
Bon ben voilà, maintenant on n'attend plus pour vivre dans un monde meilleur que le projet commun de constitution européenne élaboré en concertation par Fabius, Emmanuelli, Villiers, Le Pen, Pasqua, Krivine, Besancenot, Laguiller et Buffet. Et en attendant, on va continuer avec le traité de Nice. Haha, elle va bien l'avoir dans l'os, l'Europe du pognon.
Si vous voulez rigoler un peu, je vous conseille de jeter un oeil ici, et plus généralement là. Parce que figurez-vous qu'en ce moment a lieu un débat de fond capital, encore plus primordial que cette histoire de lion et de nains. D'un côté, on a Laurent "c'était quand même mieux avant" Gloaguen et ses odes à l'universalité des blogs qui, jadis, faisaient de nous des frères (sauf ceux qui faisaient trop de fautes), et de l'autre Loïc "win-win" Le Meur et son magnifique et innocent enthousiasme entrepreneurial (mais moi j'ai vu les mecs de Typepad au salon des entrepreneurs, et ils se la pétaient et mentaient pas mal, ça avait curieusement l'air un peu moins innocent et désintéressé). Et oui, je suis allé au salon des entrepreneurs, mais on m'a forcé.
Allez, Bic vs. Boc, round 2212, FIGHT !
Ouaiiiiis ! Bon alors j'ai mis un morceau de chaque album dont j'ai parlé récemment, et ça donne ça :
- Louis XIV, par Louis XIV (eh ouais) : l'album s'appelle The Best Little Secrets Are Kept, et c'est assez cool, tout en attitude et en gros beats (on peut aussi le mettre au féminin, d'ailleurs).
- The Other Shoe, par Eels : tirée de Blinking Lights And Other Revelations, cette chanson est assez peu représentative du reste de l'album (si ce n'est au niveau de la qualité), mais mon côté misanthrope l'aime beaucoup.
- Violent Pornography, par System Of A Down : voir mon article sur Mezmerize pour plus de détails, mais en gros ça donne une bonne idée de l'album. Des passages très cool et des machins mélodico-harmoniques un peu chiants.
- Da Girlz, They Luv Me, par R.A. The Rugged Man : un morceau marrant tiré de l'album Die, Rugged Man, Die, qui est vraiment très bien. J'ai eu vachement de mal à choisir le titre que j'allais mettre dans la CacoRadio, et puis finalement j'ai opté pour la facilité avec le pseudo-riff qui rentre dans la tête, les paroles très élégantes ("They say I'm a disgrace to the human race, I like overweight women when they sit on my face") et le refrain que tout le monde peut chanter en mangeant une énorme pizza huile-gras-saindoux.
Un des trucs cool dans le fait de parler avec Ptyx sur MSN, c'est que de temps en temps il me file un lien assez cool. Par exemple, là, c'est l'histoire d'un combat entre un lion et 42 nains.
Un autre truc cool, c'est qu'ensuite on enchaîne généralement sur un long débat primordial : sachant que l'article sus-cité est une blague, que se passerait-il si un tel combat avait réellement lieu ? Lui parie sur le lion, moi sur les nains. Je pense qu'à 42, ils pourraient encercler le lion, lui crever les yeux et à partir de là lui défoncer la tête (soit en passant leurs petits bras dans ses orbites pour lui ruiner la cervelle, soit en le mordant à plein d'endroits). Si vous avez un avis sur la question, n'hésitez pas à le partager, c'est toujours intéressant d'avoir l'avis des gens sur de vraies questions de fond quand les médias se concentrent sur des trucs aussi futiles que la constitution européenne.
