
Hier, quand je suis allé avec YLEDM acheter un bouteille de Teisseire, je ne soupçonnais pas que ma vie allait basculer. Mais soudain, à la caisse du G20, il remarque quelque chose détrange : les boules magiques, ces espèces de bonbons bizarres avec plein de couches ayant chacune un goût différent et enrobant un chewing-gum de mauvaise qualité, n'avaient pas totalement disparu. Moi, je pensais qu'on les avait interdites suite à des morts d'enfants par étouffement, ou ce genre de choses, mais non. Non seulement elles sont de retour, mais en plus elles ont muté. Alors qu'à la grande époque leur diamètre ne dépassait guère les deux centimètres, il atteint aujourd'hui six centimètres ! Et alors qu'elles étaient de couleur unie, leur surface comporte actuellement des dizaines de tâches colorées.
Mais évidemment, notre curiosité l'a emporté sur la peur qui aurait pu étreindre n'importe qui d'autre, et on en a acheté une chacun. 3,32 euros pièce, quand même, elles ont pas pris que du diamètre ! Donc bon, on les a entamées, et elles sont simplement monstrueuses. En une heure de léchage forcené (oui parce que le mec qui arrive à les mettre en entier dans la bouche, il devient instantanément mon héros), je l'avais à peine entamée et j'avais la langue qui commençait à saigner. Sans rire. Mais bon, c'est pas un échec total, parce que j'ai atteint le chewing gum. YLEDM se l'est plus jouée à la cool, mais la préservation de sa langue l'a empêché de faire un trou conséquent dans la coque du monstre. Sinon, c'est pas mauvais, mais c'est juste impossible à manger.
Vous pouvez trouver ci-dessous quelques photos de cette expérience exceptionnelle. La troisième représente le monstre après une heure de léchage. J'ai pas pu aller plus loin.
Et si vous avez par peur des trucs degs, je vous conseille la version haute résolution de la dissection à la langue.
Allez, je finis mon bâclage international avec ce film coréen intitulé Printemps, été, automne, hiver... et printemps. Ouais, heureusement que les affiches sont grandes.
Aaalors, c'est l'histoire d'un moine bouddhiste élevé par son maître dans un temple isolé. Ou en fait, c'est peut-être plutôt l'histoire du temple lui-même. Enfin bref, c'est pas super important. L'important, c'est, comme l'indique le titre du film aux plus malins d'entre nous, l'idée de cycle. C'est pas forcément hyper original, cette histoire de naissance, d'aléas, de mort et de renaissance, mais le moins qu'on puisse dire c'est que, dans ce film, c'est super bien foutu.
D'abord, c'est hyper beau. Le temple est situé au milieu d'un lac, lui même situé au milieu d'une petite vallée entourée de montagnes bien classes, avec de l'eau, des poissons, des serpents colorés, des herbes et des fleurs partout, une lumière qui transperce de slips noirs triple épaisseur (mais si ça existe), le tout filmé par une espèce d'artiste de la caméra qui nous offres des plans incroyables, qu'on peut rapprocher sans avoir l'air de se foutre de la gueule du monde du travail de Kitano dans Dolls. D'ailleurs, c'est marrant, on retrouve des similitudes dans les thèmes des deux films, même si Printemps, été, automne, hiver... et printemps est quand même un poil moins pessimiste.
Mais là où Dolls se complaisait un peu à mon goût dans des phases purement esthétiques (et un peu chiantes, aussi), le film de Ki-Duk Kim sait intégrer en finesse des éléments d'intrigue, des petits gags ou des situations intéressantes, sans jamais se contenter de se regarder en se disant à quel point il est beau. Ceci dit, je vais pas vous mentir : si vous avez fait deux heures de sport en rentrant du boulot et que vous allez le voir à la séance de 22 heures, vous avez intérêt à avoir un peu de Guronsan sur vous, parce que c'est pas non plus le film au rythme le plus trépidant du monde.
Mais si on aime les films un peu contemplatifs, qui en disent plus par ce qu'ils suggèrent que par ce qu'ils évoquent explicitement, Printemps, été, automne, hiver... et printemps offre largement de quoi contenter les yeux et l'esprit, ce qui personnellement me satisfait amplement.
Cette fois, c'est un film argentin qui en France a pour titre Le fils d'Élias. C'est l'histoire d'une famille juive argentine, originaire de Pologne, et dont la mère et les deux fils travaillent dans une petite galerie marchande où tous les commerçants se connaissent bien entre eux et forment une petite communauté. Le père, lui, est parti il y a longtemps déjà participer à la guerre du Kippour en Israël.
On suit Ariel, l'un des deux fils, qui tente d'en savoir plus sur son père et cherche également à obtenir la nationalité polonaise pour aller vivre en Europe. Le films est assez bien foutu, découpé en petits chapitres présentant des anecdotes de la vie des occupants de la galerie marchande et qui au final forment un tout et dévoilent la réalité du passé de la famille d'Ariel et, bien sûr, de son père.
Le point fort du film, pour moi, c'est les acteurs. Ils sont la plupart du temps filmé de très près, avec de nombreux gros plans sur les visages et sont impressionnants de naturel. De ce côté-là, mention spéciale à Daniel Hendler, ce qui tombe plutôt bien puisque c'est le personnage principal du film et qu'on arrête pas de le voir. Le scénario est également bien construit, les révélations arrivant peu à peu sans faire l'effets d'obus de mortier venus de nulle part, et c'est plutôt agréable. Par contre, malgré le côté sympa du film, je peux pas m'empêcher de penser que ça va pas bien loin et qu'au final c'est juste une petite histoire de famille avec une dose de nombrilisme communautaire. Et vous allez peut-être trouver que c'est un peu léger et que je suis un fumiste (en tout cas, moi je trouve), mais j'ai plus rien à dire sur ce film, alors je vais juste m'arrêter là.
Encore un titre bizarre, mais c'est parce que c'est un film belge en néerlandais. En France, ça s'appelle La mémoire du tueur et c'est loin d'être inoubliable (désolé, j'ai lutté mais j'ai pas pu m'en empêcher).
L'histoire, c'est celle d'un tueur à gages vieillissant, atteint de la maladie d'Alzheimer, qui décide de ne pas honorer un contrat parce qu'il a beau être un assassin il a quand même une éthique, alors que ces jeunes ne respectent décidément plus rien. Du coup il se retourne contre ses employeurs, et quand la police commence à s'en mêler, on assiste à une espèce de chacun pour sa peau à trois qui aurait vraiment pu être intéressant. D'ailleurs, ça l'est quand même un peu, parce que le scénario est pas si mal ficelé, et Jan Decleir, qui joue le tueur, est plutôt bon.
