G
Cacochyme
bulles

25.11.04
She Hate Me (3.5/5)

She Hate Me Décidément, même quand il nous pond un film un peu fourre-tout et incontestablement brouillon, j'aime beaucoup Spike Lee. En général, lorsque je vois un film à thèse, un minimum contestataire, ou simplement un film développant des idées qui se veulent plus ou moins atypiques, j'ai tendance à me dire, que je sois d'accord ou pas sur le fond, que je connais déjà les idées en question, que je peux les rattacher à des éléments connus et même, souvent, que l'auteur ou le réalisateur prêche les convertis. Je suis un peu blasé, quoi, même quand ça m'intéresse. Par contre, les films de Spike Lee me font fréquemment l'effet inverse : ils me provoquent, remuent des trucs dans ma tête et, même quand au final la thèse ne me choque et ne me surprend pas, la façon qu'il a de présenter les choses amène mon esprit à se tortiller de façon stimulante. Et c'est d'autant plus balaise à mes yeux que, dans le cas présent, il nous parle d'enfants dans des couples homosexuels, de sexisme et de la pregnance de l'argent dans le monde actuel, sujets déjà traités des millions de fois en long, en large et en travers par le quart de la population terrestre.

Mais bon, ne nous leurrons pas, malgré cette patte que j'adore, She Hate Me ne manque pas de défauts. D'abord, c'est un foutoir innommable (dans tous les sens du terme). Le film comprend plusieurs intrigues qui se recoupent à des moments mais donnent à de multiples reprises l'impression d'être liées très artificiellement. Cela se manifeste par exemple dans une partie du discours de Jack pendant son procès, qui tombe un peu comme un cheveu sur la soupe, mais on s'aperçoit aussi de ce problème dans plusieurs scènes du film. Heureusement, malgré ce défaut évident, le fourmillement d'idées et de scènes parallèles qui en découle partiellement permet au film de garder un rythme soutenu et de ne jamais devenir ennuyeux, malgré sa durée relativement longue (plus de deux heures et quart). On trouve également, comme souvent chez le réalisateur, un certain goût pour la provoc facile, qui se révèle parfois énervant mais qui a ici le bon goût de se transformer en petits gags sans conséquences au milieu de scènes plus réléchies et de piques bien plus profondes.

Et puis, au milieu de ce chaos permanent parvenant tant bien que mal à faire avancer le sujet, on trouve quelques purs moments de bonheur, dans des registres très différents. Tout à tour, le film de Spike Lee se révèle bourré d'intelligence (notamment dans sa façon de mêler la "petite histoire" des États-Unis à ses prises de positions pour les illustrer et leur donner tout leur poids), expert en contrepied (l'histoire du black musclé et super éduqué, au sexe impressionnant, qui se fait payer des fortunes pour mettre enceintes des lesbiennes à raison d'une demi-douzaine par soir, qui démarre comme une grosse farce machiste et qui se transforme petit à petit en charge féministe sur le mode de White Man's Burden) et doué d'un humour corrosif plongeant parfois avec brio dans le délire pur et simple (la surréaliste scène du Watergate avec apparition finale d'Oliver North). Je pourrais mentionner bien d'autres moments forts du film, comme la scène où John Turturro, qui incarne un membre de la mafia, nous offre une petite imitation du Parrain de Coppola, mais je finirais par tout spoiler comme un gros sale. Enfin bref, rien que pour ces moments là, She Hate Me vaut le coup. Et pour ne rien gâcher, il y a également, saupoudrés tout au long du film, la vision atypique de Spike Lee sur la société américaine, un humour faisant souvent mouche, même s'il devient parfois un peu répétitif (les spermatozoïdes), une mise en scène inventive et, bien sûr, cette capacité dont je parlais plus haut à faire réfléchir le spectateur en le pinçant plutôt qu'en le prenant par la main.

Alors bon, îl ne faut pas non plus s'emballer : on est loin de la maîtrise sereine de 25th Hour et certains des défauts que j'ai évoqués sont quand même un peu gênants, mais She Hate Me demeure un film réjouissant qui se démarque sur bien des points de la masse des films actuels, et ça, vous l'aurez compris, ça me plaît bien.

