G
Cacochyme
bulles

30.07.04
Waving my dick in the wind

Bon, je sais que je néglige un peu ce blog en ce moment, mais moi qui d'ordinaire dors une douzaine d'heures par jour (ou par nuit, selon les périodes), je dois en être à une moyenne de quatre ou cinq depuis quinze jours. Ca a l'air de rien, comme ça, mais ça veut dire que pendant que tout le monde prend ses quinze jours trois semaines de vacances, je débute ma période estivale de boulot et de vie sociale. Donc, forcément, je vais être un peu à la bourre pour Atomik Circus (3.5) et Gegen die Wand (Head-On, 2.5), et je ferai ensuite des commentaires de films sortis quinze jours plus tôt, mais en même temps vous avouerez que vous payez pas cher et que je fais bien ce que je veux. Et puis vous feriez mieux de lire Godspeed, au lieu de vous plaindre.

19.07.04
Duplex (2/5)

Je sais pas quoi écrire iciRien qu'à l'affiche ça avait pas l'air bien, et jamais je serais allé voir Un Duplex pour trois si j'avais pas lu que c'était drôle, méchant, acide, caustique et tout le tralala. Le truc, c'est que c'est pas si drôle que ça et tellement "caustique mais pas trop" que ça en devient chiant.

Donc, dans le rôle des trous du cul de service censés être cools, modernes, cultivés et glamours, on se retrouve avec Ben Stiller qui comme d'hab' en fait des tonnes et Drew Barrymore que j'aime bien mais pas là. Et une vieille aussi, qui va faire la chieuse indémontable de service, comme on en a déjà vu mille fois. Oui parce que l'histoire, c'est celle d'un couple de bobos qui achète un duplex au premier étage duquel vit une vieille reloue (osons les accords en verlan pourri) qui va leur empoisonner la vie et transformer la maison de leurs rêves en enfer. C'est tellement original. Et puis c'est même pas bien fait, on voit tous les trucs venir à l'avance, mise à part peut-être la fin en forme de coup de théâtre moisi.

Bonne nuit.

17.07.04
Hate List

J'aime autant vous prévenir tout de suite, ce post est totalement gratuit. J'accumule les petits trucs qui m'énervent en répétant sans arrêt "putain, faut que j'écrive un truc là-dessus, ça m'énerve trop", et au bout d'un moment, quand la pile atteint une taille respectable, hop, ça sort. Je sais pas exactement comment ça va sortir, si ça sera drôle et constuit ou si ça constituera juste une suite de machins sans intérêt, mais ça va sortir. Juste là.

Alors déjà, mecs de Slipknot, je vous aime pas. Et vos fans me font autant rire que je me fais moi-même marrer quand je repense à ce CD doré de Benny B que j'avais acheté quand j'étais au collège parce que Teeb m'avait fait écouter Do You Speak Martien ? et que j'avais trouvé ça cool. Je sais pas si c'est vraiment utile que j'argumente, mais je vais le faire un peu quand même parce que sinon j'ai mauvaise conscience. Slipknot c'est le groupe poudre aux yeux par excellence. Ils se donnent une image vaguement malsaine avec leurs masques (qui je l'avoue sont assez cools) et leurs thèmes pseudo-nihilistes, mais Brujeria ça a au moins 10 ans et même si c'était pas terrible c'était quand même autre chose. Ils se la jouent "on a 42 batteurs sur scène" mais ils tapent tous au même rythme sur des gros fûts sans que ça ait plus d'intérêt qu'un beat binaire de synthé branché sur un ampli géant. Ils se la pètent extrême alors que j'arrive toujours pas à comprendre comment y a encore des gens qui n'arrivent pas à repérer qu'ils utilisent toujours la même recette avec leurs petits refrains chantés à la merde. Bon en fait, ça m'embête un peu d'avoir parlé de Slipknot pour dire des trucs aussi peu originaux (mais vrais quand même), mais ça fera toujours un ou deux commentaires. Et puis après cette histoire de Fury Fest où ils se sont pris des bouteilles de pisse dans la tête, il fallait que je marque le coup. J'ai aucune affinité particulière avec des mecs qui balancent des bouteilles de pisse sur une scène, hein, mais comme je vois pas bien comment ils ont pu le faire sans s'arroser un peu eux-même, j'estime que c'est équitable et ça me fait bien plaisir que tout ce beau monde ait goûté aux délices de la douche dorée collective.