Malheureusement, le film est super maladroit. Quand l'espèce de fausse femme fatale sort de sa piscine et, encore humide, se verse une pleine flûte de champagne sur les seins, tout d'un coup, créant ainsi une mousse épaisse d'une dizaine de centimètres, soi-disant pour chauffer son vis-à-vis, on se dit que c'est peut-être du second degré. Mais par la suite, il y a tellement de trucs du genre qu'on ne parvient plus à croire à une seule scène. Quand les flics cernent une maison, il suffit qu'il y en ait un qui tire sur un pigeon pour que tout le monde se regroupe et laisse sa proie s'enfuir par une porte dérobée. Quand les gendarmes assurent la protection de quelqu'un, ils l'enferment dans une pièce dotée de fenêtres de vingt mètres carrés donnant sur une façade non gardée du bâtiment. Des psychiatres experts auprès des tribunaux se baladent avec des seringues de deux mètres remplies de cyanure et demandent à ce qu'on les laisse seuls avec le prévenu. Des tueurs dont tout le monde connaît la gueule se baladent dans le commissariat pour passer des coups de fil anonymes. Enfin bref, je sais pas si c'est utile de développer plus avant. Donc voilà, après une première partie à peu près correcte, ça tourne au grand n'importe quoi involontaire, et j'aime pas.
J'ai même fini par trouver l'histoire caricaturale, avec ses gros pontes corrompus, ses douze pédophiles au mètre carré et ses "tout le monde a un dossier sur tout le monde". Bref, je suis déçu.
Vincent Gallo est super malheureux. Au début, on sait pas trop pourquoi : est-ce qu'il s'est fait larguer, est-ce qu'il a largué sa copine et qu'il le regrette ? Ca doit ressembler à un truc comme ça. En tout cas, il est triste et il se filme, visage fermé et regard bleu tendu vers l'horizon. Mais Vincent Gallo ne reste pas inactif. Il enfile sont petit slip bleu ciel, et participe à une course de motos, qu'il ne gagne pas. Mais Vincent Gallo a d'autres idées en tête que cette course. Il monte dans son van et taille la route, sur les longues bandes de bitume américaines, au rythme des levers et de couchers de soleil, le regard bleu planté dans le ciel du matin et le visage triste et interdit. Vincent Gallo pense à Daisy. Et du coup, durant son retour en Californie, à chaque fois qu'il croise une fille qui a un prénom de fleur, il lui plante son regard bleu dans la gueule, le visage baigné d'une envoutante impassivité à travers laquelle perce une infinie tristesse. Après trente secondes à une minute de ce traitement, il lui dit qu'il aime bien son prénom et lui roule des pelles. Vincent Gallo a le coup de main pour se taper des filles, mais c'est pas ce que vous croyez. Vincent Gallo est triste, son ventre pleure, son visage est fermé et son regard bleu à la fois tendu vers l'horizon et rivé sur son passé. Mais Vincent Gallo ne louche pas. Non, il se tape des filles pour voir s'il peut oublier son amour perdu, pour comprendre, enfin. Il partouze sur le difficile chemin de la rédemption et de l'oubli, et son visage se ferme, sclérosé par une infernale mélancolie. Alors, comme toutes ces filles ne valent pas sa fleur perdue et ne suffisent pas à la faire sortir de son esprit tourmenté d'artiste sans compromis, il remonte dans son van, fixe l'horizon de ses yeux bleux (assortis à son slip, Vincent Gallo a du style) et reprend la route vers son passé.
Vincent Gallo roule de jour comme de nuit, en écoutant des petites chansons folk-rock assez cool qui donneront forcément un demi point à son film. Mais Vincent Gallo ne se préoccupe pas de ce que pensent les gens, c'est un artiste complet et sans concessions. Alors il fait traîner son film, pour bien leur faire comprendre la cruelle tristesse qui se terre au fond de ses yeux bleus tournés vers l'horizon. Et effectivement, le spectateur souffre, subjugué par la caméra numérique tremblottante de Vincent Gallo. Mais attention, Vincent Gallo ne tremble pas, il a simplement posé son DV sur le tableau de bord !
Soudain (si on peut dire), Vincent Gallo se souvient de James Dean. Vincent Gallo est le nouveau James Dean, en plus underground. Alors il se rend dans un désert de sel où se trouve une piste de vitesse, sort sa moto du van et roule à fond vers l'horizon, ses yeux bleux invisibles derrière la visière de son casque intégral. Il fonce comme un malade, pensant que sa tristesse ne pourra pas le suivre à cette vitesse, mais rien n'y fait. James Dean avait fini par se prendre un bagnole dans la gueule, mais ici, c'est le désert, et Vincent Gallo le sait : rien ne viendra le délivrer de ce mal qui le ronge. Alors il range sa moto dans son van, reprend sa route, et continue ses bastons de regard avec l'horizon.
Mais finalement, Vincent Gallo arrive en Californie. Et là je vous conseille d'arrêter de lire si vous craignez les spoilers. Vincent Gallo, lui, ne craint rien, à part la solitude que lui inflige sa séparation et la tristesse indicible qui en résulte. Mais Vincent Gallo n'abandonne pas. Par une ruse subtile, il parvient à faire venir Daisy dans son hôtel pour lui parler. Mais même quand Vincent Gallo veut parler, il ne parle pas, terrassé par le désespoir, le visage fermé et les yeux plantés dans le lino de sa chambre. Daisy supplie, Daisy enlace, Daisy pleure, mais rien n'y fait. Et c'est là qu'on voit que Vincent Gallo est un artiste profondément englué dans sa tristesse infinie : il l'aime et il la hait à la fois. Pendant vingt minutes, il reste inflexible et refuse de lui parler, mais finalement, à la stupeur général du public, qui pensait évidemment que la jeune femme allait quitter l'hôtel bredouille (broucouille, comme on dit dans le Bouchonnois), Vincent Gallo cède. Sa générosité prend le dessus et il lui fait don de son corps. Enfin de sa bite. Filmée en gros plan. Daisy s'en saisit alors et le suce avec une gravité avide, pendant qu'il lui fait promettre de ne plus en sucer d'autre que celle-ci. Daisy a trouvé le secret pour faire parler Vincent Gallo. Alors qu'il n'avait pas décroché plus de dix mots en une heure et demie, Vincent Gallo, sous l'effet de succion auquel la jeune femme le soumet avec application, devient un vrai moulin à paroles. "T'en suceras pas d'autre, hein ?", "T'aimes ça me sucer, hein ?", "Hier j'ai vu Les Colocataires sur M6, c'est incroyable à quel point la télé diffuse n'importe quoi, hein salope ?", autant de questions auxquelles Daisy répond par des "hmm hmm" humides mais tellement touchants ! Vincent Gallo filme son gland en gros plan, Vincent Gallo jouit. Car Vincent Gallo sait aussi s'amuser. Mais soudain, on ne rit plus : Daisy est morte. Depuis longtemps. Cette fellation explicitement filmée n'était qu'une hallucination (5 minutes d'hallucination porno par film, c'est le signe d'un artiste accompli) ! Et alors, enfin, on apprend la cause de l'irrepressible souffrance de Vincent Gallo (et de la nôtre, par la même occasion). Vincent Gallo a abandonné Daisy alors qu'elle se faisait violer, et il se sent irrémédiablement coupable.
