
J'ai jamais vraiment compris l'espèce d'antagonisme entre les gens qui écoutent du rap et ceux qui écoutent du punk. Pour moi, à la base, c'est la même chose. Pas musicalement, bien sûr, mais dans les racines. Je pourrais développer pendant des heures, mais c'est pas vraiment ce que j'avais envie de faire en commençant ce post, alors je vais juste en venir au fait.
Aujourd'hui, j'ai écouté pour la première fois l'album de Kutmasta Kurt et ses potes, Masters Of Illusion, qui est vraiment très bien soit dit en passant, et j'ai été à la fois surpris et enthousiasmé par le premier morceau. Il s'agit juste d'un monologue de 40 secondes qui commence par la phrase "I have excellent news for the world : there is no such thing as Trip Hop, it does not exist." Et là, les plus fins limiers d'entre vous devraient tilter : en 1981, dans le film The Decline Of Western Civilization, un certain Claude Bessey, chanteur de Catholic Discipline, sortait le monologue suivant :
"I have excellent news for the world. There's no such thing as New Wave. It does not exist. It's a figment of lame kinds of imagination. There was never any such thing as New Wave. It was the polite thing to say when you were trying to explain you were not into the boring old rock 'n roll but you didn't dare to say 'punk' because you were afraid to get kicked out of the party and they wouldn't give you coke any more. There's New Music, there's New Underground Sound, there's Noise, there's Punk, there's Power Pop, there's Ska, there's Rockabilly, but New Wave doesn't mean shit."
On retrouvait d'ailleurs cette citation en intro de la BO. Et maintenant, le texte complet de Figment, le morceau d'Intro de l'album de Kutmasta Kurt :
"I have excellent news for the world. There's no such thing as Trip Hop. It does not exist. It's a figment of lame kinds of imagination. There was never any such thing as Trip Hop. It was the polite thing to say when you were trying to explain you were not into the boring old rock 'n roll but you didn't dare to say 'rap' because you were afraid to get kicked out of the fucking party and they wouldn't let you smoke at their weed any more. There's Hip Hop, there's Rap Music, there's Gangsta Rap, there's G-Funk, there's ???, West Coast, East Coast, Underground, but Trip Hop doesn't mean shit."
C'est pas mortel ?
J'ai hésité, pour le titre. J'aurais pu choisir "l'eau va leur couper la respiration", mais je préfère Electric Dragon 80.000 V à L'effrayant Docteur H. - Mémoires d'un homme difforme. Pour ceux qui se le demanderaient, oui, je fais exprès de citer ces titres sans arrêt.
Pour l'instant, j'ai vu trois films à l'Étrange festival : les deux sus-cités, et Burst City, qui est paraît-il un manifeste punk culte. J'ai d'ailleurs bien aimé la présentation du film par le directeur du festival et le réalisateur, qui nous disait qu'on avait quand même vachement de chance parce qu'on allait voir Burst City dans une version inédite de la mort, alors qu'en fait c'était une version cheap due à des problèmes indéterminés. En gros, ce film est normalement présenté avec deux projecteurs 35mm et un groupe de rock live, et on a eu droit à une version vidéo pixelisée et à un mec qui faisait de l'électro-indus punkoïde sur un Powerbook. Mais bon, passons. Le film en lui même est une espèce de machin ultra sauvage à base de punks chargés par la police qui se révoltent et foutent le dawa dans toute la ville. La musique jouée par le mec dont j'ai oublié le nom (mais je crois que je vais être obligé de le retrouver tout à l'heure parce que j'aurai des choses à dire sur lui) était hyper forte, lancinante, avec d'énormes basses et des bruits parasites. Je pense que le côté inconfortable qu'elle provoquait était voulu, mais je sais pas si l'aspect soporifique l'était aussi. Enfin bref, Burst City, c'est un petit truc vénèr qui se la pète, mais il y a quand même pas mal de choses intéressantes dedans, la plus remarquable étant la façon dont le réalisateur s'est démerdé pour donner l'impression d'avoir un budget "matériel cassé" de dix millions de dollars et un million de figurants, alors que c'était bien loin d'être le cas. Je regrette pas vraiment de l'avoir vu, mais bon, je m'en relèverai pas la nuit non plus. Ceci dit, c'était quand même bien de le voir avant d'aborder Electric Dragon 80.000 V, projeté juste après.
