G
Cacochyme
bulles

22.05.04
La Mala educación (3.5/5)

La Mauvaise éducationAprès avoir vu la bande-annonce, j'avais un peu peur du sujet du film. Les histoires de prêtres pédophiles, c'est sympa, mais ça a rapidement tendance à sombrer dans le cliché, ou au moins à pousser les réalisateurs à pas trop faire dans la finesse, histoire qu'il n'y ait vraiment aucun doute. Mais bon, pour une fois qu'ae n'a pas piscine, j'en ai profité et je suis allé le voir avec elle.

Et finalement, après avoir assisté, incrédule, à une manifestation de faferie hors du commun interprétée par mon voisin de droite réagissant à la bande-annonce d'un docu de Raymond Depardon que je vais forcément aller voir parce que tous ses documentaires sont exceptionnels (inspirez, je veux pas vous perdre), j'en ai conclu que mes craintes étaient injustifiées. Comme souvent avec Almodovar, on ne reste pas bien longtemps dans les personnages-clichés et c'est finalement assez sympa à regarder. Y a une petite histoire tortueuse, autour des abus sexuels subis par un jeune garçon alors qu'il était élève dans une école catholique, et c'est raconté avec une mise en abyme bien classe. Et pourtant, c'est pas un procédé dont je suis spécialement fan, parce qu'on tombe tellement souvent dans les mêmes codes bidons qu'au bout d'un moment on les détecte en deux secondes. Eh ben là non, c'est bien fait. Et après le lourdingue Troy, une petite série Kusturica / Tarantino / Almodovar, c'est quand même bien agréable. Donc voilà, c'est très très bien réalisé (du moins pendant les trois premiers quarts du film), l'histoire est cool (durant les trois premiers quarts du film), les acteurs sont irréprochables (tout le temps) et là, normalement, vous avez détecté de vous-mêmes que quelque chose n'allait pas, et si vous êtes un tout petit peu perspicaces, vous avez même découvert que ça se trouvait aux alentours du dernier quart du film. Vous me bluffez.

Donc, effectivement, le dernier quart du film est consacré aux révélations. Au début, ça a l'air bien amené, les coups de théâtre sortent pas de nulle part et l'ensemble reste bien cohérent, mais ça devient horriblement bavard et c'est d'autant plus dommage que ça contraste vraiment avec le reste, qui est comme je l'ai dit plutôt fin. Là, c'est genre "Ah ouais, vous voulez connaître le fin mot de l'histoire ? Eh ben je vais vous expliquer tout ça par l'intermédiaire d'un personnage qui va parler pendant vingt minutes". Heureusement que mon pote Pedro n'est pas une grosse quiche, sinon on aurait eu droit à la scène de l'architecte de Matrix 2. Bon c'est un peu méchant, mais c'est pour que vous saisissiez bien le fond de ma pensée (et prenez pas cet air dégoûté, y a bien pire).

Alors bon, ce petit écart ne suffit évidemment pas à faire de La mauvaise éducation un mauvais film, mais c'est vrai que c'est jamais terrible de merdouiller la fin. Ceci dit, ça serait un peu con de bouder son plaisir pour ça, parce qu'on est quand même, je trouve, à un niveau de mise en scène assez élevé et que, je crois, mon voisin de droite a pas aimé du tout. Comme quoi, mine de rien y a des trucs bien foutus.

20.05.04
Kill Bill (5/5)

Kill BillCommençons par une petite précision : la note que je donne vaut pour tout le film, pas uniquement pour cette partie. J'avais déjà expliqué pourquoi lors de la sortie du Volume 1, donc il vous suffit d'aller jeter un oeil à l'article en question pour tout savoir. Et puis si vous vous en foutez, vous devriez y aller quand même, parce que je vais essayer de pas répéter tout ce que j'ai dit la dernière fois, alors qu'une partie est toujours valable. En fait, c'est la même chose, mais en mieux, sans les réserves.

