G
Cacochyme
bulles

25.06.04
On finira bien par le voir

Y a quelques années, des tas de filles portaient des espèces de minirobes plus ou moins moulantes. Elles marchaient dix mètres et forcément la robe remontait et menaçait dangereusement de dévoiler ce qu'elles se donnaient tant de mal à ne pas trop cacher, alors elles tiraient sur le bas, refaisaient dix mètres, tiraient sur le bas, s'asseyaient, se relevaient, tiraient sur le bas et ce pendant toute la journée. Une bien belle époque en vérité. Ensuite, elles ont mis des pantalons taille basse, puis des pantalons taille vraiment basse, et là c'était le même manège, sauf qu'elles tiraient sur le haut parce que leur cul menaçait ouvertement de sortir de l'autre côté (ça s'adapte vite, un cul). Belle époque également, tout compte fait. Mais tout ça c'était qu'un début, parce qu'aujourd'hui j'ai suivi - et je tiens à préciser que c'est totalement par hasard - une fille qui avait une minijupe taille ultra basse. Et là, on la sentait bien emmerdée. Parce que OK, on peut tirer sur le haut quand on s'assied, mais dans ce cas il faut penser à vite retirer sur le bas quand on se relève, sous peine de voir son cul réussir ce qu'on appelle le coup du contrepied et s'échapper par le haut ou par le bas suivant le dernier côté sur lequel on a tiré. Je sais pas si on peut tirer un cours de logique shadok de tout ça, mais ce qui est sûr c'est que les choses vont de mieux en mieux.

21.06.04
Janghwa, hongryeon (3/5)

Les fantômes aussi ont leurs règlesJe continue ma série de posts qui me sont destinés. J'ai finalement décidé (aidé par Lindsay-Virginie) de sortir de chez moi pour aller voir Deux soeurs. C'est le titre du film, faites pas les malins. Je sais pas si c'est le film dont YLEDM m'avait parlé quand on était sortis de Séance, mais c'est coréen et y a des fantômes à la Ring, alors y a quand même des chances que ce soit celui-là. Confirme moi, YLEDM, et pense à ma charte graphique bordel, t'es avec moi ou contre moi ? Oui, je vous avais prévenu que c'était un peu personnel.

Bon alors le film est pas si mal et il aurait même pu être vachement bien. Y a d'excellents acteurs, quelques scènes de flippe HYPER bien faites. Plus flippantes que Ring, plus flippantes que Dark Water, plus flippantes que le film que mon frère avait vu dans un vidéo-club étant petit et dans lequel des poupées miniatures infernales (sans doute contrôlées par le merveilleux Mister Mysterioso) tuaient des gens en voiture. Ou alors c'est un mec qui plantait des aiguilles dans des poupées et ça tuait des gens en voiture, je sais plus. En tout cas ça l'avait bien fait flipper. Le truc cool, c'est qu'il y a aussi un vrai scénar avec retournements de situation et des scènes "classiques" mortelles (le repas épileptique, un bonheur, surtout qu'il est complété par deux petites scènes bien flippantes qui le renforcent encore a posteriori, et quand le posteriori c'est jamais très propre). En plus, le scénariste maîtrise l'art du oui mais en fait non mais finalement si un peu quand même à la perfection. Et c'est pas un oui mais en fait non mais finalement si un peu quand même à la merde, hein, c'est un truc vraiment classe qui vous donne la sensation d'être intelligent quand vous pigez tout. La classe. C'est pas du David Lynch, mais c'est bien quand même. Du coup, c'est cool, sauf que y a quelques incohérences (ou en tout cas des détails que j'ai pas compris et pourtant on a brainstormé sec avec Virginie), quelques scènes un peu gratuites (ou en tout cas blabla voir la parenthèse précédente) comme celle du fantôme qui a ses règles, un ou deux passage téléphonés, quelques explications superflues de trucs faciles à comprendre alors qu'à côté on nous laisse patauger dans l'expectative (et ça non plus c'est pas très propre) et surtout pas mal de longueurs.