21.11.04
En avance sur leur sortie en DVD

Bientôt Noël et vous êtes déjà tous en train de vous demander ce que vous allez pouvoir offrir aux membres de votre entourage trop éloignés pour savoir exactement quoi leur acheter et trop proches pour faire semblant d'avoir oublié. Heureusement, j'arrive et, pour vous aider, je vous parle de six films tellement en retard qu'ils vont probablement pas tarder à sortir en DVD. J'en profite aussi pour vous signaler, au cas où vous auriez envie de m'envoyer une carte postale de félicitations, que ce blog a officiellement deux ans et officieusement deux ans et demi. Bon, trêve de mondanités, passons aux choses sérieuses (quoique bâclées).

Un crime dans la têteThe Manchurian Candidate (3/5) : remake d'un film de John Frankenheimer par Jonathan Demme, réalisateur du Silence des agneaux, Un crime dans la tête comportait plein d'éléments susceptibles d'emporter mon adhésion totale, à savoir de l'hypnose, de la manipulation mentale, des théories conspirationnistes et des machinations politiques. Par contre, il avait aussi quelques défauts, parmi lesquels on peut citer Denzel Washington, que j'ai beaucoup aimé dans certains films et à qui je reconnais d'indéniables qualités d'acteur, mais qui m'énerve considérablement par sa propension à jouer les bons noirs intègres de service, militaires de préférence. Dans ce film, donc, mon pote Denzel joue le rôle d'un militaire américain intègre (on se refait pas) qui se retrouve impliqué dans une conspiration politique mêlant manipulation mentale, hypnose, chirurgie cérébrale et Meryl Streep. Je me moque un peu, mais en fait c'est plutôt bien ficelé, même si on ne peut s'empêcher, au final, de se laisser aller à un "tout ça pour ça !" de rigueur. À mon avis, y avait largement moyen d'épurer un peu tout ça en virant les éléments les moins crédibles du scénario (les puces et les implants cérébraux, notamment) et en se concentrant sur l'hypnose et les aspects politiques de l'histoire, qui auraient gagné à être creusés davantage. Mais bon, ça reste plutôt sympa et Denzel Washington m'a pas tant énervé que ça, ce qui est plutôt bon signe.

I can't dance Genesis (2.5/5) : écrit et réalisé par Claude Nuridsany et Marie Pérennou, auteurs et réalisateurs de Microcosmos, Genesis raconte l'histoire de la vie en filmant des éléments actuels et en s'appuyant sur un texte plus ou moins métaphorique permettant d'illustrer le propos par des images de grenouilles et de périophtalmes sans avoir l'air trop cheap. Ca marche plutôt bien, le commentaire est moins artistico-naze qu'on aurait pu le craindre et les images sont clairement magnifiques. On reste un peu en-dessous de Microcosmos ou de Deep Blue de ce côté là, mais c'est quand même très beau. Par contre, si vous vouliez en apprendre beaucoup sur la vie et l'évolution, passez votre chemin. Je ne suis pas sorti plus cultivé de la séance de Genesis, mais la beauté et l'humour des images ont suffi à me faire passer un moment plutôt agréable.

Quand la mer monte Quand la mer monte (3/5) : j'ai été un peu déçu par ce film, dont j'attendais beaucoup de fantaisie et d'originalité et qui n'est au final pas beaucoup plus que le récit d'une histoire d'amour légèrement atypique. Il y a magré tout une subtilité assez touchante dans la manière de filmer et de raconter de Yolande Moreau et c'est cet aspect de Quand la mer monte, combiné à la spontanéité des acteurs, qui fait que j'ai quand même apprécié l'ensemble. Par contre, j'ai un peu de mal avec cette espèce de pseudo-poésie populaire sur fond de fanfare du village et de moustaches parsemées de mousse de bière, qu'on retrouve sous une autre forme dans le film de Jeunet et que je ne peux m'empêcher de trouver un poil démago. Je sais bien que l'intention (en tout cas dans ce film) est tout autre, mais même. Bon, et puis pour finir sur un note un peu positive, j'ai beaucoup aimé la fin, aussi fine que le reste.