C'est là qu'on voit que c'est vraiment stupide d'avoir sorti ce film en deux parties. Il y a une vraie progression dans Kill Bill, qui est en partie niquée par ce choix débile, et tout ce qu'on pouvait reprocher au premier volume est complètement balayé par la mise au point faite par celui-là. Pas assez de scénario ? Sans prétendre qu'il s'agit d'un travail d'orfèvre, il est tout à fait suffisant et bien moins linéaire ou sans suprises que ce que le début du film pouvait laisser imaginer. Une déception quant à la qualité des dialogues ? Ce commentaire n'avait en fin de compte pas lieu d'être, et la rareté des répliques en or dont Tarantino nous gratifie habituellement dans ses films qui caractérisait le premier volume est mille fois compensée par ce qui se trouve dans le deuxième et épouse en réalité la progression dont j'ai parlé plus haut (et dont je vais reparler maintenant parce que je suis pas très organisé). Plus ça va, moins les combats durent, moins ils mettent en scène de protagonistes et plus les dialogues, les faux-semblants et les côtés plus fins du film se dévoilent. C'est juste hyper bien foutu. Du coup, encore une fois, les dialogues sont brillants, l'univers est à la fois très personnel et grand public, et la réalisation est aussi virtuose que celle du premier volume, en plus variée encore.

Je pourrais balancer des éloges comme ça pendant des heures, parce que tout est parfait dans Kill Bill. On peut éventuellement regretter que le scénario ne soit pas plus alambiqué, mais il s'agit là plus d'un choix de départ que d'une faiblesse du film. En fait, le seul truc que j'ai trouvé à reprocher, c'est un problème de cocktail. Dans une scène, Michael Madsen remplit des verres et on voit bien qu'ils sont à moitié vides quand il a fini d'y verser son breuvage maison, et dans le plan suivant, les verres sont quasiment pleins. Voilà, vous pourrez pas dire que j'ai pas d'esprit critique ni que je suis hyper indulgent et tout, ou alors vous serez pas crédibles. Du coup, je me permets de vous balancer une autre salve de trucs mortels : les références innombrables aux films d'horreur (Uma Thurman déguisée en zombie, l'oeil de Elle, the El Paso Chapel Massacre...), les chapitres (j'adore) et leurs titres exceptionnels, l'extraordinaire Pai Mei (encore un des nombreux clins d'oeil cinéphiles du film), l'histoire de Superman (dans le plus pur style Tarantino), un David Carradine définitivement réhabilité (encore une spécialité du réalisateur), des scènes incroyables dont on ne voit pas trop comment elles pourraient se finir sans qu'on y trouve matière à critique et qui se dénouent en fait avec une classe exceptionnelle, bref, je suis hyper enthousiatse, je sais pas si ça se voit. Ce qui à mon sens élève Kill Bill au-dessus de tous les films à références du monde (Tim, t'es gentil mais tu remballes ton Mars Attacks et tu reviens plus jamais traîner par ici, OK ?) c'est, outre évidemment la mise en scène, le fait que les détails et les références en questions foisonnent : il ne s'agit plus simplement d'un ou deux petits trucs qu'on repère avec une moue amusée, mais d'une omniprésence des petits jeux de Tarantino avec les gimmicks et les rouages des séries B et du pulp en général. On peut penser à Scream, on peut penser à Small Soldiers, mais c'est dix mille fois supérieur à tout ça.

Et par dessus tout ça, il y a des choses plus premier degré, de vrais enjeux, un vrai suspense (en plus de celui fabriqué au second degré à partir de clichés), une vraie évolution de l'intrigue, de vrais personnages travaillés (au milieu de la horde de sbires), etc. Très honnêtement, j'étais un peu gêné après avoir vu Kill Bill Volume 1 : j'adore Quentin Tarantino (je suis un mec assez original), mais j'étais bien obligé d'admettre que ce nouveau long métrage avait quand même des défauts et constituait une demi-déception par rapport aux précédents. Mais la sortie de cette deuxième partie a balayé tout ça, et ça faisait bien longtemps que j'étais pas sorti d'un cinéma en étant aussi enthousiaste. La dernière fois, ça devait être pour Mulholland Drive. Je sais pas si vous vous rendez bien compte de ce que je viens de dire, mais moi si et ça place directement Kill Bill dans le top 10 de mes films préférés.

Petit ajout : je l'ai pas constaté moi-même, mais Guillaume m'a dit qu'au début du générique de fin, les noms des acteurs incarnant des personnages tués par la mariée apparaissent et sont progressivement barrés sauf un, à côté duquel apparaît un point d'interrogation. Il a pas su me dire quel était le nom de l'acteur (ou de l'actrice) en question, mais si l'un s'entre vous le sait et/ou a une explication allant un peu plus loin que "ben il prévoit peut-être une suite", ça m'intéresse.

