Ouais ben j'ai peut-être crié victoire un peu vite, quand même. Sur le papier, ça avait l'air d'être un document animalier incroyable, avec des images jamais vues et une portée un peu plus intéressante que celle d'un reportage d'Ushuaïa, mais, en pratique, on n'en est pas tout à fait là.
Première déception, c'est pas très scientifique. J'entends par là qu'on a très peu de données techniques. Moi, ce que j'aime bien, c'est savoir où vit tel animal, comment il regroupe les bancs de poissons près de la surface à l'aide d'ultrasons pour mieux les coincer et les bouffer, ou encore admirer au ralenti le mouvement d'aspiration du poisson-vorace quand il bondit sur un poisson-victime en aspirant l'eau tout autour pour ne lui laisser aucune chance. Tous ces trucs, quoi. Ben là y a pas. Désolé. Y a une phrase de commentaire toutes les sept minutes et débrouillez-vous avec ça. Du coup, j'ai un coin de la bouche qui descend un peu.
Mais bon, si y a très peu de commentaires, ça peut être fait à la Microcosmos, vachement scénarisé, avec des enjeux simples mais bien amenés qui font qu'on s'intéresse de près à l'histoire de toutes les bestioles filmées. Ben oui mais non. Il y a très peu d'enjeux dramatiques, en dehors d'un chasse au baleineau par un groupe d'orques et des tendances très écolos des commentaires.
"Ben merde !", vous dites-vous, afin de respecter la structure de mon article et de marcher dans mes combines, guidés que vous êtes par le souci louable d'éviter de me vexer. "Mais alors, y a quoi dans ce film ? Que des images ?". Eh ben presque (et je dis pas ça pour feindre de vous croire perspicaces). En fait c'est vachement contemplatif. Enfin écolo-contemplatif. Du genre dix minutes d'images, suivies d'une petite tirade métaphorique pleine d'eau et de sable qui se fécondent et de trucs du genre. Pour tout dire, c'est souvent un peu relou, au niveau des commentaires. Par contre, en ce qui concerne les images, c'est juste woaw. Déjà c'est hyper bien filmé et réalisé, un sans faute de ce côté là. Mais alors les images ! Y a des tas de plans mortels, qui reprennent parfois des choses vues mille fois mais d'une façon tellement belle et sous un angle tellement original que ça m'a vraiment scotché malgré tout le reste. Pour citer deux ou trois trucs rapidement, je peux mentionner la chasse au baleineau sus-citée, les images des albatros, ou encore les crabes qui vont à la mer (mais là encore, c'est vraiment du gâchis de ne pas avoir mis quelques commentaires explicatifs). Et puis, en cadeau, on a aussi droit à quelques scènes que je n'avais jamais vues (et pourtant je m'en tape des documentaires animaliers) : certains protozoaires des profondeurs et leurs jets de lumières tout chelous, les requins qui se battent pour bouffer, l'orque qui jongle avec les otaries, etc. Vraiment la classe.
Donc voilà, je peux pas dire que La Planète bleue n'est pas un film plein de qualités, et certaines images sont tout bonnement exceptionnelles, mais je regrette vraiment ce côté ôde à l'océan un peu basique qui prend complètement le pas sur l'aspect plus scientifique que personnellement j'attendais avec beaucoup d'enthousiasme. Je suis un peu déçu, quoi.
cinq commentaires:
en fait c'est "Atlantis" de Besson quoi !
alan smithee (link) - 07.02.04 - 13:54
Et puis on saura jamais si l'ours blanc qui se secoue comme mon caniche réussira à choper un bélouga avant que la glace se referme, à moins que ce soit ça la dernière image du film, mais en meme temps j'ai pas mal dormi...
Spéciale dédicace cependant aux crabes qui déambulent sur la plage en faisant leurs boulettes, et aux manchots obèses qui font du bide-surfing, comme dans le jeu pourri là...
tbc - 08.02.04 - 11:48
Ca se termine comment le film ?
Thibauthee - 09.02.04 - 09:11
Par une marée noire.
gaelle - 09.02.04 - 12:08
Merci Gaëlle pour cette note optimiste !
Tita67 () (link) - 10.02.04 - 00:21