Donc bon, c'est pas mal quand même, hein, et y a même quelques scènes d'anthologie, mais à côté de Suède - Italie ou de Pays-Bas - République Tchèque, ça reste un peu léger. Sinon, je dois dire que je trouve cet Euro très beau, et que les 6 derniers matches de poules risquent d'être exceptionnels. Et je parle même pas des quarts de finale. Ca me donne envie de retourner jouer au foot le samedi (là normalement mon pote Thibaut doit réagir parce que je tend le bâton pour me faire battre - oui, je le tends, moi) et de réinstaller Championship Manager 4 (parce que le 5 tarde un peu quand même) pour faire une équipe avec Nedved et Ibrahimovic. Haha, ça m'a presque pas fait chier de faire ce post !

16.06.04
The Ladykillers (3.5/5)

Ouais alors là tu vois, je prends mon marteau, je tape là, et...Bon ben autant vous le dire tout de suite, parce que l'heure n'est pas au mystère : en ce moment, ça me fait royalement chier d'écrire. Ca me fait aussi royalement chier de travailler, de devoir acheter des taies d'oreiller, de devoir ouvrir mes volets pour qu'on les peigne en beige mais finalement en blanc en 8 couches puantes et successives, et histoire de bien enfoncer le clou, ça me fait également bien chier que tout me fasse chier.

Mais bon, si tout ça se remet à me plaire dans quinze jours (enfin l'écriture surtout), je serai un peu dégoûté d'avoir laissé un gros trou moche au milieu de ce blog, et ça restera mon grand regret jusqu'à ce que je décide de l'arrêter définitivement en juillet 2012. Du coup, je parle quand même de Ladykillers, que je suis allé voir jeudi dernier et qui est d'ailleurs le seul film qui ait réussi à me faire bouger dans un cinéma cette semaine. Mais bon, je préfère vous prévenir tout de suite, c'est pour moi que j'en parle, pas pour vous. Donc c'était pas mal bien que largement en-dessous de tous les autres films des frères Cohen que j'ai vus. Ca fait de mal à personne, ça déclenche aucun vrai rire, mais on sourit quand même pas mal, les acteurs se lâchent un peu (Tom Hanks, évidemment, mais aussi J.K. Simmons, que ça fait tout drôle de retrouver dans un rôle comme ça après Oz), les dialogues (en VO) basés sur l'érudition du Professeur G.H. Dorr sont pas mauvais et surtout y a des cadrages exceptionnels, tout le temps, partout, et ils sont super inventifs et chiadés. Heureusement qu'il y a ça, en fait, sinon ça serait quand même un peu fade.

Pour finir sur un point qui n'a rien à voir, je me suis rendu compte qu'avant ma période "fait chier", et même encore maintenant, en fait, je lisais de plus en plus de blogs. C'est cool, parce que ça veut dire (raccourci osé et mégalo) qu'il y a de plus en plus de qualité, mais ce qui me fait aussi un peu chier (c'est une manie) parce que j'ai pas le temps de tout lire. Et puis je voulais en ajouter certains dans mes liens, mais après je vais avoir une liste de cinquante mille blogs dans ma colonne de gauche et ça voudra plus rien dire, puisque personne ne va s'amuser à cliquer sur tous ces liens pour les découvrir. Enfin si, je vois bien deux ou trois personnes qui le feraient, mais je suis pas certain que pousser des gens à ce genre de vice ne soit pas punissable par la loi. Mais bon, dans les jours qui suivent (c'est à dire quand j'aurai moins la flemme), j'ajouterai Monsieur Moyen, qui est beau et dont j'aime bien la production et Géraldine, qui ne s'appelle pas du tout Géraldine mais que j'ai pas envie d'appeler Blonsasz (erk), Blondeetconne (parce que c'est moche ce double E) ou Blondie (comme ses copines que j'aime pas). Elle, je devais l'ajouter depuis vachement longtemps, mais comme des fois je l'aime pas, mais des fois je l'aime bien mais des fois je l'aime pas mais des fois je l'aime bien, j'hésitais. Normalement, les gens avec lesquels je suis pas du tout d'accord sur un nombre de points aussi important, je les linke pas, mais là c'est différent, j'ai envie de parler avec elle pendant des heures pour la faire revenir à la raison en me laissant convaincre de temps en temps pour faire bonne mesure. Géraldine, tu me fais penser à l'héroïne de Dead Like Me.