Je déteste aussi Emma Daumas. Pourtant, a priori, j'avais aucune raison de la détester plus que Jenifer et sa révolution ou Pascal Obispo qui retourne aux guitares en flairant l'air du temps, mais il se trouve que j'ai surpris des gens que je croyais au-dessus de tout soupçon déclarer des insanités du genre "non mais moi la Star Ac', tout ça, je trouve ça à chier hein, mais Emma Daumas, je sais pas, elle fait du bon rock, j'aime bien". Non mais merde, quoi. Je me suis tapé l'album en entier à cause de ces gens là et c'est une fois de plus pas possible qu'ils puissent ne pas se rendre compte du niveau de médiocrité de la chose ! Chaque "riff" de l'album, tout le monde l'a entendu au moins 200 fois. Musicalement, c'est encore plus éculé qu'une rime du groupe Sniper. Les paroles, je sais pas si je dois en parler, vu que la plupart du temps c'est pas elle qui les écrit, mais quand même, je vous file un lien vers celles de Figurine humaine, qui serait le morceau de l'année s'il était ironique. Bon, malheureusement, plus premier degré, tu meurs. Je vous conseille aussi La racaille, où Maxime Le Forestier la fait passser pour l'ultime bad girl en lui faisant dire qu'elle aime la racaille, mais la racaille à la Amélie Poulain, blouson de cuir, couteau et fêtes foraines, hein, la racaille de cartes postales. Bon et puis sinon elle joue un peu la rebelle dans les magazines, normal, elle fait du rock, quand même, et si vous avez l'occasion de lire une de ses interviews, vous en privez pas, parce que c'est vraiment super drôle et plein de phrase du genre "non mais moi tu vois je dis ce que je pense, tu vois, je suis libre dans l'écriture de mes paroles et je dis fuck à la censure, tu vois". C'est chouette quoi. Et puis bon, last but not least, elle passe en concert à l'Elysée-Montmartre, pour un petit supplément de crédibilité. J'espère qu'y aura une ou deux bouteilles de pisse préparées pour l'occasion.

Continuons dans les déjections : les mecs qui ont commis et qui écrivent dans le magazine Choc, je vous hais. Je suis tombé sur ce machin l'autre jour chez Virginie et je veux même pas savoir qui l'a acheté, mais c'est juste incroyable. Déjà, en voyant les pubs dans le métro, je me demandais comment c'était possible : Entrevue, magazine bien connu des gens qui veulent du cul mais ont peur d'affronter le regard du kiosquier en achetant Playboy (non mais vous vexez pas, je comprends, je suis moi-même assez timide), s'apprêtait à lancer un magazine encore plus cru. Ma question du moment était : comment peut-on lancer un mag plus racoleur qu'Entrevue sans y mettre des pleines pages de photos de David Beckham se grattant les couilles en gros plan ou des extraits de caméra cachée chez le gynécologue de Britney Spears ? Eh ben en fait, c'était pas la bonne question. La bonne question c'était, "vont-ils aller jusque là ?", et la réponse, je la connais à présent : c'est "oui". Et encore, mes exemples (dont un seul est fictif) sont softs et relativement intelligents comparés au reste du contenu. L'achetez pas, mais si vous le trouvez dans une poubelle, feuilletez-le, parce que c'est quand même assez exceptionnel.