Je disais l'anarchie vaincra et je me suis pris une claque Un long dimanche de fiançailles (4/5) : je flippais vraiment d'être très déçu en allant voir ce film. J'avais lu plein de trucs, des critiques, des posts de blogueurs, un ou deux articles et tout ce que je craignais y était rassemblé, souvent en plusieurs exemplaires. Et pourtant, malgré mes réticences, malgré mon a priori négatif, j'ai beaucoup aimé ce Long dimanche de fiançailles. Alors bon, OK, le filtre jaune sur le "présent" est un peu naze, mais n'importe qui d'autre que Jeunet aurait fait la même chose, personne ne s'en serait plaint. Là, il se trouve que ça fait un peu redondant avec l'atmosphère d'Amélie Poulain, et que cette impression est encore renforcée par la façon dont le narrateur s'attarde sur des tas de petits détails du quotidien, élement qui faisait lui aussi en grande partie l'indentité du précédent long métrage du réalisateur. Cela dit, je ne vois pas de raison intrinsèque de critiquer ces détails, à part pour dire que Jean-Pierre Jeunet joue la sécurité en réutilisant les recettes qui ont bien fonctionné avec Le fabuleux destin d'Amélie Poulain. Par contre, à côté de ça, des risques, il en prend. La plupart des films basés sur le concept narratif d'Un long dimanche de fiançailles, à savoir la révélation d'une histoire par petits bouts, parmi lesquels certains sont faux et se trouvent démentis plus tard par un nouvel intervenant, deviennent chiants et / ou énervants très rapidement, ce qui n'est absolument pas le cas ici, le récit étant vraiment super bien mené. Par ailleurs, comme d'habitude, c'est filmé avec beaucoup de maîtrise et d'ingéniosité, rempli de plans magnifiques (abusant cependant parfois un peu du numérique) et esthétiquement souvent impressionnant (même si, OK, l'idée du filtre jaune n'est pas forcément la trouvaille du siècle). Et à côté de ça, on a un choix et une direction d'acteurs quasiment irréprochables (la plus grande faiblesse dans ce domaine étant probablement, de façon ironique, Audrey Tautou, que j'aime bien mais qui se voit cantonnée dans un rôle très proche d'Amélie Poulain), des poilus vraiment très classes (si on peut dire) et très peu de personnages fades. On a aussi beaucoup reproché à ce film son manque d'émotions et une fois de plus je ne suis pas du tout d'accord. Si l'émotion, dans un film, passe par une montée de violons au moment propice, des gros plans tire-larmes et du pathos étalé façon marée noire, alors OK, Un long dimanche de fiançailles est totalement insensible. Mais personnellement, je trouve qu'il y a, par exemple, beaucoup plus de sensibilité dans le récit du personnage de Clovis Cornillac que dans la plupart des scènes répondant à ces critères. Enfin bref, j'ai beaucoup aimé, et j'avoue que j'ai un peu de mal à comprendre la façon dont certains critiques s'évertuent à trouver des tas de défauts à ce film, pour finir par avouer en traînant les pieds que ouais, c'est quand même pas mal, on peut pas dire le contraire. Pour moi, c'est juste un très bon film. J'espère juste que Jeunet va un peu changer de registre pour le prochain.

Bon, voilà pour le courrier en retard, rogntudjû. Mais j'ai aussi des trucs au rayon frais.

Dogora Dogora (2/5) : parfois, on se laisse entraîner dans des trucs pas croyables, et c'est souvent la faute de jolies filles. Par exemple, moi, je suis allé voir Dogora alors que, étant sujet quelques heures plus tôt à l'une de ces fréquentes et violentes migraines dont j'ai le secret (mais je vous le donne si vous voulez), j'avais ingurgité une demi-douzaine de grammes d'ibuprofène, détail qui se révèlera fatal dans la phrase suivante. Soyez prévenus : mon commentaire se base sur la dernière heure de ce documentaire de 80 minutes, étant donné que j'ai lutté contre le sommeil pendant les vingt premières et que j'ai pas remporté tous les rounds. Ceci dit, je pense pas que les minutes en question soient foncièrement différentes des suivantes. L'idée de Patrice Leconte était, si je ne m'abuse, de filmer plein de trucs au Cambodge et d'en faire un super beau film accompagné d'une musique originale tout aussi belle et de faire ressortir le poète et l'esthète qui résident en lui sans payer de loyer. Et bon, indéniablement, c'est beau, plein de plans mortels, de couleurs chatoyantes, de tristesse, de fatalisme et d'espoir et on sent que le réalisateur s'est fait plaisir et maîtrise un peu son boulot, mais ça reste à mon sens un peu plat. Y a pas vraiment de sens (ou alors il est super bien caché, ou dilué dans l'ibuprofène, hypothèse peu probable mais que je me dois néanmoins de mentionner) et surtout, malgré leur beauté graphique, je trouve que les images de Dogora, à quelques exceptions près, manquent un peu de force. Ce problème ressort d'autant plus qu'il contraste avec la qualité de la musique d'Étienne Perruchon, qui sauve véritablement le spectateur de l'ennui qui le guette au milieu de chaque séquence. Ca peut sans doute plaire à des personnes shootées à la contemplation, mais personnellement, si l'on excepte quelques passages ingénieux, j'ai pas trop accroché.