Bon, ça suffit maintenant, laissez-moi tranquille.

08.06.04
Madame Édouard (0.5/5)

Soudain il sort son grand couteau et il lui plante dans le dosJ'aurais dû suspecter quelque chose. Un film avec Michel Blanc, Josiane Balasko, Didier Bourdon, Dominique Lavanant et Rufus qui passe dans aussi peu de salles, c'est louche. Et effectivement, la faible diffusion de Madame Édouard s'explique finalement assez simplement : c'est une daube.

Je sais pas ce que Nadine Monfils, la réalisatrice a voulu faire, mais je suspecte une espèce de truc à la fois absurde, décalé et noir, un truc comme un Bernie light, ou une sorte d'Amélie Poulain version polar. De toute façon, quelle que soit son intention de départ, elle a raté son coup. L'ambiance fait plus kitsch mal digéré que décalé, les répliques tombent à plat dans 99% des cas et l'humour du film en général, qui essaye tant bien que mal d'être un minimum second degré, se vautre presque à chaque fois. Je parle même pas de l'intrigue parce qu'elle est totalement débile. Je sais bien que c'est (peut-être, parce que j'ai quand même un peu de mal à deviner les intentions du film devant l'ampleur du ratage) un peu fait exprès, mais le problème c'est qu'il aurait quand même fallu que ce soit drôle pour traiter le scénario de cette façon. Ah oui et puis c'est mal réalisé, avec des coupures horribles au milieu des dialogues. Un peu comme si le niveau sonore entre une phrase et la réponse d'un autre personnage changeait brutalement. En vrai, c'est pas ça qui se passe, mais les raccords donnent un peu cette impression. Du coup, ça ferait presque passer Michel Blanc pour un mauvais acteur et quand même, ce genre de performance ça demande une dose de doigté, j'espère que vous appréciez l'effort fourni. Y a aussi quelques tentatives de filmer des scènes émouvantes, autour du personnage de Madame Edouard, travesti interprété par Didier Bourdon, mais, là encore, ça tombe à plat en faisant "plof".

Ca me fait un peu mal au coeur d'avoir l'air de m'acharner comme ça, mais vraiment, il fallait que je vous prévienne de pas y aller. Je sais pas ce que les acteurs sont allés faire dans cette galère. Ou alors c'est un film de potes, sans la cote de sympathie habituellement attachée à ce genre d'entreprise. Bref, j'ai trouvé ça naze.

03.06.04
10è chambre – Instants d'audience (4/5)

10è chambre – Instants d'audienceAaah, Raymond Depardon. Il y a quelque temps, j'ai vu quelques-uns de ses films à l'occasion d'un cycle qui lui était consacré sur Arte et j'ai immédiatement accroché. Ce mec est hyper fort. Il filme, il ferme sa gueule, il monte, et ça donne un truc tellement précis, profond et riche d'enseignements que c'est impossible de pas en être jaloux. Ca a la classe d'une enquête de sociologie bien menée, à chaque fois. Et c'est pas ce film-là qui va me faire revenir sur ce que je pense de ce mec.

L'idée de base, c'est de filmer des procès ordinaires, des trucs qui arrivent tous les jours. Ca a l'air de rien, comme ça, mais c'est théoriquement interdit. Ca a beau être un truc capital dans le fonctionnement d'un pays comme la France, on a pas le droit de filmer les audiences. D'ailleurs, même s'il a obtenu une autorisation de le faire, Depardon a dû se plier à certaines contraintes, puisqu'il n'a pas eu le droit de vraiment filmer le déroulement des audiences. Du coup, on voit pas tout, il ne s'agit que d'extraits choisis minutieusement par le réalisateur, dans la limite de ce qui lui était permis de faire. C'est pour ça que ça s'appelle Instants d'audience. Eh ben figurez-vous que malgré ça, ça reste énorme.

