
Oh putain ! Samedi soir on était invités (à 4) chez Hervé Gaymard et on a passé une super soirée, avec M. Moyen, Nacha et Guillaume (ouais, moi aussi je donne dans les rencontres de blogueurs-tous-frères maintenant). D'abord, ce qui est cool quand on va chez Hervé, c'est que son cuisinier nous fait des hamburgers maison de l'espace (à ne pas confondre avec des space hamburgers). Il a du talent, ce mec, il arrive à donner à ses cornichons le même goût que ceux qu'on trouve dans les burgers du McDo. Et moi j'adore les cornichons du Mc Do. Par exemple, là, il est 10h23 et je viens de manger des proto-Smacks. Eh ben malgré ça, rien que d'en parler, j'ai super envie de manger des cornichons du McDo. Et on pourrait croire que je fais de la pub façon Audi dans I, Robot, mais même pas. D'ailleurs, si vous m'invitez au McDo, je vous le prouverai en mangeant avec délectation plusieurs de leurs délicieux cornichons. Et je prendrai les sandwiches les plus petits pour avoir un meilleur rapport cornichons / burger. Enfin bref, le cuistot d'Hervé nous avait préparé ça et on a fait des tournois de PES 4 sur sa Play avec ses enfants, c'était assez classe. Hervé est arrivé septième. Après, on était bien chauds alors on a fait un vrai foot dans le petit salon à l'étage. D'un côté y avait les enfants de notre hôte, et moi j'étais avec Moyen, Nacha, Guillaume, Hervé, son cuistot et ses deux femmes de ménage (qui ont bien mouillé le maillot, prouvant du même coup que toutes ces histoires de fonctionnaires feignants sont totalement infondées) et on a perdu 3-2 à cause d'un but contre son camp d'Hervé. Faut dire qu'on peut pas dormir 3 heures par nuit (120h de boulot par semaine, plus les trajets, plus les repas, plus un petit quart d'heure de PES tous les soirs) et être efficace sur le terrain. Enfin sur le tapis du salon. Bref, vers 4 heures du mat, tout le monde était vanné et on a essayé de squatter chez Dean, qui habite pas loin, mais il a pas voulu nous laisser rentrer sous prétexte qu'il était à Fontainebleau. Mais bon, malgré tout, c'était une super soirée chez Hervé, et il faut d'autant plus le souligner qu'il y a des chances pour qu'on ne puisse plus le faire quand il aura déménagé dans son nouveau deux pièces à Bondy.
Sinon, j'ai fini de manger et je peux donc vous raconter un ou deux trucs sur des films que j'ai vus.
L'un reste, l'autre part (1.5/5)Un film à la fois chiant et caricatural avec des gens qui ont des professions de rêve qui leur permettent d'être pleins d'oseille sans en foutre une et qui ne planquent plus leur maîtresse dans l'armoire parce que c'est démodé, maintenant on assume. Charlotte, je sais pas ce que t'es allée faire dans cette galère.
The Aviator (3.5/5)C'est pas incroyable, c'est archi classique (grosse biographie un peu complaisante dans les règles de l'art), mais c'est quand même super bien foutu, pas chiant malgré la longueur, et en plus c'est chroniqué chez Godspeed, alors on se demande vraiment ce que demande le peuple (à part des nuits de folie chez Hervé).
Die fetten Jahre sind vorbei (2/5)Un film que je voulais pas spécialement voir (même si je l'ai raté 3 fois, pour différentes raisons, avant de finalement y parvenir), mais qui, au début, m'a quand même un peu intéressé. Ca fait longtemps que je cherche une espèce d'éloge crédible de la révolte, en ces temps où il est de bon ton d'associer cynisme et pragmatisme (ah ben ouais, ça dénonce ici, hein) et au début, j'ai pensé que The Edukators allait s'attaquer à ça de façon un peu sérieuse. Mais bon, j'ai bien vite déchanté, parce que le tout se résume à un dialogue hyper attendu, hyper convenu, entre les mecs révoltés et le mec établi, avec des discours archétypiques de part et d'autre, un budget portes ouvertes digne du budget bagnoles de Sherif, fais moi peur et un "méchant" qui paraît presque plus sympathique que ses opposants "idéalistes". Par contre, c'est plutôt bien interprété.
