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Cacochyme


Bientôt le tome 713

Bon alors voilà, en ce moment, je vois plein de filles. En temps normal, je vois un ou deux poilus de temps en temps, toujours les mêmes et entre-temps je fais l'artiste maudit chez moi, ou alors je dors, mais là, hop, je sais pas pourquoi, j'ai vu au bas mot dix filles différentes depuis mon dernier post. On pourrait croire que je vous raconte ça pour faire un peu le malin avant de sombrer dans le reality-show porno, mais pas du tout, parce que premièrement je les touche même pas et deuxièmement je m'emmerde comme un rat mort, en ce moment. À tel point que je suis carrément en train de chercher un vrai boulot. Du coup (je dis "du coup", mais c'est peut-être un abus de langage, parce que je sais pas si c'est la cause ou la conséquence de ce qui m'arrive), je passe mes journées sur Parano. Au début, il faut bien le dire, je m'y faisais bien chier, et maintenant c'est toujours le cas, sauf qu'entre deux longues heures à cliquer toujours sur les mêmes liens pour arriver toujours sur les mêmes pages toujours pas mises à jour, j'ai droit à cinq ou dix minutes de bonheur à lire ou raconter des conneries et que, bizarrement, ça suffit à me pousser à continuer de cliquer une heure de plus. J'ai même discuté avec des gens intéressants que je connaissais pas, ce qui est assez étrange, vu que j'ai quand même tendance à connaître tous les gens intéressants. D'ailleurs, vous devriez me demander de vous faire venir, parce que d'une part ça fait bien dans mon dossier, et d'autre part vous pourriez constater que pendant qu'il ne s'occupe pas de réparer son blog à l'abandon, Ptyx écrit des trucs marrants sur Parano. Vous y découvririez aussi bon nombre de personnages hauts en couleurs et pourrez participer à nos duels de jeux de mots et autres calembours, qui sont, comme chacun sait, les pets de l'esprit, et moi les pets ça me fait rire. Et là, je vous entends déjà piaillier : "ouais, tu pourrais mettre des images", "ouais, on s'en fout, dis-nous ce que t'es allé voir au cinéma", "ouais, t'avais dit que tu parlerais de barbe, on attend toujours". Eh bien sachez que malgré toutes ces phrases d'un simplicité syntaxique navrante que vous m'assénez, je tiendrai bon, et vous répondrai du tac au tac : "Ouais, ben minute, je voulais parler d'autre chose avant".

Parce que figurez-vous que pendant que vous m'envoyiez des milliers de mails alarmés me demandant pourquoi j'avais pas posté depuis plus d'une semaine, je me réunissais à plusieurs reprises avec mes "compagnons de conspiration" (pour reprendre les termes couramment utilisés à notre propos), pour finaliser le site web du Très Secret Et Très Craint Gnobertürdan ("gu-no-bère-turdane", au cas où). J'ai donc passé plusieurs heures avec Émiliano, Dog et les autres, et ça devrait bientôt être prêt. J'ai fini ma part du boulot, Dog finalise la mise en page et Émiliano a déterré un texte qu'il avait écrit il y a quelques années pour servir d'intro et faire patienter les visiteurs. Quant aux autres, ils attendent que le squelette soit finalisé pour commencer à participer au contenu. Je peux pas vous dévoiler exactement en quoi consiste ce site, mais si vous êtes familiers des bouquins d'Émiliano Otero ou du culte de Reid, vous devriez rapidement y trouver vos marques et, qui sait, peut-être finirez-vous par nous rejoindre. Sinon, démerdez-vous. On ne peut expliquer le Gnobertürdan qu'à ceux qui ont déjà compris de quoi il s'agissait. Voilà, si vous avez tenu jusque là en attendant que je parle de films, vous avez bien fait, parce que ça vient maintenant.