Nobody Knows Dare mo shiranai (3/5) : l'histoire, tirée d'un fait réel, est singulière : au Japon, quatre enfants sont livrés à eux-mêmes dans un appartement, sous la tutelle de l'aîné âgé de douze ans, alors que leur mère les a abandonnés pour une durée indéterminée en leur laissant un peu d'argent pour subsister jusqu'à son retour. Le réalisateur a choisi de filmer cette histoire d'un point de vue assez neutre, en suivant Akira, l'aîné, dans ses pérégrinations pour subvenir aux besoins de son frère et de ses soeurs. Yûya Yagira, qui joue Akira, est clairement l'un des points forts du film, qui souffre par ailleurs de nombreuses longueurs et même d'une durée totale un peu excessive (deux heures vingt). Dans le même genre, le réalisateur a tendance à pas mal appuyer sur certains éléments alors que le spectateur les avait compris très rapidement, ce qui est à la fois frustrant et, disons le, un peu chiant quand même. Au final, je regrette un peu ces longueurs et le côté évident de la "morale", mais en étant relativement en forme c'est un film plutôt sympa, pas si mal foutu et très bien interprêté.

Coming soon : She Hate Me et House Of Flying Daggers. Ouais, je suis comme ça maintenant, je tease.

15.11.04
Procès La Rumeur

Oui bon alors rapidement, mais c'est assez étonnant pour être signalé : il y a eu un compte-rendu du procès Ministère de l'Intérieur contre Hamé du groupe La Rumeur en une des sites web du Monde et de Libération. Et en plus ça s'est pas mal passé.

12.11.04
Take back the web

Take back the web

Il y a environ cent mille raisons de préférer Firefox à IE. Il y a la raison éthique, évidemment, mais aussi toutes celles qui découlent de ce comparatif (et même d'autres encore, si vous voulez tout savoir). Ca fait un moment que j'ai opté pour ce navigateur et que je l'utilise par défaut sans aucun problème, préférant de loin les différentes évolutions de sa version beta à Internet Explorer. Et depuis, je ne vous le cache pas, je nage dans la félicité, les filles se pendent à mon cou et les plantes arrêtent de mourir autour de moi. Pourtant, malgré l'amour inconditionnel que je vous porte à tous, j'hésitais à pratiquer un prosélytisme trop intensif, d'une part parce que je n'étais pas certain que vous soyiez psychologiquement prêts à accéder à tout ce bonheur, et d'autre part parce que Firefox était encore en version beta ou RC et que je sais que vous avez parfois un peu de mal à gérer tous ces logiciels que vous installez et qu'après vous m'appelez pour faire disparaître ces popups vantant les mérites des casinos online ou régler cet incommodant problème de reboot intempestif toutes les vingt secondes. Mais rassurez-vous, tout cela est bien fini, car Firefox est maintenant disponible dans sa version 1.0 et ce dans un nombre de langues impressionnant, ce qui est toujours bien pratique pour tout un tas de raisons plus ou moins avouables.

Bref, je pense que vous avez compris le message : téléchargez Firefox 1.0 et votre vie sera plus belle que la plus belle de vos copines.

10.11.04
Mise à jour de la CacoRadio

Bon, voilà, c'est fait. J'ai ajouté les morceaux suivants :

- The Eighties Matchbox B-Line Disaster - Puppy Dog Snails : j'ai choisi celui-là parmi 13 morceaux mortels et tous différents parce qu'il a une espèce d'ambiance bizarre qui cadre bien avec les paroles décalées, parce qu'il est un peu plus écoutable par tout le monde que les autres et surtout parce qu'il fallait bien trancher, à un moment. Et puis si vous allez sur le site du groupe, il y a quelques secondes de pré-écoute de Mister Mental, qui est sur le même album, et d'autres morceaux a priori inédits (ou qui en tout cas ni figurent ni sur Horse Of The Dog, ni sur The Royal Society).