Bon, je suis presque calmé, là, mais y a un dernier truc qui m'énerve un peu, même si cette fois c'est encore plus gratuit que les précédentes, puisque c'est basé sur une supposition. Quand l'adaptation cinéma de Spiderman est sortie, j'avais aucune envie de la voir. Et puis j'ai lu des bonnes critiques et, comme un con, je me suis dit qu'avec un peu de chance ca serait regardable. J'y suis donc allé et il s'est évidemment avéré que c'était ultra pourri. Et maintenant que Spiderman 2 vient de sortir, c'est encore plus surréaliste. Non mais sérieux, matez les critiques. Je l'ai pas vu, et je sais pas si je vais y aller, mais c'est juste impossible que ce soit un chef-d'oeuvre indiscutable, je peux pas y croire. Donc soit les critiques sont des cons, soit ils sont payés par la prod, soit c'est Allociné qui sait pas compter les étoiles. Donc si quelqu'un l'a vu et veut bien m'en parler, ça m'intéresse. Sinon, j'irai peut-être le voir par acquis de conscience, mais c'est clairement un coup à ce que je me sente comme un fan de Slipknot à la fin de la séance. Pfft.

16.07.04
Fahrenheit 9/11 (3/5)

Now watch this drive !Un tiers de faits révélateurs, un tiers de complète esbrouffe et un tiers d'humour formel irresistible, c'est la recette du dernier cocktail de Michael Moore. J'avais reproché à Bowling For Columbine de prêcher les convertis et de ne pas être aussi sérieux qu'il voulait s'en donner l'air d'un point de vue documentaire (ces histoires de statistiques officielles américaines confrontées à l'avis d'un flic canadien ou de portes ouvertes et de gens qui vous accueillent en souriant quand vous pénétrez chez eux par surprise, notamment) et c'est clairement un commentaire que je ne peux pas faire de la même manière concernant Fahrenheit 9/11. Cette fois, Moore ne cherche pas à camoufler la nature de son film : on est dans le pamphlet, dans l'attaque frontale, dans la campagne électorale pro-démocrate pour la présidence des États-Unis.

Du coup, on a un peu droit à tout. Dans le lot, il y a évidemment des éléments frappants au sujet desquels on ne peut pas accuser le réalisateur de manipuler son audience à coups de montage, parce que ce sont des scènes qui parlent vraiment d'elles-mêmes : celle où Bush adresse une de ces diatribes combatives dont il a le secret à l'égard du terrorisme mondial avant de revenir, avec beaucoup plus de conviction, à sa partie de Golf, est à mon sens l'une des plus parlantes de ce point de vue. On retrouve aussi certains documents qui commencent à être très connus, comme les longues minutes d'attente du Président lorsqu'il vient d'être mis au courant des attaques terroristes du 11 septembre, et on touche là l'un des problèmes du film : sa partie documentaire est un peu faible. Pour peu que l'on ait vu Le Monde selon Bush, de William Karel, on apprend très peu de choses du long-métrage de Michael Moore. Du point de vue de la stricte information, le film de Karel lui est très largement supérieur. Ceci dit, Fahrenheit 9/11 apporte quand même quelques éléments supplémentaires, que se soit sous la forme d'extraits de discours de George W. Bush ou de reportages faits sur lui (la scène de la chasse, le fameux "I call you my base", etc), et s'attaque également à des sujets connexes. J'ai notamment été agréablement surpris par toute la partie sur l'armée américaine (mais une fois de plus, bien des éléments sont applicables aux armées de la plupart des pays du globe), son recrutement, sa composition, la mise en condition des jeune soldats, et leurs témoignages souvent à rebrousse-poil.