Et là, je sais ce que vous vous dites : "tiens, il change de paragraphe, il va parler d'Electric Dragon". Eh ben figurez-vous que pas du tout, je vais parler de L'effrayant Docteur H., que j'avais vu la veille. Bon, autant le dire tout de suite, j'aurais vu ce film dans un cinéma normal en m'attendant à voir un truc correct, j'aurais un peu gueulé. Mais l'avantage de l'Étrange festival, c'est qu'on s'attend un peu à tout (surtout quand on sélectionne les films comme je l'ai fait, en se basant sur le côté comique des textes de présentation), et que du coup on arrive à relativiser et à trouver des éléments sympas dans le film le plus indigeste du monde. Y a pire que celui-là, hein, mais quand même, si le père Ishii (pas le même que celui du Burst City, qui se prénomme Sogo, alors que celui-ci s'appelle Teruo) s'était dispensé de la longue explication finale de l'effrayant docteur en question et du coup de théâtre totalement à l'ouest qui lui succède, à son tour suivi d'une interminable explication toute en flashbacks, on s'en serait pas plaints. Donc bon, c'est complètement abracadabrant (pas si volontairement que ça), mais il y a deux ou trois trucs sympas, comme le design des monstres, privilégiant l'aspect artistique à l'efficacité des effets spéciaux et quelques phases assez drôles. À signaler aussi, un petit incident-quiproquo après la séance, pendant les questions au réalisateur : un des mecs du public lui a demandé si cette histoire de monstres créés chirurgicalement n'était pas une dénonciation, ou au moins une référence aux expériences chirurgicales japonaises en Mandchourie, ce à quoi Teruo Ishii a répondu qu'il pensait que les expériences en question n'avaient jamais eu lieu. Évidemment, une partie des spectateurs a réagi, ça a commencé à gueuler et Godwin était à la fête, mais heureusement le directeur du festival à calmé tout le monde d'une façon intelligente, en désamorçant le débat et en le remettant à plus tard. Comme quoi, même un film dans lequel un mec avec des mains palmées greffe des femmes à des chèvres peut engendrer des polémiques sur la seconde guerre mondiale.
Et là je sais ce que vous vous dites, et vous avez raison, alors arrêtez de faire les malins, c'est bon. ELECTRIC DRAGON 80.000 V ! Ha ha, non mais sérieux, relisez le résumé dans mon post précédent, quoi ! Ca fait pas envie un film comme ça ? Tout à l'heure je le racontais à JA et Seb (le chef des renois de la Place Rouge) et non seulement ils étaient morts de rire, mais les filles de la table d'à côté aussi. Je vous raconte pas l'histoire à vous, parce que je suis sûr qu'y a plein de gens qui veulent absolument voir ça de leurs propres yeux (mais si), mais croyez-moi, c'est de l'or en barre. Un petit coup de Frenchy Reggae Party après ça et c'est des barres de rire pour toute la journée et des private jokes pour un bon mois. Alors bon, forcément, en lisant le résumé, ça fait un peu mix de film de kung-fu et de série Z, et au final ça l'est un peu quand même, sauf que dans la forme c'est la méga classe. D'abord, c'est super beau. Un noir et blanc magnifique, de l'électricité partout, des moments drôles, des trouvailles esthétiques en veux-tu en voilà, des cadrages qui tuent, un montage à côté duquel la pelleteuse pneumatique Lego Technics te fait marrer, et du style partout. Les deux acteurs sont mortels, tout en gueule et en attitude et le tout est rythmé par une BO mélangeant électro et punk-rock noisy (et quand je dis noisy, c'est pas pour dire "ils ont mis un ou deux effets sur la gratte", c'est NOISY dans tous les sens) et diffusée à un volume quasi assourdissant. Vraiment, ça fait mal à la tête, mais c'est presque agréable, et ça correspond à l'optique sans concession d'Electric Dragon 80.000 V en général. La musique est d'un groupe (ou d'un mec ?) qui s'appelle Mach 1.67 et du mec dont j'avais dit tout à l'heure que je chercherais le nom, ce que je vais faire immédiatement, bougez pas. Bon, en fait je trouve pas, tout le monde dit que c'est Mach 1.67 ou un membre de Mach 1.67, mais son nom correspond pas à celui que j'ai vu au générique. Si quelqu'un sait, j'accueillerai son commentaire avec reconnaissance. Ceci dit, j'aimerais bien écouter plus de Mach 1.67, donc si un gros fou (comme Ptyx) avait ça sous le coude, ça serait cool.
