Je sais, je suis super à la bourre. Y a même des chances que ce film ne passe plus nulle part, mais je l'ai vu, alors il faut bien que j'en parle. Mais avant de parler du film lui-même, il faut que je parle du réalisateur, Joe Dante, qui a entre autres réalisé Gremlins, Gremlins 2 et Small Soldiers. Small Soldiers, c'est un film d'animation qui à l'origine était censé être une gigantesque publicité pour une ligne de jouets et que Joe Dante a réussi à transformer en un semi-OVNI qui, en plus d'emballer mon frangin, se révèle au final plus destiné aux adultes qu'aux enfants susceptibles d'acheter les jouets en question. L'entreprise de détournement est assez saisissante.
Et le parallèle avec Les Looney Tunes passent à l'action est flagrant. Une fois de plus, Joe Dante s'attaque à une énorme machine commandée par Warner Bros et en profite pour y glisser ses idées critiques sur le monde du spectacle et le mercantilisme en général. Du coup, ça se regarde sur plusieurs niveaux et rien que pour ça c'est assez intéressant. Et puis bon, moi je suis fan de Daffy Duck, et des personnages des cartoons Warner, j'y peux rien.
En fait, la principale appréhension que j'avais, c'était de me retrouver devant un sous Qui veut la peau de Roger Rabbit et force est de constater que, techniquement, c'est un peu le cas. Les incrustations de toons dans l'image sont souvent loin d'être parfaites, mais on finit par s'y habituer et ce n'est rapidement plus gênant. L'histoire est également bien en deça de Qui veut la peau de Roger Rabbit, puisqu'elle n'est de toute façon qu'un prétexte pour enchaîner des gags, des gags et encore des gags, dans l'hystérie la plus complète, caractéristique des cartoons Warner. Du coup, quand la qualité humoristique est au rendez-vous, ça passe très bien, mais dès que les vannes et les situations faiblissent, le grand vide du scénario s'installe et on s'ennuie un peu. Tout ça est plus ou moins rattrapé par un nombre de références cinématographiques assez énorme, mais ça ne suffit pas toujours. Heureusement, quelques phases très inventives viennent parfois ranimer l'enthousiasme du spectateur (notamment toute la scène où les toons passent de tableau en tableau, adoptant le style du peintre et foutant la zone dans les compositions travaillées des toiles de maîtres). Les acteurs en chair et en os sont quant à eux corrects, mais la vedette est incontestablement monopolisée par Daffy et son élocution postillonnante qui reste le personnage sur lequel repose presque tout le ressort comique du film, même s'il n'évite pas quelques clichés toonesques dont on se serait volontiers passé.
Au final, je suis un peu déçu par Looney Tunes : Back In Action, malgré ma sympathie a priori pour le réalisateur et les personnages des dessins animés Warner. C'est pas que je regrette de l'avoir vu, j'en suis même plutôt content, mais les limites du film sont vraiment sensibles, malgré les tentatives de détournement plus ou moins réussies de Joe Dante et l'efficacité comique indiscutable du personnage principal.
cinq commentaires:
pauvre Dante , il vit un enfer à hollywood... enfer ...Dante....arf arf !!
alan smithee (link) - 29.12.03 - 09:20
C'est pas que je la trouve formidable mais je m'en veux quand même un peu de pas l'avoir faite avant toi celle-là. :)
Brice (link) - 29.12.03 - 10:47
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