C'est pour apaiser cette culpabilité pourtant indélébile que Vincent Gallo a produit, réalisé, filmé, interprété et directeur de la photographié The Brown Bunny. En sortant de la salle, quelques jeunes filles en licence de lettres modernes ou d'histoire de l'art n'ont pu réprimer les commentaires qui se bousculaient sur leurs lèvres, en provenance directe de leur petit coeur meurtri : "c'est triiiiste !", "il est troooop canon !" et autres "c'est beauuuu" ont alors jailli de leurs bouches qui ressentaient soudain une certaine empathie avec celle de Daisy. Mais pour que ce film que nous devons intégralement au génie de Vincent Gallo soit réellement compris et apprécié à sa juste valeur par le public, il n'y a qu'une solution : ce public doit être Vincent Gallo.
C'est un peu le même genre de buzz que celui provoqué par le faux nez de Nicole Kidman dans The Hours. Charlize Theron, avec pas mal de kilos en plus, un masque en latex et les paupières qui tombent, joue Aileen Wuornos, une prostituée ayant tué sept de ses clients. Alors bon, OK, son interprétation est balaise, on a du mal à la reconnaître et le film repose intégralement sur ses épaules (alors que c'était pas le cas du tout dans The Hours). J'ai l'air de faire mon blasé et de minimiser le truc, mais en fait pas du tout, je suis sincèrement admiratif. C'est juste que baser tout un film sur ce genre de performance, c'est finalement pas très différent de tout miser sur les effets spéciaux, les seins d'Angelina Jolie ou encore la présence au générique de Lil' Bow Wow. Mais bon, je suis d'accord, ça n'enlève rien au travail de Charlize Theron et de ses maquilleurs, qui est vraiment impressionnant.
Mais comme je le disais, tout repose là-dessus, parce que franchement, le reste est loin d'être enthousiasmant. Déjà, ils ont réussi à transformer physiquement Christina Ricci en Edward Furlong, et pour ça je les hais. Et puis bon, l'histoire, "based on a true story", est chiantissime. Alors voilà, Charlize Theron bute des clients. Le premier en légitime défense, le deuxième de sang-foid, mais bon ça passe encore parce qu'il avait des tendances pédophiles (alors que non monsieur ça passe pas du tout), le troisième, bon, il était un peu Texan sur les bord, le quatrième était normal, le cinquième donnait des quarters aux mecs qui font la manche, le sixième était marié depuis 20 ans à une femme en fauteuil roulant, et le septième aimait tout le monde, répandait joie et fraternité partout où il passait et embrassait des lépreux sur la bouche le week-end. Mon Dieu mais quelle spirale infernale ! Au début elle est obligée mais elle se transforme peu à peu en moooonstre ! Voilà. C'est un peu caricatural. Y a bien une petite réflexion sur le pourquoi de la chose : pourquoi elle tue (amour, argent, justice ?), pourquoi elle est devenue ce qu'elle est (enfance difficile, choix personnels ?), etc, mais bon ça va pas super loin. Enfin, j'ai un autre reproche à faire au film : à part dans la scène où elle tue Jésus Christ, Aileen est plus montrée comme une victime que comme une psychopathe. Je veux pas dire qu'elle est pas victime du tout, mais elle commet quand même six meurtres de sang-froid... heureusement que toutes les victimes n'ont pas un tel kill ratio, parce qu'actuellement elles domineraient le monde ! Enfin bon, on est quand même assez loin de l'inénarrable Droit de tuer ? du célèbrissime Joël Schumacher, mais on sent quand même une volonté appuyée de la part de Patty Jenkins, la réalisatrice, de caresser le spectateur dans le sens de la larme de compassion.
Au final, je peux pas dire que ce soit un mauvais film, parce que l'interprétation de Charlize Theron et le côté finalement assez brut de la réalisation sont dans Monster des qualités qu'on peut difficilement ignorer, mais le scénario est d'une linéarité rebutante, et l'évolution de l'intrigue est un peu taillée dans la roche au marteau-piqueur (ça veut dire qu'elle manque de finesse). Ceci dit, le DVD se vendra sûrement pas mal avec le petit autocollant "le film aux 7 récompenses internationales pour Charlize Theron".
The Weekend Web, c'est la rubrique d'un mec de Something Awful. Il rôde sur des tas de forums et fait une compilation des posts les plus drôles qu'il y trouve. Et dans le dernier Weekend Web, y a un truc qui m'a vraiment fait marrer, alors je le partage. Ca commence là et ça continue sur la page suivante. Les pages précédentes sont drôles aussi, mais ces deux là sont juste exceptionnelles.
Fenêtre secrète commence super bien, avec une magnifique erreur de raccord. Normalement, je les remarque jamais, mais là ça m'a sauté aux yeux : Johnny Depp arrive en voiture dans un motel, il pique une clé chez le gérant, reprend sa caisse et roule jusqu'à une chambre. Là, y a un plan assez cool où on le voit sortir de sa Jeep dans le rétro intérieur et où on le voit passer devant son capot pour aller ouvrir la porte de la chambre. En même temps, on entend la portière claquer et on la voit même se fermer dans le rétro. Et hop, dans le plan d'après, elle était en fait restée ouverte. Bon, je dis ça un peu pour faire le malin parce que j'ai enfin détecté un faux raccord, mais c'est un peu emblématique de la réalisation du film. Un coup c'est cool, un coup ça pue.
Le scénario de Stephen King, par contre, ne souffre pas de ce genre d'irrégularité. Il est naze, tout simplement. Enfin, l'idée de base est sympa, OK : un écrivain reçoit la visite d'un semi-redneck sudiste qui vient le menacer sous prétexte qu'il a copié une de ses histoires mot pour mot en changeant la fin. Enfin, c'est pas que ça l'idée de base, mais je veux pas spoiler, on sait jamais. Bref, croyez-moi, elle est pas mal. Par contre, le déroulement de l'histoire sent carrément des pieds. Et puis c'est encore un de ces films qui repose sur un coup de théâtre final censé laisser le spectateur sans voix. Le défaut de ce procédé, c'est souvent de voir arriver un retournement de situation venu d'une galaxie lointaine que rien ne pouvait laisser supposer, et qui fait un peu passer le reste du film pour une gigantesque escroquerie. Eh ben dans Secret Window, c'est tout le contraire : au bout de quinze minutes de film, on suspecte déjà ce qui va arriver. Du coup, quand ça arrive effectivement, on lâche un "ouais ben normal quoi" qui ruine un peu le climax. En plus, le film est parsemé de trucs pourris, entre une maison qui brûle jusqu'aux fondations en une heure, un mec qui tue des gros mecs biclassés fermiers-bûcherons en un coup et qui lutte pour latter des filles de 50 kilos et une voiture qui comme par hasard de démarre pas quand le tueur s'approche (ouais mais c'est mieux pour le suspense, tu vois).
