G
Cacochyme
bulles

28.01.05
Machuca (3/5)

L'autre jour, j'ai vu Mon ami Machuca, et c'était pas trop mal. C'était pas incroyable non plus, parce qu'en gros il y avait tout ce qu'on attendait d'un film se passant un poil avant le coup d'état de Pinochet au Chili et mettant en scène l'amitié entre deux enfants, l'un étant un blanc originaire des beaux quartiers de Santiago et l'autre étant un indien du bidonville. C'est sympa d'un point de vue semi-historique (la petite histoire dans la grande), c'est pas mal foutu, mais c'est tout.

Sinon, je suis un peu malade, un truc assez bizarre qui mêle petits symptômes de rien du tout et tremblements fiévreux nocturnes. Sympa. Du coup, je passe beaucoup de temps à comater, et tout à l'heure, dans un état de demi assoupissement, j'ai rêvé d'un mix de Google Desktop et de World Of Warcraft. Le premier, c'est parce que je l'ai testé suite au post de Jul (et je valide), et le deuxième je vous en parlerai bientôt. Je suis aussi censé parler de Bruno, mais Dean Markley m'a piqué la moitié de mes angles d'attaque, alors on verra.

Bonne année (il me restait au moins trois jours).

23.01.05
Kill Your Idols

Renaud 1975 : "auteur par plaisir, compositeur par nécessité, interprète par provocation."

Renaud 2005 : téléchargez-le LÉGALEMENT (sinon...).

21.01.05
Closer (3.5/5)

Because I'm a fucking caveman !Y a pas longtemps, je parlais de la faculté de Spike Lee à pas mal me remuer et à me faire reconsidérer plein de choses que je pensais ne plus trop avoir à reconsidérer. Eh ben avec Closer, on est pas loin de ça, parce que sans m'amener à remettre en cause les choses que je tiens plus ou moins pour acquises, ce film a provoqué chez moi (et provoque encore) une série de réflexions que je trouve à la fois intéressantes et flippantes.

L'histoire évoque des passages de la vie de deux couples qui s'entrecroisent, avec multiples tromperies, coucheries et tiens pendant que tu prenais la mienne je m'amusais avec la tienne. Globalement, malgré le thème basé sur les "trucs sur le couple que tout le monde sait plus ou moins mais que personne n'ose dire mais moi si" qui, contrairement à ce que son intitulé pourrait amener à croire, commence à être un peu omniprésent (pour rester gentil) ces derniers temps, c'est plutôt bien. D'abord, c'est très très bien écrit, plutôt bien ficelé et brillamment interprété. Le mec qui saute aux yeux, c'est évidemment Clive Owen, mais bien que n'aimant pas énormément Julia Roberts, j'ai trouvé qu'elle jouait ici super bien. Comme quoi la qualité d'un rôle doit un peu compter quand même. Donc voilà, j'ai rien à reprocher à ce film, si ce n'est un truc dont je suis pas sûr et qui justement m'a remué.

En gros, la question est : est-ce que les personnages de Closer ne sont pas particulièrement faibles et mesquins ? Si c'est le cas, comme j'aurais tendance à le croire, ça limite forcément la portée et l'universalité du film. Si c'est pas le cas, ça ne le rend que plus intéressant, mais ça me fait un peu flipper quand même. Je prends des pincettes, parce que si je fais ce reproche, il peut me tomber deux trucs sur la gueule :

- on peut me dire que je suis bien naïf, qu'il faut que j'ouvre un peu les yeux sur le monde, que la vie et comme ça et qu'il serait quand même temps que je me réveille, et ça, je vous l'avoue clairement, j'aime pas trop qu'on me le dise, parce que j'ai plutôt tendance à penser que je suis bien assez désabusé comme ça.

- on peut aussi me dire que j'ai raison, et là ça me soulagerait un peu, mais pas complètement parce qu'il est tout à fait possible que le on en question soit un sale hypocrite.

Alors bon, voilà, dans un cas comme dans l'autre je suis pas bien avancé et Closer continue de me perturber, ce qui est plutôt une qualité en soi, mais une qualité un peu relou quand même. Enfin quoi qu'il en soit, j'ai bien aimé ce film ; pour les dialogues, pour les acteurs, pour la relative neutralité du réalisateur et pour sa façon d'esquiver la question morale afin de se concentrer sur les personnages et une réflexion intéressante sur la sincérité.