Strings (3/5)J'y suis allé sans trop savoir ce que c'était, pensant même qu'il s'agissait d'un film d'animation, alors qu'en fait c'est entièrement fait avec des pantins à fils et une bonne dose de décors fabriqués (par opposition à des trucs en images de synthèse). Le truc super classe, c'est que les personnages intègrent parfaitement le fait d'être des pantins et que l'univers est construit autout de ça. Par exemple, les bâtiments n'ont pas de plafond et laissent passer les fils qui les relient, dans le ciel, à un marionnettiste invisible. Au final, ça donne tout un tas de petites trouvailles du genre qui donnent vraiment de la profondeur à l'univers du film. Il en donne même tellement qu'on se surprend à découvrir des dizaines de pistes qu'on aurait aimé voir explorées par les scénaristes mais qui nous auraient certainement trop éloignés de l'histoire pour qu'ils choisissent de s'y attarder. D'un côté, ça se comprend, mais d'un autre ça reste un peu dommage, parce que l'histoire en elle-même est, justement, un peu gnangnan. Pas gnangnan genre "hihihi ils sont mignons ces pantins", parce que de ce côté là, l'ambiance est assez noire, pleine de crimes et de désespoir (avec un travail hallucinant sur la photo, les lumières et les décors), finalement assez proche d'une tragédie grecque, mais gnangnan dans le sens où au final l'amour doit triompher et où c'est seulement en étant bon et en aidant son prochain que le salut de la pantinitude sera permis. Donc bon, à cause de ça, c'est pas le truc mortel que ça aurait pu être, mais niveau trouvailles et originalité (et qualité de l'exécution), c'est très très classe, et puis le fait de donner à réfléchir à plein de petits détails à peine effleurés par l'histoire ajoute encore une dimension très intéressante au Fil de la vie (le titre français). Ah oui, et si vous cliquez ici (merci Virge), vous trouverez plein d'éléments instructifs sur le film et la façon dont il a été fait.
Voilà. Sinon, je cherche du boulot (je sais tout faire), donc si vous en avez un pour moi ça peut m'intéresser.
Ouais, je sais, ce film est sorti y a mille ans (et d'ailleurs je l'ai vu y a mille ans), mais vu que je viens de surmonter une explosion de serveur et une scarlatine (je suis resté jeune dans ma tête), j'estime que j'ai une raison valable de pas me sentir coupable du tout.
The Machinist, c'est un film que j'avais vraiment envie de voir, dans un genre que j'aime bien, avec des super critiques et tout, bref, ça me plaisait bien a priori. Et puis ensuite j'ai commencé à entendre des critiques un peu plus sévères que celles de la presse et j'ai flippé que ce soit un sous-machin pas top à la Identity, mais bon, je suis quand même allé le voir, parce que j'aime le risque. Et bon, finalement, je pige ce qu'on lui reproche, et malgré ça j'ai plutôt aimé ce film.
Le truc qui a déçu pas mal de gens, je pense, c'est que le twist est relativement prévisible (du moins partiellement) et en tout cas très très commun. Mais ce qui fait que ça m'a quand même plus, c'est le fait que j'aie eu l'impression que le réalisateur jouait là-dessus, intégrait le fait que le spectateur avait déjà vu des centaines de rebondissements dans ce genre et du coup s'amusait un peu avec (on le voit notamment dans la scène du train fantôme, qui est vraiment cool). En fait, sans trop spoiler, l'histoire est celle d'un mec qui bosse en usine et qu'on soupçonne rapidement d'être un peu taré et d'avoir des hallucinations plus ou moins fréquentes (tout le jeu étant de savoir ce qui en est et ce qui n'en est pas et de faire la part des choses entre la paranoïa du type et ce qui se passe réellement), et c'est vrai que ce genre de scénario est loin d'être inhabituel. Mais même en dehors des facéties (je pensais pas que j'utiliserais ce terme pour parler de ce film, tiens) du réalisateur, il y a plein de choses qui viennent faire de ce Machinist un film plutôt pas mal. D'abord, il y a Christian Bale, l'acteur principal, dont on parle beaucoup parce qu'il a perdu 30 kilos pour faire le film (et honnêtement, visuellement, c'est flippant, et ca contribue pas mal à l'ambiance un peu glauque qui se dégage de pas mal de scènes), mais qu'on devrait aussi citer pour son jeu sur le fil, reflétant parfaitement la complexité des errements mentaux de son personnage. Il y a aussi l'ambiance alternativement hyper glauque et très réaliste et l'excellente réalisation, qui font parfois penser à Lynch ou à un film comme Fear X.