Voilà, quoi, pas terrible. Heureusement, il reste Johnny Depp et John Turturro. Leurs personnages sont assez cools, et ils les interprètent de belle manière. À la base, de toute façon, j'aime bien ces deux acteurs, mais ils sont ici particulièrement en forme. Il y a aussi quelques gags, la plupart basés sur le caractère du personnage de Johnny Depp et sur ses relations avec le futur mari de son ex-femme, et finalement c'est cette dimension sympa qui sauve un peu ce film, plombé par son scénario et ses clichés de mise en scène. Déception.
Une fois que j'ai décidé d'aller voir Le convoyeur, j'arrêtais pas de penser à un autre film, Les convoyeurs attendent. J'avais jamais réfléchi au sens de ce titre et je crois que j'ai finalement trouvé pourquoi il s'appelle comme ça. À mon avis, il joue sur le jeu de mots éculé du con voyeur. Parce que l'espèce de phrase d'accroche du film, c'est quelque chose du genre "si tu restes le cul sur une chaise, il va rien se passer" et en fait le film raconte bien l'histoire de cons voyeurs qui attendent, le cul sur une chaise, que le mec établisse son record d'ouvertures de porte. Et finalement c'est assez précurseur, comme film, parce qu'actuellement ils attendent toujours, en espérant voir Mia Frye traire une vache ou les colocataires jouer au train électrique avec Micheline en tête. Enfin bref, ça n'a absolument aucun rapport avec Les convoyeurs, mais ça me donne une occasion de parler d'un film que j'ai trouvé bien cool (celui où ils attendent).
À part ça, le film dont il devrait être question ici si je ne digressais pas comme un mec qui ne sait pas qu'une couche suffit amplement à ce que ça ne grince plus ne parle à la base que de convoyeurs de fonds. Leur vie, leur routine, leur univers, etc. Ca fait peu, mais c'est traité sous un angle un peu social, et comme c'est pas mal fait, bien mis en scène et tout, ça reste intéressant. Mais petit à petit se glisse là-dedans un mini-mystère autour du personnage principal, interprêté par Albert Dupontel qui joue super bien et que j'aimerai jusqu'à la fin des temps s'il arrête de jouer dans Irréversible et Monique. Donc, on se demande pourquoi il travaille comme convoyeur de fonds, certains détails ou scènes assez courtes nous laissent imaginer qu'il a peut-être une double vie, et le mystère s'épaissit au fur et à mesure que le film avance. Là encore, c'est bien filmé, bien amené, Jean Dujardin joue pas mal, François Berléand fait son boulot habituel, on se marre de retrouver Claude Perron avec Dupontel et tout se passe plutôt pas mal dans l'ensemble. Bon, on se dit pas qu'on tient là le chef-d'oeuvre du siècle, mais c'est vraiment sympa.
Du coup, une question se pose : pourquoi, mais pourquoi donc Nicolas Boukhrief a-t-il ressenti le besoin de mettre en scène la fusillade quasi-finale de cette façon ? Je veux dire, pendant tout le film, on est dans une ambiance assez réaliste. Réaliste stylisée, certes, mais réaliste quand même. Alors je vois vraiment pas pourquoi la fusillade est filmée comme ça, avec des mecs qui se prennent des balles mais qui continuent d'avance, d'autres qui vident leur chargeur en ricanant, des geyser de sang qui jaillissent un peu partout, des corps fissurés à la grenade flashbang, et ainsi de suite. Bon, OK, j'exagère un peu, mais d'une part c'est pas forcément où vous croyez et d'autre part c'est pour que vous voyiez l'idée. Enfin voilà, le réalisateur lâche un peu la rampe sur la fin, il devait en avoir un peu marre de tout maîtriser, ou je sais pas...
Forcément, ce faux-pas me déçoit un peu, mais il ne parvient pas vraiment à gâcher tout le reste, notamment la performance de Dupontel. Alors bon, on va dire qu'on l'excuse.
Y a quand même une dimension totalement absurde à mes retards phénoménaux dans l'écriture de mes commentaires. Là, par exemple, je vais parler d'un film qui ne passe probablement plus nulle part. Notez bien que personnellement je m'en fous, puisque moi je l'ai vu, mais bon, je peux pas m'empêcher de me dire que c'est un peu débile (ce qui est plutôt pour me plaire, en fait). Mais le problème avec ce film, c'est que j'ai l'impression de ne pas avoir grand chose à dire dessus, alors que je l'ai trouvé vachement bien. Il s'agit d'un documentaire sur une histoire assez délicate puisqu'elle concerne une affaire de pédophilie dans laquelle un père et l'un des fils ont été impliqués et condamnés. Le réalisateur s'est servi à la fois d'interviews filmées bien après le procès et d'extraits de films de famille enregistrés par un autre des fils de l'accusé principal. Du point de vue de la forme, ça donne un truc assez sympa, qui renforce un aspect très bien foutu du documentaire que j'évoquerai plus bas si j'oublie pas.
Ce qui a déclenché toute l'affaire, c'est le fait qu'un flic découvre qu'un certain Arnold Friedman, professeur réputé vivant dans un quartier huppé, se fasse envoyer des Pays-Bas des revues pédophiles. Au cours de la perquisition, des tonnes de revues du même genre sont découvertes chez lui, à la surprise (en tout cas c'est ce qu'il semble) de sa femme et de ses trois enfants. La police met également la main sur une liste de noms qui se révèle être celle des élèves à qui Arnold Friedman donne des cours d'informatiques chez lui. Elle se met alors à le suspecter d'avoir abusé d'eux. Bref, au final, Friedman se retrouve avec des dizaines de témoignages assez embarrassants contre lui et son fils Jesse.
