
Alors voilà, des fois je m'énerve et je vois deux films dans la journée. Et après je vais pas chercher le pain.
Bon alors voilà, Naomi Klein, altermondialisme, tout ça, blabla, si vous n'êtes pas un tant soit peu sensible à ce genre de thèses, laissez tomber : ce film ne vous convaincra pas et a de grandes chances de ne pas vous plaire. Parce que ouais, c'est bien militant, et j'ai même été à la limite de l'overdose, vers le début du film. Mais après, même si ça va pas bien loin, ça reste relativement intéressant, une fois qu'on a bien fait le tri. Pour info, The Take s'intéresse à un mouvement de reprise d'usines par les ouvriers (avec expropriations des anciens propriétaires) qui s'est produit en Argentine après la banqueroute du pays. Sinon, toujours dans le cadre des critiques crédibles, il faut absolument rendre hommage à celle de Score, qui critique le choix du noir et blanc alors que le film est entièrement en couleurs. Ceci dit, ils ont raison sur le côté cheapos : j'ai jamais vu une image DV aussi pourrie au cinéma.
Un film complètement débile qui met notamment en scène deux écoles de "détectives existentiels" dans un scénario purement absurde. Apparemment, certains ont trouvé ça prétentieux, mais personnellement je vois tout le verbiage des dialogues plus comme un paramètre supplémentaire permettant de mettre en place des situations surréalistes que comme le véritable fond du film ou un moyen de faire passer une thèse, la conclusion du film nageant elle aussi allègrement dans l'absurde le plus complet. La véritable intelligence du film se trouve plutôt dans tout un tas de détails super bien vus, nageant au milieu de gros morceaux bien caricaturaux qui m'ont beaucoup fait rire (et apparemment les acteurs aussi). En fait, ça fait bien longtemps que j'avais pas vu une comédie qui me plaise autant.
Vu dans les news de Yahoo!, un article qui place un bémol sur les espérances de Jul quant à la remontée de l'ancêtre : le fond est drôle, mais ils devraient peut-être faire gaffe à qui ils recrutent pour rédiger leurs news, parce qu'au début je croyais avoir reconnu le style de mon chien.
Je comprends pas trop, normalement, je suis pas spécialement fâché avec les critiques (à quelques exceptions près, OK), mais alors là on touche au n'importe quoi. Je viens de voir deux films avec globalement de très bonnes critiques, et pourtant...
J'aime beaucoup Naomi Watts, j'avais bien aimé le remake du premier Ring, que j'avais même trouvé sur certains points meilleur que l'original, mais alors là je dis non. C'est juste du n'importe quoi. C'est chiant, plein de bons sentiments à la merde, ça réussit à faire passer Naomi Watts pour une mauvaise actrice, on ne flippe jamais et on ne ressent pas la moindre seconde d'angoisse. A part la scène des cerfs (qui elle-même aurait pu être mieux faite), tout est à jeter.
J'avais adoré Mutant Aliens, je suis assez fan de l'ambiance gore hyper anatomique de Plymton, et j'aimais bien sa "liberté scénaristique" (oui, c'est une belle façon de dire que c'est du pur délire), mais avec Hair High, j'ai été bien déçu. Alors OK, c'est plus structuré que d'habitude, mais si c'était pour se retrouver avec cette structure archi convenue et cette petite nostalgie morale de merde (maquillée sous des tonnes de parodie et de second degré, mais n'empêche), ben c'était pas la peine. Alors ouais, on va nous dire que justement c'est parodique, mais c'est de la parodie gratuite, de la parodie inoffensive, de la parodie en forme d'excuse. Je voudrais bien que les gens qui qualifient Hair High de petite merveille corrosive pleine d'idées subversives m'expliquent où ils voient tout ça, ou alors qu'ils arrêtent d'écrire leurs critiques sous LSD. Bon, enfin, il reste toujours le graphisme et les petites trouvailles auxquels Plymton nous a habitués, mais quand même, c'est décevant.
