Après avoir vu la bande-annonce, j'avais un peu peur du sujet du film. Les histoires de prêtres pédophiles, c'est sympa, mais ça a rapidement tendance à sombrer dans le cliché, ou au moins à pousser les réalisateurs à pas trop faire dans la finesse, histoire qu'il n'y ait vraiment aucun doute. Mais bon, pour une fois qu'ae n'a pas piscine, j'en ai profité et je suis allé le voir avec elle.
Et finalement, après avoir assisté, incrédule, à une manifestation de faferie hors du commun interprétée par mon voisin de droite réagissant à la bande-annonce d'un docu de Raymond Depardon que je vais forcément aller voir parce que tous ses documentaires sont exceptionnels (inspirez, je veux pas vous perdre), j'en ai conclu que mes craintes étaient injustifiées. Comme souvent avec Almodovar, on ne reste pas bien longtemps dans les personnages-clichés et c'est finalement assez sympa à regarder. Y a une petite histoire tortueuse, autour des abus sexuels subis par un jeune garçon alors qu'il était élève dans une école catholique, et c'est raconté avec une mise en abyme bien classe. Et pourtant, c'est pas un procédé dont je suis spécialement fan, parce qu'on tombe tellement souvent dans les mêmes codes bidons qu'au bout d'un moment on les détecte en deux secondes. Eh ben là non, c'est bien fait. Et après le lourdingue Troy, une petite série Kusturica / Tarantino / Almodovar, c'est quand même bien agréable. Donc voilà, c'est très très bien réalisé (du moins pendant les trois premiers quarts du film), l'histoire est cool (durant les trois premiers quarts du film), les acteurs sont irréprochables (tout le temps) et là, normalement, vous avez détecté de vous-mêmes que quelque chose n'allait pas, et si vous êtes un tout petit peu perspicaces, vous avez même découvert que ça se trouvait aux alentours du dernier quart du film. Vous me bluffez.
Donc, effectivement, le dernier quart du film est consacré aux révélations. Au début, ça a l'air bien amené, les coups de théâtre sortent pas de nulle part et l'ensemble reste bien cohérent, mais ça devient horriblement bavard et c'est d'autant plus dommage que ça contraste vraiment avec le reste, qui est comme je l'ai dit plutôt fin. Là, c'est genre "Ah ouais, vous voulez connaître le fin mot de l'histoire ? Eh ben je vais vous expliquer tout ça par l'intermédiaire d'un personnage qui va parler pendant vingt minutes". Heureusement que mon pote Pedro n'est pas une grosse quiche, sinon on aurait eu droit à la scène de l'architecte de Matrix 2. Bon c'est un peu méchant, mais c'est pour que vous saisissiez bien le fond de ma pensée (et prenez pas cet air dégoûté, y a bien pire).
Alors bon, ce petit écart ne suffit évidemment pas à faire de La mauvaise éducation un mauvais film, mais c'est vrai que c'est jamais terrible de merdouiller la fin. Ceci dit, ça serait un peu con de bouder son plaisir pour ça, parce qu'on est quand même, je trouve, à un niveau de mise en scène assez élevé et que, je crois, mon voisin de droite a pas aimé du tout. Comme quoi, mine de rien y a des trucs bien foutus.
deux commentaires:
Moi j'irais bien le revoir juste pour le générique du début. Et puis je partirais dès la première scène en racontant la fin à mes voisins.
gaelle () (link) - 24.05.04 - 19:40
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