec une corde ou une chaîne, et on allait s'occuper ailleurs jusqu'à la marée suivante, où on allait chercher le piège pour voir ce qu'on avait chopé, en espérant que ce soit des seiches ou des araignées de mer qu'on puisse manger ou refiler à l'hôtel en échange de glaces (ouais, le capitalisme, tout ça). Malheureusement, on attrapait souvent des tas de trucs hyper intéressants mais pas comestibles du tout. Et parmi ces trucs, il y en avait un qui revenait souvent et qui était bien dégueu : le pisse-vinaigre. C'est pas très scientifique, comme nom, mais c'est comme ça qu'on les appelle là-bas, essentiellement parce qu'ils projettent un liquide violet quand on les touche. C'est la bestiole de la photo du haut. Plus tard, j'ai appris que ça s'appelait une aplysie. Pour être plus précis, je pense que celles qu'on choppait étaient des aplysia punctata (ouais bon ae / ae) d'environ 20 centimètres.

Et récemment, un soir de désoeuvrement complet, j'ai fait des recherches sur l'animal en question avec mon pote Google et je suis tombé sur un site mortel : le Sea Slug Forum. Je pense pas que les mecs qui s'en occupent soient totalement sains d'esprit, mais là n'est pas le problème, car le site regorge de photos d'aplysies, mais aussi de toutes les limaces de mer les plus bizarres (l'omelette des profondeurs) et les plus degs (le smegma des rochers) que j'aie jamais vues. Des trucs avec des tentacules partout, des machins à coquille, des choses qui prouvent que Dieu n'existe pas (ou que c'est un sacré pervers) et diverses abominations colorées. J'ai aussi appris que les aplysies étaient hermaphrodites et que c'était bien pratique pour s'adonner à certaines pratiques interdites dans plusieurs États (et d'autres encore).

Et puis bon, tant que j'y étais, et tout enthousiasmé par mes récentes découvertes, j'ai poussé un peu plus loin en direction des méduses, grâce à ce site, qui non seulement est très instructif, mais qui peut en plus servir de source inépuisable de mots pour se la donner au pendu. Dedans, il y a évidemment la famille des aplysies (cherchez les gastéropodes et lisez tout parce que c'est juste incroyable ce qu'on peut faire en tordant des tubes digestifs), mais il y a aussi celle des méduses (les cnidaires).

Et là, c'est super intéressant, parce qu'on apprend plein de trucs quasi-métaphysiques. Déjà, il y a la confirmation de ce que m'avait dit mon pote Nico il y a bien longtemps quand je mettais au point un plan d'éradication total des méduses. Il avait pris son air supérieur (alors qu'il est même pas capable de tuer proprement un scolopendre avec une machette) et m'avait déclaré un truc du genre "mais t'es malade, les méduses c'est la forme libre de plein de coraux, si tu les tues, toute la mer va crever avec". C'est dit moins brutalement sur le site en question, mais on peut effectivement voir que les méduses, c'est d'abord des larves, puis des polypes (dont certains se fixent partout) avant de finir en méduses et d'emmerder les baigneurs. Mais bon, moi, le vrai truc qui me frappe, c'est que c'est des organismes ultra simples (je sais, il y a encore plus simple, mais n'empêche). Ca peut se résumer à trois tuyaux, sept muscles, deux couilles et quelques tentacules avec des petits nématocystes (les trucs qui piquent) au bout. Genre, ça pourrait presque se construire avec des piles, trois fils et des tuyaux en caoutchouc, une méduse. Bon, évidemment, quand j'ai parlé de ça hier à Nico au téléphone, il m'a dit que non, c'était pas si simple, blabla, cellules, blabla, mais que OK il voulait bien me filer ses cours et un ou deux bouquins sur la phylogénie (ça a l'air de pas avoir de rapport mais en fait, si, vous verrez plus tard). Mais bon, quand même, ça m'interpelle quelque part, cette ressemblance énorme entre un organisme vivant et un truc mécanique. Oui, moi aussi, j'ai mes petites lubies.

Je marque un petit interlude pour vous dire que si ça vous fait chier ce que je raconte, vous pouvez arrêter de lire tout de suite parce que la suite est exactement du même accabit. Je serai pas vexé, je sais que c'est un peu spécialisé, mais il faut quand même que je fasse un point sur tout ça. Alors revenez demain, j'aurai vu un film et je vous dirai ce que j'en pense, promis. Pour les deux ou trois psychopathes qui choisissent de rester, j'annonce qu'on va continuer à parler de méduses, de chimie, de couilles et de tuyaux.

