G

Cacochyme

26.09.05

))<>(( (forever)

Bon, ça commence à suffire, alors on va essayer de recoller à l'actualité rapidement. Alors : de tout temps, les hommes ont fait des plans en deux parties, parce que la synthèse, c'est un peu casse-gueule. Mon bazooka balourdera donc dans un premier temps quelques commentaires vite faits sur les films que j'avais évoqués à la fin de mon post précédant le précédent, et terminera par une petite salve de films qui, avec un peu de chance, passent encore dans les salles.

The Fantastic Four vs The Incredibles

Les 4 Fantastiques On va donc commencer par latter un peu la gueule des Fantastic Four, qui ont toujours été des super-héros minables, à part La Chose qui est un de mes préférés et que le film massacre allègrement. J'ai trouvé ça vide, avec une histoire risible, des personnages complètement idiots, du genre à se coincer dans les portes quand on essaye de les sauver sous le feu de l'ennemi à Counter Strike, un Reed Richards tout naze et des tas de trucs à la "on s'en fout haha, c'est une BD et tout", sauf qu'en fait on s'en fout pas et c'est à vomir. Les quatre fantastiques est le film transparent par excellence, et de toute façon, la seule fois où j'ai trouvé ces quatre couillons valables (désolé Ben, je te sacrifie à la tournure de phrase facile), c'est quand ils s'appelaient The Incredibles. 0/5.

Lords Of Dogtown vs Dogtown And Z-Boys

Les seigneurs de Dogtown Après cette mauvaise série de trois films pourris, je commençais à désepérer de mon été, d'autant plus que je m'apprêtais à vivre un nouvelle injustice sous la forme de Lords Of Dogtown, distribué partout alors que Dogtown And Z-Boys, le documentaire donc il est tiré, réalisé par Stacy Peralta (qui a écrit le film) n'a jamais été diffusé en France. C'est d'autant plus con que le docu en question, qui raconte l'histoire de la bande de gamins des quartiers pauvres de Los Angeles qui a révolutionné le skate il y a 25 ans) est vraiment très cool (je ne peux d'ailleurs que vous encourager à vous en procurer une copie de sauvegarde via votre fournisseur habituel) et que Lords Of Dogtown est réalisé par Catherine Hardwicke, à qui nous devons le très moyen Thirteen. Et pourtant, heureuse surprise, malgré des mécanismes un peu bateau et systématiques, il émane de ce Seigneurs de Dogtown une sorte de fraîcheur et de radicalité assez réjouissantes, des images très proches des photos originales de Glen Friedman et une sincérité qui fait honneur au documentaire. Bon, ceci dit, sans rire, c'est un peu superflu quand on a vu Dogtown And Z-Boys, mais ça se laisse carrément regarder. 3.5/5.

Shaun Of The Dead vs Land Of The Dead

Le territoire des morts Et puis bon, à vrai dire, l'été n'allait pas être si pourri, parce que j'allais ensuite voir, presque coup sur coup, Shaun Of The Dead (3.5/5), la parodie-hommage anglaise des films de Romero, drôle et assez cool malgré une fin un peu trop "classique", et Land Of The Dead (3.5/5), le quatrième et inattendu volet de la trilogie des zombies du même Romero, avec ses côtés énervants, un peu systématiques des films de ce genre, mais également des tas de bonnes idées, des trouvailles sympas, un anti-héros à la cool, relégué comme il se doit au second plan et des tas de morts et d'explosions, assortis de quelques boyaux pour faire joli. Miam.

Io non ho paura & Bombòn el perro vs La cloche a sonné

Bombòn el perro J'ai aussi vu quelques trucs un peu plus légers, à savoir Io non ho paura (3/5), ou L'été où j'ai grandi, un film gentillet mais néanmoins regardable, lorgnant parfois de façon surprenante sur la mise en scène de films d'horreur pour raconter une histoire tout ce qu'il y a de plus classique, La cloche a sonné (1.5/5), une sombre merde maquillée en comédie, misant tout sur Lucchini et se vautrant lamentablement, ou encore Bombòn el perro (3/5) (ah merde je nique mon plan), histoire à la cool d'un ex-mécanicien argentin quincagénaire à qui on offre un chien de concours et qui tente de gagner sa vie avec. Ca a pas l'air d'aller loin au premier abord, mais en fait c'est plein de petits instantanés très bien vus, même si ça a quand même tendance à un peu se traîner ici et là.

The Jacket, The Island & Gojira : fainaru uôzu. Et Inside Deep Throat.

