Si j'étais invité à une réception de l'ambassadeur et qu'au milieu d'un groupe de gens réunis autour d'un présentoir à Ferrero rochers, un individu se mettait à se foutre de la gueule de François Ozon, je pense que je serais le premier à l'aider. En clair, en général, il me gonfle un peu.
Mais Swimming Pool est vraiment pas mal. Les deux actrices principales (Charlotte Rampling et Ludivine Sagnier, filmée avec un érotisme naturel assez euh... intéressant) sont simplement incroyables, et parfaitement choisies. Même en réfléchissant longtemps, je ne vois pas trop qui le réalisateur aurait pu choisir de mieux pour ces rôles. Leurs personnalités presque caricaturales au début du film, évoluent avec une progression vraiment superbe au fur et à mesure que le film avance. D'ailleurs, tout le film évolue un peu comme ça : lentement, finement, implacablement, quasi parfaitement. La mécanique est vraiment huilée avec une précision phénoménale. Même quand on commence à se dire "ah non, là c'est trop quand même", on s'aperçoit qu'en fait non. C'est cette maîtrise qui m'a le plus impressionné, d'autant plus qu'elle s'applique à une évolution relativement profonde dans les sentiments et le comportement des personnages.
L'histoire, quant à elle, est sympa, mais ne brille pas spécialement par son originalité (elle se heurte même à une petite incohérence, je pense - voir les commentaires pour en savoir plus), et le film aurait sans doute pu être chiant s'il n'était pas aussi maîtrisé et bien mené (et au final c'est tout le contraire).
À part ça, l'intérêt d'aller au cinéma dans le 8è le mercredi après-midi alors qu'il fait super beau dehors, c'est d'entendre les commentaires des vieux qui peuplent la salle. Bon, peupler est un bien grand mot, étant donné qu'on devait être 10, mais il devait bien y en avoir 9 dans le lot. J'ai ainsi eu droit à un "c'est un droguée ?" révolté lorsque Ludivine Sagnier fume dans son bain, à un "ah ben dis donc !" lorsqu'elle se touche au bord de la piscine ou encore à un "elle a des jambes affreuses" sur un plan de Charlotte Rampling allongée près de la piscine. Et apparemment, l'auteur de ces commentaires n'a pas trop aimé le film. Je suppose que vous devriez aller voir sur son blog pour en savoir plus...
26 commentaires:
Attention, si vous n'avez pas vu le film et que vous souhaitez le faire, ne lisez pas plus bas, parce que ça va un peu être spoiler-land, ici.
Donc, je pense avoir relevé une incohérence dans le film : à mon avis, soit on considère que Sarah a rencontré Julie dans la maison, et dans ce cas là je ne vois pas pourquoi cette dernière l'ignore lorsqu'elles se croisent chez l'éditeur à la fin du film, soit on considère que Sarah a totalement inventé l'histoire de la fille de John, et dans ce cas là, je ne comprends pas pourquoi elle lui dit, à la fin du film également "tu ne m'as pas tout dit non plus".
Ou alors, j'ai raté un truc, ou il y a une autre explication que quelqu'un va peut-être pouvoir me donner, mais je vois pas.
Brice - 29.05.03 - 17:20
ouais alors "Si j'étai invité" deja, hein!!
yledm (link) - 30.05.03 - 02:15
Oops ! Corrigé.
Brice - 30.05.03 - 04:40
sinon, je trouve que ca fait longtemps que tu as pas fait de reves, toi...
yledm (link) - 30.05.03 - 06:03
J'ai été voir le film hier soir. Concernant l'incohérence que tu rappelles. Elle m'a interpellé pareillement. Seulelment ce qui ma troublé, cest que la fille de l'éditeur que nous voyons à la fin, n'est pas Ludivine Sagnier, mais une autre actrice. Cette dernière se fait appeler du prénom anglicisé de Julie et devient ainsi Julia.