Donc bon, sans être le thriller du siècle, et malgré ses quelques éléments téléphonés et une originalité minimale dans le fond, The Machinist possède suffisamment de qualités et de détails intéressants pour figurer dans ma liste de films cool, que je viens d'inventer et qui me permet de conclure cet article sur un truc qui ressemble à quelque chose, alors que si vous y regardiez de plus près, vous vous rendriez immédiatement compte de la supercherie.
Prochainement sur vos écrans : L'un reste, l'autre part, Aviator, The Edukators et Strings. Mais quand j'aurai mangé.
Une fois de plus, j'ai un peu de mal avec les critiques. Le concept de ce "documentaire" est déjà bien vaseux : on filme des manchots pendant leur période de reproduction et d'élevage de leurs petits en affectant une voix humaine à un mâle, une femelle et leur petit et on fait du tout une espèce de petite histoire dont on ne sait trop si elle est destinée aux enfants ou aux débiles profonds. Bon, OK, c'était peut-être pas le concept initial, mais au final c'est ce que ça donne.
Alors bon, y a Romane Borhinger qui est maman manchot et qui est très très amoureuse de papa manchot, alors elle lui dit plein de fois qu'elle l'aime et que c'est son amour et que grâce à lui leur petit pourra aller dans une bonne école et pourquoi pas faire de grandes études après et devenir un manchot respectable, oh là là qu'est-ce que ça serait bien alors mon amour adoré que j'aime. Et papa manchot (Charles Berling), lui, c'est un poète, alors il contemple les aurores boréales en faisant des métaphores filées de douze minutes toutes plus pourries et grandiloquentes les unes que les autres. Il dit aussi à Romane Manchot qu'il l'aime beaucoup et que c'est son amour adoré à lui qu'il a, et parfois ils font de la poésie à deux et ils répètent les mêmes phrases pour faire la transition entre les tirades de la maman et celles de Charles Manchot le papa. Et alors après c'est moins poétique mais c'est toujours aussi mignon et surtout c'est beaucoup plus rigolo, parce que le petit manchot (Jules Sitruk) arrive et il commence à faire des trucs rigolos et à s'amuser avec ses amis manchots, sauf quand le méchant oiseau vient les attaquer, là il la ramène moins, mais ça donne l'occasion à papa et maman de faire une longue tirade poétique à la naphtaline sur la difficulté de la vie et l'importance de l'amour.
Bon allez, sans déconner, les mecs, vous avez fini de nous sortir des documentaires potentiellement mortels et ruinés par des commentaires écrits pas un élève goth de première littéraire ? Du point de vue de l'écriture, y a rien de pire à mes yeux que de la poésie foireuse (même l'érotisme pourri je supporte mieux), et les commentaires / dialogues de La marche de l'empereur en sont farcis jusqu'à l'écoeurement. Déjà dans Deep Blue et Genesis c'était limite, dans La Terre vue du ciel c'était horrible, mais là on atteint le fond du fond. Et puis cette volonté de scénariser le documentaire est tellement envahissante que parfois on se demande si c'est pas un peu bidonné. Par exemple, à un moment, une femelle perd son oeuf et on l'entend "pleurer". Le seul truc, c'est que comme la scène se passe au milieu de 200 autres manchots qui gueulent, on se doute qu'il a fallu faire un montage son après coup, et on se demande par la même occasion si le montage a vraiment été fait avec les cris originaux. D'autres scènes du même genre (c'est à dire avec un manchot qui "pleure") semblent indiquer que oui, mais il n'empêche que cette volonté d'en faire une histoire presque humaine nuit considérablement au côté scientifique du truc. Le manque de vrais commentaires se fait d'ailleurs sentir à plusieurs reprises au cours du film. Dans le même ordre d'idée, l'anthropomorphisme (merde, j'avais dit que j'emploierais pas ce mot que tout le monde utilise) exacerbé du film lui confère un manque de recul un peu embêtant pour un long-métrage se voulant un minimum documentaire : ainsi, on nous parle de ce salopard de phoque qui bousille deux vies en mangeant une femelle manchot qui était en train de constituer des réserves pour aller nourrir son petit, mais on ne nous dit pas qu'il sauve peut-être la sienne (et éventuellement celle de son / ses petits). C'est d'autant plus frappant que la scène suit une séquence durant laquelle les manchots font un massacre de poissons après plusieurs semaines de jeûne. Enfin bref, c'est un détail, mais vous voyez l'idée.