The CoolerThe Cooler (3/5) : celui là, je l'ai vu y a mille ans, alors m'en voulez pas trop si c'est pas très précis. En France, il s'appelle Lady Chance. L'idée est bien sympa, je trouve : un Casino de Las Vegas, tenu par un mec à l'ancienne (le genre qui vous casse les genoux à coups de cric), emploie Bernie Lootz (William Macy) comme "cooler", c'est à dire comme porteur de poisse. Dès qu'un client est un peu trop chanceux et menace de coûter un peu cher à l'établissement, Bernie se rend à sa table et le fait perdre, par une sorte d'aura d'anti-moule naturelle. Et bon, après il se passe plein de trucs qui font que Bernie voit cette aura varier, ce qui a pour conséquence plus ou moins directe de lui amener des emmerdes. Parmi ces trucs, il y a une femme dont il tombe amoureux, jouée par Maria Bello qui était, tout comme l'acteur principal sus-cité, au casting d'ER. Bref. Le truc intéressant, c'est que le film peut évidemment être vu comme une espèce de polar sans flics assez sympa mais finalement très convenu, mais aussi comme une mini-réflexion sur le côté très relatif de la chance et de ses variations. De ce côté là, on peut le rapprocher d'Intacto, en moins abracadabrant. Ajoutons à ça le fait que les acteurs sont très en forme, y compris Alec Baldwin (eh ouais) qui joue le patron du casino et une petite intrigue secondaire autour de son personnage et je pense que j'aurai suffisamment d'éléments pour dire que The Cooler est "pas mal quand même".

Ils se marièrent et eurent beaucoup d'enfants Ils se marièrent et eurent beaucoup d'enfants (3.5/5) : Je crois que je l'ai déjà dit plein de fois, mais je le répète : j'adore Charlotte Gainsbourg. Et c'est même pas une histoire de nostalgie vis à vis de films comme La petite voleuse ou L'effrontée, parce que je la préfère cent fois adulte. Si je dis ça, c'est parce que ça a évidemment beaucoup influencé ma vision du film, d'autant plus qu'on sent qu'Yvan Attal ne la filme clairement pas comme n'importe qui (ce qui est logique, mais mérite néanmoins d'être signalé). Cela dit, le film est très inégal. Il y a des scènes d'une justesse et d'une finesse limite mortelles, d'autres qui sont simplement cool (je pense à l'espèce de clip de Radiohead au Virgin, qui fait un peu "trop" mais que j'ai finalement bien aimé), et à côté il y a des personnages caricaturaux au possible (au premier rang desquels figure celui du célibataire-niqueur) et des scènes vraiment bateau ou exagérées qui cassent un peu tout. Enfin, je regrette un peu le coup de flippe du réalisateur, qui devant l'ampleur de son sujet préfère ne pas prendre parti et renvoyer tout le monde dos à dos plutôt que de risquer de dire une connerie ou de fâcher des gens. Moi je dis : petit slip, Yvan, sur ce coup-là. Sinon, je veux quand même souligner la bonne performance générale de la plupart des acteurs, et en particulier de Charlotte Gainsbourg (évidemment) et d'Alain Chabat, avec qui mon rapport amour / haine ne cesse de s'amplifier chaque jour.

The Coast Guard Hae anseon (2/5) : J'avais été bien bluffé par le précédent film de Ki-Duk Kim à sortir en France (qui en fait est chronologiquement postérieur à celui-là), Printemps, été, automne, hiver... et printemps, notamment par son esthétique hyper léchée et son côté très maîtrisé, et j'étais du coup impatient de voir ce que donnait ce Coast Guard. Malheureusement, j'ai été un peu déçu. Je vais pas récrire la critique de Godspeed, avec laquelle je suis assez d'accord, donc il vous suffira d'aller la lire et d'en rajouter une couche de ma part au niveau des éléments incohérents ou brouillons. Par exemple, cette histoire d'ex-soldat qui vient faire chier le monde pendant dix ans sans que personne ne le fasse arrêter, ça va un moment, mais ça devient vite saoulant. En tout cas, c'est marrant de voir le contraste entre The Coast Guard et Printemps, été, automne, hiver... et printemps, et j'avoue être assez surpris par cette différence de maîtrise. J'espère aller voir le dernier film du réalisateur à l'Étrange festival pour voir ce que ça donne, mais j'en parlerai après sinon c'est le bordel.