- NoMeansNo - Two Lips, Two Lungs And One Tongue (Live) : ce morceau est tiré de l'album Live & Cuddly, qui est bien mais ne rend pas, loin s'en faut l'atmosphère intense des concerts du groupe. Le truc marrant, c'est qu'ils ont l'habitude de couper ce morceau en deux au moment du solo pour y insérer quelque chose. Ici, c'est un petit monologue marrant du guitariste, et pendant le concert au Nouveau Casino, c'était une reprise que je connaissais pas. Après la petite digression, ils repartent et finissent le morceau. À l'origine, Two Lips, Two Lungs And One Tongue figure sur l'album Wrong.

- Jello Biafra & The Melvins - Dawn Of The Locusts : l'album Don't Breathe What You Can't See étant bien plus influencé par le background de Biafra que par celui des Melvins, je mets dans la radio le seul morceau auquel on pouvait s'attendre en apprenant cette association. Et je le mets pas parce qu'il est prévisible, je le mets parce qu'il tue.

- La Rumeur - Paris nous nourrit, Paris nous affame (featuring Serge Teyssot-Gay) : j'ai finalement choisi ce titre parce que chaque membre du groupe y participe. Dans l'ordre, on a donc Ékoué, Philippe, Mourad et Hamé, dont j'adore une fois de plus la contribution. Et quelques petits riffs de Serge Teyssot-Gay.

I've got music pounding in my head

En ce moment, si ma vie cinématographique est un peu pourrie, je dois dire que côté musique c'est plutôt le contraire. Déjà, deux concerts en une semaine, alors que ça faisait super longtemps que j'étais pas allé en voir un. Et pour ne rien gâcher, les deux étaient bien.

Le premier, c'était NoMeansNo au Nouveau Casino et sans exagérer c'est un des meilleurs concerts auxquels j'aie assisté. C'est marrant, d'ailleurs, je crois que je suis super sensible aux shows hyper intenses sans pour autant que les musiciens sautent partout et donnent des coups de pied dans le vide. J'aime bien aussi, mais si je pense aux concerts qui m'ont le plus marqué, les premiers qui me viennent à l'esprit sont celui dont je parle actuellement, et celui d'Henry Rollins à l'Élysée-Montmartre, pourtant à la sortie d'un album pas top (Get Some Go Again). Ca me dégoûte d'ailleurs d'autant plus de pas l'avoir vu à l'époque de The End Of Silence, ça devait être énorme. Enfin bon, la fois où j'étais présent, la salle n'était même pas à moitié pleine, le public ne bougeait pas beaucoup, Rollins était planté sur le devant de la scène, quasiment à poil, un pied sur les enceintes de retour, et il a fait 80% du concert dans cette position (et quelques acrobaties à droite à gauche pendant les parties intrumentales). Et pourtant, y avait une intensité assez bluffante là dedans, un truc qui jouait de la scie sauteuse au fond de mon bide et qui m'a véritablement scotché. NoMeansNo, c'était pareil, mais avec une salle moitié moins grande (et pleine), un public bien dedans et trois Rollins sur la scène. En live, ce groupe que j'adore déjà sur album est tout simplement exceptionnel. Les musiciens ne perdent rien de leur virtuosité (mention spéciale à John Wright) et l'énergie déployée est phénoménale, encore une fois sans avoir à sauter partout. L'ambiance était mortelle, on a eu droit à trois rappels, à des dizaines de morceaux tirés de façon à peu près équitable de chacun de leurs albums (y compris de celui à venir), à quelques reprises (les Ramones ont évidemment été à l'honneur) et à quelques vannes bien marrantes. Et le truc cool avec les mecs de NoMeansNo, groupe qui n'a jamais connu de succès transcendant et ne sort jamais de véritable single, c'est qu'ils peuvent piocher dans leurs nombreux morceaux sans qu'un concert ne ressemble à un autre, sans être obligés de jouer tel ou tel incontournable, et tout cela en gardant un niveau de qualité à faire rêver 95% des groupes de la planète. Bref, ça tuait. Vous êtes vraiment cons de pas être venus (à part Sophie qui connaissait pas le groupe et qui a pas trop accroché, mais qui fait de la gym avec des vieilles en guise de pénitence). Ah oui, et la première partie c'était Ford Pier, un autre canadien, et c'était sympa, surtout quand il a été rejoint sur scène par un bassiste et John Wright à la batterie.