Ceci dit, parallèlement à ça, on a droit à de superbes images, certaines filmées en très gros plan, et visuellement c'est vrai que ça dépote pas mal, même si, contrairement à des films comme Deep Blue ou Microcosmos, La marche de l'empereur comporte finalement assez peu de choses jamais vues et aucune vraie révélation. Alors je vais pas nier le fait qu'il soit quand même assez agréable de voir de belles images telles que celles-ci, mais je ne comprends toujours pas le choix des auteurs de les plomber avec des dialogues dont personne n'aurait voulu même pour le plus minable des téléfilms sentimentaux d'M6 ou le plus niais des dessins animés pour les 4-6 ans.
Je viens de tomber sur le site d'une chaîne câblée américaine qui s'appelle Independant Film Channel, et j'ai découvert que Henry Rollins y avait une émission. Ca s'appelle Henry's Film Corner et si j'en juge par les quelques extraits disponibles, ça a l'air dans la bonne moyenne de ce qu'on pourrait attendre d'un "Rollins critique des films" (à bien différencier de "Rollins fait des films", parce que là c'est pas joli-joli, hein). J'ai essayé par divers moyens de trouver des émissions complètes en vidéo, mais sans succès. Alors si vous en trouvez, ça m'intéresse.

Bon ben voilà, avec une ponctualité sidérante, je suis en mesure de vous livrer les résultats des Cacochyme Awards 2005. Mon top à moi, bien sûr, mais aussi le vôtre, et c'est bien ça qui est le plus intéressant, parce que vous ne formez plus à mes yeux qu'une seule personne aux goûts discutables. Quand vous allez connaître le film que vous avez préféré l'année dernière, vous allez vous trouver bien hypo-consensuels, c'est moi qui vous le dis. Mais bon, on verra ça tout à l'heure. Pour l'instant, voici mon classement :
1. Kill Bill, de Quentin Tarantino
2. Rois et reine, d'Arnaud Desplechin
3. The Incredibles, de Brad Bird
4. Wu jian dao, de Wai Keung Lau et Siu Fai Mak
5. L'esquive, d'Abdel Kechiche
6. The Fog Of War : Eleven Lessons From The Life Of Roberts S. McNamara, de Errol Morris
7. 10è chambre - Instants d'audience, de Raymond Depardon
8. Aaltra, de Benoît Delépine
9. Salinui chueok, de Joon-ho Bong
10. Coffee And Cigarettes, de Jim Jarmusch
Voilà. À vous, maintenant :
1. Lost In Translation, de Sofia Coppola
2. Eternal Sunshine Of The Spotless Mind, de Michel Gondry
3. Kill Bill, de Quentin Tarantino
4. The Incredibles, de Brad Bird
5. Old Boy, de Chan-wook Park
6. Shrek 2, de Andrew Adamson, Kelly Asbury et Conrad Vernon
7. Le Monde selon Bush, de William Karel
8. Un long dimanche de fiançailles, de Jean-Pierre Jeunet
9. Salinui chueok, de Joon-ho Bong
10. 21 Grams, de Alejandro González Iñárittu
C'est marrant de voir le succès qu'ont eu les documentaires cette année : y en a deux dans mon classement (et encore j'ai pas pensé à mettre Le Monde selon Bush, que j'ai vu à la télé), un dans le vôtre et plusieurs entre la 11è et la 20è place (10è chambre - Instants d'audience, S-21, la machine de mort Khmère rouge, Fahrenheit 9/11).
Sinon, pour info (et pour rire un peu), sachez que The Brown Bunny et The Girl Next Door ont été cités. Je vous félicite pas. Par contre, je vous remercie quand même d'avoir participé, parce que y a eu pas mal de monde cette année (au moins 22 personnes) et ça justifie un peu le temps passé à faire des additions pour classer les films.
Allez, sur ce, je retourne au pieu lutter contre l'invasion des streptocoques et finir Fire Emblem.