Je vais pas vous raconter tout le documentaire mais en gros on peut dire qu'il s'attarde sur plusieurs points : le premier est l'affaire en elle-même. Les témoignages, les méthodes d'investigation de la police, les confessions et les déments d'Arnold Friedman et de son fils, le déroulement du procès, bref, presque tous les éléments sont passés en revue. Tout l'intérêt et la finesse du film reposent dans le fait que, si Arnold Friedman est indéniablement pédophile, il a a priori (selon la thèse du documentaire, bien que celui-ci ne soit pas particulièrement prosélyte) été un peu trop chargé par rapport à ce qui s'est passé. Certains témoignages se révèlent faibles, voire faux de l'aveu même de leurs auteurs, et bien d'autres éléments viennent mettre en doute la version finalement "officialisée" par le procès. Il y a d'ailleurs dans cette thèse un côté provocant, dans le bon sens du terme : est-ce qu'on peut trop charger un mec qui a commis des crimes d'une telle ampleur, parmi ceux qui provoquent le plus d'émotion dans nos sociétés ? La question n'est pas ouvertement posée, mais elle s'impose au spectateur à mesure que les incertitudes s'accumulent autour de l'affaire Friedman. j'ai trouvé ça extrêmement bien amené, et c'est encore renforcé par le deuxième gros point traité dans le film, à savoir la vie de famille des Friedman. Dès le début du film, on a quelques repère biographiques concernant les cinq protagonistes (le père, la mère et les trois enfants), mais c'est lors de la liberté conditionnelle des accusés en attente de procès que cette dimension se révèle réellement. La mère doute de son mari, et les trois enfants soutiennent leur père de manière inconditionnelle. Ca crée évidemment une rupture bizarre dans la famille, et ça fait ressortir les dysfonctionnements bizarres au sein du foyer mais aussi son côté "normal". Dans ce domaine, les films amateurs du fils aîné se révèlent être des documents exceptionnels, puisqu'ils offrent une vision de l'affaire sous un angle très inhabituel, à savoir celui de la famille de l'accusé.
Et au final, l'impression ressentie en sortant du film est celle d'une incertitude quasi totale. On se sait pas ce qui s'est réellement passé, et on ne le saura probablement jamais. Les témoignages se contredisent, les aveux également, et il semble que tout le monde ait, à des degrés divers, quelque chose à se reprocher. C'est là la grande force de Capturing The Friedmans : il ne prêche pas pour des convertis et amène en finesse le spectateur à se poser des questions allant un peu au-delà de "faut-il castrer les pédophiles". Dans le même ordre d'idée, la question de la fiabilité de la justice est omniprésente et, même si ce n'est absolument pas évoqué dans le film, je n'ai pas pu m'empêcher de faire un parallèle avec le débat sur la peine de mort. Quoi qu'il en soit, j'ai trouvé ce documentaire assez inhabituel et pour tout dire plutôt impressionnant.
Je me suis fait offrir un appareil photo numérique. Un Canon Ixus 500, petit, compact, léger, que je vais me trimballer H24 dans la poche. Pour l'instant, j'ai photographié que des conneries, j'ai filmé mes pieds en noir et blanc et j'ai enregistré des gros mots, mais je suis sûr qu'avec quelques efforts je vais arriver à quelque chose de plus constructif. J'hésite encore entre un photoblog et un site d'upskirts, mais je vais me renseigner un peu sur la législation avant de trancher. Ou alors, je fais un site avec des vidéos de mes pieds, je sais pas.
En tout cas, je vais manger et après je vous parle de Capturing The Friedmans, Le convoyeur, et Secret Window.
Je suis Dustin Hoffman. Me demandez pas pourquoi, ni comment c'est arrivé, parce que j'en sais rien. Mais depuis que je suis sorti de la vieille R5 de mon parrain, je suis Dustin Hoffman. C'est sympa de sa part, de m'avoir prêté sa vieille bagnole pour aller faire un tour sur la presqu'île, entre la mer et l'océan. J'aime bien y aller hors saison, quand le sable de la plage est toujours mouillé, les magasins pour touristes fermés et les rues désertes. Je me suis garé sur le parking de la plage, à quelques mètres du cap. Je suis sorti de la R5, j'ai claqué la portière en faisant bien attention à ce bruit de vieille tôle que j'adore, et je me suis rendu compte que j'étais Dusin Hoffman. J'ai fait quelques pas, je me suis retourné pour regarder les pneus hyper fins de la voiture, et je marche maintenant vers le village.
Je commence à me demander ce que je suis venu foutre ici. Normalement, je passe dire bonjour à la famille et aux gens qui tournent autour, et puis je vais marcher sur la plage en regardant l'océan et en mettant de temps en temps un coup de pompe dans un grand bidon en fer ou une petite bouteille en plastique. Mais là, non, je suis allé au Cap. D'ailleurs, c'est bizarre : plus je m'enfonce dans le village, plus il ressemble à Sète. Merde, qu'est-ce que foutrait Dustin Hoffman à Sète en R5 ? J'essaye pendant quelques secondes de faire une blague marrante avec "R5 à Sète" mais je trouve pas de truc réellement convaincant, alors j'abandonne et je me dirige plutôt vers un petit immeuble qui n'a jamais été là avant. Mais bon, c'est pas comme si ça me gênait. Dustin Hoffman s'arrête pas à ce genre de détails. J'entre dans le hall de l'immeuble et gravis un étroit escalier. J'ouvre une porte au hasard, et je me retrouve dans une pièce déjà occupée par deux personnes. En fait, c'est une sorte de studio d'enregistrement radiophonique, et je viens d'y faire irruption en pleine émission. Le présentateur observe une femme au nez crochu qui s'attache à reconstituer un puzzle découpé en larges pièces, en suivant les indications d'une auditrice au téléphone. La femme doit être une sorte de voyante ou d'astrologue, car elle demande à l'auditrice des informations telles que la date de naissance de sa fille, ses habitudes, et tout un tas de petits détails à partir desquels elle semble baser la façon dont elle assemble le puzzle étalé devant elle. La dernière question concerne la forme du nez de la fille de l'auditrice. Il est crochu. La voyante positionne la dernière pièce du puzzle et sa conclusion est sans appel : "Madame, votre fille est une sorcière." En entendant ça, je suis parcouru d'un frisson désagréable, dont l'intensité est encore décuplée lorsque, levant son nez crochu de son puzzle, l'astrologue me fixe droit dans les yeux et me perfore l'arrière du crâne de ses pupilles acérées.
La seconde d'après, je dévale l'escalier quatre à quatre, le cerveau tournant à cent à l'heure. La fille avait un nez crochu, c'est une sorcière. La voyante avait également un nez crochu - elle savait de quoi elle parlait, puisque c'est aussi une sorcière. Je suis Dustin Hoffman. Est-ce qu'on peut qualifier le nez de Dustin Hoffman de crochu ? Non, pas vraiment. Ou alors peut-être, avec un peu d'imagination. Mais bon, à un moment, il faut se décider : crochu ou pas crochu ? Je me souviens pas bien, mais je dirais que non. Il est pas crochu, j'en suis quasiment certain. Je peux pas être une sorcière, je suis Dustin Hoffman. J'essaye de me convaincre, mais ça marche qu'à moitié. Je sors de l'immeuble, cours dans la rue, et finis par arriver devant une petite cabane qui doit, en été, permettre aux touristes d'acheter glaces et boissons. Curieusement, il y a quelqu'un à l'intérieur. Un barman et un mec accoudé au comptoir qui, de loin, a l'air d'en faire des tonnes et de se la péter un max. Je vois que son dos, mais il a clairement pas l'air de se prendre pour n'importe qui. Je déteste ce genre d'attitude. Je m'approche, le mec se retourne pour voir qui s'amène, puis reprend sa discussion avec le barman. Moi, je reste figé. Ce mec, c'est Dustin Hoffman. Merde. Qui je suis alors ? Je suis à nouveau pris d'un frisson glacé et je repars en courant. Je ne suis plus ni au Cap-Ferret, ni à Sète, mais près de chez moi. Il faut que je rentre pour en avoir le coeur net. Il faut que je vérifie. Je me souviens de cette histoire dont m'avais parlé ma mère : quand j'étais tout petit, mes parents s'étaient demandé si ils ne devraient pas me faire opérer du nez, car il formait un angle disgrâcieux au niveau de l'os nasal. Finalement, ça s'était rapidement atténué jusqu'à disparaître complètement, mais n'empêche : un nez crochu estompé reste un nez crochu.
