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Cacochyme

19.01.05

Cacochyme Awards 2005 et toutes sortes de choses

Je sais, je sais, Cacochyme devient le blog officiel du sporadisme, et j'ai bien peur que ça continue comme ça quelque temps. Mais bon, ça n'enlève rien au fait que l'année soit finie depuis un moment et que, par conséquent, vous puissiez m'envoyer votre sélection des meilleurs films de l'année écoulée afin que je mette sur pied le top 10 de mes lecteurs. Et puis comme je suis un mec cool, je vous filerai le mien en cadeau et plus si affinités. Alors, pour ceux qui ne se souviennent pas de l'année dernière, voilà comment ça se passe : vous m'envoyez votre top des films de 2004 que vous avez préférés. Vous pouvez en mentionner de un à dix. Si vous en mettez plus, ce qui dépasse ne comptera pas. Si vous en mettez moins, ça comptera pas non plus (forcément). Si vous les mettez tous ex aequo, j'annule votre vote et je vous attaque en justice pour ruinage avec préméditation de ma méthode de calcul. Normalement vous avez jusqu'à la fin du mois, mais je suis pas un intégriste de la date limite, alors vous pouvez peut-être réussir à vous faufiler début février. Par contre, en ce qui concerne les films, je prends en compte la date de sortie française (hors reprises). Si vous vous souvenez plus, voici une page qui détaille les sorties de 2004 par trimestre. Ah oui, petite précision : envoyez-moi votre top par mail (en cliquant sur "Brice" sous cet article, par exemple), pas en commentaires.

Voilà, ça c'est fait. Maintenant j'expédie vite fait les films que j'ai vus depuis la dernière fois que j'ai posté, c'est à dire le 2 janvier 1912.

- The Corporation (4/5) : un excellent documentaire sur les multinationales (et pas qu'elles, en fait, mais bon). C'est parfois un peu trop militant à mon goût, mais c'est tellement plein de faits marquants et de réflexions drôles et intelligentes que ça passe tout seul. En gros, l'idée est de dire que si une entreprise est considérée comme une personne morale (ce qui n'a pas toujours été le cas, comme nous l'explique très bien le film), elle doit avoir les responsabilités d'une personne morale, ce qui est plus ou moins impossible, pour des tas de raisons que développe The Corporation mais pas moi. Toute l'analyse est faite sous cet angle et, franchement, c'est super bien foutu.

- Alexander (0.5/5) : un gros naveton de chez naveton. Je suis pas super fan d'Oliver Stone, mais c'est théoriquement pas un manchot. Eh ben là si. C'est juste n'importe quoi, de bout en bout. Y a un truc bien fait, c'est une scène de bataille. Sinon ça pue. Je passe sur les incohérences multiples, mais Colin Farrel est complètement ridicule, développe un jeu d'une richesse digne de Jet-Li, pleurniche sans arrêt sans faire couler son rimmel et parvient même à avoir des faux airs de George W. Bush tellement il a l'air con dans 50% des plans. Et puis je sais pas si y avait chez Stone une espèce de volonté de faire dans l'avant-garde en mettant en avant de cette façon l'homosexualité "à la grecque" d'Alexandre, mais je pense pas qu'il était pour autant obligé de le transformer en grande folle qui se maquille et déguise son mec en cheikh arabe. Et puis tout est de cet accabit : aucune finesse nulle part, juste de la thune et de mauvais acteurs qui se forcent à rouler les R. C'est tellement un échec sur toute la ligne que le réalisateur n'arrive même pas à en faire une vraie histoire continue et a besoin de recourir à une immonde voix off relatant quelques scènes décousues de la vie d'Alexandre. Bref, c'est nul, on s'emmerde au bout de 15 minutes et on se dit qu'y avait quand même mieux à faire avec un personnage pareil.

Der Untergang (3/5) : c'est marrant, à chaque fois que je vois un film polémique, je le trouve aussi subversif que Les surf ninjas se révoltent. Alors bon, non, le film n'est pas spécialement indulgent avec Hitler. Il le montre juste comme un sujet intéressant pour un psychiatre ambitieux plutôt que comme une espèce de Terminator national-socialiste, et il y a quelques passages qui soulignent sans ambiguité les horreurs dont il s'est rendu coupable. Après, c'est longuet et un peu indulgent avec sa secrétaire (qui semble découvrir le sort des juifs et des opposants deux jours avant la mort d'Hitler), mais ce dernier point est quelque peu contrebalancé par le témoignage final de la femme dont est inspiré le personnage. À part ça, j'ai apprécié La Chute à deux niveaux : d'abord pour l'ambiance apocalyptique de fin de règne, pesante et immersive, et ensuite pour l'inversion intéressante que constitue le fait de suivre la fin "tragique" des "méchants" (curieusement, le nazisme est un sujet qui pousse aux guillemets) et qui m'a fait m'interroger sur la façon dont j'aurais perçu la même chose concernant une idéologie à laquelle j'aurais souscrit. Genre la paix dans le monde et la fraternité. Bref, c'est intéressant, je trouve. Ah oui, et les acteurs sont assez cool (Bruno Ganz, évidemment, mais aussi la famille Goebbels, bien flippante).