17.05.04
Marie-Louise

Il y avait toutes sortes de gens rassemblés autour de la place : des pistoleros qui ne flinguaient pas grand chose, des érudits qui ne savaient pas l'essentiel, des jeunes franchement vieillots, des rebelles conformistes, des observateurs frustrés, des démocrates arbitraires, des sages sclérosés et des progressistes coincés sur l'ouverture.

Marie-Louise la traversa et disparut derrière le drugstore, deux Colt à la ceinture, du rose aux joues et les yeux grands ouverts.

Zivot je cudo (3.5/5)

La vie est un miracleJe suis déçu. Je suis un fan de Kusturica et malgré tout je suis déçu. Je dis pas que La vie est un miracle est un mauvais film, parce que c'est tout le contraire et pour tout dire il serait même assez énorme s'il n'y avait pas eu avant Chat noir, chat blanc et Underground. Le problème, ici, c'est qu'on retrouve des thèmes extrêmement proches d'Underground et que les nouveautés sont loin d'être légion. Alors OK, on retrouve tout l'univers de Kusturica : des mecs qui chantent et qui picolent, des animaux en liberté partout, des gangsters-contrebandiers, un mélange de gravité et de farce, une omniprésence du comique de situation et tout ce qui fait l'originalité et la qualité de son oeuvre. Et du coup, si on aime, on est forcément un peu sous le charme de son film, on se marre et on ressort de la salle le sourire aux lèvres. Mais bon, s'agissant d'un mec comme Kusturica, j'ai du mal à me faire à l'idée qu'il puisse se contenter de réutiliser cette recette sans y ajouter grand chose, même si elle est indéniablement efficace.

L'histoire de La vie est un miracle débute un peu avant la guerre entre la Serbie et la Bosnie et raconte, au milieu du foisonnement habituel d'intrigues parallèles et de digressions burlesques, la vie de Luka, dont le fils est appelé dans l'armée et dont la femme se barre avec un jouer de cymbales. Puis, la guerre éclate et Luka (le mec en question) rencontre Sabaha, une musulmane, dont il tombe amoureux. Du coup, alors que la première partie du film est très axée sur le comique et part un peu dans tous les sens, avec sa traditionnelle scène de fête où tout le monde picole et tire des coups de feu en l'air, la suite de La vie est un miracle adopte un ton plus romantique, bien entendu nuancé par l'exubérance et l'inventivité du réalisateur, qui réussit à mettre en scène une espèce de Roméo et Juliette en s'affranchissant de la plupart des clichés liés au genre et en conservant un optimisme dont on ne doute finalement que très rarement. Les acteurs, du premier rôle au plus discret des figurants, sont parfaits, le rythme est effréné et la mise en scène toujours aussi jouissive.

Donc ouais, c'est bien, c'est clair, mais ça m'empêche pas de conserver les petites réserves évoquées plus haut. Ca fait peut-être un peu mec qui boude son plaisir, dit comme ça, mais c'est vraiment quelque chose que j'ai ressenti en voyant le film : c'est super bien foutu, c'est drôle, mais je l'ai déjà vu. Du coup, j'ai plus qu'à attendre le prochain, en espérant qu'il faudra pas attendre six ans, cette fois.

Troy (2/5)

TroieOuais bon, y avait peu de chances que ce soit exceptionnel, mais j'aime bien Brad Pitt (eh ouais) alors je suis allé le voir.

Et bon, sans véritable surprise, c'est pas terrible. L'histoire est en gros fidèle à l'Illiade, avec quand même pas mal de petits arrangements, histoire que le film forme un tout et que le sort de tous les personnages y soit réglé. Ainsi, on assiste entre autres choses à la mort d'Agamemnon (qui était trop insupportable pendant tout le film pour qu'on le laisse s'en tirer) qui prive Clytèmnestre et Égisthe d'un crime passionnel à l'ancienne et à celle de Ménélas qui doit bien emmerder Homère vu qu'il va lui manquer un des narrateurs de l'Odyssée. Mais bon, admettons.