Il serait donc vraiment réducteur de nier la portée documentaire du film de Michael Moore, mais il serait aussi bien démago d'en faire des tonnes à ce sujet en ignorant la tendance irrepressible du réalisateur à faire des effets de manches à enrhumer un rhinocéros et à titiller discrètement les glandes lacrymales des spectateurs avec un marteau-pîqueur de deux mètres. On a donc droit à la gueule cassée qui jure avoir voté républicain toute sa vie mais qui n'en peut plus de tous ces mensonges et qui désormais votera démocrate, ou encore à la mère de famille hyper patriote qui a perdu son fils en Irak et nous lit sa dernière lettre au cours d'une longue scène tire-larmes que les bonnes intentions de Moore rendent supportable, mais sur laquelle on aurait craché dans n'importe quel autre contexte pour cause de racolage émotionnel excessif. Ce genre de choses, alliées à des scènes qui auraient facilement pu être remplacées par un écran noir marqué "Votez Kerry", se retrouvent tout au long du film et forment à mon avis son principal point faible : alors que le reste aurait suffit pour qu'on comprenne facilement pour qui Moore souhaiterait voir voter ses concitoyens, le réalisateur choisit de s'apesantir sur ce point et de nous faire des piqûres de rappel bien lourdingues à intervalles réguliers.

Mais heureusement, et c'est à mon avis ce qui fait de Fahrenheit 9/11 autre chose qu'un simple film d'information / propagande, il y a énormément d'humour dans la façon dont le film est monté. Vraiment, de ce point de vue là, il y a des trouvailles absolument géniales. Même si personne n'est dupe, le prétexte du Jury du festival de Cannes pour accorder la Palme d'or au film de Michael Moore n'est pas le plus mal trouvé qui soit. En jouant sur le décalage son / image ("a simple man"), sur des enchaînements hyper efficaces (l'une des scènes les plus fortes du film, montrant le chagrin et la colère d'une femme irakienne dont le village a été bombardé, est immédiatement suivie d'un extrait d'interview de Britney Spears, mâchant bovinement son chewing-gum en déblatérant l'un de ces commentaires totalement plats dont elle a le secret), ou encore en introduisant une ironie irresistible dans ses commentaires (tout le passage sur le Patriot Act et le groupe pacifiste), Moore montre qu'il maîtrise son outil à la perfection et donne par la même occasion à Fahrenheit 9/11 une dimension supplémentaire qui fait en grande partie sa qualité.

Alors bon, on est quand même assez loin de se trouver devant le film du siècle, ses limites étant clairement visibles et en partie assumées, mais on arrive, en piochant çà et là, à trouver suffisamment d'éléments intéressants dans Fahrenheit 9/11 pour ne pas regretter d'être allé le voir. Cela dit, ça reste à mon sens un cran en-dessous de Bowling For Columbine.

14.07.04
Super Size Me (3/5)

Supersize MeDès le départ, j'étais un peu sceptique. J'avais pas mal entendu parler du film avant d'aller le voir et personnellement, un mec qui se bousille à coups de Big Macs, j'avais du mal à y croire, ayant moi même pratiqué la junk overdose à plusieurs reprises. Et en fait, dès le début du film, le biais se confirme : que Morgan Spurlock décide de manger chez Mc Donald's matin, midi et soir, c'est "normal", c'est l'idée de base de son film. Par contre, il y a des précisions à apporter. Déjà, il mange tout ce qu'on lui donne : il met toute la sauce des salades, tout le sirop d'érable sur ses pancakes et accepte à chaque fois qu'on lui propose la Super Size (un truc créé par Satan dans un grand jour : deux litres de coca, 250 grammes de frites et un gros burger, auxquels Spurlock ajoute invariablement un dessert). Ensuite, ça vaut quand même la peine de revenir un peu sur sa vie avant l'expérience et sur ce qu'il change dans ses habitudes à partir du moment où il commence son film. Il passe de repas super équilibrés (il mange de la viande mais sa copine est chef végétalienne) et d'un train de vie assez sportif (les examens qu'il passe chez plusieurs médecins avant de tenter son expérience montrent qu'il est plus qu'en forme) à un régime Mc Do accompagné d'une limite quotidienne de marche à pied. Autrement dit, il porte un podomètre en permanence et, dès qu'il atteint le nombre de pas effectués en une journée par l'américain moyen, il prend un taxi. Notons également que c'est à la base un petit joueur qui vomit son menu après trois jours de régime fast food. Par ailleurs, on peut assez facilement déduire des différentes interventions de médecins et diététiciens qui parsèment Super Size Me que l'effet serait assez proche s'il mangeait tout simplement matin midi et soir au resto, Mc Do ou pas.