Je suis pas très à l'aise pour donner des notes à ces films, mais disons de manière informelle que si je le faisais, je filerais 1/5 au Docteur H. (et 2.5/5 au second degré), 2/5 à Burst City et 3.5 ou 4/5 à Electric Dragon (sans rire). Ca vous fait une belle jambe.
Ha ha, il faut absolument que vous parle de l'Étrange festival. D'abord parce que j'y vais (5 fois) et ensuite pour vous filer les résumés de certains films qui y passent, parce que ça me fait vraiment marrer, presque autant que les morceaux de la compil' Frenchy Reggae Party que Seb m'envoie régulièrement pour ensuite me téléphoner et me faire partager son fou rire. Il faudra que je vous en parle, de la Frenchy Reggae Party, aussi, histoire de me la péter dans le style vieux syndiqué (vous pouvez pas comprendre).
Alors bon, l'Étrange festival. Moi j'ai déjà vu L'Effrayant docteur H. - mémoires d'un homme difforme, et je vais aller voir Electric Dragon 80.000 V, Crazy Thunder Road, Freakstars 3000, Samaria et soit August In The Water, soit un autre. Pour info, Samaria, c'est le nouveau Kim Ki-Duk et ça a l'air complètement barré. Vous allez voir tout ça dans pas longtemps, parce que je vais vous copier les textes de présentation des films que je trouve les plus drôles. Enjoy (c'est moi qui parle, quand c'est entre parenthèses).
- Apocalypse 2024, de L.Q. Jones : Vic, un jeune homme, et Blood, son chien, communiquent par télépathie. Tout irait bien si Vic ne cherchait une compagne. Blood s'en charge et trouve Quilla. Mais Quilla n'est intéressée que par le sperme de Vic. Une critique post-apocalyptique du matriarcat. (Celui-là je l'ai raté et je suis deg'.)
- Britannia Hospital, de Lindsay Anderson : Un professeur tente de réaliser une opération révolutionnaire : la greffe d'une tête. Un journaliste l'apprendra à ses dépens. (Idem, raté, deg'.)
- L'Effrayant Docteur H. - Mémoires d'un homme difforme, de Teruo Ishii : Victime d'une affreuse malformation physique (NdBrice : il a les mains palmées), un médecin perturbé transforme, sur une île isolée, tous ses congénères en monstres. Un film maudit et toujours banni au Japon. (Je l'ai vu hier. Pour info, il est banni parce qu'il parle de façon politiquement incorrecte de gens difformes. Ca casse un peu le mythe. La vue du film le casse un peu aussi, en même temps.)
- Electric Dragon 80.000 V, de Sogo Ishii : Dragon Eye Morrison, ami des reptiles et guitariste électrocuté lorsqu'il n'était qu'un enfant, est provoqué en duel par Thunderbolt Buddha, fils de la foudre et justicier. Explosif. (Je le vois ce soir, ça a l'air "prometteur".)
- L'Enfer des tortures, de Teruo Ishii : Parce qu'elles ne pensent qu'à comparer leurs clients, leurs tatouages et leurs maisons closes respectifs, des prostituées vont subir les pires tortures imaginables. (J'adore la justification des tortures, et je tiens à signaler que c'est un "drame", pas un "boulard". Celui-là, je vais pas le voir parce que Sophie a peur.)
- Freakstars 3000, de Christoph Schlingensief : Et si Pop Stars et Star Academy avaient pour protagonistes des handicapés physiques et mentaux ? La nouvelle provocation du plus controversé des réalisateurs allemands. (Les mauvaises langues diront que ça doit pas être très différent de la réalité.)
- Kung-Fu Hara-Kiri, de Yasuzo Masumura : Hanzo, un inspecteur au pénis hypertrophié, tente de résoudre une énigme criminelle tortueuse. D'après Kazuo Koike, l'auteur de Baby Cart. Absurde et fascinant.
- Samaria, de Kim Ki-Duk : Yeo-Jin veille sur les intérêts de son amie Jae-Young, une jeune étudiante qui se prostitue. Mais un jour Jae-Young fait une chute fatale et Yeo-Jin, se sentant coupable, décide d'offrir gratuitement son corps aux anciens clients de Jae-Young. Le nouvel opus du réalisateur de Printemps, été, automne, hiver... et printemps.