Par contre, quand on fait une adaptation de l'Illiade, on essaye de bien choisir les acteurs principaux. Brad Pitt passe plutôt bien en tant qu'Achille, Erci Bana incarne Hector de manière acceptable et je suis même prêt à accepter Brian Cox en Gimli-Agamemnon, mais Orlando Bloom et Diane Kruger (Pâris et Hélène) sont juste minables. C'est bizarre, j'avais pas trop remarqué, ni dans Le seigneur des anneaux, ni dans Pirates des Caraïbes, mais Bloom joue comme une merde, avec son espèce de petit regard naïvo-sincère à chaque réplique romantique. Erk. Et Diane Kruger j'en parle même pas, on dirait une actrice d'AB Prod.

Et puis bon, c'est pas comme si tout ça était rattrapé par une réalisation particulièrement originale (on peut même dire qu'elle est plutôt lourde) ou l'adoption d'un angle un peu novateur sur l'histoire. Non, rien de tout ça, on nage dans le moyen du début à la fin, et on se retrouve au final avec une illustration poussive, sans relief et sans souffle de l'oeuvre initiale. D'ailleurs, ça permet d'en rajouter une couche sur le talent de Peter Jackson, tant on sent l'influence du Seigneur des anneaux dans la façon de filmer les batailles dans Troie, même si on ne peut que constater l'incapacité de Wolfgang Petersen à en reproduire le côté épique et inventif.

Bon enfin voilà, quoi, je crois pas que ce soit la peine d'en rajouter, alors je vais m'en tenir à la première cuiller : c'est pas terrible.

Doctor Sleep (3.5/5)

HypnoticCa me fait marrer, après avoir beaucoup suivi la série Urgences, de retrouver petit à petit tous ses acteurs au cinéma ou dans des films antérieurs dans lesquels ils ont joué alors qu'ils étaient inconnus. D'ailleurs, comme je suis sympa, je vous file un scoop : Juliana Margulies a joué dans Out For Justice, le film  où Steven Seagal passe son temps à se balader de bar en bar et à latter tout le monde à l'intérieur, pour finir par investir seul une maison remplie de gangsters armés, les dessouder un par un, se faire le grand méchant de l'histoire avec un sadisme hilarant et finir par lâcher un "arg, ils m'en ont quand même mis une" en se souvenant qu'il s'était pris une balle dans le bide au début de la scène. Énorme, Out For Justice. Ceci dit, Juliana Margulies ne joue pas du tout dans Hypnotic (alias Doctor Sleep, alias Close Your Eyes - un jour ils sauront comment appeler leurs films, mais pas aujourd'hui apparemment). Non, là c'est Goran Visnjic, mieux connu (par moi) sous le nom de Docteur Kovac, qui s'y colle, et ça tombe bien parce que j'ai toujours trouvé que c'était un des meilleurs acteurs de la série (et ça retombe bien parce qu'il y remplace plus ou moins George Clooney, que j'aime aussi beaucoup et je sais que je raconte des trucs absolument hors-sujet, mais ça reretombe bien parce que c'est justement le genre de trucs que j'aime bien faire).

Mais bon, puisque vous avez décidé qu'il fallait absolument revenir au film, je vais le faire, mais sachez que vous ratez une vanne super marrante sur Urgences que j'avais préparée exprès. Tant pis pour vous. Hypnotic, donc, c'est l'histoire d'un mec qui aide les gens à arrêter de fumer en les hypnotisant et qui se retrouve mêlé à une enquête de police lorsque, suite à une séance d'hypnose pratiquée sur une inspectrice, celle-ci décide que ses talents pourraient l'aider à élucider le mystère d'une série de crimes commis pas un mec que les flics ont surnommé "le tatoueur", ou un truc comme ça, parce que les victimes retrouvées avaient été tatouées pendant la période de leur disparition, ce qui prouve une fois de plus le légendaire sens de la poésie et de l'originalité de la police. Oui, je sais, c'est gratuit. Bon eh ben aussi surprenant que ça puisse paraître, c'est très sympa. Le film mêle assez intelligemment un paquet d'éléments plutôt cools allant du plus basique (une enquête sur un serial killer) au plus étrange (les révélations qui virent peu à peu à un fantastique de bon aloi), en passant par des thèmes tournant autour de l'occulte plus ou moins mystique (si vous avez lu Le pendule de Foucault, ça vous y fera sûrement penser - sinon, lisez le), le tout efficacement saupoudré d'éléments qu'on ne sait pas trop où positionner (les compétences d'hypnose et les légers talents de medium du personnage principal), ce qui permet de passer en souplesse d'un domaine à l'autre. L'équilibre entre tous ces aspects est super bien géré, et ça fait vraiment plaisir de voir ce genre de thèmes traités avec une certaine finesse, bien loin des effets "dans ta gueule" de la plupart des films fantastiques.