Ceci dit, même si le biais est évident, on peut difficilement le lui reprocher, puisque'il le signale lui même dans son film. Alors évidemment, ça limite un peu la portée de cette charge anti-fast food, mais l'intérêt subsiste à plusieurs niveaux. D'abord, c'est assez drôle. Le réalisateur / cobaye ne se prend pas trop au sérieux (ou en tout cas il le cache bien) et ça confère un côté sympa au film, renforcé par l'utilisation de petites animations marrantes destinées à expliquer certains faits un peu durs à digérer à l'état brut (des stats et des calculs caloriques, notamment). Et puis, mine de rien, on apprend pas mal de choses en marge du sujet : que ce soit sur l'industrie agro-alimentaire et ses pratiques, sur la gestion des cantines des écoles américaines (mais je ne vois pas en quoi ce serait fondamentalement différent en France, puisqu'on y retrouve au moins l'une des principales sociétés fournisseuses), sur notre alimentation en général, sur les intéressantes propriétés du sucre ou encore sur la montée des maladies et du nombre de décès causés par l'excès ou le manque d'équlibre de la nourriture qu'on consomme, la somme d'infos est assez satisfaisante. Quant à la qualité de la réalisation, elle réside intégralement dans la transparence que j'ai déjà évoquée : même si on peut ne pas être complètement convaincu par ce que cherche à démontrer Spurlock, on n'a pas vraiment l'impression qu'il essaye de nous manipuler en nous cachant des éléments, ce qui est déjà une bonne chose. Dans le genre, il nous présente même un mec d'une quarantaine d'années (voire un peu plus) qui mange je ne sais plus combien de Big Macs par jour et se porte comme un charme. Et un charme relativement mince, même.

Au bout du compte, le film fonctionne mieux comme un documentaire sur les mauvaises habitudes alimentaires et le manque d'exercice croissants de nos sociétés que comme brûlot anti-Mc Do. D'ailleurs, le truc marrant, c'est que même si Super Size Me m'a un peu fait réfléchir sur ce que j'ai l'habitude de bouffer (même au-delà de la junk food), j'avais une envie phénoménale d'un énorme Big Mac en sortant de la salle. Du coup, je ne sais pas si on peut dire que la mission de Morgan Spurlock est réellement accomplie, mais son film est indéniablement sympathique et intéressant.

13.07.04
Free ?

Y a quelques mois, j'ai changé de fournisseur d'accès, passant d'Easynet à Free, pour des raisons évidentes de coût et de débit. La procédure (du côté de chez Free) a été un peu longue, mais à part ça aucun problème. Ma ligne marche super vite, le téléphone fonctionne, la télé fonctionne. Bref, impec, j'ai pas à me plaindre. Mais entre les problèmes de D.W., ma cousine chez qui la télé ressemble à la démo de Doom 3 sur un Cyrix 166, Léah qu'on force à acheter des Freebox et ce nouveau témoignage ahurissant, c'est vrai que je commence vraiment à douter. Alors je transmets.