Autre trouvaille surprise occasionnée par ces recherches : la galère portugaise. Il s'agit d'une méduse ultra-bizarre, qui peut gonfler sa cloche à l'aide d'un gaz. Un fois gonflée, elle flotte, laissant trâiner ses tentacules sous la surface. Le truc chelou, c'est que le gaz qu'elle produit, c'est de l'argon, un gaz rare et assez classe. On sait par pourquoi c'est celui-là qu'elle utilise, mais c'est comme ça. Et c'est pas tout : en fait, la galère portugaise n'est pas un seul animal, mais une colonie de quatre types de polypes interdépendants. Le flotteur est un polype, les tentacules sont d'autres polypes, l'estomac est un autre polype, etc. Si ça vous laisse de marbre vous êtes vraiment des cuistres. Les images que j'ai mises viennent d'une page dédiée à l'animal (enfin à la colonie) qui compare notamment la puissance de son venin à celui de la désormais légendaire cuboméduse.

Eh ouais, vous croyiez pas vous en tirer comme ça, quand même ? Je vais encore parler de la cuboméduse, parce que, toujours en faisant les mêmes recherches, j'ai découvert que la cuboméduse n'était pas classée avec les autres méduses. En fait, il s'agit d'un organisme vachement plus classe et mystérieux. Figurez-vous notamment que la cuboméduse à des yeux. Quatre, même. Et c'est super bizarre, parce qu'elle a pas de cerveau pour interpréter les données, mais elle arrive quand même à s'en servir. C'est une espèce d'über méduse, rapide, mortelle, et dotée d'yeux complexes, avec cornée, rétine et tout le barda ! Là encore, j'ai trouvé un site excellent sur les cubozoaires et je vous conseille vraiment d'aller y jeter un oeil si ça vous intéresse. La partie "morphologie", en particulier, est très cool.

Enfin (ouais parce que ça commence à être long tout ça, hein), en m'intéressant au fait que la cuboméduse ne soit pas un scyphozoaire, j'ai trouvé un truc qui a remis en question plein de concepts que j'avais appris quand j'étais jeune et lycéen. Les plus malins d'entre vous (et ceux qui avaient prévu de gros tubes d'aspirine) l'auront deviné, il s'agit de la phylogénie. Je veux me documenter un peu plus là-dessus avant d'en parler, mais je fais quand même cette espèce de teaser pour m'obliger à pas oublier. Voilà, j'arrête de faire le malin avec mes bestioles dégueulasses, mais je vous préviens, c'est temporaire.

05.03.04
Big Fish (2.5/5)

Je commence vraiment à penser que Tim Burton est l'un des réalisateurs les plus surestimés du cinéma. J'avais trouvé ses Batman pas mal (mais ça fait longtemps que je les ai vus), j'ai rien contre Edward aux mains d'argent, mais alors après... bon, OK, j'ai pas vu Ed Wood, mais Mars Attacks, Sleepy Hollow, La Planète des singes et maintenant Big Fish, je trouve ca très moyen. Ca m'embête un peu, parce que je sais bien que normalement, quand on est un peu cinéphile, on est censé bien aimer Burton. C'est un peu une loi, une sorte de témoin de raffinement et de fantaisie. Du coup, je me sens un peu rejeté quand je parle avec des gens et que je dis que j'aime pas trop. C'est un peu comme si j'annonçais que j'étais fan de Billy Blanks. Mais bon, je vais quand même assumer mes goûts bizarres et essayer d'expliquer un peu pourquoi j'ai trouvé ce Big Fish bien terne, alors que tout le monde en parle comme d'un chef d'oeuvre.

Déjà, arrêtez de m'emmerder avec votre fantaisie, votre féérie, et vos machins décalés. Parce que si la fantaisie c'est de mettre des nains, des géants, des sorcières et des forêts peuplées d'arbres qui s'animent dans ses films, eh ben autant regarder Les Goonies. Alors OK, c'est l'histoire d'un mec qui raconte que des carabistouilles (comme Jules César), et donc c'est normal blabla contes de fées blabla, mais c'est justement censé être magique, original, pétillant, et que sais-je encore, et on se retrouve juste avec une galerie de monstres utilisée à mon sens assez platement. C'est pas vraiment comparable (mais quand même un peu sinon ça servirait à rien que je le dise), mais cette fantaisie-là, à côté du Baron de Münchausen de Gilliam, c'est Disneyland. Ah oui, parce que sous couvert de féérie, c'est ultra mièvre : j'aime beaucoup Ewan McGregor, mais là, pendant toute une partie du film, j'avais envie de lui mettre des baffes tellement il avait l'air d'un gros pré-ado benêt. En fait, il tombe amoureux d'une fille qu'il ne connaît pas et qui disparaît une seconde après qu'il l'ait remarquée, et il bosse à l'oeil pour un mec qui lui distille des informations la concernant afin qu'il la retrouve un jour. Du genre "elle aime les jonquilles" ou "elle chausse du 39". Et là, pendant un temps qui m'a semblé invraisemblablement long, Tim Burton répète en boucle le même gag pas terrible (McGregor s'ébahit simplement des informations les plus basiques, du moment qu'elles concernent la fille qu'il aime). Dans le même style, y a un autre gag qu'il répète deux ou trois fois, exactement sous la même forme (et non ,c'est pas un running-gag). Trop original. Enfin bref, voilà, c'est gnangnan, c'est pas si drôle que ça voudrait bien le faire croire et surtout c'est assez chiant, tellement c'est mou et sirupeux. Le seul truc qui aurait pu amener une petite tension, c'est l'histoire entre le père (celui qui raconte les carabistouilles) et son fils (celui qui aimerait bien ne plus les entendre), mais cet aspect est hyper fade et les scènes entre les deux acteurs tombent un peu à plat. Du coup, le film ressemble à un énorme truc sucré sans saveur.