Côté acteurs, c'est également plutôt une réussite. J'ai déjà dit ce que je pensais de Goran Visnjic, mais Paddy Considine, qui joue la détective qui le "recrute", est également excellente, avec son accent anglais à couper au couteau et son personnage sympa bien plus travaillé qu'il n'y paraît de prime abord. On trouve aussi quelques seconds rôles bien classes, mais là j'en dis pas plus pour votre bien. La mise en scène, quant à elle, est là encore super équilibrée. On a quelques effets pas mal, des gimmicks vraiment cools (le jeu de doigts et surtout l'espèce de maquette pliante super bien utilisée tout au long du film et que le réalisateur a eu la bonne idée de réutiliser à la fin), mais sans sombrer dans le branchouille vain ou le clip pour ado "cool" à la Doberman. Putain, rien que d'écrire tout ça, je m'enthousiasme à nouveau pour ce film.

Mais malheureusement, tout n'est pas si parfait. Parce que bon, on peut pas nier que c'est sympa, appliqué, qu'il y a un désir visible de ne pas se foutre la gueule du spectateur et de l'amener intelligemment d'un bout à l'autre du film, mais le scénario et la progression de l'intrigue souffrent de quelques faiblesses. On est loin de l'incohérence qui déstabilise tout, hein, mais l'histoire à un côté un peu bon élève qui amène inévitablement son lot de petits clichés. C'est pas gênant à proprement parler, mais ça empêche Hypnotic de vraiment décoller, alors qu'il y avait clairement là-dedans de quoi faire un grand film, sans exagérer.

Du coup, tout ça laisse un peu sur sa faim, même si rien dans le film n'est spécialement médiocre. En gros, c'est bien vu, relativement fin, carré et appliqué, mais sans génie. Malgré tout, Hypnotic reste à mon avis un film plutôt recommandable, particulièrement aux amateurs de fantastique intelligent, qui ne sont généralement pas gâtés par la production actuelle.

13.05.04
Knafayim Shvurot (4/5)

Broken WingsComme pour illustrer un truc que j'ai dit il y a quelques minutes, je sais pas trop quoi dire sur ce film. Enfin je vois bien ce que je pourrais écrire, mais ça serait un peu chiant et là j'en ai pas trop envie, vu que j'ai encore un commentaire à faire après celui-là. Donc je vais faire simple et bref.

Je suis pas super fan des mélos, mais celui-la (oui parce que je peux pas nier que c'en est un) est cool. Il est subtil, hyper bien écrit (mais genre hyper bien, hein) et interprété par des acteurs qui tuent. Et un des trucs classes, c'est que c'est pas ce qui est le plus triste qui est touchant : ça sert de toile de fond, mais c'est des petits détails qui font vraiment toute la puissance du film et dégagent le plus d'émotion. Je pourrais m'arrêter là, mais je vais quand même vous dire que c'est l'histoire d'une famille modeste israelienne qui tente de reprendre une vie normale après la mort du père. Alors on suit la mère, infirmière de nuit, la fille aînée qui chante dans un groupe de rock et qui aimerait bien percer mais en fait pas vraiment, le premier fils, biclassé glandeur / street philosopher, le second fils, qui saute dans des piscines vides et s'adonne à la ventriloquie urinaire, et la benjamine, à propos de qui j'ai rien à dire. Et puis il se passe un truc un peu grave et on voit comment tout le monde y réagit et comment la famille se remet à fonctionner plus ou moins efficacement.

Et bon, voilà, c'est bien. Le seul truc que je reproche, c'est la fin qui est inutilement heureuse et pleine d'espoir, qui aurait été dix fois plus forte si la question du sort du fils sauteur était restée en suspens. Mais à part ça, Broken Wings, c'est du tout bon.

