
Il ne sera pas dit que je n'aurais fait que trois posts en novembre. Il ne sera pas non plus dit que le quatrième est le meilleur.
Oliver Twist (1.5/5)Longuet. Et puis Oliver Twist, en fait, c'est une histoire qui veut rien dire, à part "mieux vaut être con et mignon si on veut survivre". Ca a apparemment satisfait pas mal de gens, mais pas moi.
Je ne suis pas là pour être aimé (3/5)Sympa, pas aussi caricatural qu'on aurait pu le penser ("ah tiens un personnage d'huissier pas sympa et renfermé sur lui-même, quelle surprise !"), mais pas non plus exceptionnel. Juste une petite histoire sympa et un peu lente, portée par un Patrick Chesnais qui, sans être mauvais, ne se foule pas non plus des masses.
Corpse Bride (3.5/5)Tim Burton a tendance à me saoûler, mais pas là. L'histoire pue, mais le design et l'ambiance entre les Aristochats et l'Étrange Noël sont plutôt cool. Par contre, les blagues sur les morts-vivants qui perdent des morceaux, on commence à connaître, Tim.
Wallace & Gromit In The Curse Of The Were-Rabbit (4/5)C'est drôle, inventif, ça va à deux mille à l'heure et il se dégage de ce long-métrage un parfum artisanal au sens le plus noble du terme, un peu comme si t'avais dix ans et que tu mangeais la purée maison de ta mamie avec la cuiller en bois façonnée par ton tonton ébéniste.
The Descent (4/5)Ce film évolue dans un genre tellement pollué par les merdes de toutes sortes que le contraste amené par sa qualité ne peut que sauter aux yeux. Ca commence sur le mode de l'angoisse claustrophobe classique, pour évoluer en mini trouille fantastique avant, finalement, de basculer dans un gore à la fois drôle et haletant. Avec peu de moyen, Neil Marshall, réalisateur du plus bourrin mais déjà réjouissant Dog Soldiers, signe un film bien classe, tellement efficace et bourré de bonnes idées qu'on lui pardonne les quelques incohérences concernant son peuple des profondeurs. Et, chose à retenir, Juno est vraiment une sale pute.
Free Zone (2/5)Au début ça va, même si on s'emmerde un peu. Il y a même quelques belles scènes, comme celle du début, durant laquelle la caméra ne sort pas de la voiture. Après, ça va plus trop et on s'emmerde pas mal. On commence à comprendre où Amos Gitai veut en venir, et les enjeux de l'intrigue disparaissent. Et à la toute fin, c'est carrément n'importe quoi, et ce film plutôt sérieux parlant avec un minimum de finesse et une approche "quotidienne" des rapports israëlo-arabes se conclut sur une scène à la Benny Hill. J'avoue que je comprends pas.
Red Eye (2/5)J'aime bien Wes Craven. Bon, on sait bien que depuis un moment (depuis le début, même ?), il fait pas mal de merdes, mais y a toujours quelques petits trucs qui, sans vraiment rattraper l'ensemble, restent assez sympas et me plaisent bien. C'est le cas dans ce Red Eye, qui commence pas si mal, avec une vraie idée originale et des scènes bien trouvées. Et puis ensuite, on est vite énervé par le nombre ahurissant d'incohérences, avant de se retrouver dans un pur slasher à la Craven, pour une scène finale sympa mais déjà vue mille fois. Business as usual, quoi.
A History Of Violence (3.5/5)Ca me fait marrer, cette espèce de réput' de super réalisateur dont bénéficie Cronenberg. J'ai rien contre lui, mais si je peux comprendre qu'on puisse le considérer comme un cinéaste culte pour son côté à la fois académique et fantastique, j'ai du mal à me figurer ce qui lui donne cette espèce d'aura à la Kubrick, parce que ses films, même les bons, sont souvent parsemés de clichés et autres petits trucs pas terribles. Enfin bref, toujours est-il que A History Of Violence fait figure, pour moi, de bon Cronenberg et surtout de très bon Mortensen, parce que le petit Viggo est assez impressionnant dans le rôle principal.
J'ai vu tuer Ben Barka (2/5)Des dialogues un peu trop écrits pour moi, une histoire sans révélations, mais une certaine réussite dans la manière d'instaurer l'ambiance de l'époque et de traiter le personnage principal du film. Et Balasko dans un nouveau rôle sérieux. Encore, Josiane.
Flightplan (2/5)Une idée de départ sympa, suivie de tonnes d'incohérences et de n'importe quoi. Plus que jamais, la forme l'emporte sur le fond, et tant pis si l'ensemble n'est déjà plus crédible à la moitié du film. Bôf.
Le petit lieutenant (4/5)J'aime beaucoup ce genre de film sans fioritures, sans phrases gimmicks, sans coups de théâtre ni rétablissements attendus, avec une vraie intrigue mais une histoire filmée au plus près des personnages. J'ai généralement beaucoup de mal avec Jalil Lespert, qui me donne très souvent l'impression de jouer faux, mais il est ici tout bonnement impeccable. Avec tout ça dans sa besace, Le petit lieutenant est tout simplement excellent.
Je bosse bientôt. Tout ça n'est pas près de s'arranger.
Malgré ses orientations sexuelles souvent discutables, Jul reste mon observateur d'Internet préféré. Pour ce genre de trucs, par exemple.