Ainsi, on en vient à douter de l'existence de ce personnage dans la maison, renforcé par la transfiguration de Julia en Julie à la sortie de la piscine. Il y a le personnage de la fille de Marcel qui rappelle des protagonistes presque surréalistes de romans de fictions.
Par ailleurs, Charlotte Rampling est écrivain et il n'est pas rare de voir représenter dans le cinéma et dans la littérature des écrivains dépassés par leurs œuvre à tel point quils les transfigurent dans la réalité.
Il me semble que léditeur parle de larrivée probable de sa fille dans la maison et peu après Charlotte Rampling paraît étonnée de larrivé de la fille en question.
Sarah Morton écrit des romans policier, elle veut changer de sa série des Dorwell, lassée du cadre qui la reconnaît et le prétexte à cette histoire sert ce nouveau virage dans sa carrière.
Par ailleurs, léditeur à la fin du film ne paraît pas étonné de pouvoir retrouver dans son roman des parties qui sont censées avoir été écrites par la mère de Ludivine Sagnier, ce qui paraît étrange dans la mesure où ce roman avait provoqué une réaction violente de la part de léditeur. Le seul étonnement vient de ne pas reconnaître lécriture habituelle de Sarah Morton et ainsi dy voir une description plus profonde des sentiments humains, quil ne lui sentait pas capable au début du film.
De plus, je pense quil ne faut voir dans le regard de Charlotte Rampling à la fin du film quune connivence entre son imaginaire et la réalité qui la rattrape notamment avec larrivée de la fille de léditeur. Ce roman lui permet alors de sémanciper de son éditeur/amant pour finir.
Bref, un film plus complexe qui ny paraît au premier regard.
Désolé, cest un peu confus, mais je nai pas eu le temps deffectuer de relecture plus profonde de mon commentaire.
Chevalier Félon () (link) - 30.05.03 - 11:11
@ Chevalier Félon : je suis globalement d'accord avec ton interprétation, c'est également celle que je retiendrais, mais il reste le problème de savoir pourquoi Sarah dit à son éditeur qu'il lui a caché des choses, si Julie est un personnage totalement fictif.
@ YLEDM : c'est vrai, c'est pas normal, je vais me plaindre au ministère des rêves.
Brice - 30.05.03 - 15:20
Je crois qu'un deuxième visionnage s'impose, quelque chose m'a certainement échappé.
Chevalier Félon () (link) - 30.05.03 - 16:36
mon interpretation (de mec qui a pas vu le film): en fait, elle s'est fait un film dans sa tete, base sur des elements reels, genre il existe bien une fille, mais celle de l'histoire n'est pas la vraie, mais une sortie tout droit de son imagination. le truc c'est qu'en fait, on pense a la fin que c'est juste une romanciere, et qu'elle s'est "fait un film" pour s'inspirer, pour ecrire sa nouvelle histoire, mais en fait, ca reste ambigu, et sa derniere remarque justement nous montre qu'elle est juste sociopathe et completement mythomane et que le film qu'elle s'est fait, elle y crois vraiment, justement, comme nous au debut de l'histoire...
yledm () (link) - 31.05.03 - 07:52
Écoute, je crois que non. Mais c'était bien tenté.
Brice - 31.05.03 - 18:36
si si, je t'assure... vois-le une seconde fois et tu verras que ca tient la route...
yledm () (link) - 01.06.03 - 00:05
OK mais vois le une première fois déjà.
Brice - 01.06.03 - 12:54
Moi je suis totalement daccord avec Yledm. J'irai même plus loin, en fait tout ça était un rêve.
Ptyx - 02.06.03 - 11:18
Vous êtes des Jean-foutres.
Brice - 02.06.03 - 15:05
ouaih bien dit, allons guerroyer ensemble...............
au final, je pense qu'il y a un mélange de réalité et de rêve. Il est possible qu'elle ait eu le manuscrit de la mère de Julie dans les mains à moins qu'elle n'est spéculée sur les déclaration de la fille de Marcel, lorsqu'elle déclare avec peur que c'était un accident....