Korei (2/5)

Ouh putaing, elle est pas légère, cette malle vide !Alors voilà, YLEDM est temporairement revenu du Japon, et il a ramené dans ses bagages une fille qui s'appelle Masako et qui fait avec lui des trucs dont je peux pas parler ici par respect pour la tranche la plus jeune de mon lectorat. Le problème de Masako, outre le fait d'être avec YLEDM, c'est qu'elle parle pas du tout français et que pour l'emmener au cinéma sans qu'elle s'emmerde, c'est pas facile. Heureusement, j'ai repéré ce film japonais (qui en français s'appelle Séance) qui en plus passait dans une grande salle, ce qui permettait par la même occasion de lui montrer une écran de cinéma de plus de deux mètres de diagonale, prouvant une fois de plus que j'étais le roi de l'organisation consensuelle. Malheureusement, je suis pas le roi du choix sûr en matière de films, et ça aussi, je l'ai une fois de plus prouvé.

L'histoire de Korei, c'est celle d'une espèce de médium qui voit des fantômes et parle aux esprits. Et bon, par une coïncidence totalement farfelue (son mari est totalement indirectement impliqué dans la disparition d'une fillette, et elle participe à l'enquête, parce que le prof d'un étudiant en psychologie qui l'a contactée dans le cadre de la rédaction de sa thèse est pote avec le flic chargé de l'enquête, fallait oser), elle se retrouve à aider la police et à faire autre chose dont je ne vous parlerai pas pour préserver la virginité non pas de mon jeune lectorat, mais de l'intrigue. Donc bon après elle voit des morts et tout. Et bon, c'est chiant, faut dire ce qui est. Au début, on se dit que l'exposition est un peu longue quand même, mais en fait ça devait pas vraiment être l'exposition parce que ça prend la moitié de la durée du film. Après, tout le monde se pose des tas de questions totalement surréalistes et font des choix d'un réalisme proche de Van Helsing, mais heureusement, la fille dort alors on a le temps de se poser des questions. Je sais, c'est pas très clair dit comme ça, mais j'ai pas envie de faire plus d'efforts, j'ai déjà vu le film, ça suffit. Et puis bon, à un moment, le scénariste pète un plomb et ses personnages se mettent à brûler vif des gens assis et à appeler un des acteurs de Dead Or Alive pour faire le clown et prononcer des phrases pleines de sens (ou pas). Enfin bon, passons.

À part ça, je sais pas si je l'ai déjà dit, mais c'est chiant, et plein d'effets déjà vu cinq milliards de fois dans Ring, Dark Water ou le pitoyable The Eye. Vous me direz, "ouais mais en fait Korei date d'avant ça, mec" et vous aurez presque totalement raison mais ça m'empêchera pas de vous répliquer que Ring date d'encore avant et que même The Eye est plus flippant que Séance, même si j'admets que certaines scènes de ce dernier sont potables. Étant donné qu'on connaît à présent l'issue de la discussion que déclencherait la remarque sus-citée si vous m'en faisiez part, vous pouvez vous en abstenir en toute quiétude. Le seul truc que j'accepte de dire pour la défense de Séance, c'est que le réalisateur a pris le parti d'une ambiance assez sobre qui contraste pas mal avec ce qu'on a l'habitude de voir dans ce genre de films.

Enfin bon, moi je m'en fous, j'ai vu Masako et j'ai appris un mot japonais qui se prononce minicouille, alors le reste autant vous dire que ça me glisse dessus comme un pet sur une toile cirée (spéciale dédicace à mon papy).

Van Helsing (1/5)

Christian Clavier EST Dr. Evil !Hahaha ! Je sais, je sais, j'update une fois tous les 200 ans et une fois sur deux c'est pour raconter des conneries, mais je suis actuellement en train de vendre mon âme, ou plutôt d'en négocier le prix, et du coup j'ai quelques problèmes de concentration. Donc là j'ai plein de commentaires en retard, et comme d'hab' je vais les expédier par-dessus la jambe, ou plutôt par-dessous, Lucky Luke style. Van Helsing, c'est bien pour ça, je culpabilise pas trop.