Ca fait peur, hein ?
Bon alors voilà, en ce moment, je vois plein de filles. En temps normal, je vois un ou deux poilus de temps en temps, toujours les mêmes et entre-temps je fais l'artiste maudit chez moi, ou alors je dors, mais là, hop, je sais pas pourquoi, j'ai vu au bas mot dix filles différentes depuis mon dernier post. On pourrait croire que je vous raconte ça pour faire un peu le malin avant de sombrer dans le reality-show porno, mais pas du tout, parce que premièrement je les touche même pas et deuxièmement je m'emmerde comme un rat mort, en ce moment. À tel point que je suis carrément en train de chercher un vrai boulot. Du coup (je dis "du coup", mais c'est peut-être un abus de langage, parce que je sais pas si c'est la cause ou la conséquence de ce qui m'arrive), je passe mes journées sur Parano. Au début, il faut bien le dire, je m'y faisais bien chier, et maintenant c'est toujours le cas, sauf qu'entre deux longues heures à cliquer toujours sur les mêmes liens pour arriver toujours sur les mêmes pages toujours pas mises à jour, j'ai droit à cinq ou dix minutes de bonheur à lire ou raconter des conneries et que, bizarrement, ça suffit à me pousser à continuer de cliquer une heure de plus. J'ai même discuté avec des gens intéressants que je connaissais pas, ce qui est assez étrange, vu que j'ai quand même tendance à connaître tous les gens intéressants. D'ailleurs, vous devriez me demander de vous faire venir, parce que d'une part ça fait bien dans mon dossier, et d'autre part vous pourriez constater que pendant qu'il ne s'occupe pas de réparer son blog à l'abandon, Ptyx écrit des trucs marrants sur Parano. Vous y découvririez aussi bon nombre de personnages hauts en couleurs et pourrez participer à nos duels de jeux de mots et autres calembours, qui sont, comme chacun sait, les pets de l'esprit, et moi les pets ça me fait rire. Et là, je vous entends déjà piaillier : "ouais, tu pourrais mettre des images", "ouais, on s'en fout, dis-nous ce que t'es allé voir au cinéma", "ouais, t'avais dit que tu parlerais de barbe, on attend toujours". Eh bien sachez que malgré toutes ces phrases d'un simplicité syntaxique navrante que vous m'assénez, je tiendrai bon, et vous répondrai du tac au tac : "Ouais, ben minute, je voulais parler d'autre chose avant".
Parce que figurez-vous que pendant que vous m'envoyiez des milliers de mails alarmés me demandant pourquoi j'avais pas posté depuis plus d'une semaine, je me réunissais à plusieurs reprises avec mes "compagnons de conspiration" (pour reprendre les termes couramment utilisés à notre propos), pour finaliser le site web du Très Secret Et Très Craint Gnobertürdan ("gu-no-bère-turdane", au cas où). J'ai donc passé plusieurs heures avec Émiliano, Dog et les autres, et ça devrait bientôt être prêt. J'ai fini ma part du boulot, Dog finalise la mise en page et Émiliano a déterré un texte qu'il avait écrit il y a quelques années pour servir d'intro et faire patienter les visiteurs. Quant aux autres, ils attendent que le squelette soit finalisé pour commencer à participer au contenu. Je peux pas vous dévoiler exactement en quoi consiste ce site, mais si vous êtes familiers des bouquins d'Émiliano Otero ou du culte de Reid, vous devriez rapidement y trouver vos marques et, qui sait, peut-être finirez-vous par nous rejoindre. Sinon, démerdez-vous. On ne peut expliquer le Gnobertürdan qu'à ceux qui ont déjà compris de quoi il s'agissait. Voilà, si vous avez tenu jusque là en attendant que je parle de films, vous avez bien fait, parce que ça vient maintenant.