Putain, il me travaille ce film
Chevalier Félon () (link) - 02.06.03 - 15:57
ca me fait chier qu'il soit pas distribue dans ma ville ce film... par contre, taxi 3 arrive sous peu!!
yledm () (link) - 02.06.03 - 16:39
C'est agréable de savoir qu'il y a le cinéma pour nous représenter dignement à l'étranger...
gaelle (link) - 04.06.03 - 11:49
YLEDM arrêtes un peu de te la péter tu m'énerves. !!
:X
Ptyx - 05.06.03 - 14:54
ptyx, si tu continues, je donne ici meme l'adresse de ton blog ok???
yledm () (link) - 07.06.03 - 02:31
j' ai vu le film et je n' est rien compris. Qui est en fait Julie, est t-elle réellement le fille de l' éditeur ou est-ce Julia ? éclairez mo.
Mercii
MArion - 19.06.04 - 10:57
Marion : lis les commentaires (le mien et celui du Chevalier Félon), ils en parlent.
Brice (link) - 21.06.04 - 17:55
on peu pa vs aider moi je di le réalisateura mm pa compri ce kil aV fait,il a fai ce film pr nou fair réfléchir sur lé réalit" de la vi et sur le fai peut on ne pa etre soi mm et marcel c un vieu pervers et yvan il é mor il a croké la....et voila il fo ke le réalisateur nou contacte on a tjs pa compri on réfléchi a cet kestion existentiel a 3h du mat et franchmemen je di ce film devrai etre interdi o moin de 12ans paske franchemen tré chokan et pi voila.....
c nou - 24.10.05 - 03:28
julie - ludivine a eu vent du fait qu' une superbe maison située dans des decors magiques allait etre squattée par une ecrivain barge ( cf : shining ) et elle s' est dit trop cool , la maison sera ouverte, je vais pouvoir moi aussi la squatter en toute impunité ... bref, y' a rien de metaphysique , ni de spectaculaire la dedans et au fait, pourquoi pas un controle de gendarmerie avec papiers d' identité au debut du film , comme ca , on serait fixés , ah ah ah , c' est rien les gars, juste un superbe film qui nous permet d' admirer les talents et la sensualité qui se degage de ludivine ... merci francois ozon de l' avoir filmé aussi superbement et merci ludivine d' etre toi
matt - 09.01.06 - 01:00
je pense tout simplement qu'une fille est passée par là... (Ludivine) et a squatté la maison... L'editeur n'est donc pas son père... D'ailleurs au debut, quand elle l'a au telephone, ce n'est pas lui en réalité... Car il n'y a plus personne o bout du fil qd C.R prend le tel.... A la fin paraîtrait donc la vraie Julie... Normal donc que l'editeur dit "je ne vois pas de quoi veux tu parler" quand C.R lui dit : "Tu m'as caché des choses..."
Ou alors C.R a transporté son imagination ds le réel... Enfin nous voici totalement déboussolés... :s
CaRoLiNe - 29.01.06 - 12:15
et pourquoi l'editeur n'aurait pas une deuxième fille, d'une liaison d'avant son mariage?Une fille qui squatte la maison, et fait un transfert sur Sarah...?La mère elle aussi auteure, niée par son père biologique, tout comme cette fille qui ressemble à la plus jeune mais contrairement à celle ci n'est pas aimée par le père. C'est un fantasme de Sarah d'étre la fille de l'editeur elle qui a un père mourant elle lui trouve une place dans sa vie, un rôle dans sa relation au père, un fantasme d'oedipe dont elle va se libérer en l'ecrivant, et se libérer par la même occasion de son éditeur paternaliste et amant fatigué.
Elle tue également l'homme qui la convoite, elle se libère de la convoitise de son père...Ouf, c compliqué!
J'ai adoré...
lakshmi - 06.02.06 - 22:58
Wow, Lakshmi, très honnêtement je pense pas qu'Ozon ait pensé à ça, mais t'es le premier (la première ?) à me proposer une explication cohérente de ce film. Merci !
Brice (link) - 06.02.06 - 23:02
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