Malgré le fait que les deux épisodes précédents soient d'énormes bouses, je suis allé voir cet épisode III plein d'espoir et de nostalgie, et mal m'en a pris. Je peux pas cracher sur le scénario en lui-même qui, à quelques détails près, se tient plutôt bien, mais le problème c'est que dans ce film, il n'y a ni acteurs, ni réalisateur, ni dialoguiste. Du coup, on assiste à une succession de scènes sans intensité, qui s'enchaînent comme un low kick et une séance de couture et dans lesquelles les personnages échangent des phrases risibles avec la conviction d'un Elfe niveau 3 se battant avec une canne à pêche contre un Tauren niveau 60 (vous avez qu'à jouer à World Of Warcraft). Le pire, c'est que comme tout le monde le sait, cet épisode de Star Wars est censé raconter le passage du petit Anakin du côté obscur, et que ce passage est entièrement lié à un truc auquel on ne croit pas un seul instant tellement il est filmé, joué et dialogué platement (Natalie Portman et Hayden Christensen, un grand moment de vide interstellaire). En fait c'est bien simple, même Ewan McGregor, que j'aime d'ordinaire vachement, est mauvais. Mais pas mauvais genre "il aurait pu être mieux", mauvais genre Steven Seagal dans Fire Down Below. La lose, quoi. Il n'y a que Yoda qui s'en sort, et dans une certaine mesure Palpatine (Ian McDiarmid), même s'il est forcé de balancer des répliques ridicules et de ricaner de façon démoniaque quand il se bat.
À côté de ça, bien sûr, il y a les effets spéciaux, globalement très classes, avec des vaisseaux hyper rapides par milliers à l'écran et des machins de toute taille dans tous les sens, mais même dans ce domaine qui fait théoriquement partie des points forts de la série, il y a des ratages monumentaux. Genre tout le combat Anakin / Obi Wan au milieu de la lave. C'est vraiment dégueu, des gerbes de feu tout droit sorties d'After Effects et une incrustation minable (mais minable, vraiment, on aurait dit Spawn, ou le coup de la pomme dans l'Attaque des clones, tiens) dans la scène où les deux combattants surfent sur le fleuve de lave (oui c'est aussi un peu ridicule parfois). Je chipote, parce que les autres effets sont plutot réussis, mais ce passage choque d'autant plus visuellement.
Enfin, last but not least, un truc qui ajoute encore à l'énervement provoqué par la niaiserie des dialogues et la vacuité du jeu des acteurs, ce film met en scène des personnages parmi les plus bêtes du cinéma. Anakin est énervant de connerie, Windu demande à un mec en qui il n'a pas confiance (et qui peut potentiellement tout faire foirer) d'aller ranger sa chambre en le laissant sans surveillance, l'Empereur est alternativement complètement con et super intelligent (refaites-vous le film en imaginant la machination qu'il a mise en place et les coïncidences et autres truc hyper dangereux qu'il avait prévue à l'avance, et vous comprendrez ce que je veux dire), Padmé mérite des baffes, etc.
Finalement, le seul truc qui m'ait un peu plu là-dedans, outre le scénario (ou ce qu'il aurait pu être), c'est, à partir du milieu du film, la mise en place de l'Empire, un petit parfum d'Empire contre-attaque flottant par moments au-dessus de la médiocrité ambiante, et ce sentiment de désespoir grandissant qui, même s'il aurait pu être mille fois mieux géré, reste efficace. Mais quoi qu'il en soit, à la fin de cette deuxième trilogie, après avoir supporté le couple Christensen / Portman pendant près de sept heures, je regrette un peu l'époque de mon album Panini du Retour du Jedi.
J'ai de plus en plus d'imagination pour les titres, moi. Bref. Ce soir, dans muzikzokeur, deux films très différents l'un de l'autre.
Crimen ferpecto (3.5/5)Même si c'est pas un génie, même si son travail est très inégal, j'aime bien Álex de la Iglesia, et Le crime farfait est dans le haut du panier de ce qu'il a fait. Dedans, il y a des tas de trucs vraiment drôles, une réalisation souvent inventive qui surprend un peu dans cet univers moins "série B" que d'habitude, un net refus de s'imposer une morale, des acteurs en grande forme et un bon paquet d'ingrédients qui font de ce long-métrage, malgré ses quelques longueurs, un bon film d'humour noir.