Concrètement, en tout et pour tout, on suit quand même une dizaine d'affaires et on a le verdict de la plupart d'entre elles. Ca va de l'outrage à agent de police aux coups et blessures, en passant par la vente de cannabis et la conduite en état d'ivresse, et les prévenus sont issus d'un éventail assez large de catégories socio-professionnelles. Tout est filmé en plans très rapprochés, avec caméra fixe et c'est d'ailleurs un de éléments qui font la réussite du film et qui permettent de capter des milliards de choses dans les regards, les expressions du visage et les paroles de chaque intervenant. C'est vraiment frappant, parce qu'on parle souvent du système judiciaire comme d'une énorme machine bureaucratique assez inhumaine, alors que ce qu'on voit ici, c'est justement des tonnes de détails 100% humains : les petites sautes d'orgueil de la juge et des procureurs, les dilemmes des prévenus, les faiblesses des uns, les entêtements et la fausse assurance des autres, etc. On est vraiment dans un lieu où l'humain s'exprime à plein régime. J'ai même été surpris du peu de formalisme des débats. J'avais une vision des choses très technique, sans doute un peu tirée de tout ce qu'on peut voir sur les tribunaux dans divers films, avec des preuves formelles qu'on démonte formellement à coups d'articles formels du code pénal et de défauts formels de procédures, alors qu'au final tout semble se faire sur le mode d'une discussion, avec des gens qui se font plus ou moins confiance et croient ou non les demi-vérités et les mensonges complets que les autres veulent bien leur fournir. Ceci dit, c'est peut-être un peu biaisé par la façon dont est réalisé le film, puisqu'on ne voit à aucun moment les pièces à conviction, qui sont parfois rapidement évoquées, et qu'il est a priori impossible de savoir si ces scènes n'ont pas été montrées ou si elles n'ont tout simplement pas eu lieu. Ceci dit, certains éléments du film me confortent dans mon impression : par exemple, vers la fin, une des meilleures scènes du film à mon sens montre un sociologue (est-ce innocent ?) qui assure lui-même sa défense, et à chaque fois qu'il essaye d'utiliser des méthodes ou des éléments qui relèvent du droit, la juge le prend mal et le rembarre. Il cite un article du code pénal ? Air goguenard de la juge. Il se défend en utilisant des termes techniques (ici la notion d'arme par destination) ? Il se fait engueuler sur l'air de "merci bonhomme, mais tu vas pas m'apprendre ce qu'est une arme par destination, je suis juge, j'ai fait des études de droit, OK ?".

Et là, j'en arrive à un truc qui est à mon avis l'apport essentiel du film. Je viens de parler du sociologue qui essaye d'aller jouer sur le terrain des pros (procureurs, juges et avocats) et qui a clairement du mal, mais imaginez les scènes dans lesquelles se trouvent à la barre un sans-papiers parlant à peine français ou un ex-junkie sous Tranxène. En fait, on s'aperçoit bien vite que tous ces gens qui passent en jugement se retrouvent dans un environnement vraiment à part, dont ils maitrisent peu d'éléments. C'est aussi valable pour les juges, procureurs et avocats : ils sont confrontés à des gens dont ils ne connaissent et ne comprennent finalement que peu de choses (il y a des dialogues assez ahurissants sur la facilité de trouver du travail sans diplôme ou le manque d'énergie d'un immigré clandestin à tenter de régulariser sa situation). La différence, c'est évidemment que certains sont du bon côté de la barre et que l'incompréhension mutuelle leur est tout de même légèrement moins préjudiciable. On voit aussi, dans le même ordre d'idées, le rôle fondamental du langage : une scène montre une petite série de questions-réponses entre un accusé et le policier qui l'a arrêté, avec le juge en guise d'arbitre. Le flic parle clairement, d'une voix posée, avec une connaissance des rouages du système et une relative aisance et accuse un mec qui, en plus d'avoir des antécédents bien chargés ne parle pas un français idéal, n'arrive pas à poser ses questions une par une, est un peu confus, etc. On voit clairement qui a l'avantage. À plusieurs reprises, on entrevoit également le dilemme habituel : lorsqu'il n'y a pas de preuve réelle, les présomptions sont-elles assez fortes pour condamner quelqu'un sans faire d'erreur ? Lorsque l'accusé en question a des antécédents très lourds, n'y a-t-il pas la tentation de se dire que si l'on est pas certain de sa culpabilité dans l'affaire en cours, il est certainement coupable de bien d'autres choses pour lesquelles il n'a jamais été interpellé et qu'on peut donc le condamner quand même pour rétablir la moyenne ? Bref il y a tous ces trucs hyper fins, hyper incertains et à la fois, au final, extrêmement durs, puisqu'ils peuvent entraîner des peines d'emprisonnements, qui donnent le sentiment bizarre que la justice est dans une assez grande mesure quelque chose de très subjectif.