Akoibon (2/5) : c'est un peu La Bostella 2, en moins bien. Y a quelques bons trucs, notamment le pétage de plomb de Jean Rochefort qui refuse de suivre le scénario, mais bon, bof.
Robots (2/5) : indéniablement, c'est bien foutu et j'aime beaucoup le design, notamment celui des robots obsolètes. Mais bon, malgré quelques tentatives infructueuses pour paraboler et intéresser les adultes, ça reste désespérément commun et superficiel. Comme Shrek 2, quoi. Mais pour les mômes, OK, c'est sans doute pas mal.
Avant toute chose, je tiens à vous prévenir que sous ce titre innocent (que je n'ai pas encore trouvé, soit dit en passant, mais je suis certain qu'il sera innocent) se cache un post qui va vous plonger dans mon quotidien sordide. Si vous avez des plaintes à formuler, prière de les adresser à Godspeed qui me fait suivre une espèce de post chaîné concernant mes plaisirs honteux. Il faut que j'en cite trois. Alors bon, ce blog est censé être mort, mais comme je peux pas mettre une crampe à un ami de blog (pour la définition de l'expression "ami de blog", je vous conseille de parcourir tout le premier tiers des archives, ça doit être quelque part là-dedans), je vais vous infliger ça.
J'ai vachement réfléchi avant de poster, parce qu'en fait j'ai pas beaucoup de plaisirs honteux. J'ai des hontes et des plaisirs et ils s'entrecroisent rarement. Bon y a bien quelques trucs dont je parle pas forcément à tout le monde, mais c'est plus pour pas qu'on m'emmerde que par réelle honte. Malgré tout, j'ai trouvé trois trucs en forçant un peu.
Le premier a été le plus facile à trouver : parfois, j'écoute de la musique très fort en "chantant" à tue-tête et en donnant de temps en temps un coup de pied dans le vide (ou dans un truc qui n'avait rien à foutre là). Plus honteux encore, il arrive que la musique que j'écoute soit du Pennywise ou l'album Americana de The Offspring. Si avec ça je passe pas à Confessions intimes...
Mon deuxième plaisir honteux, c'est la junk food. Bon, c'est pas une grosse honte, hein, mais ça me gêne un peu, ce décalage entre ce à quoi je peux pas résister (Haribo, sodas divers, burgers) et la façon dont je sais que je devrais manger. Je dois souffrir d'une sorte de boulimie bénigne, parce que si j'ai des trucs de ce genre en stock, je les bouffe tous dans la journée. Du coup, y a quasiment jamais rien à manger chez moi, à part des trucs ultra chiants à faire cuire comme des nouilles ou des légumes surgelés. Évidemment, vous êtes les bienvenus pour discuter autour d'un verre d'eau en mangeant des brocolis.
Enfin, mon troisième plaisir honteux est de jouer sur ma gueule pour me faire passer pour plein de trucs que je ne suis pas forcément, ou en tout cas pas complètment. À la cantine, je disais que j'étais musulman et j'avais droit au steack haché en remplacement du rôti de porc mal cuit ; l'épicier rebeu de mon coin me fait parfois crédit ; des antillais essayent de parler avec moi en créole, etc. C'est parfois bien pratique, mais ça reste un peu honteux dans la mesure où sur le principe j'ai un peu de mal avec tous les communautarismes sur lesquels je joue parfois pour pas avoir à faire la queue au distributeur pour acheter mon fromage râpé (oui, pour mettre sur les nouilles).
Voilà. Normalement, maintenant, je suis censé passer le relai à trois autres personnes, mais comme je suis le genre de mec à interrompre les chaînes de lettres (et à mourir écartelé par accident 77 jours plus tard), je vais laisser parler ma vraie nature (vous êtes bouffés par la pub).
Brice de Nice (2/5) : de toute façon, j'étais obligé d'aller le voir, pour comprendre les vannes que j'allais forcément finir par me prendre dans la tête, mais j'aime aussi Jean Dujardin, et ses sketches avec Brice de Nice me faisaient plutôt marrer. Le film, comme on pouvait s'y attendre, ne va pas bien loin et arrive même, par moment, à abîmer un peu le personnage. Ceci dit, j'ai eu quelques moments de pur fou rire.
