J'ai de plus en plus d'imagination pour les titres, moi. Bref. Ce soir, dans muzikzokeur, deux films très différents l'un de l'autre.
Crimen ferpecto (3.5/5)Même si c'est pas un génie, même si son travail est très inégal, j'aime bien Álex de la Iglesia, et Le crime farfait est dans le haut du panier de ce qu'il a fait. Dedans, il y a des tas de trucs vraiment drôles, une réalisation souvent inventive qui surprend un peu dans cet univers moins "série B" que d'habitude, un net refus de s'imposer une morale, des acteurs en grande forme et un bon paquet d'ingrédients qui font de ce long-métrage, malgré ses quelques longueurs, un bon film d'humour noir.
Darwin's Nightmare (4.5/5)Alors là, on change complètement de registre : finie la rigolade. Le cauchemar de Darwin est un documentaire qui dresse un panorama peu reluisant de la situation d'une région de Tanzanie vivant de la pêche et de l'exportation de la perche du Nil. Les considérations écologiques sur lesquelles semble au départ se fonder le film (l'espèce de perche en question a été introduite dans le lac et s'y est multipliée, détruisant tout son écosystème et commençant même à s'entre-dévorer) sont bien vites rejointes par une multitude de thèmes : politiques forçant les pays du tiers-monde à développer des industries d'exportation, causant par là-même des famines dans les régions productrices, trafic d'armes, enfants des rues, prostitution, extrême pauvreté, etc. La grande force du film est de réussir à montrer avec une acuité et une éloquence peu communes les interconnexions entre tous les problèmes rencontrés par les populations de la région (le tout étant d'ailleurs transposable à de nombreux autres pays du tiers-monde) et de les disséquer avec précision pour en trouver le causes, le tout sans sombrer une seule fois dans le misérabilisme ou la compassion bon marché. De même, grâce à cette distance objective, Le cauchemar de Darwin ne souffre pas des défauts inhérents aux documentaires militants et cela ne fait qu'intensifier l'impact de son propos. Et à la fin du film, quand toutes les pièces de cet horrible puzzle sont assemblées, quand les derniers bastions de doute qui pouvaient subsister dans notre esprit sont tombés, on ressort de la salle impressionné par la forme, avec le sale goût du fond sur la langue.
trois commentaires:
Un petite réfléxion de la part de nos contemporains entendu à la fin du cauchemar de Darwin par une connaissance :
"-Dis donc, mouaaa je me suis endoooormie...
- Oui. Pfff. Ca manquait d'action..."
Ca doit être le genre de phrase qui ne fait qu'amplifier le sale goût du fond de la langue.
gaelle - 17.05.05 - 18:51
Ca dit "trois commentaires:" mais j'en vois que 2, dont un qui semble etre du spam. Jette un oeil...
YLEDM (link) - 30.03.06 - 07:24
Bon ben apres avoir poste le mien ca dit toujours "trois commentaires:", il y en a toujours que 2, et le precedent spam bizarre a disparu... :/
YLEDM (link) - 30.03.06 - 07:25