The Cooler (3/5) : celui là, je l'ai vu y a mille ans, alors m'en voulez pas trop si c'est pas très précis. En France, il s'appelle Lady Chance. L'idée est bien sympa, je trouve : un Casino de Las Vegas, tenu par un mec à l'ancienne (le genre qui vous casse les genoux à coups de cric), emploie Bernie Lootz (William Macy) comme "cooler", c'est à dire comme porteur de poisse. Dès qu'un client est un peu trop chanceux et menace de coûter un peu cher à l'établissement, Bernie se rend à sa table et le fait perdre, par une sorte d'aura d'anti-moule naturelle. Et bon, après il se passe plein de trucs qui font que Bernie voit cette aura varier, ce qui a pour conséquence plus ou moins directe de lui amener des emmerdes. Parmi ces trucs, il y a une femme dont il tombe amoureux, jouée par Maria Bello qui était, tout comme l'acteur principal sus-cité, au casting d'ER. Bref. Le truc intéressant, c'est que le film peut évidemment être vu comme une espèce de polar sans flics assez sympa mais finalement très convenu, mais aussi comme une mini-réflexion sur le côté très relatif de la chance et de ses variations. De ce côté là, on peut le rapprocher d'Intacto, en moins abracadabrant. Ajoutons à ça le fait que les acteurs sont très en forme, y compris Alec Baldwin (eh ouais) qui joue le patron du casino et une petite intrigue secondaire autour de son personnage et je pense que j'aurai suffisamment d'éléments pour dire que The Cooler est "pas mal quand même".
Ils se marièrent et eurent beaucoup d'enfants (3.5/5) : Je crois que je l'ai déjà dit plein de fois, mais je le répète : j'adore Charlotte Gainsbourg. Et c'est même pas une histoire de nostalgie vis à vis de films comme La petite voleuse ou L'effrontée, parce que je la préfère cent fois adulte. Si je dis ça, c'est parce que ça a évidemment beaucoup influencé ma vision du film, d'autant plus qu'on sent qu'Yvan Attal ne la filme clairement pas comme n'importe qui (ce qui est logique, mais mérite néanmoins d'être signalé). Cela dit, le film est très inégal. Il y a des scènes d'une justesse et d'une finesse limite mortelles, d'autres qui sont simplement cool (je pense à l'espèce de clip de Radiohead au Virgin, qui fait un peu "trop" mais que j'ai finalement bien aimé), et à côté il y a des personnages caricaturaux au possible (au premier rang desquels figure celui du célibataire-niqueur) et des scènes vraiment bateau ou exagérées qui cassent un peu tout. Enfin, je regrette un peu le coup de flippe du réalisateur, qui devant l'ampleur de son sujet préfère ne pas prendre parti et renvoyer tout le monde dos à dos plutôt que de risquer de dire une connerie ou de fâcher des gens. Moi je dis : petit slip, Yvan, sur ce coup-là. Sinon, je veux quand même souligner la bonne performance générale de la plupart des acteurs, et en particulier de Charlotte Gainsbourg (évidemment) et d'Alain Chabat, avec qui mon rapport amour / haine ne cesse de s'amplifier chaque jour.
Hae anseon (2/5) : J'avais été bien bluffé par le précédent film de Ki-Duk Kim à sortir en France (qui en fait est chronologiquement postérieur à celui-là), Printemps, été, automne, hiver... et printemps, notamment par son esthétique hyper léchée et son côté très maîtrisé, et j'étais du coup impatient de voir ce que donnait ce Coast Guard. Malheureusement, j'ai été un peu déçu. Je vais pas récrire la critique de Godspeed, avec laquelle je suis assez d'accord, donc il vous suffira d'aller la lire et d'en rajouter une couche de ma part au niveau des éléments incohérents ou brouillons. Par exemple, cette histoire d'ex-soldat qui vient faire chier le monde pendant dix ans sans que personne ne le fasse arrêter, ça va un moment, mais ça devient vite saoulant. En tout cas, c'est marrant de voir le contraste entre The Coast Guard et Printemps, été, automne, hiver... et printemps, et j'avoue être assez surpris par cette différence de maîtrise. J'espère aller voir le dernier film du réalisateur à l'Étrange festival pour voir ce que ça donne, mais j'en parlerai après sinon c'est le bordel.