19.01.05
Cacochyme Awards 2005 et toutes sortes de choses

Je sais, je sais, Cacochyme devient le blog officiel du sporadisme, et j'ai bien peur que ça continue comme ça quelque temps. Mais bon, ça n'enlève rien au fait que l'année soit finie depuis un moment et que, par conséquent, vous puissiez m'envoyer votre sélection des meilleurs films de l'année écoulée afin que je mette sur pied le top 10 de mes lecteurs. Et puis comme je suis un mec cool, je vous filerai le mien en cadeau et plus si affinités. Alors, pour ceux qui ne se souviennent pas de l'année dernière, voilà comment ça se passe : vous m'envoyez votre top des films de 2004 que vous avez préférés. Vous pouvez en mentionner de un à dix. Si vous en mettez plus, ce qui dépasse ne comptera pas. Si vous en mettez moins, ça comptera pas non plus (forcément). Si vous les mettez tous ex aequo, j'annule votre vote et je vous attaque en justice pour ruinage avec préméditation de ma méthode de calcul. Normalement vous avez jusqu'à la fin du mois, mais je suis pas un intégriste de la date limite, alors vous pouvez peut-être réussir à vous faufiler début février. Par contre, en ce qui concerne les films, je prends en compte la date de sortie française (hors reprises). Si vous vous souvenez plus, voici une page qui détaille les sorties de 2004 par trimestre. Ah oui, petite précision : envoyez-moi votre top par mail (en cliquant sur "Brice" sous cet article, par exemple), pas en commentaires.

Voilà, ça c'est fait. Maintenant j'expédie vite fait les films que j'ai vus depuis la dernière fois que j'ai posté, c'est à dire le 2 janvier 1912.

- The Corporation (4/5) : un excellent documentaire sur les multinationales (et pas qu'elles, en fait, mais bon). C'est parfois un peu trop militant à mon goût, mais c'est tellement plein de faits marquants et de réflexions drôles et intelligentes que ça passe tout seul. En gros, l'idée est de dire que si une entreprise est considérée comme une personne morale (ce qui n'a pas toujours été le cas, comme nous l'explique très bien le film), elle doit avoir les responsabilités d'une personne morale, ce qui est plus ou moins impossible, pour des tas de raisons que développe The Corporation mais pas moi. Toute l'analyse est faite sous cet angle et, franchement, c'est super bien foutu.

- Alexander (0.5/5) : un gros naveton de chez naveton. Je suis pas super fan d'Oliver Stone, mais c'est théoriquement pas un manchot. Eh ben là si. C'est juste n'importe quoi, de bout en bout. Y a un truc bien fait, c'est une scène de bataille. Sinon ça pue. Je passe sur les incohérences multiples, mais Colin Farrel est complètement ridicule, développe un jeu d'une richesse digne de Jet-Li, pleurniche sans arrêt sans faire couler son rimmel et parvient même à avoir des faux airs de George W. Bush tellement il a l'air con dans 50% des plans. Et puis je sais pas si y avait chez Stone une espèce de volonté de faire dans l'avant-garde en mettant en avant de cette façon l'homosexualité "à la grecque" d'Alexandre, mais je pense pas qu'il était pour autant obligé de le transformer en grande folle qui se maquille et déguise son mec en cheikh arabe. Et puis tout est de cet accabit : aucune finesse nulle part, juste de la thune et de mauvais acteurs qui se forcent à rouler les R. C'est tellement un échec sur toute la ligne que le réalisateur n'arrive même pas à en faire une vraie histoire continue et a besoin de recourir à une immonde voix off relatant quelques scènes décousues de la vie d'Alexandre. Bref, c'est nul, on s'emmerde au bout de 15 minutes et on se dit qu'y avait quand même mieux à faire avec un personnage pareil.

Der Untergang (3/5) : c'est marrant, à chaque fois que je vois un film polémique, je le trouve aussi subversif que Les surf ninjas se révoltent. Alors bon, non, le film n'est pas spécialement indulgent avec Hitler. Il le montre juste comme un sujet intéressant pour un psychiatre ambitieux plutôt que comme une espèce de Terminator national-socialiste, et il y a quelques passages qui soulignent sans ambiguité les horreurs dont il s'est rendu coupable. Après, c'est longuet et un peu indulgent avec sa secrétaire (qui semble découvrir le sort des juifs et des opposants deux jours avant la mort d'Hitler), mais ce dernier point est quelque peu contrebalancé par le témoignage final de la femme dont est inspiré le personnage. À part ça, j'ai apprécié La Chute à deux niveaux : d'abord pour l'ambiance apocalyptique de fin de règne, pesante et immersive, et ensuite pour l'inversion intéressante que constitue le fait de suivre la fin "tragique" des "méchants" (curieusement, le nazisme est un sujet qui pousse aux guillemets) et qui m'a fait m'interroger sur la façon dont j'aurais perçu la même chose concernant une idéologie à laquelle j'aurais souscrit. Genre la paix dans le monde et la fraternité. Bref, c'est intéressant, je trouve. Ah oui, et les acteurs sont assez cool (Bruno Ganz, évidemment, mais aussi la famille Goebbels, bien flippante).