Enfin bon, je dis pas que c'est totalement pourri, mais je trouve ca quand même bien fade. Pourtant, de temps en temps, une des histoires du père est dotée d'une portée un peu supérieure au reste et, pendant quelques instants, la qualité d'une scène ou la finesse d'une parabole nous fait sortir un peu de notre torpeur, mais ces moments sont bien rares. Le reste du temps, j'avais carrément l'impression que Big Fish s'adressait uniquement aux gens qui font hihi et aux fans de Lucille, amour et rock'n'roll. Bon, heureusement, la fin est quand même un peu meilleure. En fait, elle aurait pu être pourrie, mais elle est sauvée par une idée vraiment cool que je n'évoquerai pas pour ne pas spoiler mais qui concerne les personnes que l'on retrouve dans l'assemblée finale.

Ceci dit, malgré tout ce que je peux dire, je pense que vous trouverez plein de gens pour vous déclarer que ce film est exceptionnel, limite culte, et que c'est quand même important de garder son âme d'enfant dans ce monde brutal et tellement terre à terre. Mais ça change rien : pour moi, Tim Burton, c'est un goth qu'aime les Bisounours.

In America (3/5)

Bon allez vite fait parce que pf. Alors déjà, ce qu'on peut dire, c'est que Jim Sheridan s'est lâché. Si avec tout ce qu'il t'a mis là-dedans tu pleures pas, t'es Franck Bullit. Y a un enfant qu'est mort en tombant dans les escaliers, laissant une cicatrice indélébile dans le couple formé par ses parents, un mec malade qui va mourir, une grossesse avec complications, de la pauvreté, des junkies, de l'hystérie, bref, y a tout. Y a même un peu trop, si vous voulez mon avis.

Alors après, OK, les acteurs sont mortels, y compris les enfants (oui parce qu'il en reste deux quand même... si tout le monde meurt on peut pas faire de film), certaines scènes sont vraiment classes et il y a malgré tout un souci d'éviter le larmoyant. Mais bon, vu que tous les ingrédients sont là, ça larmoie quand même un peu, même si c'est beaucoup moins que ça aurait pu l'être vu le sujet du film. Ah oui alors le sujet, c'est des irlandais qui ont perdu un de leurs gosses (dans les escaliers, suivez, un peu !) et qui décident de s'installer (illégalement) aux États-Unis. Et là c'est un peu la merde pour une raison que je ne peux pas vous dévoiler, même si, parallèlement à ça, ils font la rencotre de Mateo, une espèce d'artiste maudit ultra musclé et aussi ultra-malade. Rencontre, influence de la vie de l'un sur celle des autres et vice-versa, climax métaphysico-larmoyant et conclusion plus ou moins heureuse, avec un peu de larmes quand même sinon les haricots sont pas assez salés.

Enfin bon, je fais le blasé, mais c'est assez bien foutu, même si les dialogues sont souvent à la limite. La scène ou Johnny (le père de famille) gueule sur Mateo, par exemple, est totalement pourrie par des dialogues grandiloquents auxquels on ne croit pas une seule seconde. Et c'est pas la faute des acteurs, parce que, je le répète, ils sont vraiment excellents.

Voilà, sinon, il faut quand même savoir que c'est un peu autobiographique. Enfin je pense qu'il faut le savoir.

04.03.04
Open Range (3/5)

J'ai l'impression que ça faisait longtemps qu'y avait pas eu un vrai western au cinéma. Alors bon, même si celui là était réalisé par Kevin "Postman" Costner, je me suis laissé tenter. Guillaume avait un peu peur que ce soit le petit Kevin dans la prairie, mais moi j'étais persuadé que ça flinguerait quand même pas mal et qu'on verrait des hommes en caleçons longs. Et j'ai gagné.