De battre mon coeur s'est arrêté (4/5) : un film hyper nerveux, filmé hyper nerveusement, avec un Romain Duris à l'hyper-nervosité contagieuse dans, je pense, son meilleur rôle et sa meilleure prestation à ce jour. Les seconds rôles sont juste piétinés par sa performance (et aussi un peu par leurs propres approximations).
Constantine (2.5/5) : plutôt une bonne surprise, avec un Keanu Reeves pas si mauvais dans un personnage tout en attitude. Je connais pas le comics, mais j'espère qu'il va quand même un peu plus loin.
Ray (3.5/5) : sympa, un peu long dans sa deuxième partie, mais rattrapé par la musique, notamment pendant les séances d'enregistrement. Quand les mecs disent "wah, c'est impressionnant ce qu'il fait", c'est vraiment impressionnant. Enfin moi ça m'a impressionné. Sinon, c'est super classique, un poil complaisant, et Jamie Foxx est super bon, sans doute après un boulot de chien.
The Final Cut (1/5) : un thème assez intéressant (on enregistre la mémoire des gens et à leur mort on fait un montage du "film de leur vie" pour le présenter à la famille) qui pouvait déboucher sur des tas d'interrogations à la cool, mais au final on n'a qu'une certitude : The Final Cut est une belle merde.
9 Songs (0/5) : le mec a pour concept de filmer du cul et des concerts de rock, le tout sur à peine plus d'une heure, et il arrive à en faire un truc chiant. Chapeau.
Stage Beauty (3/5) : une première partie vraiment bien, une deuxième partie bien naze, heureusement sauvée par le final. Reste un thème original et instructif (l'arrivée des femmes dans la profession d'actrice en Angleterre, où les rôles féminins étaient jusque là réservés aux hommes, eh ouais).
The Life Aquatic with Steve Zissou (3.5/5) : Wes Anderson est un grand malade. Et en plus un grand malade élevé à L'Odyssée sous-marine de l'équipe Cousteau. Du coup, forcément, j'adore. Et j'aime cette façon de faire un film drôle sans gags. Ceci dit, j'avais préféré The Royal Tenenbaums.
Team America : World Police (3/5) : d'autres malades, d'un autre genre, dont je suis plutôt fan (les mecs de South Park), ont réalisé ce film de marionnettes cheap. Anecdotique mais assez jouissif par sa liberté totale de mettre des beignes à tout le monde.
Saw (3.5/5) : un concept cool, plutôt bien filmé (quoiqu'un peu à la djeuns quand même), et malheureusement quelques incohérences dans une mécanique qui se voudrait parfaitement huilée. Mais c'est un peu le retour du bon film de psychopathe, et c'est cool. À noter aussi, l'espèce de soupe immonde made by Fear Factory qui fait office de thème à ce film. À une époque lointaine, ces mecs avaient pondu Demanufacture...
Million Dollar Baby (4/5) : normalement, Clint Eastwood prend le temps de faire un petit Créances de sang entre deux bons films, mais là même pas, il enchaîne direct. L'histoire est toute conne, mais c'est filmé avec tellement de talent et de subtilité et joué avec tellement de conviction qu'on plonge quand même (si, vous aussi). Je suis de plus en plus fasciné par Eastwood, ses contradictions et sa pensée assez libre, enfin j'ai l'impression.
- Allô ?
- Hey salut, c'est Jack
- Ah salut, Jack, ça va ?
- Ouais, ouais. On est quel jour aujourd'hui ?
- Ben, le premier avril...
- Ouais, ha ha ! Alors je t'appelle.
- Gn ?
- Ben oui, on est le premier avril, alors je t'appelle !
- Euh ouais...
- Ha ha mais tu comprends rien, si je t'appelle aujourd'hui, ça fait l'appel du premier avril !