Le deuxième concert, c'était un bout du festival des Inrockuptibles. Je suis pas spécialement fan du magazine, mais leur festival comprend des concerts plustôt cools. L'année dernière (ou celle d'avant, je sais plus), j'avais vu Sparta + Jon Spencer Blues Explosion, et cette année c'est Caro (alias Choffo, alias Earthquake) qui m'a offert une place pour The Killers + The Zutons + The Kills + Franz Ferdinand (respirez par le nez). Alors bon, le côté négatif de tout ça, c'est qu'à coups d'une demi-heure entre chaque groupe, on est restés plus de quatre heures debout au milieu du Zénith, mais bon, on va dire que la nostalgie l'emporte parce que ça m'a rappelé un bon concert de Tool précédé des ignobles Papa Roach et Alien Ant Farm (allez les fans, défoulez-vous en commentaires), sauf que ce jour-là on avait eu la présence d'esprit de s'assoir pendant les premières parties. Pour parler rapidement de celles de ce concert, disons que The Killers c'est bien chiant, que The Zutons ça passe mais seulement si on y met de la bonne volonté (et il faut leur dire que ça sert à rien de filer un saxo à la fille qui est sur scène uniquement pour qu'on les regarde) et que The Kills c'est peut-être intéressant en album, mais qu'en live leur boîte à rythme et leur jeu de scène moi-pour-toi / toi-pour-moi sont un peu saoûlants. Heureusment, après y avait Franz Ferdinand et malgré la courte durée du set, c'était un excellent concert. Quand un groupe comme ça passe sur une scène, on comprend rapidement pourquoi les autres ne passent qu'en première partie. J'aime bien Franz Ferdinand, mais je pensais pas que ce serait aussi bon sur scène. Donc, merci Caro.

Don't Breathe What You Can't SeeEt puis outre ces deux concerts, j'ai aussi flashé sur trois albums, alors je vais en parler rapidos et mettre un morceau de chaque dans la CacoRadio dès que je les aurai encodés. Le premier album, je l'aime beaucoup et j'en ai parlé sur la Blogothèque (le chapeau et les intertitres sont de Chryde), il s'agit de Don't Breathe What You Can't See, le disque qui réunit Jello Biafra et les Melvins (et aussi un peu Adam Jones, de Tool). Je vais mettre Dawn Of The Locusts dans la CacoRadio, parce que c'est le morceau qui représente le plus équitablement les différentes forces en présences sur le CD.

The Royal SocietyMon second skeud du moment, c'est The Royal Society, le nouvel album des Eighties Matchbox B-Line Disaster, le disque le plus chiant à réclamer à la Fnac à cause du danger permanent de mélanger l'odre des mots du nom du goupe. Enfin bref, leur premier opus, Horse Of The Dog, m'avait immédiatement scotché, par l'entremise du single Chicken qui se détachait tellement de la merde en "The" qui constitue la majorité de la programmation d'MTV2 que j'ai tout de suite accroché. Le reste de l'album était du même accabit : original, violent, direct et inspiré. The Royal Society est moins direct, mais beaucoup plus travaillé et tout aussi réussi que son prédécesseur. Les ambiances varient pas mal d'un morceau à l'autre, donc je sais pas encore lequel je vais mettre, mais il sera forcément bien, j'ai pas le choix.