Et enfin, outre ce côté documentaire super intéressant sur le fonctionnement humain d'une audience, il y a tout un aspect théâtral et émotionnel, qui rend certaines scènes comiques dans les affaires les plus légères, voire, à cause d'un certain décalage, dans des passages un peu plus durs, et d'autres chargées d'incertitude et de gravité qui nous amènent à questionner pas mal de nos idées et convictions, ou en tout cas à en mesurer la relativité. Ca rejoint un peu ce que je disais plus haut sur la dimension humaine des audiences, mais celle-ci ne s'arrête pas aux procès en eux-mêmes et fait la part belle à ce qu'était leur vie avant, ce qu'elle risque d'être après, ce qu'ils réalisent, à quel moment ils le font, et ainsi de suite. C'est, je trouve, une des grandes forces de Raymond Depardon d'arriver à capter ces éléments, ici comme dans ses travaux précédents.

Je pourrais m'étendre encore pendant des heures devant la richesse de ce film, qui fonctionne parfaitement à tous les niveaux et va encore plus loin que son objectif initial. Ceci dit, bien qu'il s'agisse effectivement d'un documentaire, il faut noter qu'il reste quelque peu orienté (et le réalisateur en avertit d'ailleurs le public dans le générique du début). Le montage n'est pas anodin, les scènes choisies ne le sont probablement pas non plus, et ces Instants d'audience tendent bien à déceler les éléments structurels et culturels qui placent les prévenus, quelle que soit leur catégorie socio-professionnelle (à l'exception évidemment des juristes), dans une situation d'infériorité à un moment de leur vie où ils auraient pourtant énormément besoin d'équité. Ca reste néanmoins impressionnant de maîtrise et la matière première est tellement riche qu'on peut à coup sûr le regarder en boucle une dizaine de fois et en tirer des éléments nouveaux à chaque visionnage. En un mot comme en cent, je suis fan.

Les choristes (2.5/5)

Dans les waters ?!Ouais ben voilà, comme je le disais dans l'article précédent, y a rien qui m'intéresse au cinéma (enfin qui m'intéressait parce que je suis comme d'hab à la bourre) alors je vais voir les "vieux" trucs. Et chose incroyable, Les choristes, que j'étais pas encore allé voir parce que j'aime bien Jugnot mais faut quand même pas pousser, pourquoi pas aller voir Harry Potter et dire dans les soirées mondaines que haha c'est quand même vachement bien et beaucoup plus adulte qu'on le croit et non c'est pas moi qui me force à être jeune et ouvert je le pense vraiment haha tant qu'on y est, est toujours à l'affiche (si un prof de français passe par là, je lui fais toutes mes excuses). Ca cartonne.

Et bon, pour rien vous cacher, maintenant que je l'ai vu, je comprends pourquoi. Je cautionne pas, mais je comprends. Les choristes, c'est rempli de musique sympa qu'on peut mettre en fond sonore pendant qu'on prend le café au soleil, de jolis chants d'une chorale d'enfants sans poils, de môme d'autant plus attendrissants qu'ils sont pauvres et/ou orphelins, d'hommes gentils qui paient pas de mine et de vieux directeurs aigris qui ne savent communiquer avec les enfants qu'en les punissant, les salauds (CRS SS et toutes sortes de choses). Donc forcément, quand Christiane emmène son mari et ses enfants voir ce film, les gosses adorent, Christiane est émue, son mari aussi (ou alors il fait semblant pour faire plaisir à sa femme et montrer que les hommes aussi ont un coeur et savent se laisser attendrir), et tout le monde en parle à ses amis, le samedi, en buvant le café au soleil et en écoutant la BO du film. Bouche à oreille, blabla, wheeee, on fait numéro un des entrées, baby !

Alors bon, je peux pas nier que Jugnot est bon, même en gentil, que Kad l'est aussi pas mal ("dans les waters ?!"), que le film est dans son ensemble assez sympathique et que c'est pas plus mal que si c'était pire, mais ça reste très caricatural et on étouffe un peu sous les bons sentiments. Mais bon, allez, pour les mômes c'est pas mal.

