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Cacochyme


Far From Heaven (4/5)

Moi, j'adore Julianne Moore. Je sais bien qu'elle est assez facile à adorer et que j'ai aucun mérite, mais je voulais le crier à la face du monde. En postillonnant, en plus.

Enfin, je dis ça, mais ça n'enlève absolument rien à mon imparable objectivité et à mon sens critique exacerbé. Je sais très bien qu'il est tout à fait possible de réaliser une grosse bouse, même avec Julianne Moore dans le rôle principale (mais c'est quand même plus dur qu'avec Val Kilmer). Et Far From Heaven pourrait très bien en être une bien fumante, puisqu'il évoque des thèmes comme le racisme et l'homosexualité dans l'Amérique Maccarthyste des années 50, qui, avec ou sans Val Kilmer, sont particulièrement propices à la dénonciation facile et sans saveur qui a déjà sévi dans un paquet de films et de cafétarias de facs de lettres.

Ben oui, mais non. Je ne sais pas si c'est dû à la façon qu'a le réalisateur de traiter ces thèmes avec finesse, dans un cadre relativement intimiste (tout tourne essentiellement autour de la famille de l'héroïne, interprétée par Julianne Moore), au jeu des acteurs, à ma prodigieuse faculté à me faire avoir par ce genre de trucs, ou encore à tout ça à la fois, mais ça passe très bien, c'est pas particulièrement démago et c'est surtout très sobre et très nuancé. L'héroïne ne résiste pas si bien que ça à la pression de son milieu, et elle navigue bien souvent entre progressisme facile et un peu forcé et convictions sincères, ou encore entre son rôle de parfaite épouse américaine à l'ancienne et ses tendances modernistes, choquantes pour son entourage. Et puis, bien sûr, par-dessus tout ça, il y a cette histoire d'amour un peu floue et brillament racontée, qui contribue à faire de Far From Heaven un film vraiment enthousiasmant.

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