Le truc cool, c'est que Open Range est bien old school. Deux vieux cow-boys au passé mystérieux qui demandaient qu'à faire paître leurs vaches sur l'herbe collective du peuple américain se font emmerder par le gros propriétaire de ranch du coin et son sbire principal, le shériff du patelin. Forcément, comme tous les mecs qui ont un passé un tant soit peu mystérieux, ils aiment pas trop qu'on les fasse chier, sinon ils viennent cracher leur chique sur tes bottes et ils attendent le moindre signe de mouvement violent de ta part pour te descendre en toute légalité, dans l'esprit des pères fondateurs. Et là le proprio du ranch en question, il a vraiment choisi les mauvais mecs à emmerder, parce que plus mystérieux que le passé de Kevin Costner, tu meurs. Enfin bref y a une ville à libérer, des flingues, et évidemment une célibataire endurcie à conquérir. Old school, baby.

Après, ce qui m'a vachement surpris, c'est l'hétérogénéité du film. Genre y a des scènes vachement bien, des trucs qui ont vraiment la classe et tout, et à côté il y a des espèces de clichés minables pris au au premier degré. C'est vraiment bizarre. Dans les morceaux de bravoure du film, on trouve toute la longue scène de combat dans la ville (surtout la première partie de la fusillade), ou encore le côté brut de décoffrage des personnages. Ils sont hyper bourrins, et il y a une espèce de distance dans la mise en scène qui fait que même si ce sont les héros du film, ils sont bourrés de défauts, perclus de principes antédiluviens, et leurs actions sont loin d'être idéalisées. Ca, c'est vraiment cool. On peut aussi citer la qualité du jeu de Robert Duvall qui, je trouve, éclipse en grande partie Kevin Costner, pourtant pas mauvais dans ce film. Après, il y a l'histoire avec Annette Bening (qui joue Sue) qui, même si elle n'est pas très présente constitue l'un des thèmes principaux du film. Et là, ça aurait pu être bien vu, mais on tombe quand même dans un nombre impressionnant de clichés pourris, notamment à la fin. Il y a aussi un petit côté moralisateur des héros vis-à-vis de la population du village, qui tombe d'autant plus à plat qu'il est pour le coup très premier degré et contraste pas mal avec les aspects pas très moraux des deux personnages principaux. Dans le genre "on est peut-être pas tout blancs, mais au moins on a des valeurs, nous", c'est un peu énervant.

Mais bon, y a quand même pas mal de trucs très bien foutus dans Open Range, ce qui confirme ma théorie selon laquelle il faut toujours laisser une chance aux acteurs et aux réalisateurs "finis" qui reviennent un peu plus modestement qu'à l'accoutumée. Alors bon, je vous avouerai sans problème que ce film n'est pas non plus ma grande passion du moment, mais il passe plutôt bien. Et il faut absolument que je vous parle de phylogénie, mais seulement une fois que mon pote Nico aura clarifié un ou deux trucs pour moi sur le sujet.

03.03.04
CacoCouleurs et Pamela Anderson nue

Bon ben voilà, pour ceux qu'ont les yeux fragiles, j'ai ajouté une option CacoCouleurs dans la colonne de droite. Au début je voulais faire un slogan génial avec "slip", du genre "Cacocouleurs - et votre slip fait son crâneur" en mieux, mais j'ai pas trouvé, alors j'ai mis Pamela Anderson nue. Donc en fait vous cliquez sur le thème que vous voulez (pour l'instant y en a que deux mais ils sont hyper complexes et incroyablement différents alors vous devriez quand même être ébahis comme un plongeur qui veut se saisir d'un concombre de mer et qui se retrouve fort marri lorsque ce dernier expulse ses viscères par son cul pour devenir tout fin et se faufiler entre les gros doigts maladroits de son gauche assaillant palmé) et vous changez l'apparence de ce blog (ouais relisez le début de la phrase, ça vous fera pas de mal). Et faites pas ça distraitement hein, parce que vous pourriez croire que vous êtes sur un autre blog et subir un choc mental de nature à vous faire blanchir les cheveux et pousser les ongles des pieds d'une bonne vingtaine de courbes centimètres. Oui parce que ça se courbe après, comme chez l'indien célèbre qui a 10 ou 15 mètres d'ongles, ce grand sale. Je me demande comment il fait pour s'habiller, se curer le nez ou se gratter les roubignolles. Il doit vivre dangereusement, ce mec, même pour un indien.

Quoi qu'il en soit, hop, vos yeux sont contents et votre slip danse la polka.

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