Ils sont un peu chiants, Kad et Olivier, de se balader partout pour faire la promo de leur film. Je veux bien qu'il faille le vendre et tout, mais là c'est sans arrêt, impossible de passer à côté. Bref, des fois ça veut rien dire, mais ça m'énerve quand même.
Bon, alors le film. J'avoue que je sais pas très bien par quel bout le prendre. Si j'avais pas été obligé de coller une raclée à mon graveur hier (il me cherchait trop), j'aurais même écrit mon commentaire sans lui mettre de note. Heureusement, j'ai finalement réussi à démêler un peu tout ça dans ma tête (on est un grand philosophe ou on ne l'est pas) et j'ai opté pour la note très audacieuse que vous avez pu découvrir ci-dessus avec une stupéfaction non feinte. Je vous l'accorde, l'avancée n'est pas vraiment spectaculaire (surtout si on considère qu'elle m'a coûté un graveur - vieux et insolent, certes, mais quand même), mais c'est déjà pas mal.
On a pas mal entendu Kad et Olivier dire que leur film suivait un vrai scénario et n'était pas simplement une suite de gag. C'est pas complètement faux, mais un peu quand même. En fait, il s'agit d'une parodie de film hollywoodien de base, avec scénario d'enquête de base. Du coup, on ne peut pas dire que l'histoire en elle-même soit intéressante. On devine quasiment tout depuis le début et il n'y a rien de bien original dans la progression de l'intrigue.
Par contre, ya du gag. Des milliards de gags. Des petits, des gros, des plats, des énormes, bref, c'est un peu Le zizi de Pierre Perret mais avec des gags à la place des zizis. Vous noterez qu'on y gagne au change. Du coup, c'est forcément inégal, on ne sourit pas à tout, mais il y a vraiment des passages super drôles (l'apnée, l'hélium...) et d'autres plus classiques mais bien amenés (le chien en bois). Bon, il faut aimer l'univers de Kad et Olivier, parce que sans ça je pense que ça peut devenir un peu hermétique. On y retrouve en vrac des Renault Fuego, des noms américains basés sur les sandwiches Mc Donald's, du rock sudiste, une rue Chuck Norris, des jeunes hommes qui découvrent leur homosexualité et quelques histoires d'odeurs corporelles. Alors forcément, moi qui ai beaucoup écouté le Rock'n'roll Circus, qui étais fan du Ziggy Show et qui ai bien aimé leur Grosse émission, j'ai tout de suite accroché et je me suis bien marré, mais pas mal de gens risquent de trouver ça un peu chiant. Malgré tout, Mais qui a tué Pamela Rose ? a également un côté plus "accessible", puisqu'il parodie plutôt pas mal le cinéma policier hollywoodien un peu pourri et foisonne donc de scènes bien trouvées tournant en dérision les poncifs du genre.
Enfin, l'autre force du film c'est sa réalisation (d'Eric Lartigau), et surtout le fait que les gags ne soient pas là pour conclure une scène avec un petit coup sur la cymbale, mais soient omniprésents, à tel point qu'on en rate certains. D'un côté c'est plus lourd parce que ça n'arrête pas, mais de l'autre c'est plus fin, parce que le réalisateur n'appuie pas dessus pendant 7 heures pour indiquer au spectateur qu'il faut rire. Les décors sont aussi vraiment bien foutus, surtout si on considère que tout a été tourné en Ile-de-France. Je sais, tout le monde commence à être au courant, mais je le précise pour les deux qui dormaient au fond de la salle.
Au final, je suis bien conscient que ce film n'est pas un chef d'oeuvre, qu'il va sembler un peu naze à pas mal de gens, mais moi il m'interpelle, parce qu'il se situe dans un univers que j'aime bien (même si Pamela Rose n'est pas à mon avis leur meilleur "feuilleton"), traité avec un humour que j'apprécie. J'aimerais bien qu'ils fassent le prochain sur la famille Gaillard, ça pourrait donner un truc à la fois drôle et amer que je courrai vois sans hésiter. Si quelqu'un qui les connaît veut bien transmettre...
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