- Undertow (3/5) : un peu déçu par ce film, appelé L'autre rive en français. L'histoire est pas si mal, la plupart des acteurs sont très bons (même si j'ai eu un peu de mal avec l'oncle, au jeu un peu excessif à mon goût), mais je sais pas, j'ai pas accroché à l'angle d'approche un peu bâtard du réalisateur, à mi-chemin entre le thriller-de-psychopathe et le film indé-social.

- Nèg Maron (2/5) : ouais, je sais, Stomy Bugsy, Admiral T.,  tout ça... je détaillerai pas les circonstances qui ont fait que je suis allé voir ce truc en avant-première, mais bon, honnêtement, c'est moins horrible que ce à quoi je m'attendais. OK, les acteurs sont pas top (mention spéciale pour Stomy Bugsy qui essaye de pleurer), l'histoire va pas bien loin, le propos est un peu naïf, mais contrairement à ce qu'on aurait pu croire, c'est pas prétentieux du tout, ça se regarde à la cool et ça n'a rien à voir avec l'immonde groupe de rap. Et puis bon, y a du créole, du soleil et des plages.

- Hauru no ugoku shiro (3/5) : ouais, c'est Le château ambulant de Miyazaki, et je suis incroyablement déçu. Au début, j'y croyais, tout était mortel : des tas d'idées de génie, une dessin toujours aussi formidable, travaillé dans le moindre détail, bref, tout ce qui fait que j'adore Miyazaki et son univers. Et puis après, inexplicablement, il vendange toutes ses bonnes idées (les différentes identités du magicien, les multiples dimensions...) et fait sombrer son scénario dans un truc mièvre et mal ficelé, comprenant même quelques incohérences. J'ai du mal à m'expliquer comment il a pu passer à côté de la merveille que promettait le début du film. Enfin bon, c'est en partie sauvé par la richesse graphique et tous les trésors d'inventivité auxquels on est habitués, mais je peux pas m'empêcher de penser à ce que ça aurait pu être, et ça rend ce château ambulant bien terne en comparaison.

06.01.05
Le top 5 de la Cacothèque

À la base, j'avais fait ça fin décembre pour la Blogothèque, mais comme y a eu comme qui dirait un oubli quelque part (pas ici) et que je suis un peu le Guy Roux du blog, je vous le file. C'est mon top 5 des albums de 2004 que j'ai préférés. Ils sont dans l'ordre alphabétique parce que j'arrivais pas à trancher entre plein de trucs.

- Ddamage - Radio Ape (Planet Mu) : de l'électro hyper travaillée bourrée d'influences hip-hop et de passages dotés d'une énergie phénoménale. À écouter en boucle (haha).

- The Dillinger Escape Plan - Miss Machine (Relapse) : un album de hardcore mais pas vraiment, tant les morceaux sont diversifiés et alambiqués et évoluent dans de nombreux registres, alliant pure brutalité à une virtuosité sans faille, lorgnant vers le jazz et se permettant même quelques incursions mélodiques.

- The Eighties Matchbox B-Line Disaster - Royal Society (Island) : mes chouchous de l'année, ou comment un groupe d'anglais à peine majeurs déboule sans prévenir et enterre tous les groupes en "The" du moment, en mélangeant salement Iggy Pop, Elvis Presley, d'autres trucs et un sens jouissif du décalage.

- Kool Keith & Kutmasta Kurt - Diesel Truckers (Dmaft) : cette dernière collaboration explicite en date du rappeur et du producteur apporte une touche un poil plus électro-barrée aux morceaux et s'écoute avec la délectation habituelle.

- Sparta - Porcelain (Geffen) : après un premier album emo sympa, la moitié du défunt At The Drive-In menée par Jim Ward fait encore mieux et se hisse à la hauteur de l'excellent De-Loused In The Comatorium qu'avaient pondu l'année dernière leurs ex-collègues au sein de The Mars Volta.

Et puis, pas loin derrière, y a eu :  Ministry - Houses Of The Molé (Sanctuary), Franz Ferdinand - Franz Ferdinand, La Rumeur - Regain de tension (La Rumeur), MF Doom - MM Food (Rhymesayers), Tom Waits - Real Gone (Epitaph), Jello Biafra & The Melvins - Don’t Breathe What You Can’t See (Alternative Tentacles).

En 2005, promis, j'arrête de recycler.

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