J'arrive chez moi. Je vais dans ma chambre et je réfléchis : si je suis une sorcière, je dois avoir des pouvoirs, je dois pouvoir faire des trucs bizarres. Je regarde autour de moi et mes yeux se posent sur mon radiateur, peint en rouge. Je vais dans la salle de bain et examine ma gueule dans le miroir. Mon nez me semble normal. Je continue de fixer mon visage et pose mon index entre mes sourcils. Lentement, je le fais glisser vers le bas sur l'arête de mon nez. Je ferme les yeux. Je sens l'angle. Mes paupières se crispent. Je tourne la tête pour ne pas que l'évidence me saute aux yeux et je retourne dans ma chambre. Je rouvre les yeux. Mon radiateur est noir. Je suis une sorcière.
Je me suis fait attraper comme un bleu par un film qui me promettait une scène avec Tom Waits et Iggy Pop et une autre avec une rencontre entre des mecs du Wu-Tang et Bill Murray, mais heureusement c'était pas un piège trop méchant. C'était même plutôt sympa, dans le genre. L'idée de Jim Jarmush, c'était de filmer des mecs qui se retrouvent autour d'un café pour discuter en fumant une clope. Le truc, c'est qu'il a quand même des amis assez intéressants (citons en vrac, en plus de ceux que j'ai déjà évoqués, Meg et Jack White, Joie et Cinqué Lee, ou encore Steve Buscemi) et que c'est clairement un des côtés attachants du film, de voir ces gens jouer leur propre rôle (souvent un peu altéré) devant la caméra de leur pote Jim.
Mais bon, heureusement, l'intérêt du film ne s'arrête pas là. Il y a d'abord une classe formelle indiscutable, autour du noir du café et du blanc de la cigarette, des damiers sur les tables de café et de la pellicule en noir et blanc. Chaque scène est soigneusement décorée et cadrée et il en ressort un charme notable qui donne au film une beauté un peu old school qui m'a beaucoup plu. Par ailleurs, Coffee And Cigarettes est en fait constitué d'une dizaine de scènes qui ne sont en apparence liés que par les deux ingrédients du titre, mais qui en fait vont un peu plus loin. En effet, outre l'intérêt intrinsèque de ces séquences (qui vont du sketch comique très structuré interprêté par Alfred Molina et Steve Coogan à la discussion moins formelle entre les deux icônes rock que sont Iggy Pop et Tom Waits, en passant par une dernière scène de pure nostalgie), leur assemblage permet d'assister à une espèce d'inventaire des conversations entre potes qui se retrouvent dans un bar pour discuter. On repère alors la conversation qui ne démarre pas, celle dans laquelle chacun attend quelque chose de différent de l'autre, le duel de petites remarques vachardes, le bon moment pendant lequel on ne parle pas beaucoup mais qui reste néanmoins agréable, etc. C'est fait de belle manière, avec des comédiens au top, des dialogues bien chiadés et des références inter-sketches assez marrantes (j'ai notamment bien aimé cette histoire de musiciens-médecins).
Je vous cache pas que j'aimerais bien critiquer un peu le film histoire de garder la forme, mais je trouve pas grand chose à lui reprocher. Il y a peut-être un petit côté intello-new-yorkais un peu enclin à l'auto-indulgence, mais c'est vraiment léger et je dis ça plus pour nuancer un peu mon avis que par réelle conviction. Dans le même ordre d'idées, on pourrait aussi parler de la qualité inégale des sketches qui composent le film : personnellement, j'ai moins aimé Those Things'll Kill Ya et No problems, mais je pense que c'est surtout une question de sensibilité.
Quoi qu'il en soit, j'ai bien aimé ce Coffee And Cigarettes, d'autant plus qu'après l'épisode Passion du Christ, il fait figure de monument de finesse et de maîtrise cinématographique. Y a des enchaînements, comme ça, qui pardonnent pas.
Normalement, quand je vois un dessin animé de Miyazaki, je dis un truc du genre "woaw, ce mec me fascine avec ses univers originaux pleins de trouvailles et sa façon inégalée de s'adresser aux enfants et aux adultes avec la même intelligence". Eh ben là je le dirai pas, parce que Kiki la petite sorcière n'est tout simplement pas destiné aux adultes. Je ne doute pas que certains pensent que je me trompe et que, même pour un adulte, ce dessin animé soit un petit bijou, mais je parie que ces gens sont a classer dans la catégorie de ceux qui font "hihi" et je refuse de m'y associer ou de montrer le moindre signe d'indulgence à l'égard d'un tel comportement. Donc, voilà : Kiki est une oeuvre destinée aux pré-ados.
En même temps, je dis pas que c'est une tare, surtout que les thèmes évoqués dans le film par Miyazaki sont traités avec finesse et intelligence, comme il nous y a habitués. L'histoire, c'est celle d'une petite sorcière dont je vous laisse deviner le prénom et qui, comme le veut l'ancestrale coutume des sorcières japonaises (croyez-moi sur parole), doit commencer son apprentissage en quittant ses parents à treize ans et en allant offrir ses services à la population d'une ville de son choix. Kiki se trouve donc une ville et commence son métier de sorcière. En clair, elle a treize ans et elle fait peu à peu son entrée dans le monde des adultes, avec le lot de contraintes et de bonheurs que cela comporte. Ce petit côté métaphorique est conservé tout au long du dessin animé, de façon élégante et appropriée, et on assiste donc à une réflexion assez pertinente sur le sujet, avec des moments vraiment classes comme, par exemple, la discussion sur l'art et la magie dans la maison de la peintre. Évidemment, dans le genre, c'est très au-dessus de tout ce que j'ai pu voir dans un dessin animé destiné à ce type de public.