J'ai un peu honte. Et c'est pas, comme vous le croyez, parce que j'avais pas posté depuis mille siècles, mais parce que j'avais dit à Tita que je parlerais du film de son oncle, et que j'en ai toujours pas dit un mot alors qu'il est sorti tout à l'heure. Du coup, j'essaye de me rattraper un peu, là, mais je vois bien que personne n'est dupe. Ceci dit, et c'est aussi ça la magie d'Internet, d'autres gens (dont certains sont très bien et d'autres parfaitement infréquentables), en ont déjà parlé et je vous engage à lire tout ça chez Dean, Gaëlle et nacha.
Following Sean, c'est le long métrage qui fait suite au court, également réalisé par Ralph Arlyck (l'oncle de Tita, si vous suivez bien), dans lequel un petit garçon de 4 ans, fils de hippies hardcore, se présentait à la caméra et racontait sa vie de mini hippie, les flics, la fumette, la communauté et les balades pieds nus dans San Francisco. Une sorte de symbole de confiance absolue dans leur modèle d'éducation pour les hippies, une allégorie de l'enfer et du "les jeunes d'aujourd'hui" pour les réacs, et des tas de choses entre les deux pour les autres. Bref, ça c'était il y a trente cinq ans, et Following Sean est en fait issu d'une envie du réalisateur de retrouver Sean, le petit garçon en question, et de le suivre un peu aujourd'hui pour voir ce qu'il est devenu, ce qu'il pense de son passé, etc. C'est peut-être personnel, mais je trouve ce sujet super intéressant, d'autant plus qu'il se focalise sur un personnage "extrême". Il n'y a pas vraiment besoin de documentaire de ce style pour deviner que Kevin, sapé skater et fan de Slipknot, finira par aller bosser avec un costard et une cravate et fera sûrement poser une alarme sur sa bagnole, mais l'évolution d'un gamin élevé dans un contexte communautaire et très permissif, avec des parents pour qui ce mode de vie relevait en partie d'un acte politique, est déjà moins prévisible.
Et bon, je vais pas vous spolier tout le film, mais pour le coup, c'est effectivement très intéressant, souvent inattendu, et l'évolution de Sean et de ses parents entre les 70's et aujourd'hui en dit long sur la déferlante hippie et la façon dont elle a marqué notre culture, mais également sur le petit schprlouick qu'on entend parfois lorsque les idéaux se retrouvent confrontés au quotidien. Je grossis le trait, parce que c'est en réalité plein de nuances et de subtilités, mais c'est clairement un des thèmes que l'on retrouve tout au long du film, et c'est certainement celui qui m'a le plus intéressé.
D'un point de vue plus formel, Following Sean, est constitué d'un assemblage de séquences filmées récemment, dans lesquelles le réalisateur suit ou interviewe Sean ou des membres de son entourage, et de séquences tirées d'archives (photos et vidéos) datant de périodes diverses entre 1969 et maintenant, par-dessus lesquelles se greffent les commentaires et les réflexions en voix off de Ralph Arlyck. C'est assez classique, mais c'est ici très bien mis en pratique, puisque ça permet à la fois de découvrir le parcours atypique de la famille, tout en portant à chaque instant un regard critique (dans le sens neutre du terme) sur les périodes ou les événements importants, que ce regard vienne du réalisateur, d'un "acteur" parlant de son passé ou même du spectateur lui-même. Ca, j'ai beaucoup aimé. Mais paradoxalement, c'est aussi de là que vient, à mon sens le principal problème de ce film. En effet, le réalisateur met souvent sa propre vie en parallèle à celle de Sean et de son entourage, ce qui donne un côté nostalgique et personnel intéressant à son documentaire, mais biaise parfois la réflexion. Alors bien entendu, je suis conscient du fait qu'un docu n'est jamais à 100% objectif, et que la subjectivité peut même en constituer tout l'intérêt, mais je trouve que dans le cas présent, Arlyck a quelque peu tendance à présenter sa vie comme plus sage et plus mesurée et, de ce fait, à adopter le point de vue de quelqu'un qui serait totalement en dehors, et donc objectif, ce qu'il n'est évidemment pas. Ca ne nuit pas vraiment à la qualité de l'enquête, et ça ne remet absolument pas en cause la construction du film, mais je trouve que ça tend un peu par moments à parasiter la réflexion.
Ceci dit, comme d'hab, je fais un peu la fine bouche pour la forme, mais j'ai tout de même été séduit par ce documentaire qui est, je trouve, un vrai support de réflexion sur des tas de thèmes comprenant évidemment tout ce qui est lié à l'époque et au mouvement hippie, mais aussi un paquet de choses bien plus universelles concernant la façon dont on construit sa vie, la partie rigide et la partie flexible de notre vision du monde, ou encore le fait de savoir si, quand on a quatre ans et qu'on mange des space cakes, la police vient nous taper sur le coin de la gueule.
PS : Following Sean n'est pas diffusé dans beaucoup de salles, mais pour les parisiens qui ont la carte UGC, sachez que le seul cinéma de Paris dans lequel il est diffusé, L'Espace St-Michel, accepte cette carte. En clair, c'est gra-tos.
Allez, on va citer un truc qui a presque 25 ans :
Now you get to the place where the real slavedrivers live
It's walled off by the riot squad aiming guns right at your head
So you turn right around, play right into their hands
And set your own neighbourhood burning to the ground instead
Riot - the unbeatable high
Riot - shoots your nerves to the sky
Riot - playing right into their hands
Tomorrow you're homeless, tonight it's a blast