Infernal AffairsWu jian dao (4.5/5) : Je suis pas super fan des archétypes de films policiers de Hong-Kong et j'ai tendance à regarder les fans de John Woo d'un air goguenard en chuchotant des mots incompréhensibles comme M:I2 et Face/Off, mais là c'est vraiment différent. En effet, ce Infernal Affairs (le titre international que personnellement j'arrive à prononcer bien plus facilement) se situe assez loin des clichés du genre, et on peut en fait plus le rapprocher d'un bon vieux polar à l'américaine, à l'époque où on pouvait en faire sans qu'ils contiennent forcément toutes les figures imposées des blockbusters actuels. Bon, évidemment, y a plein de différences, on sent bien que le mec qui l'a réalisé n'avait pas un Stetson sur la tête et une bouteille de Jack Daniel's dans la poche revolver, mais on sent aussi qu'il voulait donner naissance à autre chose qu'à un cliché de film de Hong-Kong. Donc ça c'était déjà un bon début pour me motiver, mais les auteurs et les réalisateurs du film (qui font tout par équipes de deux) ne s'en sont pas contentés : ils ont aussi pondu une petite intrigue bien chiadée, assez peu prévisible et des ressorts quasiment tous basés sur la psychologie, les dilemmes et les choix des personnages. Mine de rien, c'est assez impressionnant, cette façon de nous faire rentrer dans la tête des protagonistes principaux tout en gardant une part de mystère suffisante pour placer un ou deux coups de théâtre bien classes ici et là et maintenir l'incertitude et le suspense, qui restent omniprésents jusqu'à la fin. Par ailleurs, c'est vraiment, à mon sens, le traitement idéal pour ce genre d'intrigue : un flic est infiltré dans la mafia et une taupe de la mafia occupe un poste important dans la police, chaque camp essayant de démasquer le gêneur. Tout se passe dans la tête, dans la prévision de ce qui se déroule dans celle de l'adversaire, etc. C'est super bien foutu. Et à côté de ça, le duo d'acteurs principal est exceptionnel, c'est filmé avec beaucoup de classe même dans les passages un peu clippés, et la BO qui mélange musique traditionnelle et éléments bien rock (parfois dans le même morceau) soutient parfaitement l'ensemble. Au final, je crois que Infernal Affairs est un des meilleurs films que j'ai vus cette année.

Clean Clean (4/5) : Encore une surprise. Parce que bon, Olivier Assayas, il est peut-être très cool et tout, mais moi Demonlover ça m'a donné envie de lui faire le coup du sac à patates tellement j'ai trouvé ça chiant, approximatif et démagogico-bien-pensant. Et puis bon, Maggie Cheung, je suis pas spécialement fan non plus. Et comme l'intrigue se résume un peu (en étant salaud) à la sortie de la drogue d'une espèce de meuf traînant dans le milieu du rock plus ou moins indé, je craignais vraiment le pire. Et pourtant, voilà, j'ai beaucoup aimé. Parce que, d'abord c'est bien filmé, et pas uniquement au sens "waaah mais regarde c'est un seul plan-séquence et c'est filmé à l'envers et il la viole avec une bite en plastique", mais au sens où c'est super dur de faire un film sur ce thème sans tomber dans le pleurnichard ou le hype de base, et que de ce point de vue là Olivier Assayas s'en sort magistralement. C'est vraiment subtil, pas si "voyeur", on évite les clichés de base sur les crises de manque, la rechute et tout ce qu'on voit habituellement dans tout ce qui traite de ce thème. Maggie Cheung est bien, plus ça va plus j'aime Nick Nolte et globalement, c'est tellement simple, sensible et bien fait que je suis rentré dedans avec plaisir. La BO est cool, aussi. Un Peu Vincent Gallesque. Bon, je dois quand même vous prévenir que Virginie, avec qui je suis allé le voir, a trouvé que ça ressemblait à un Mercredi de la vie de France 2, mais je crois que cette fille est tout simplement insensible (je pense que ça devrait provoquer un commentaire, ça, à moins qu'elle prenne exprès le contrepied). Enfin voilà, quoi, j'ai rien de plus à dire alors je passe au film suivant, après quoi j'aurai rattrapé mon retard avec brio (et difficulté).

