G

Cacochyme

13.10.03

American Splendor (4/5)

Hop, encore un film tournant autour d'un comics, mais sur un mode bien différent de celui de La ligue des gentlemen extraordinaires. En même temps, c'est vrai que l'oeuvre de base n'a absolument rien à voir. American Splendor, c'est une BD autobiographique écrite par un auteur un peu loser et très pessimiste qui prend le parti de décrire la vie telle qu'elle est en sortant donc des clichés et des manies de la fiction (super-héros, histoires à l'eau de rose, happy endings, etc.). Comme il a un peu de pot, il rencontre Robert Crumb, qui devient un pote et commence plus tard à illustrer ses histoires. D'autres dessinateurs viendront et American Splendor continuera son chemin avec un succès appréciable pour un comics underground.

Quant à American Splendor, le film, il s'agit d'une biographie mêlant documentaire, avec interview de Harvey Pekar (l'auteur de la BD) et adaptation du comics, censé être lui-même un adaptation fidèle, sans mensonge, de la vie de l'auteur. Du coup, ça donne une espèce de biographie sur plusieurs niveaux super bien foutue d'un point de vue formel.

Et sur le fond, je suppose que c'est une question de goût et de sensibilité, mais le film m'a particulièrement touché. On ne peut pas vraiment dire que Harvey Pekar a délibérément choisi le camp des losers, mais il semble s'en être accomodé et, paradoxalement, tirer de son décalage et de son mal-être une sorte de bonheur alternatif à la fois simple et singulier. Et c'est aussi sur ce point que s'exprime toute la qualité du film. Les réalisateurs ont réussi à faire ressortir tous les points essentiels que voulait exprimer Harvey Pekar dans sa BD, toute la profondeur d'une vie en apparence banale. Ca m'a fait penser à un morceau de Cyco Miko intitulé Sweet Disharmony, titre qui résume plutôt bien l'atmosphère d'American Splendor.

Du coup, entre le concept de base, les trouvailles de réalisation, le sujet à la fois simple et profond et des acteurs irréprochables, on est plutôt content de ne pas avoir laissé La ligue des gentlemen extraordinaires nous convaincre qu'il était impossible de réaliser une adaptation de BD réussie.

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