- Non mais tu vois le truc c'est qu'à chaque fois je tombe sur LE cas particulier.
- Arrête de te plaindre, Jack, tu nous emmerdes.
- Mais je me plains pas, mais je remarque. Je me retrouve toujours dans le cas le plus compliqué, que personne avait prévu. Par exemple, je dois aller acheter des fleurs à ma femme pour je sais plus quel événement de gonzesse qui en théorie n'a aucune importance mais qui débouche immanquablement sur un incident diplomatique de grande ampleur avec accusations répétées d'égoïsme à la clé si tu l'oublies. Bon, pour une fois, j'oublie pas, et je me dis que je vais passer chez le fleuriste avant d'aller me faire raser la tête entre les seins de ma coiffeuse, et que tout ira bien. Eh ben figure-toi qu'au moment où j'arrive devant la boutique, je remarque un petit écriteau qui signale que c'est la fermeture annuelle et qu'à moins que je puisse reporter la fête de gonzesses de trois semaines, je vais passer un sale quart d'heure en arrivant chez ma choupinette.
- "Ta choupinette", haha, c'est à gerber.
- Ouais ben ta gueule. Bon, y a bien un autre fleuriste, mais il est loin et y a juste aucune chance que j'y arrive avant l'heure de mon rendez-vous chez le coiffeur. Bref, c'est la merde. Du coup, dégoûté, j'entre dans le salon de coiffure la mort dans l'âme, cherchant désespérément une excuse pour tout à l'heure. Et là, bonheur, ma coiffeuse me dit qu'elle est en retard de vingt minutes et que je peux aller faire une course si besoin. C'est pas un putain de cas particulier ça ?
-
- Attends, j'ai pas fini. Alors bon, je me grouille et, faisant preuve d'une présence athlétique indéniable, je cours vers le centre commercial des chinois pour acheter des fleurs. Je regarde ma montre, c'est nickel, je suis dans les temps. Par contre, là où ça merde, c'est quand je vois que le centre commercial en entier est en rénovation et que toutes les boutiques sont fermées. Putain, mais ce truc il était délabré depuis 10 ans et c'est maintenant, le jour de la fête des gonzesses, pile pendant la période de fermeture annuelle de l'autre fleuriste (quel sale con aussi, celui-là, on fait des fêtes exprès pour eux et ils trouvent le moyen de fermer), qu'ils décident de le rénover. Je prends ma tête encore hirsute à deux mains et je refais preuve d'une présence athlétique indéniable pour me grouiller de retourner chez le coiffeur avant que ça ferme pour cause d'épidémie. Bon, j'y arrive, suant comme un gruyère en plein soleil et je me fais coiffer sans même profiter du truc tant je suis concentré à maintenir un rythme cardiaque acceptable en prévision de l'affrontement titanesque qui m'attend avec ma choupinette de combat. Bref, c'est fini, je me dirige vers chez elle en regardant mes pieds et là, qu'est-ce que je vois ? Un nain qui vend des fleurs à la sauvette. À la sauvette, mec. T'as déjà entendu une expression plus appropriée ? Bref, je lui achète son stock et je me dirige tout sourire vers ma destination finale.
- Ben alors, qu'est-ce que t'en as à foutre que ce soit un cas particulier, du moment que tu te fais pas engueuler ?
- Haha, attends, c'est pas fini. Je rentre chez ma femme et tadaaa je lui tend le bouquet, tout fier d'y avoir pensé, pour une fois. Et là, je remarque un truc bizarre : elle a pas l'air de tirer la tronche, je peux pas dire ça, mais elle a pas non plus l'air heureux de la fille qui voit son mec passer brillamment un test qu'il foire normalement à chaque fois.
- Qu'est-ce qu'elle avait ?
- Eh ben en fait, elle attendait un prétexte pour me larguer, et elle s'était dit que la fête des gonzesses que j'allais forcément oublier pouvait parfaitement faire l'affaire. Manque de bol, moi j'arrive avec ma gueule enfarinée et mon bouquet et ça la met dans une colère intérieure assez exceptionnelle. Du coup, elle a pas arrêté de me faire chier pendant toute la journée pour que l'ambiance se dégrade et que ça pète, elle m'a largué le soir et j'ai raté le dernier RER. En plus il a plu et j'ai même pas pu m'abriter dans le centre commercial des chinois. Tu vois, si tout s'était passé à peu près normalement (et je demande même pas idéalement, hein, juste normalement), j'aurais oublié les fleurs, je me serais fait jeter et je serais rentré chez moi mater l'intégrale de Police District en semi-déprimant. Au lieu de ça, je me suis foutu des coups de pression, j'ai fait preuve de présence athlétique indéniable mais néanmoins totalement inutile, j'ai sué chez le coiffeur, j'ai acheté des fleurs hors de prix à un nain, et j'ai déprimé comme un malade en m'enrhumant sous la pluie. Je me retrouve toujours dans les cas particuliers.
- Moi, c'est pas pour être cruel avec toi, mais ton cas particulier il me fait doucement rigoler, Jack. J'en connais un encore plus rare, aux conséquences encore plus incroyables.
- Genre. Et c'est quoi ?
- Aujourd'hui, Ptyx a posté.
quatre commentaires:
ben je vois que tu t'es remis a posté aussi toi....tres tres bien d'ailleurs ce post.
choffo () - 02.08.04 - 14:18
Ca sentirait presque le vécu toussa...
Doc.Fusion () (link) - 03.08.04 - 02:53
Doc.Fusion : oui mais enfin pas vraiment, quand même.
Brice (link) - 03.08.04 - 16:37
Tu loupe une fête avec ce genre de nana et tu te retrouve illico au banc de la société.
J'ai connu ça par le passé et pour moins que ça.
pierre - 10.08.04 - 22:36