Wu jian dao (4.5/5) : Je suis pas super fan des archétypes de films policiers de Hong-Kong et j'ai tendance à regarder les fans de John Woo d'un air goguenard en chuchotant des mots incompréhensibles comme M:I2 et Face/Off, mais là c'est vraiment différent. En effet, ce Infernal Affairs (le titre international que personnellement j'arrive à prononcer bien plus facilement) se situe assez loin des clichés du genre, et on peut en fait plus le rapprocher d'un bon vieux polar à l'américaine, à l'époque où on pouvait en faire sans qu'ils contiennent forcément toutes les figures imposées des blockbusters actuels. Bon, évidemment, y a plein de différences, on sent bien que le mec qui l'a réalisé n'avait pas un Stetson sur la tête et une bouteille de Jack Daniel's dans la poche revolver, mais on sent aussi qu'il voulait donner naissance à autre chose qu'à un cliché de film de Hong-Kong. Donc ça c'était déjà un bon début pour me motiver, mais les auteurs et les réalisateurs du film (qui font tout par équipes de deux) ne s'en sont pas contentés : ils ont aussi pondu une petite intrigue bien chiadée, assez peu prévisible et des ressorts quasiment tous basés sur la psychologie, les dilemmes et les choix des personnages. Mine de rien, c'est assez impressionnant, cette façon de nous faire rentrer dans la tête des protagonistes principaux tout en gardant une part de mystère suffisante pour placer un ou deux coups de théâtre bien classes ici et là et maintenir l'incertitude et le suspense, qui restent omniprésents jusqu'à la fin. Par ailleurs, c'est vraiment, à mon sens, le traitement idéal pour ce genre d'intrigue : un flic est infiltré dans la mafia et une taupe de la mafia occupe un poste important dans la police, chaque camp essayant de démasquer le gêneur. Tout se passe dans la tête, dans la prévision de ce qui se déroule dans celle de l'adversaire, etc. C'est super bien foutu. Et à côté de ça, le duo d'acteurs principal est exceptionnel, c'est filmé avec beaucoup de classe même dans les passages un peu clippés, et la BO qui mélange musique traditionnelle et éléments bien rock (parfois dans le même morceau) soutient parfaitement l'ensemble. Au final, je crois que Infernal Affairs est un des meilleurs films que j'ai vus cette année.
Clean (4/5) : Encore une surprise. Parce que bon, Olivier Assayas, il est peut-être très cool et tout, mais moi Demonlover ça m'a donné envie de lui faire le coup du sac à patates tellement j'ai trouvé ça chiant, approximatif et démagogico-bien-pensant. Et puis bon, Maggie Cheung, je suis pas spécialement fan non plus. Et comme l'intrigue se résume un peu (en étant salaud) à la sortie de la drogue d'une espèce de meuf traînant dans le milieu du rock plus ou moins indé, je craignais vraiment le pire. Et pourtant, voilà, j'ai beaucoup aimé. Parce que, d'abord c'est bien filmé, et pas uniquement au sens "waaah mais regarde c'est un seul plan-séquence et c'est filmé à l'envers et il la viole avec une bite en plastique", mais au sens où c'est super dur de faire un film sur ce thème sans tomber dans le pleurnichard ou le hype de base, et que de ce point de vue là Olivier Assayas s'en sort magistralement. C'est vraiment subtil, pas si "voyeur", on évite les clichés de base sur les crises de manque, la rechute et tout ce qu'on voit habituellement dans tout ce qui traite de ce thème. Maggie Cheung est bien, plus ça va plus j'aime Nick Nolte et globalement, c'est tellement simple, sensible et bien fait que je suis rentré dedans avec plaisir. La BO est cool, aussi. Un Peu Vincent Gallesque. Bon, je dois quand même vous prévenir que Virginie, avec qui je suis allé le voir, a trouvé que ça ressemblait à un Mercredi de la vie de France 2, mais je crois que cette fille est tout simplement insensible (je pense que ça devrait provoquer un commentaire, ça, à moins qu'elle prenne exprès le contrepied). Enfin voilà, quoi, j'ai rien de plus à dire alors je passe au film suivant, après quoi j'aurai rattrapé mon retard avec brio (et difficulté).
I, Robot (2.5/5) : Bon ben là, c'est pas compliqué, je suis à 100% d'accord avec Godspeed, qui avait vu le film à sa sortie, lui. Je me disais "bon je vais relire sa critique, j'ajouterai un ou deux trucs et je me démarquerai sur deux ou trois autres", mais en fait non, si j'avais écrit mon commentaire avant le sien, il aurait dit exactement la même chose (sauf si j'avais oublié un truc, évidemment). Donc voilà, une fois de plus, lisez Godspeed. Allez, pour la forme je dirais juste que la séquence de la pousuite m'a un peu saoûlé, perso, mais sinon : pareil.
Bon, je pense que c'est suffisamment indigeste comme ça, alors je m'arrête là et j'essaye d'être plus régulier à l'avenir. Ou pas.