Lost In La Mancha, c'est le making-of d'un film qui ne s'est pas fait et qui n'a que peu de chances de voir le jour dans le futur. Rien que ça, c'est un bon concept, je trouve. Alors si on y ajoute le fait que le film en question est inspiré de Don Quichotte de Cervantès et réalisé par Terry Gilliam, ça devient carrément alléchant.
Peu de budget et une malchance à faire passer Murphy pour un gagnant du loto recevant une lettre d'amour de Salma Hayek ont fait de The Man Who Killed Don Quichotte (le titre que le film de Gilliam aurait dû avoir) un véritable fiasco. On se marre parfois de voir les tuiles tomber sur la tête de l'équipe du tournage, mais la plupart du temps, on a juste très mal pour eux. À côté de ça, Lost In La Mancha offre un intéressant éclairage sur les coulisses d'un tournage, et notamment sur le rôle crucial des hommes de l'ombre que sont, par exemple, le premier assistant réalisateur ou les techniciens.
Mais en fait, tout ça c'est bien joli, c'est hyper intéressant, mais c'est pas l'important. L'important (à part la rose), c'est de voir l'enthousiasme surhumain de Terry Gilliam. Le ciel lui tombe sur la tête, il trouve 5mn pour tourner une scène minuscule, et cette scène semble lui procurer un plaisir exceptionnel. On voit à quel point il aime les acteurs, son film, etc. Étant un peu mégalomane, je vais ramener tout ça à ma petite vie, afin d'être un peu plus clair : de temps en temps, j'entreprends des projets créatifs divers, souvent inachevés parce que l'enthousiasme, pourtant fort au départ, finit par s'estomper. Alors quand je vois un mec comme ça, qui a déjà connu des succès impressionnants, s'enthousiasmer aussi sincèrement pour ce qu'il fait sur un projet de 10 ans, avec tous les coups du sort qu'il subit, ça me laisse rêveur. C'est vraiment cette dimension du film qui m'a marqué et c'est à mon avis le fait d'avoir réussi à capter cela qui fait que Lost In La Mancha n'est pas juste un petit documentaire sur un tournage catastrophe, mais brosse également le portrait d'un grand du cinéma à l'imagination ultra-fertile et totalement atypique. Le côté un peu frustrant de l'opération, par contre, c'est que j'aurais bien aimé voir Don Quichotte de Terry Gilliam, avec Jean Rochefort et Johnny Depp.
trois commentaires:
Convaincu je suis par ta critique...
alors, film j'irai voir....
Ainsi a parlé le Chevalier
Chevalier Félon () (link) - 21.07.03 - 11:38
ce film est inscrit sur mes tablettes depuis des mois avec la mention "a voir coute que coute". je recommande au passage la vision du très bon "heart of darkness" , making off de mme coppola sur le tournage le plus chaotique de l'histoire du cinéma , celui d'"apocalypse now".
alan smithee - 21.07.03 - 17:18
Encore de ton avis (sa en deviens lassant, surtout pour mon esprit de contradiction plutot exacerbé). J'en étais tellement frustrée à la fin que je suis restée qques minutes scotchée à mon siège : "JE VEUX VOIR LE FILM ! haaa" et pour me consoler je n'ai rien trouver de mieux que rentrer chez moi visionner le magnifique "Brazil" de Gilliam... Mais bon, jme dis "allé, dans 10 ans on pourra voir ce petit chef d'oeuvre de don quichotte pour de bon"
juliette () - 03.08.03 - 00:19