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Cacochyme

12.11.03

The Matrix Revolutions (2/5)

Après l'escroquerie du deuxième volet de la trilogie, The Matrix Reloaded, j'avais un peu d'appréhension en allant voir celui-là. Mais bon, je suis un mec curieux, je voulais connaître le fin de mot de l'histoire et je voulais savoir si Larry Wachowski avait changé son nom en Larra dans le générique de fin (la réponse est non).

Première constatation, ça n'a plus grand chose à voir avec le premier et le deuxième volets. Là ou les autres (surtout le premier, en fait) étaient pas mal construits autour des effets des actes de chacun dans la Matrice et en dehors, The Matrix Revolutions se passe essentiellement en dehors, et les interactions Matrice / monde "réel" sont vraiment anecdotiques. On se retrouve donc plutôt devant un film ressemblant à un mix de Star Wars et de ce que laisse présager le futur Terminator. C'est pas forcément un mal, et ça pourrait même être assez efficace. Les scènes de la grande bataille de Sion sont par exemple souvent très bien foutues. Ca tire dans tous les sens, les effets spéciaux sont impressionnants et la réalisation est, à ce niveau, excellente. On a carrément l'impression de sentir tout le poids des énormes structures qui s'affaissent et des gigantesques foreuses qui tombent de la voute vers le sol de Sion. Malheureusement, ces scènes de combats sont ternies par un nombre impressionnant de clichés à la minute : des couples qui se retrouvent, des jeunes héros pleins de bonne volonté qui font basculer l'issue du combat, des soldats en exosquelettes qui hurlent en vidant leurs mitrailleuses sur des hordes d'ennemis, bref, un paquet de générateurs de soupirs blasés.

Outre la bataille de Sion, The Matrix Revolutions se focalise évidemment sur l'évolution de Néo, sa quête et son amour indéfectible pour Trinity, amour évidemment réciproque et prétexte à un bon gros pot familial de scènes insipides, de déclarations diverses et de larmes faciles. De ce côté là, c'est pas très brillant, essentiellement à cause des dialogues qui sont au mieux plats, au pire risibles et stéréotypés. Bien sûr, on a encore droit à quelques savoureuses tranches de philosophie new age 100% pur beurre bio, qui permettent à peu de frais à tous les fans des Wachowski d'élaborer des théories de dix pages sur le côté profondément philosophique de la trilogie, et dont la scène de la gare, au début du film, est parfaitement emblématique.

Autre écueil, on retrouve un acteur que j'aime beaucoup qui se ridiculise une fois de plus dans le rôle du Mérovingien, aux côtés d'une Monica Bellucci se servant de ses seins comme d'une minerve et prenant sans arrêt de grandes respirations saccadées dans le style de Milady dans Les trois mousquetaires. La scène en question est une fois de plus pourrie, avec, encore et toujours, une mention spéciale pour les dialogues de mon pote Lambert qui m'ont donné envie de me cacher sous mon fauteuil, un peu comme quand la fille de Loftstory 2 dont j'ai oublié le nom essayait de donner des leçons de vie au public de l'émission.

En fait, si on y regarde de près, The Matrix Revolutions se rapproche assez de gros films classiques dans lesquels on suit d'un côté une opposition entre groupes, plutôt défavorable aux "gentils", et d'un autre la quête d'un ou plusieurs héros qui feront basculer l'issue finale de cette opposition (genre Star Wars ou Le Seigneur des anneaux). Bien sûr, tout ça est saupoudré d'une petite métaphore informatique et de concepts philosophiques prédigérés et enrobé d'une esthétique qui, bien que m'ayant plu dans le premier volet, commence sérieusement à s'auto-parodier (comme en témoignent le combat final contre Smith et l'entrée dans la boîte du Mérovingien), mais ça ne suffit pas à masquer la faiblesse et le peu d'originalité de l'histoire, de la narration et des dialogues. Bref, c'est moins horrible que la deuxième partie, mais ça reste un peu chiant quand même.

quatre commentaires:

Ce qui est vraiment choquant c'est l'espéce d'histoire entre Trinity et Neo. Je veux dire que quand deux personnages sont sensés êre follement amoureux l'un de l'autre il doity avoir une espéce d'alchimie entre les deux, je sais pas une étincelle dans le regard, une espéce de lien invisible entre les deux...
Bin là non on à l'impression que c'est juste deux mérous qui se pelotent parce qu'ils ont rien de mieux à faire.
C'est assez frappant comme le fait que trinity soit en fait un mec dans la peau d'une femme comme tous les personnages féminins de l'histoire. Mais bon c'est sans doute le côté Dominatrix transexuelle de Larry Wachowsky qui ressort (http://guidoetmoi.free.fr/index.php?m=20..).
Et je ne dis pas que c'est parce qu'elle se bat bien que ce n'est pas une femme. Prenez Ripley dans le trés mauvais Alien 4, c'est un pur personnage féminin.
Ptyx (link) - 12.11.03 - 15:39

Moi je le trouve vachement bien Alien 4.
Et arrête de critiquer le côté éteint des deux héros, c'est une référence au stoïcisme :)
Brice - 12.11.03 - 16:24

Ouais et à ce qu'il parait il y a des "philosophes" français qui ont fait un bouquin dessus : http://www.liberation.fr/page.php?Articl..
Je pense qu'il faudrait arrêter 5 minutes de dire et de faire des conneries.
Matrix n'a pas révolutionné le cinéma, il a, à la limite, révolutionné le cinéma holywoodien à grand public. Quand on s'y attarde un peu on voit que ca n'aura pas tant de conséquences que ça sur le cinéma mondial.
En fait cette "révolution" est bien plus importante pour les execs hollywoodiens que pour le spectateur de films hollywoodiens qui, de toutes façon, va au cinéma, révolution ou pas.
Les renouvellements esthétiques dans le cinéma hollywoodiens se succédent. Il y en a un par décennie et ca ne change pas grand chose. Cela consiste a adapté l'esthétique au publique de son époque. Ce que les Wachowsky font trés bien, c'est de mixer les éléments qui sont dans l'air du temps pour les officialiser.
Pour le cinéphile un peu au courant Matrix n'est pas une surprise. Il ne se dit pas "wow j'ai jamais vu ça avant". Il se dit "ah c'est malin ils ont pris tout ce qui était à la mode et l'ont mixé en un seul film".
L'ambivalence monde virtuel/monde réel est un truc qui trainait à hollywood et ailleurs avant Matrix (Dark City, Truman Show, Abre los ojos..) avec pour base les livres de Philip K.Dick et le cyberpunk. Les films de Hong Kong ont le vent en poupe depuis le début des années 90, ce n'est pas pour rien que Tsui Hark, John Woo et Ringo Lam ont été débauché par Hollywood. Pareil pour l'animation japonaise qui n'a pas attendu Matrix pour avoir du scuccés en occident.
En ce qui concerne les jeux vidéo, Matrix ne fait également que suivre la tendance, et c'est quelques années avant sa sortie qu'on a pu voir la volonté d'adapter des jeux à l'écran (Street Fighter, Mortal Kombat etc...).
On dit qu'il faut en général 10 ans à Hollywood pour s'adapter aux courants culturels importants. Dans les années 40 Hollywood se mit a faire des films noirs reprenant les bouquins de Chandler et Hammet sortis dans les années 30 par exemple. Ou George Lucas et Kubrick qui reprennent les idées des bouquins de sf des années 60.
Rien de nouveau sous le soleil, nous ne sommes pas entrain d'assister à une "révolution", juste au renouvellement d'une industrie culturelle. Et dans une dizaine d'années il y aura autre chose et ainsi de suite.
Pour résumer ce n'est pas ce qu'on filme qui crée la nouveauté, c'est comment on le filme.
Et de ce côté là les Wachowsky connaissent leur grammaire et respecte les conventtions édictés par Hollywood il y a plus de 50 ans. Bien sûr comme le langage le cinéma a évolué, il y a beaucoup plus de plans, beaucoup plus d'effets, beaucoup plus de mouvements. De la même manière qu'on n'utilise plus le même vocabulaire que celui des années 50 mais que la grammaire reste la même.
Ptyx (link) - 13.11.03 - 16:42

ptyyyyyyyyyyyyyyyyx
:):):)
yledm (link) - 13.11.03 - 16:55

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