Alors voilà, on fait le malin, on va au cinéma pour échapper à la chaleur en se disant que les salles sont toutes climatisées, et on se retrouve à l'Orient Express avec le t-shirt humide collé dans le dos pendant deux heures. Pas de clim. Bon, y avait quand même un film, à savoir La maison de fous, alors je vais pas me plaindre. Quoique.
Le gros problème, enfin le premier gros problème, c'est que ça met longtemps à démarrer. OK, il faut poser le cadre (un asile d'aliénés russe situé en Tchétchénie)et tout, mais c'est un peu longuet quand même. Ensuite, des soldats tchétchènes arrivent, et on se dit que ça va devenir intéressant. Effectivement, le réalisateur commence à développer son idée de base, assez sympa somme toute, et introduit également un bon paquet d'idées annexes tout aussi intéressantes, et la sauce commence à prendre. Et puis, soudain, on retourne dans une suite de scènes brouillonnes et, osons le mot, inutiles, qui non seulement n'apportent rien mais en plus sont bien chiantes à la longue. Alors je vous entend d'ici me dire "ouais mais c'est normal, c'est baroque, c'est la russie, ya des violons et de la vodka !", et je vous comprend tout à fait. Mais même si c'est vrai que certaines scènes rappellent un peu Kusturica ou ont le bordel joyeux, l'ensemble est assez ennuyeux et dessert même les bonnes idées de départ. En fait, c'est ça qui m'a le plus frappé dans ce film : l'absence de structure. Tout est très décousu et la thèse n'est quasiment pas construite, juste évoquée par petits bouts, sans progression ni quoi que ce soit de ce genre. De même, certaines bonnes idées auraient mérité d'être creusées et mieux développées. Enfin bref, c'est décevant.
Côté interprétation, je trouve que les acteurs s'en sortent correctement et collent bien au côté baroque et un peu excentrique de la réalisation. Ils aident même à faire passer certaines scènes un peu limites. L'actrice principale, Yuliya Vysotskaya, notamment.
Pour conclure, deux petites anecdotes croustillantes : dans le film, l'héroïne est amoureuse de Bryan Adams (ben oui mais c'est une maison de fous en même temps) et du coup le chanteur fait quelques apparitions dans le film, guitare à la main, pour chanter des chansons à la merde. Autre truc intéressant, le réalisateur de La maison de fous est Andrei Konchalovsky, qui a notamment commis... Tango & Cash ! Dans le genre éclectique, c'est assez fort.