Darwin's Nightmare (4.5/5)Alors là, on change complètement de registre : finie la rigolade. Le cauchemar de Darwin est un documentaire qui dresse un panorama peu reluisant de la situation d'une région de Tanzanie vivant de la pêche et de l'exportation de la perche du Nil. Les considérations écologiques sur lesquelles semble au départ se fonder le film (l'espèce de perche en question a été introduite dans le lac et s'y est multipliée, détruisant tout son écosystème et commençant même à s'entre-dévorer) sont bien vites rejointes par une multitude de thèmes : politiques forçant les pays du tiers-monde à développer des industries d'exportation, causant par là-même des famines dans les régions productrices, trafic d'armes, enfants des rues, prostitution, extrême pauvreté, etc. La grande force du film est de réussir à montrer avec une acuité et une éloquence peu communes les interconnexions entre tous les problèmes rencontrés par les populations de la région (le tout étant d'ailleurs transposable à de nombreux autres pays du tiers-monde) et de les disséquer avec précision pour en trouver le causes, le tout sans sombrer une seule fois dans le misérabilisme ou la compassion bon marché. De même, grâce à cette distance objective, Le cauchemar de Darwin ne souffre pas des défauts inhérents aux documentaires militants et cela ne fait qu'intensifier l'impact de son propos. Et à la fin du film, quand toutes les pièces de cet horrible puzzle sont assemblées, quand les derniers bastions de doute qui pouvaient subsister dans notre esprit sont tombés, on ressort de la salle impressionné par la forme, avec le sale goût du fond sur la langue.
Merde, je suis déçu par Mezmerize. Y a toujours plus ou moins la patte de System Of A Down, mais je sais pas, c'est moins original, ça passe pas très bien. Daron Malakian, qui avait commencé à faire son apparition au chant sur Toxicity, prend de plus en plus de place et, du coup, la pique à Serj Tankian qui a pourtant un style beaucoup plus varié et barré, et l'ensemble de l'album s'en ressent : System se classicise. Avant, quand ils passaient un riff un peu 80's entre deux changements de tempo, c'était marrant, ça s'intégrait bien et tout, mais là on l'impression d'entendre que ça. Et des tas d'harmonies vocales qui me gonflent. Et pourtant, j'aime bien les groupes à deux chanteurs, normalement. Alors bon, OK, on retrouve leur propension jouissive à faire dix morceaux par morceau, à ajouter des petites touches folkloriques, à se laisser aller à une certaine frénésie, mais je trouve qu'il y a vachement moins de soin apporté dans la combinaison de ces éléments, qu'ils sont, pris individuellement, bien plus convenus, et que l'ensemble devient souvent un peu trop harmonico-mou (enfin tout est relatif, hein). Même dans des morceaux que je trouve plutôt cool, genre Violent Pornography, on retrouve des passages mélodiques peu originaux qui tranchent salement avec l'inventivité vocale de Tankian sur les précédents albums. Et puis, pour la première fois, il y a des morceaux vraiment faibles sur l'album : Revenga et Old School Hollywood. Et ça, c'est vraiment décevant de la part d'un groupe qui a sorti un album de titres non sélectionnés pour les disques précédents de la qualité de Steal This Album et dont les contributions ponctuelles (Metro pour la BO de Dracula, The Legend Of Zelda...) ne sont jamais bâclées.
Ceci dit, c'est pas nul, hein, ça enterre vivant à la tractopelle 95% de ce qui se fait dans le genre en ce moment, mais je sais pas si c'est vraiment une référence. Et puis on peut aussi se dire qu'il faut attendre Hypnotize, la deuxième partie de l'album, qui sort dans quelques mois (syndrôme Kill Bill ?), mais avec deux de mes groupes favoris s'essayant quasiment en même temps à l'exercice casse-gueule du double-album, y avait quand même de grandes chances que l'un des deux se plante un peu. Et comme l'album de Eels est bien...