10.07.04
Dawn Of The Dead (2.5/5)

Oh my leg !Bon alors là c'est un peu compliqué et j'ai moi-même été obligé de récapituler un peu tout pour me souvenir de quels films j'avais vus et quel était leur contenu respectif. Alors voilà, accrochez-vous : Dawn Of The Dead (en français : L'Armée des morts), c'est le remake du deuxième volet de la trilogie des morts-vivants de George Romero, qui s'appelait exactement pareil en 1978. Ca pourrait être simple, sauf que la VF, elle, s'intitulait Zombie. Le premier volet date de 1968, s'appelle Night Of The Living Dead (La Nuit des morts-vivants) et a fait l'objet d'un remake que j'ai pas vu en 1990 et qui s'appelait pareil en VO. En VF, je sais pas. Après, il y a eu un troisième volet (dont est je pense inspiré 28 Days Later) dont vous pouvez deviner le titre si vous faites un effort, puisqu'il s'agit de Day Of The Dead, alias Le Jour des morts-vivants. Dans celui-là, ça rigole vraiment plus comme vous vous en apercevrez sûrement quand le remake sortira (à moins qu'ils ne s'arrêtent en chemin). Voilà. Donc là c'est le 2 et y a des zombies un peu partout qui veulent bouffer des gens et se multiplier en leur transmettant leur maladie bizarre par morsure (und von küssen wird man schwanger).

L'histoire reste quasiment la même que celle du volet original : un groupe de personnages s'enferme dans un grand centre commercial pour échapper à la fringale des mecs dégueus qui se rassemblent toujours plus nombreux autour de leur refuge. La seule vraie différence se trouve dans l'aspect plus social du film : là où Zombie s'attaquait à la société de consommation, son remake s'attarde plutôt sur les comportements individuels des assiégés. Ce qui aurait été bien, c'est que ça amène un peu plus de finesse dans le traitement, mais c'est malheureusement pas le cas du tout : c'est globalement assez grossier et les motivations et les dilemmes des personnages sont développés comme ils l'auraient été dans un gros blockbuster, à coups d'hésitations bien visibles et de décisions évidentes. On a ainsi droit au gangster qui veut se racheter, au cynique lâche, au loser magnifique, au gros dur intègre et à toute une galerie d'archétypes habituels qui bousillent un peu tout entre deux scènes d'action. Parce que oui, ça me fait un peu mal de le dire, mais c'est bien les scènes d'action, épaulées par quelques touches d'humour noir bienvenues (les jeux sur le toit du centre commercial, par exemple), qui sauvent le film. De ce point de vue, la mise en scène est parfaitement adéquate, les acteurs se prêtent bien au jeu et certaines trouvailles sont relativement enthousiasmantes. En revanche, tout comme l'original et un bon paquet de films d'horreur avec lui, on se retrouve souvent devant des failles béantes dans le scénario : un coup il faut traverser la masse de zombies pour se rendre dans un autre bâtiment, un coup il y a en fait tout un réseau d'égouts utilisable ; un coup les zombies sont stupides et se jettent sur les balles, un coup ils tendent des embuscades. Bref, la liste des incohérences est longue. Je sais bien que c'est pas censé être réaliste, mais c'est à mon sens justement la cohérence qui fait fonctionner ce genre de film où les personnages sont censés n'avoir que très peu (voire pas) de solutions pour s'en sortir.

Malgré tout, il ne faut pas bouder son plaisir : même si la tentative manquée de donner au film un arrière-plan intelligent agace un peu, on ne s'ennuie pas, les acteurs savent rendre leurs personnages attachants malgré leur côté caricatural, et on reste quand même à un niveau supérieur à la plupart des sorties du genre. On est bien loin, par exemple, d'un Jeepers Creepers 2 ou d'un Freddy Vs. Jason. Alors bon, malgré toutes les réserves évoquées plus haut, L'Armée des morts permet de passer un moment bourrin relativement sympa, avec du gros métal qui tache en fond sonore et des zombies qui se ramassent à la tractopelle. Bring'em on !