Au début, j'ai presque cru que ça pourrait être réussi. Les deux premières scènes sont assez second degré, bien foutues, et j'aime bien le côté cartoon du combat Van Helsing / Mister Hyde. Mais bon, après, il y a une scène à la "James Bond s'équipe" hyper chiante, qui doit servir, je pense, à faire la transition avec la merde qui suit. En fait, c'est simple, ils ont tout mis : Dracula, des loups-garous, des arbalètes à répétition, Hugh Jackman trop bien coiffé pour être honnête, Kate Beckinsale déguisée en pouffe proto-goth avec gros plans sur son cul (ça devient une habitude), des personnages qui ne sont en fait que des archétypes bien identifiables, des effets spéciaux criards dans tous les sens, des incohérences à n'en plus finir (le coup des diligences et des deux ponts séparés de 10m, énorme), une bande sonore assourdissante qui m'a presque eu à l'usure, des clichés à n'en plus finir et des effets clipesques à la merde. Yeehaa, bienvenue dans la plus grosse caricature de blockbuster du monde.

C'est bizarre, parce qu'on sent que parfois le réalisateur a voulu mettre un peu de second degré dans sa mixture caca-ketchup : les femmes de Dracula qui font les groupies, mon pote Hugh qui shoote des bébés par centaines ou encore deux ou trois trucs que j'ai oubliés puisque j'écris mes commentaires avec une semaine de retard, mais croyez-moi sur parole, des fois c'est drôle volontairement. Y a aussi un exploit technique assez balaise, qui mérite d'être souligné : ils ont réussi à fourguer à Kate Beckinsale un costume qui fait corset (passage obligé pour ajouter un peu de gothisme et faire ressortir une partie intéressante de l'anatomie de l'actrice) tout en permettant de conserver la traditionnelle scène du t-shirt mouillé. C'est exceptionnel. Vraiment, il fallait y penser, à ce corset qui s'arrête sous les seins. Je suis fan.

Je sais bien qu'au lieu de m'apesantir lourdement sur la plastique et la parure de Kate, je pourrais parler de l'histoire, de la réalisation et de tout un tas de trucs finalement tout aussi intéressants, mais je me suis aperçu que j'étais plus à l'aise dans mes commentaires avec les mauvais films qu'avec les bons, et comme ça me plaît pas trop je vais épargner Van Helsing. Mais sachez quand même que tout est naze. Ah non, y a un truc qui est pas mal, c'est le grand méchant de l'histoire. Dracula. Le personnage est cool, parce que c'est le seul qui est clairement traité au second degré, quasiment de bout en bout et qu'on dirait le Dr. Evil d'Austin Powers interprêté par Christian Clavier. C'est à voir.

Voilà, j'ai plus rien à dire sur ce film, je me relis même pas et je poste. Paf.

05.05.04
Won't you fucking come and dance ?

- Tu sais, je me suis fait cette réflexion, l'autre soir : on sait pas vraiment ce que ça fait de dormir. Je veux dire, on sent quand on s'endort, on sent quand on vient de se réveiller et qu'on est encore quasiment endormi, mais c'est tout. Quand tu dors, tu sens pas ce que ça fait concrètement. Alors moi je dis que j'aime dormir - et c'est vrai, j'aime dormir - mais en réalité j'aime juste m'endormir et me réveiller alternativement. Et finalement, le réveil c'est une belle chose, parce que c'est le moment où tu sens que t'étais endormi et que si tu bosses pas ou si t'as pas d'urgence particulière, tu vas pouvoir reprendre ton sommeil.

- Écoute, Jack, ce que tu me dis, ça me rappelle cette histoire de chat. Tu sais, le chat que tu m'avais filé ? Celui que j'ai finalement dû envoyer à l'abattoir de Shrinking Creek. Eh ben figure toi que ce chat a jamais voulu boire dans l'abreuvoir. Il bouffait son avoine n'importe comment, il supportait pas la selle et j'ai jamais réussi à le faire galoper sur plus de dix mètres avant qu'il s'effondre sous mon poids. Il valait rien, ce chat.