Je vous le dis comme ça, sur le ton de la confidence, mais en ce moment j'écoute Die, Rugged Man, Die de R.A. The Rugged Man, Louis XIV de Louis XIV et Blinking Lights And Other Revelations de Eels, et ils sont tous les trois très bien. J'en mettrai peut-être des extraits dans la CacoRadio, mais c'est vraiment pas sûr alors faites comme si j'avais rien dit tout en entretenant une petite lueur d'espoir au fond de vos coeurs tremblottants.
Samedi matin, à une heure que je refuse de communiquer pour ne pas choquer mes plus jeunes lecteurs, j'étais invité à la projection de Whodunit, le court-métrage pour lequel Alan Smithee lutte depuis des années. Comme je suis un mec curieux, j'y suis allé et c'était plutôt cool. Alan m'a dit que je pouvais noter son film (même mal), et je ne vais donc pas le faire, mais c'est pas une raison pour ne pas en parler quand même. En fait, j'ai été plutôt surpris (comme apparemment la majorité de l'immense foule qui se pressait dans la salle) de la qualité formelle du machin, parce que, sans vouloir être désobligeant avec Alan, c'est quand même (si je ne m'abuse) son premier court-métrage et que vous et moi savons très bien les effets indésirables que peut produire l'enthousiasme lorsqu'il est allié au manque de moyens et à la volonté de finir ce qu'on a commencé en moins de dix ans. Mais là, non, ça se voit pas et c'est bien filmé. L'histoire en elle-même ne va pas bien loin, mais à vrai dire on s'en fout un peu, parce que c'est plutôt drôle et, comme je le disais, bien foutu. J'ai notamment bien aimé les petits gags débiles et le jeu de mot vaseux © Alan Smithee. Enfin bref, si vous voulez juger par vous-mêmes, ça passe sur TPS Star le 12 mai à 22h30, dans Premier clap.
À part ça, j'ai aussi vu des trucs un peu mieux distribués.
Bin-jip (2/5)Même si je suis pas fan de tout ce qu'il fait, j'éprouve une espèce d'attirance bizarre pour les films de Kim Ki-Duk, et je pensais au départ que j'allais apprécier Locataires autant que Samaria, tellement le début est bien foutu. Et puis au bout d'un moment, inexplicablement, ça devient n'importe quoi. Le milieu du film est marqué par une nette rupture, un peu comme dans Samaria d'ailleurs, mais la suite est bourrée d'incohérences, de scènes inutiles et de machins bien lourds, bien appuyés, bien caricaturaux (le flic, la prison, la vengeance du mari, etc). Heureusement, tout ça se termine sur une trouvaille bien sympa, mais ça ne suffit pas à rattraper ma déception.
Garden State (3.5/5)Là, par contre, je m'attendais à un truc pas terrible, gnangnan, le genre de film tout plat à propos duquel tout le monde est indulgent parce que c'est le premier d'un réalisateur un peu intelligent, et en fait je me suis en grande partie trompé. Je dis "en grande partie", parce que la dernière demi-heure de Garden State est conforme à toutes mes craintes, avec une morale de merde et la résolution en un clin d'oeil des problèmes d'une vie. Molière, sors de ce corps ! Mais bon, si on oublie le fait que Natalie Portman (contre toute attente) commence un peu à me gonfler, je dois avouer que tout le début du film est vraiment cool, drôle, intelligent, un peu décalé, bref, très bien. Une bonne surprise, quoi.
The Weather Underground (3.5/5)Un docu très instructif sur un groupe américain d'extrême gauche qui a fait sauter un paquet de bombes aux États-Unis dans les années 70, pour protester contre tout un tas de travers de l'époque (la guerre du Vietnam, le racisme, l'interventionnisme américain, etc.). J'étais pas du tout au courant de ce truc, et c'est assez étonnant de voir tout ce que ces mecs ont fait sauter sans que la plupart d'entre nous ne le sache aujoud'hui. Le film est un mélange d'images d'archives et d'interviews de membres de l'organisation en question (The Weather Underground), et c'est assez intéressant de voir le recul que chacun a, à sa façon, pris par rapport à ses actions de l'époque. En revanche, le docu manque un peu de profondeur.