09.07.04
Casablanca Driver (3/5)

Todo mach !J'ai beau bien aimer les Robin des bois, j'avais eu un peu de mal avec RRRrrrr !. Par contre, ça s'est mieux passé avec Casablanca Driver. Cette fois, c'est Maurice Barthélémy (l'un des Robin) qui se charge de l'écriture, de la réalisation et du rôle principal, tandis que les autres font de petites apparitions à différents moments du film, aux côtés de la bande de potes habituelle allant de Soren Prévost à Alain Chabat (qui commence à m'insupporter mais que j'ai pourtant bien aimé dans ce film). Dans les rôles secondaires, on retrouve également Isabelle Nanty et Dieudonné, dans des personnages cadrant parfaitement avec leur registre respectif habituel, ce qui ne constitue certes pas une prise de risque exceptionnelle mais a le mérite d'être très adapté.

Le thème du film est une espèce de parodie de film de boxe, ou plus généralement de film de sport. Il en reprend le schéma archiclassique habituel : montée en puissance du héros, péripétie dramatique, retour du héros, combat final. Par contre, il prend soin de traiter toutes ces phases d'une manière absurde, comme le réclame le postulat de base : Casablanca Driver, le boxeur interprété par Maurice Barthélémy est absolument nul, mentalement un peu attardé, mais doté d'une volonté irresistible de réussir dans la boxe. Ca pourrait donner un film parodique basique, un enchaînement de gags plus ou moins minables, mais c'est en fait loin d'être le cas. D'abord, Barthélémy prend souvent le spectateur à contrepied en évitant les pièges du genre. Par exemple, on s'attend parfois à assister à un moment de tendresse à l'égard du personnage principal, et le scénario fait en réalité un détour par l'absurde ou le grinçant. Je vais pas prétendre qu'aucun des gags n'est attendu, mais ils sont en grande majorité idéalement amenés. Évidemment, il faut être sensible à ce genre d'humour, mais si c'est le cas on rit vraiment beaucoup.

Ce qui permet aussi à Casablanca Driver de vraiment se démarquer de la comédie simplement parodique à laquelle on aurait pu s'attendre, c'est la patte très personnelle de Maurice Barthélémy. Elle est omniprésente. On la sent dans le traitement des thèmes et des situations, dans la réalisation et le montage vraiment excellents, dans l'interprétation du personnage de Casablanca Driver et, plus globalement, dans tous les coins et les recoins du film (le langage incompréhensible mais en fait si du héros, l'univers américano belge très réussi, le montage, les décalages, etc). Ce mélange de comédie un peu méchante et d'éléments personnels rappelle parfois Bernie, dans un registre un peu moins brut et plus orienté nonsense, détournements divers et détails plus ou moins imperceptibles. Tout ça apporte réellement une dimension supplémentaire au film. On peut accrocher ou non, mais il faudrait une bonne dose de mauvaise foi pour déclarer que Casablanca Driver relève du même niveau de foutage de gueule que RRRrrrr !.

Malgré tout, il manque peut-être à ce premier long métrage la petite étincelle qui le ferait vraiment décoller. On ne s'ennuie pas, on constate clairement la qualité de ce qui est proposé, mais on en aurait aimé un peu plus, soit dans l'intrigue, soit dans l'intensité, soit dans le sens. En l'état, Casablanca Driver, soutenu par une bande originale bien classe, reste néanmoins une excellente surprise, une oeuvre à mon avis prometteuse en ce qui concerne la suite de la carrière du réalisateur, et un film équilibré à la fois ouvert et personnel, ce qui, comme Vincent Gallo pourrait en témoigner, n'est pas aussi simple à faire qu'on pourrait le penser.

05.07.04
Salinui chueok (4/5)

Braddock ! Attention où vous mettez les pieds...Voilà, alors ça c'est le film dont parlait Mélanie dans les commentaires de Deux soeurs. Il s'agit donc d'un film coréen et vachement bien, ce qui fait déjà deux éléments sur lesquels je serai intraitable. C'est basé sur l'histoire vraie d'une des premières enquêtes coréennes sur un serial killer, et cette particularité permet à Joon-ho Bong, le réalisateur, de traiter son sujet sous deux angles simultanément. D'abord, il film un polar brut (on pense à Narc) et efficace, mais il le double d'une espèce de pseud-documentaire sur les méthodes policières coréennes rurales de l'époque et leur mutation progressive, au contact d'un policier de la capitale venu aider les locaux mais également d'une affaire très différente de celles qu'elle avait l'habitude de traiter jusqu'alors.