Regain de tensionEnfin, le troisième album de ma vie actuelle s'appelle Regain de tension, et est l'oeuvre du groupe de rap La Rumeur. J'aime pas grand chose en hip-hop français, mais ce groupe là est vraiment une valeur sûre. Leur nouveau disque est beaucoup plus direct que le précédent : finies les ambiances jazzy et les métaphores à la pelle, les différents procès qu'ils se sont pris sur la tronche semblent les avoir énervés un peu et ça se sent jusque dans les prods, beaucoup plus électro, voire électriques avec la participation de Serge Teyssot-Gay sur Paris nous nourrit, Paris nous affame. Ceci dit, ça ne nuit pas à la qualité de l'ensemble et c'est même un poil plus homogène, Ékoué prenant un peu moins de place, Philippe en prenant un peu plus (avec la manière) et Mourad restant un peu en retrait niveau participation, pour je ne sais quelle raison. Par contre, je suis toujours aussi fan de Hamé, qui écrit super bien, dont j'adore l'accent qui "râcle les parterres" et qui a, je trouve, vraiment progressé niveau flow. Du coup, dans la CacoRadio, je vais mettre soit Paris nous nourrit, Paris nous affame pour qu'il y en ait un peu pour tout le monde, soit Inscrivez greffier, parce que c'est un des morceaux en solo de Hamé et que bon, voilà, quoi. Sinon, pour info, le Hamé en question s'est pris un procès sur la gueule (les détails sont sur le site de La Rumeur), ça se passera le 12 novembre au TGI de Paris et a priori j'irai voir, vu qu'actuellement je passe mon temps dans les tribunaux à cause de Gaëlle.

Je mettrai les images et la musique qui vont avec tout ça tout à l'heure, parce que j'ai la dalle.

08.11.04
Les précieux conseils de votre pharmacien

Le lavage de nez

Cinémaraîcher

Grande promo sur le kilo de navets.

Je parle couramment le khmero-egypto-aztèqueDéjà, je dois bien avouer que j'ai commis une erreur en acceptant d'aller voir Alien vs. Predator avec Guillaume. Je me disais que ça allait être naze mais distrayant et en fait j'avais raison que sur la première partie. En même temps, si j'avais fait attention, j'aurais bien vu que le réalisateur, Paul Anderson, avait un casier judiciaire chargé comprenant des morceaux de choix comme Mortal Kombat et Resident Evil qui le portent directement au firmament des réalisateurs qui transforment les jeux vidéos en bouses sur pellicule. Dans Alien vs. Predator, il y a deux phases, toutes deux formidables et indispensables. La première permet de se familiariser avec la personnalité creuse et stéréotypée des personnages, de se lancer dans un pari plutôt facile concernant le nom de ceux qui survivront le plus longtemps et d'admirer tous ces gens, censés être des scientifiques experts dans leur domaine de compétence, raconter connerie sur connerie (mention spéciale pour le code basé sur le calendrier aztèque, les multiples de 10 et les reconfigurations toutes les 10 minutes). Quant à la deuxième, c'est un chef d'oeuvre : en utilisant des monstres flippants (un paquet d'Aliens et trois Predators), des tas de couloirs sombres et labyrinthiques, et en s'inspirant d'un jeu qui a fait sursauter un paquet de gens devant leur pc, le réalisateur parvient à pondre un film se situant à peu près au degré zéro de l'échelle de la flippe et même pas repérable sur celle du suspense. Du grand art. Par contre, là où le film ne déçoit pas, c'est sur tous les détails pourris qu'on s'attendait à y trouver : incohérences à la pelle, clichés au semi-remorque, effets spéciaux hyper bourrins, bref, la totale. 0.5/5, parce que c'est quand même assez joli parfois.

Les revenantsAprès ça, je suis allé voir Les revenants avec Gaëlle en me disant que ça changerait un peu d'aller voir un petit truc français à la cool. Eh ben pas tant que ça, en fait. C'était largement aussi chiant que Alien vs. Predator, et qui plus est relativement frustrant. Ouais, parce que sur le papier, le thème (des tas de morts reviennent à la vie et doivent être réinsérés dans la société) était cool et c'était vraiment plein de bonnes idées. D'ailleurs, on sent bien que l'auteur en a identifié quelques-unes, mais il les effleure à peine et c'est un des aspects très décevants du film. Et puis bon, y a des trucs que j'aurais aimé voir traités et qui sont curieusement absents, notamment l'aspect religieux de l'événement. Mais le truc qui fait chier, c'est qu'il n'y a pas vraiment d'histoire. On assiste à une suite d'événements sans lien entre eux, à des pseudo coups de théâtre venus de nulle part et qui restent inexpliqués et inexplicables (les "attentats", par exemple), bref, c'est un peu n'importe quoi. Niveau acteurs, ça va de l'excellent au tout naze et c'est parfois assez embarrassant, surtout quand ça concerne les premiers rôles (Jonathan Zaccaï). Du coup, je file 1/5 à ce film qui se déroule dans la célèbre ville où personne ne marche sur les trottoirs.

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