- Les chats, c'est comme les melons, on n'est pas dedans. Et hier, j'étais chez moi peinard, l'habit à la main, et quelqu'un sonne à ma porte. Je me retrouve comme un con avec mon habit et pas la moindre envie de faire un effort pour être présentable et bon, j'étais en train de faire ce que tout bon citoyen fait dans de telles circonstances, alors je me fige pour pas que le mec derrière la porte entende qu'il y a quelqu'un. Je sais pas qui c'était, mais ça devait être un sacré enculé parce qu'il a insisté, il a sonné plusieurs fois, comme s'il savait que j'étais là, et ça m'a énervé, tu vois, parce qu'il arrivait à me faire culpabiliser, ce con, alors que si j'ai pas envie d'ouvrir la porte aux peigne-culs qui sonnent chez moi, c'est mon problème, pas le sien. Après-coup, j'ai réfléchi, tu vois, mais y a absolument rien qui m'oblige à ouvrir ma porte aux gens sous prétexte que je suis chez moi. Pareil pour le téléphone, je décroche si je veux, non ? Je veux dire, les gens font bien ça avec leur portable, si ils sont quelque part où ça les fait chier de décrocher, ils le laissent sonner ou ils le coupent. Alors merde, pourquoi je pourrais pas faire la même chose chez moi, hein ? Ils se prennent pour qui ces trous du cul qui insistent, simplement parce que t'as fait un peu de bruit avant qu'ils sonnent ? Tu sais quoi, je me dis même que si ça se trouve ils écoutent à la porte avant de sonner pour pouvoir te mettre le nez dedans si ils te croisent après et que tu leur a pas ouvert. Les gens sont vraiment des putains de sans-gêne.

- Ouais, c'est pas moi qui vais te donner tort, Jack. Mais tu devrais quand même faire les liaisons, quand tu parles, c'est plus correct.

04.05.04
Frénésie

Bon ben y aura pas de commentaires de films cette semaine. Enfin pour moi cette semaine a commencé mercredi dernier et se termine aujourd'hui, c'est une semaine de cinéma. J'y suis pas allé une seule fois, c'est à peine si je suis sorti de chez moi. Au début, c'était pas trop grave, j'avais un peu de boulot et tout, c'est des choses qui arrivent. Mais vendredi soir, j'ai été pris d'une frénésie bizarre : ma barbe a poussé deux fois plus vite, y compris le long de ma colonne vertébrale, j'ai commencé à manger de la bouffe de fast-food à emporter et à passer toutes mes journées et toutes mes nuits à faire de PHP. Normalement, j'ai rien contre le PHP, hein, mais modérément, genre cinq minutes par semaine, histoire de dire que je sais faire un ou deux trucs avec. Et là j'ai vraiment dépassé la dose prescrite. Le pire, c'est que c'est même pas pour un truc particulièrement constructif, et j'irai même jusqu'à dire que le but de tout ça va très loin dans le superflu et ne mérite absolument pas le temps utilisé, mais bon, voilà, je l'ai quand même fait. Enfin je l'ai juste commencé, parce que c'est une vraie usine à gaz, et le problème c'est que maintenant que la frénésie est retombée, je sais pas si je le finirai.

Du coup, je voulais aller voir un film québécois, un film chinois, écrire un article sur les nouvelles classifications du vivant, vous annoncer un projet parallèle à Cacochyme que je trouve assez cool (en même temps, c'est moi qui y ai pensé), emmerder un peu Ptyx pour qu'il finalise le sien (tiens d'ailleurs ça me fait penser que j'ai rêvé d'un truc inintéressant que je vais quand même vous raconter tout à l'heure, histoire de rester dans la thématique de ce post), aller jouer au foot avec des potes, acheter du déo (donc oui là je sens pas très bon), épouser Chachou et devenir célèbre, et je suis obligé de retarder tout ça. Quelle lose !

Pour finir, je parle vite fait de mon rêve, parce que moi il me fait rire, même si je suis bien conscient du fait que les private jokes avec moi-même n'ont qu'un intérêt très limité pour les autres. Alors j'étais dans une espèce de mix entre une exposition et un atelier de designers. Les mecs exposaient des trucs qu'ils avaient fait mais comme c'était pas tout à fait terminé ils s'entraidaient pour finaliser leurs oeuvres. Et comme je passais par là, y en a un qui m'a demandé si je voulais bien finir le dessin de sa pochette de CD, ce que j'ai accepté, parce que je suis aussi sympa que mauvais en dessin. Du coup, je lui ai fait une horreur, mais un autre mec qui passait dans le coin a rattrapé mes conneries et tout est bien qui finit bien dans les aventures de Tintin. Et le seul truc intéressant, en fait (et encore), c'est que ce mec m'a dit un truc du genre "woaw, Ptyx, c'est vraiment un putain de designer !". Donc voilà, Ptyx, dans mes rêves je connais quelqu'un qui t'admire. Si tu veux, la prochaine fois, je lui file ton numéro.

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