La mise en scène est vraiment sans fioritures, très proche des personnages et appuyant le côté très réaliste du scénario. Mais sans fioritures, ça veut pas dire qu'elle est sans saveur, bien au contraire : elle contribue à installer l'ambiance particulière du film et fait de certaines scènes (la poursuite du suspect des bois vers l'usine, la scène quasi finale dans le tunner, celle de la mort de Kwang-ho, et des tas d'autres en fait) de véritables petits bijoux. C'est à la fois dur et humain, très précis, très dense et au final bien loin d'être optimiste. Les deux acteurs principaux sont quant à eux exceptionnels, en particulier celui qui joue le flic local et dont je serais bien incapable de vous donner le nom et j'ai beau chercher je ne vois pas grand chose à reprocher à ce Memories Of Murder. C'est peut-être un peu long, avec quelques passages un peu en retrait niveau rythme et intérêt, mais je dis ça essentiellement parce qu'il faut bien dire quelque chose.

Et puis bon, je peux pas terminer cet article sans mentionner le personnage à la Braddock, qui met ses pieds dans la gueule de tout le monde tout au long du film et dont le sort (que je ne peux pas vous révéler) constitue une trouvaille vraiment drôle. En fait, même si c'est un personnage secondaire, il occupe un rôle important par ce qu'il représente (le flic qui ne parvient pas à s'adapter) et par sa fonction que j'hésite un peu à qualifier de comique, parce que l'heure n'est pas franchement à la rigolade, mais qui s'en approche néanmoins par moments. Bref, j'aime beaucoup ce personnage. Mais comme j'aime aussi les autres, ainsi que la mise en scène ultra-dense et le ton sans concession de l'ensemble du film, je vais pas m'étendre deux heures dessus et je vais plutôt me contenter de terminer mon post et d'aller faire une sieste pour pouvoir vous parler plus sereinement de Casablanca Driver et du remake de Dawn Of The Dead en m'appliquant un peu plus, promis.

Le rôle de sa vie (3.5/5)

Le rôle de sa vieBon, je fais rapidos une petite série de films et après je reprends les bonnes habitudes, promis.

Le rôle de sa vie, ça m'a rappelé des trucs que j'ai plus ou moins vécus et du coup ça m'a pas mal interpellé. Y a des tas de trucs bien vus, comme la clique qui tourne autour du personnage interprété par Agnès Jaoui (c'est d'ailleurs assez bizarre d'avoir choisi cette actrice pour ce rôle, mais on peut pas nier que ça fonctionne bien), le cubain qui dort dans l'appart, la déco chère et mal assortie, et tout un tas de trucs plus vrais que nature. Mais bon, même en dehors de ça, l'histoire est suffisamment universelle, les dialogues sont bien écrits, l'interprétation est excellente (et c'est tout aussi valable pour Agnès Jaoui et Karin Viard que pour les seconds rôles) et le tout est relativement fin. Évidemment, on peut regretter ce que j'ai apprécié, à savoir la focalisation du film sur un milieu bien précis et par conséquent le côté un peu hermétique de certains détails, mais il y a largement assez de choses à côté pour malgré tout apprécier le film.

Je suppose qu'il y a plein d'autres choses à dire à son sujet, mais ça fait une éternité que l'ai vu et forcément ça manque un peu de fraîcheur pour que j'aie suffisemment de matière et d'envie pour détailler. Donc on va juste dire que je me fous de la gueule du monde et que je m'arrête là.

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