En revanche, j'avais un peu peur de ce que ça allait donner visuellement, parce que je pensais à la base que c'était le premier long-métrage de Miyazaki. En fait, je me trompais complètement, car Kiki date d'après Totoro et Le Chateau dans le ciel. Donc on retrouve la qualité habituelle du studio Ghibli et le souci du détail hallucinant des autres bébés du réalisateur. Les décors sont impressionnants de beauté, les gens glissent quand ils courent sur des feuilles mortes, les poignées bougent en suivant le mouvement du pêne quand les portes claquent, bref, tout est nickel. Les obsessions de Miyazaki font aussi quelques apparitions sous la forme d'un avion-vélo et d'un grand dirigeable, et il nous offre une fois de plus d'excellents personnages secondaires (le boulanger et le chat de Kiki, pour ne citer que les plus évidents). Bref, on n'est pas vraiment dépaysés de ce côté-là et c'est certainement pas moi qui vais m'en plaindre.
Par contre, même sans parler de ce qui manque à Kiki la petite sorcière lorsqu'on le regarde en tant qu'adulte (allez, disons même en tant que proto-adulte), on remarque l'absence de certains des éléments qui apportaient beaucoup à l'ambiance et au charme du Voyage de Chihiro, du Château dans le ciel, ou même de Mon voisin Totoro. En particulier, on sent beaucoup moins d'inventivité et de trouvailles géniales que dans les dessins animés sus-cités et, du coup, leur grande originalité fait cruellement défaut à celui-ci. L'intrigue, malgré le côté conte de fées détourné qu'amène la qualité de sorcière de l'héroïne, reste finalement assez classique et se déroule dans un univers très proche du nôtre : pas de machines à vapeur infernales volant au-dessus des villes, pas de monstres bizarres, de pirates ou d'hommes à six pattes, et une folie créatrice un peu mise en berne, au profit d'une focalisation quasi totale sur le personnage principal. On peut préférer ça, mais personnellement je suis un peu déçu.
Donc bon, Kiki la petite sorcière n'est pas foncièrement mauvais, il est même très bon si on le considère simplement comme une film pour jeune public, mais il se situe franchement en-dessous de ce à quoi j'avais été habitué chez Miyazaki. Et du coup, en sortant du cinéma, pas de questions plein la tête, pas d'émerveillement enthousiaste devant la créativité du bonhomme, pas d'admiration sans réserve pour son histoire, mais simplement la sensation d'avoir vu un bon film pour les moins de quatorze ans.
Eh ouais, je suis allé le voir, au milieu de gens qui trouvaient ça cool d'aller au cinéma avec des rameaux à la main. C'était assez hallucinant. D'ailleurs, à peine le film commencé, un mec a marché solennellement d'un bout à l'autre de l'écran, avant de s'agenouiller au milieu en écartant les bras, les paumes ouvertes vers le ciel. Il est resté là un bon moment avant qu'un mec du cinéma le fasse bouger. Ca commençait bien.
Ceci dit, passons au film. Personnellement, je trouve qu'un mec qui tourne un loooong métrage de plus de deux heures sur la base d'un scénario pareil, il a des couilles grosses comme l'Empire romain. En gros, un type est accusé d'un crime vachement grave, personne n'est d'accord au sujet du sort à lui faire subir, mais finalement on le condamne à mort. Ca c'est l'intro. Après, pendant tout le film, il se fait taper, il gravit une montagne et il est crucifié. Et le pire c'est que de toute façon tout le monde connaît l'histoire. Alors évidemment, il était toujours possible d'en faire un truc intéressant, avec un peu de recul, un angle un brin original, une interprétation personnelle, un lien à l'universel ou un questionnement un minimum intéressant, mais ce genre d'artifices semble très loin hors de portée de Mel Gibson. En gros, La passion du Christ, c'est "mon catéchisme illustré", ni plus, ni moins.
En fait, je me goure : c'est quand même un peu moins. Parce que bon, théoriquement, le moins qu'on puisse attendre d'un tel film, c'est une certaine compassion du spectateur à l'égard de Jésus martyrisé. Eh ben même ça, ça fonctionne pas. Rapidement, le Christ ressemble à une espèce de pantin écorché vif (au sens littéral) totalement déshumanisé. Et l'effet est encore agravé par la mise en scène ultra lourde. Alors on se retrouve avec un Hérode super-gay dans sa backroom, un Christ qui exerce sa spiritualité à grands coups de lentilles oranges qui ont le pouvoir de paralyser leurs cibles pendant quelques secondes (procédé ultra-répétitif utilisé tout au long du film), des légionnaires romains sadiques et vulgaires aux dents gâtées (alors que Jésus, lui, a une hygiène dentaire irréprochable), un chemin de croix interminable (surement pour que le spectateur s'identifie) filmé comme le Tour de France, avec pour seul enjeu le fait de savoir si Marie va trouver un raccourci pour pousser un peu la selle de Jésus dans l'ascension du mont Ventoux et si la fille qui vient chercher un saint-autographe va réussir à lui filer du Gatorade avant que le commissaire de course ne l'en empêche, un Satan ridicule avec des vers dans le nez, un remake des Tommyknockers avec Judas dans le rôle principal, et un paquet de gros trucs bien bourrins du même genre qui ne font rien pour arranger les choses. Y a même une ouverture sur le prochain volet, puisqu'on voit notre héros sortir de sa tombe à la fin, avec un effet spécial du meilleur goût qui nous permet de voir le jour à travers l'une de ses mains perforées. Et ce ne sont pas les acteurs qui vont sauver le film, vu qu'il n'y en a quasiment pas. Jésus dit trois phrases, Pilate quatre, et le reste c'est des foules qui hurlent. Pf.
Cela dit, y avait vraiment pas de quoi polémiquer. OK, c'est violent, mais on a déjà vu bien pire, et la Bible elle-même n'est pas franchement un conte de fées. Quant aux accusations d'anti-sémitisme, j'avoue avoir du mal à les comprendre. Pourtant, en ayant entendu parler avant, j'ai bien fait gaffe à ça en regardant le film, et rien ne m'a particulièrement choqué. Le seul truc, c'est que les Juifs livrent Jésus aux Romains, mais bon, c'est difficile d'adapter la passion sans en parler... Dans le même ordre d'idées, j'avais lu que Mel Gibson les chargeait pas mal et laissait le beau rôle aux Romains, ce qui est totalement faux, les scènes les plus dures étant sans aucune contestation possible celles des tortures infligées par les légionnaires. Le seul qui s'en sort un peu, c'est Ponce Pilate, mais c'est vraiment léger et il est plus représenté comme étant dépassé par des événements qu'il ne comprend pas que comme un type sympa. Enfin bref, c'est beaucoup de bruit pour rien, si vous voulez mon avis.
D'ailleurs, cette remarque est valable pour l'ensemble du film. Mel Gibson ne montre rien de plus qu'une version dénuée de toute épaisseur de la passion du Christ, réalisée avec des pieds enfoncés dans d'énormes sabots de douze mètres qui, malgré leur lourdeur impressionnante, ne laisseront pas d'empreinte plus profonde que celle de la polémique artificielle qui accompagne le film, et que j'ai du mal à voir comme autre chose qu'un coup de pub destiné à supporter une oeuvre au final chiante et sans intérêt.