- Undertow (3/5) : un peu déçu par ce film, appelé L'autre rive en français. L'histoire est pas si mal, la plupart des acteurs sont très bons (même si j'ai eu un peu de mal avec l'oncle, au jeu un peu excessif à mon goût), mais je sais pas, j'ai pas accroché à l'angle d'approche un peu bâtard du réalisateur, à mi-chemin entre le thriller-de-psychopathe et le film indé-social.

- Nèg Maron (2/5) : ouais, je sais, Stomy Bugsy, Admiral T.,  tout ça... je détaillerai pas les circonstances qui ont fait que je suis allé voir ce truc en avant-première, mais bon, honnêtement, c'est moins horrible que ce à quoi je m'attendais. OK, les acteurs sont pas top (mention spéciale pour Stomy Bugsy qui essaye de pleurer), l'histoire va pas bien loin, le propos est un peu naïf, mais contrairement à ce qu'on aurait pu croire, c'est pas prétentieux du tout, ça se regarde à la cool et ça n'a rien à voir avec l'immonde groupe de rap. Et puis bon, y a du créole, du soleil et des plages.

- Hauru no ugoku shiro (3/5) : ouais, c'est Le château ambulant de Miyazaki, et je suis incroyablement déçu. Au début, j'y croyais, tout était mortel : des tas d'idées de génie, une dessin toujours aussi formidable, travaillé dans le moindre détail, bref, tout ce qui fait que j'adore Miyazaki et son univers. Et puis après, inexplicablement, il vendange toutes ses bonnes idées (les différentes identités du magicien, les multiples dimensions...) et fait sombrer son scénario dans un truc mièvre et mal ficelé, comprenant même quelques incohérences. J'ai du mal à m'expliquer comment il a pu passer à côté de la merveille que promettait le début du film. Enfin bon, c'est en partie sauvé par la richesse graphique et tous les trésors d'inventivité auxquels on est habitués, mais je peux pas m'empêcher de penser à ce que ça aurait pu être, et ça rend ce château ambulant bien terne en comparaison.

17 commentaires:

Pour Le Château Ambulant, je partage ton avis à la virgule près, le film perd pied dans sa seconde partie. Pour le sporadisme aussi, je suis totalement d'accord.
Par contre, Undertow, j'ai trouvé ça foudroyant mais ça, c'est mon côté fan absolu de Terrence Malick.
Quant à Alexandre, je n'étais déjà pas très chaud, ça ne m'aide...
godspeed (link) - 19.01.05 - 16:12

eh c'est marrant undertang et undertow ça se ressemble vachement sauf que y'a une lettre de plus à undertang, c'trop fort de les avoir mis à la suite, c'est cool...
nacha - 20.01.05 - 10:08

A voté.
Doc.Fusion () (link) - 20.01.05 - 22:35

J'ai hyper mal lu c'est la honte.
nacha - 21.01.05 - 00:12

Nacha : t'as du pot, à quelques heures près je te ridiculisais en public.
Brice (link) - 21.01.05 - 09:40

Ah oui, je vois, ça te fait exister d'écraser les autres comme ça, après avoir tout fait pour les induire en erreur.
C'est à cause de gens comme toi que des tsunamis ravagent les hôtels clubs.
nacha - 21.01.05 - 10:04

C'est toi l'hôtel club.
Brice (link) - 21.01.05 - 10:47

"Je suis Godzilla. Tu es le Japon."
godspeed (link) - 21.01.05 - 11:13

Typiquement masculin, ce délire de surpuissance. Mais moi je suis le Fuji Yama.
nacha - 21.01.05 - 11:25

Cachez ces montagnes que je ne saurais voir.
Dean Molière - 21.01.05 - 12:28

Ca devient limite insultant.
nacha - 21.01.05 - 15:22

moi j'aurais plutôt dit "c'est toi le tsunami"
Guillaume - 21.01.05 - 15:23

Oui mais c'est moi le tsunami :)
Brice (link) - 21.01.05 - 15:25

Y a quand même une question que je me pose... C'est pour élargir ton panel de notes que tu vas voir des films comme Alexandre ou pour profiter des sièges des salles obscures, plus confortables que ton canapé ?
Ous - 21.01.05 - 20:46

C'est à cause de Guillaume et d'Oliver Stone, et c 'est pour vous prévenir que c'etst vraiment mauvais.
Brice (link) - 22.01.05 - 21:45

Ton altruisme est digne d'éloges. Mais tu as bien fait, j'avais des doutes : mes amis qui sont allés le voir répugnaient à en parler, me laissant dans l'ignorance (ha ha, que j'aime être mauvaise langue...)

Et sinon, Le château ambulant, est-ce que ça a un rapport même lointain avec Le château dans le ciel ? A part d'être aussi de Miyazaki (enfin, si je ne m'abuse).
Ous - 22.01.05 - 23:40

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