I, Robot I, Robot (2.5/5) : Bon ben là, c'est pas compliqué, je suis à 100% d'accord avec Godspeed, qui avait vu le film à sa sortie, lui. Je me disais "bon je vais relire sa critique, j'ajouterai un ou deux trucs et je me démarquerai sur deux ou trois autres", mais en fait non, si j'avais écrit mon commentaire avant le sien, il aurait dit exactement la même chose (sauf si j'avais oublié un truc, évidemment). Donc voilà, une fois de plus, lisez Godspeed. Allez, pour la forme je dirais juste que la séquence de la pousuite m'a un peu saoûlé, perso, mais sinon : pareil.

Bon, je pense que c'est suffisamment indigeste comme ça, alors je m'arrête là et j'essaye d'être plus régulier à l'avenir. Ou pas.

onze commentaires:

"Infernal affairs", n'est pas encore tout à fait du même tonneau, que les films de Tsui Hark, comme "Time&Tide". Mais je te suis sur le son, et l'image.
weborg (link) - 10.09.04 - 01:36

Je m'en vais de ce pas changer le sous-titre de mon blog en "béquille officieuse pour certains posts riquiquis de Cacochyme". C'est scandaleux, il n'y a pas d'autres mots !! (enfin, si, il y en a mais j'ai peu de vocabulaire :)).

Sinon je trouve paradoxal de dire qu'Infernal Affairs est formidable (ce qui est vrai) tout en rabrouant John Woo, tant le film s'inspire clairement de ces certains films...
godspeed (link) - 10.09.04 - 10:00

C'est extremement flatteur de savoir que tu t'emmerdes alors que tu vois "plein de filles" en ce moment . OK je dois être la plus "vieille" d'entre elles, ce qui explique que je prenne le truc de travers (les vieux prennent toujours tout de travers c'est bien connu)... Mais bon... Fais un effort, merde...
alka () - 10.09.04 - 10:16

Godspeed : je sais que je choisis un peu la facilité mais vos les choses du bon côté : ça te fait de la pub ! Et puis au sujet de John Woo, je dis pas que c'est pourri (à part les films cités), mais en dehors de l'intérêt formel, je trouve que ça va pas loin et que ça mérite pas toutes ces louanges. Dans Infernal Affairs, je trouve qu'on va bien au-delà de ça, même si c'en est évidemment inspiré.

Alka : je savais que j'allais avoir au moins une réaction sur ce point :). En fait, le "je m'emmerde", c'est plus une cause qu'une conséquence. (Ca se voit que j'essaye de me rattraper et que c'est pas beaucoup mieux ?)
Brice (link) - 10.09.04 - 11:03

Brice : Ton explication t'enfonce encore un peu plus parce qu'en gros ça veut dire "je m'emmerde donc je vois des meufs". Ce qui signifirait que tu vois les meufs suscitées juste parce que t'as rien d'autre à foutre mais que si tu étais occupé tu ne t'en préoccuperai même pas.
T'es pas prêt de te trouver 1 femme avec des attitudes comme ça :)
Kokott - 10.09.04 - 11:58

>Brice : oui, je t'en remercie, comme ça il y a du passage (et les gens repartent aussi vite à cause du manque d'humour ! :)).
Je n'irai pas plus loin pour te convaincre sur John Woo, d'autant que je trouve Face/Off formidable (mais M:I 2 là, non, c'était vilain, beurk...).
godspeed (link) - 10.09.04 - 14:06

Wa, ça taille sec ici ! Je réagis tard, mais t'as un peu déconné, l'ami ! ah ah !
Sulcus () - 11.09.04 - 03:31

Ou alors je l'ai fait exprès. Les paris sont ouverts.
Brice (link) - 11.09.04 - 03:40

ceci dit... moi aussi je suis très drôle sur Parano
et moi aussi je connais les genz interessants
par contre, moi non... je rencontre pas pleins de gouzesses

alka tu fais quoi demain ?
moustic (link) - 12.09.04 - 21:55

Moustic : Demain (c-à-d ce soir) , je vois James, sorry (moi aussi c'est le feu je vois plein de mecs en ce moment, ça va bien merci et toi ?)
Alka - 13.09.04 - 13:04

Boudiou, ça se bouscule sur Parano... Bon, je sens que je peux biffer la bloggosphère pour me trouver un protégé...
Damned ! (tout le monde se lève pour daaaaamned désolé je sort)
Lledelwin (link) - 15.09.04 - 22:08

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