Je suis encore une fois tellement à la bourre que je vais tout bâcler.
L'histoire d'Au bout du monde à gauche, c'est celle d'une famille de juifs indiens qui s'installent en Israël un peu après la création du pays. On leur avait promis un joli duplex à Tel Aviv et en fait il se retrouvent au bout du monde à gauche, dans une espèce de désert pourri avec plein de nouveaux arrivants. Ils doivent bosser dans le seul endroit du coin fournissant du travail, une usine de conditionnement de soda (il me semble) et bon, comme boulot on a connu mieux, il faut bien l'avouer. En plus, leurs voisins d'en face sont des juifs marocains et évidemment les deux familles sont pleines d'a prioris l'une sur l'autre. Et devinez comment ça continue ? Ben les filles des deux familles deviennent amies et, grâce à cette leçon de tolérance, tout le monde vit fraternellement, sauf Aure Atika qui corrompt les hommes et joue comme un balai en plastique de la Foir' Fouille. Les autres acteurs sont corrects, par contre.
Donc voilà, c'est encore un truc déjà vu mille fois, traité sans aucune originalité, avec une tentative d'instaurer un charme désuet à l'ensemble qui foire lamentablement, notamment à cause d'une Aure Atika aussi crédible que moi en veuve noire raffinée vêtue de porte-jaretelles. Le seul truc un peu intéressant du film, c'est le contexte, dont personnellement je n'avais jamais entendu parler et qui montre le cynisme de la politique d'immigration israëlienne de l'époque (fond évidemment transposable à un paquet d'autres pays, mais qui choque ici d'autant plus qu'il s'agissait à la base en quelque sorte de recueillir une communauté persécutée).
Bon ben voilà, j'ai changé mon layout. Je sais bien que les modifications n'ont rien de révolutionnaires, surtout comparé à celles mises en place par Alan Smithee, mais c'est déjà ça. Les anciens articles sont un peu serrés (et du coup un peu moches), mais c'est parce que j'avais fait le malin en bidouillant le script de l'ancienne version de Pivot, et j'arrive pas à rattraper mes conneries. Sinon, les CacoCouleurs ont disparu, mais elle reviendront bientôt dans une version améliorée, ce qui justifie bien le fait de vous niquer les yeux pendant quelques jours sur mes textes en blanc sur fond noir.
J'en ai aussi profité pour ajouter deux liens dans ma colonne de droite qui, dans un souci d'apaisement social et de démocratie régionale est désormais passée à gauche. Les liens en question, c'est Brave Patrie (pour préserver l'équilibre des forces) et Something Awful, que je lis depuis des siècles mais que j'avais jamais linké parce que je savais pas trop si ça pouvait être considéré ou non comme un blog. Je sais toujours pas, mais je link quand même, parce que c'est quand même super drôle.
C'est tout ce que j'ai à dire pour le moment, alors je vais prendre ma douche.
Depuis hier, je fais un des trucs les moins palpitants du monde. Je vous explique : depuis un moment, je me dis qu'il faudrait quand même que je passe à la nouvelle version de Pivot (le logiciel que j'utilise pour gérer ce blog), afin de vous faire profiter de ses magnifiques fonctions de classement des articles en catégories, de recherche ou encore de notation des articles par les lecteurs (mais celle-la, je vais pas l'activer, je vous le dis tout de suite). Donc, il y a peut-être une semaine, j'ai commencé à tester mon nouveau jouet, qui s'avère être pas mal du tout, et j'ai dû faire une connerie parce que hier, en voulant écrire mon commentaire sur Au bout du monde dans ton cul, je me suis aperçu que je ne pouvais pas le faire. Je vous vois déjà me prendre pour un pauvre gars qui fait pas de sauvegardes, mais laissez-moi vous dire que vous vous fourrez le doigt dans l'oeil jusqu'à l'omoplate. J'ai fait des sauvegardes comme un garçon responsable que je suis, mais au moment de les utiliser, j'ai été frappé du syndrôme du mec qu'a pas assez d'essence pour faire la route dans l'autre sens et qui, du coup, avance. Évidemment, ce genre de syndrôme me tombe toujours dessus vers minuit, les soirs où j'ai un début de mal de crâne. Donc je me suis dit "allez, je passe au nouveau Pivot." Et voilà, ça y est, j'y suis passé.
Malheureusement, il a beau être beau, nouveau et bien foutu, le système de conversion des articles d'une version à l'autre pue un peu du cul, et je me suis retrouvé avec toutes les images qui étaient auparavant alignées à gauche et entourées par le texte placées dans une position centrée totalement obscène. Là encore, j'aurais pu choisir la solution de facilité et faire un remplacement automatique géant dans la base de donnée, mais c'est à ce moment-là que je me suis aperçu du fait que tous les articles que personne n'avait commentés étaient mal affichés (au lieu du "Aucun commentaire" habituel s'affichait un vide bien laid). "Haha", que j'me suis dit, "pas de problème, je vais faire un DOUBLE remplacement automatique géant !" Eh ben oui, mais non, parce que j'ai alors constaté qu'il fallait aussi que j'attribue une catégorie à chaque article. Donc, plus le choix, il fallait que je me tape l'édition de tous les articles à la main, depuis novembre 1913. Relou. Tellement relou, d'ailleurs, que c'est pas fini. Je vais en faire un petit peu de temps en temps parce que si je continue tout à la suite je vais faire une dépression dans la journée. Alors bon, les archives sont un peu moches, mais tout rentrera dans l'ordre petit à petit.
Sinon, y a un autre truc un peu chiant : dans plusieurs articles passés, j'ai fait le malin en disant qu'il fallait les lire de bas en haut sur la page d'accueil et de haut en bas dans les pages d'archives. Le truc classique, quoi. Eh ben maintenant, les archives sont aussi à lire de bas en haut (en clair, les articles y sont classés par ordre chronologique inversé). J'ai essayé de rétablir l'ancienne formule, mais j'ai pas réussi. Je sais bien que vous vous foutez royalement de ce que je raconte, mais je suis obligé de le faire, parce que fatalement, un jour, un mec viendra balancer ses sarcasmes sur mon post du 12 mai 1961 en prétendant que je dis que des conneries et que les archives se lisent aussi de bas en haut. Et ce jour-là, je veux avoir quelque chose à lui répliquer. Et grâce à votre patience, je pourrai lui dire de lire mon article du 1er avril, qui n'est pas une blague du tout et qui lui claquera impitoyablement le beignet. Et mon ami Kokott peut témoigner de mon habileté à claquer un beignet à la banane avec une cuiller.
Ceci étant dit, je vous encourage à me faire part de tous les trucs techniques (je préfère préciser) qui merdent sur ce blog, afin que je les corrige et que vous puissiez me lire dans un état de sérénité proche de l'apathie, comme vous en avez pris l'habitude depuis maintenant près d'un siècle.