01.06.04
Osmose (3/5)

OsmoseDepuis quinze jours, j'ai un peu de mal à trouver des trucs susceptibles de me plaire dans les sorties cinéma, alors je vais voir les films que j'ai ratés au cours les semaines précédentes. Osmose, c'est un peu spécial, parce que je serais allé le voir à sa sortie si j'étais pas tombé plusieurs fois sur des émissions de télé où les acteurs et le réalisateur faisaient la promo de leur film. Déjà, Rachid Djaïdani, je sais pas ce qu'il écrit et il est peut-être très doué et tout, mais quand je le vois faire sa petite tirade de pseudo écroché vif hip-hop de dix minutes chez Ardisson, je suis tellement mal à l'aise pour lui que je suis obligé d'aller faire un tour pour qu'au moins il s'humilie devant une personne de moins. Le plus drôle, c'est que le présentateur et le reste des invités le regardaient comme si des vérités métaphysiques jusqu'alors inconnues sortaient de sa bouche. Et puis bon, le côté DIY du film dont tout le monde nous rebat les oreilles, ça me fait bien marrer. Parce que OK, c'est filmé avec très peu de moyens, mais c'est quand même un tout petit peu hypocrite de dire qu'aujourd'hui tout le monde peut réaliser et diffuser son film quand on en tourne un avec son pote d'enfance Romain Duris. À mon avis, ça a quand même dû peser un peu dans la balance au moment de faire distribuer le film. Enfin bref, je sais bien que tout ça n'est pas très lié à la qualité d'Osmose en elle-même, mais ça m'a mis dans un état d'esprit du genre "eh ben j'irai pas le voir ton film, ducon". Comme quoi, je raconte pas mal de conneries, puisque j'y suis finalement allé.

Donc bon, passé ce petit a priori négatif, je dois bien avouer qu'Osmose est un film sympa. Il s'agit d'une suite de sketches tournant essentiellement autour de la vie quotidienne sentimentale de deux post-ados parisiens. En fait, je sais pas vraiment comment les qualifier et j'expliquerai pourquoi plus tard parce que je suis désordonné. Les titres des sketches sont marrants, et les sketches aussi, en général. Ca se prend pas trop au sérieux, c'est pas si mal filmé (même si la technique a parfois un peu de mal à suivre et que du coup ça sent parfois le flou et les pixels) et les acteurs, y compris Rachid Djaïdani sont excellents, et je pèse mes mots qui n'ont plus que quelques mois pour être beaux en maillot. À travers cette suite de saynètes, Raphaël Fejtö déroule une vision masculine des relations amoureuses assez intéressante et plutôt dénuée des clichés et de la frime habituellement liés au traitement de ce thème. Bon, en même temps, c'est pas absolument inoubliable, mais on passe un bon moment et la cote de sympathie du film est très élevée.

Par contre, il y a un truc qui m'a un peu gêné et qui à mon sens sacrifie l'unité du film pour faciliter le côté comique et la multiplication des scènes : suivant les moments, l'âge qu'on pourrait donner aux personnages varie entre 15 et quasiment 30 ans. Et franchement, autant observer Romain Duris confronté à des problèmes de vie de couple ne me choque pas, autant le voir se branler avec son pote devant un téléfilm érotique d'M6, ça me fait doucement rigoler et j'ai du mal à m'imaginer qu'il s'agisse du même personnage. Mais en même temps, c'est peut-être moi qui sais pas profiter des choses simples et qui suis un vieux blasé des programmes culturels des chaînes hertziennes. Tout ça pour dire qu'il y a une espèce de disparité qui fait qu'on a plus l'impression de voir des sketches séparés mettant en scène des personnages différents qu'une vraie histoire suivant deux protagonistes au quotidien, et que je trouve ça dommage.

Mais bon, malgré tout, je regrette pas. C'est sympa (je l'ai déjà dit, non ?), ça fait de mal à personne, on rigole pas mal et c'est très loin du foutage de gueule. Mais dans le genre ça vaut pas un Chacun cherche son chat, par exemple.

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