Godzilla - Final Wars Je me suis aussi fait l'ultra-classique The Jacket (3/5), pas transcendant, mais bénéficiant de la touche Section Eight que personnellement j'aime assez et, soyons honnête, de la présence dans le rôle principal d'Adrien Brody, le monstrueux The Island (1.5/5), qui laisse espérer quelques chose de correct pendant une demi-heure et se transforme ensuite en bousasse du calibre de Matrix Reloaded, et enfin, l'horrible mais drôle mais horrible mais drôle mais horrible Godzilla : Final Wars, que je me refuse à noter, ne sachant pas trop y séparer le lard de l'ivraie et ne préférant pas laisser le grain qui roule faire le cochon. Ah oui, et Inside Deep Throat (3/5), aussi, docu intéressant mais pas si fouillé que ça sur le film qui a amené le porno sous l'oeil du grand public.

Auto-satisfaction

Voilà, c'est presque tout, mais heureusement pour vous j'ai aussi vu des films plus récemment, et c'est pas parce que j'ai déjà détruit mon plan que je ne vais pas faire comme s'il était encore valide.

Broken Flowers (3.5/5)

Broken Flowers Clairement pas au niveau de Coffee And Cigarettes, Broken Flowers m'a tout de même plu et la rencontre Bill Murray / Jim Jarmusch ne m'a pas vraiment déçu, même si j'aurais tout de même aimé que le film aille un peu plus loin et ne soit pas aussi systématique. Mais heureusement, outre le jeu de Bill Murray, le film s'appuie sur une mise en scène assez subtile (qui contraste parfois avec les personnages un peu caricaturaux), s'attachant beaucoup aux détails et s'adaptant à la subjectivité du personnage principal du film, qui parcourt les États-Unis à la recherche de l'ex qui a élevé son fils, dont il vient d'apprendre l'existence.

Bien sûr, tout ça relève essentiellement de l'anecdote, mais c'est une anecdote joliment racontée, à la fois désabusée et sereine, et surtout bien loin du didactisme qui me rebute tellement dans pas mal de films actuels (comme vous allez le voir dès maintenant, vu que je maîtrise à la perfection l'art délicat de la transition).

Crash (2.5/5)

Collision Alors déjà, je promets que je n'utiliserai pas l'expression "film choral à L.A.", ce qui est un motif suffisant pour m'aimer et sponsoriser ma vie pour au moins cinq ou six ans. Sans vouloir être désobligeant et renouveler mon allégeance à Robert Altman, je dirais que Collision est plutôt une sorte de Short Cuts thématique constipé. En clair, ça veut dire que c'est un film de destins croisés, traitant d'un thème particulier (ici le racisme) en poussant très fort pour tout faire passer (il faut bien que je laisse s'exprimer mon côté poétique de temps en temps). Et là où ça chie (haha), c'est qu'aucun de ces trois points n'est réellement convaincant (allez, OK, peut-être le troisième) : les liens entre les personnages sont très artificiels et ne servent pas l'intrigue autrement que pour ne pas lui donner l'air d'un grand fourre-tout, le thème du racisme ordinaire est traité avec un didactisme scolaire hyper énervant qui fait qu'on sait de quoi vont parler la plupart des scènes dès qu'elles commencent et le tout n'offre aucune véritable réflexion, ou en tout cas rien qui aille plus loin que ce que tout un chacun peut constater au quotidien. Pire, le réalisateur instaure une espèce de distance volontaire (les plans s'élargissent et une musique hyper zen et détachée vient ponctuer les scènes un peu intenses) que je trouve à la fois bien facile et un peu cynique. "C'est comme ça, ma bonne dame, on n'y peut rien..."

Ceci dit, ce n'est globalement pas horrible, il y a des personnages et des acteurs intéressants (Godspeed en parle d'ailleurs très bien), mais rien ne ressort vraiment, rien n'impressionne, rien ne fait réfléchir. On sort, et on dit juste : "mouais, pas terrible..."

Shane Black's Kiss Kiss Bang Bang (3.5/5)

Shane Black's Kiss Kiss Bang Bang Presque pareil, dans un autre style, mais un peu mieux. Et comme j'accroche plus au genre western urbain avec des mecs qui ont des couilles même quand ils en ont pas vraiment, je suis plus indulgent, forcément. Y a beaucoup de déchet dans Kiss Kiss Bang Bang, mais il y a aussi quelques bonnes punchlines, des scènes bien classes, un peu sous-Tarentino, mais plutôt cool si on ne boude pas son plaisir. Il ne faut pas chercher midi à 14 heures, il s'agit plus d'enchaîner des scènes un peu stylées sur fond d'attitude permanente, mais c'est le genre de trucs auxquels je suis sensible quand c'est, comme ici, un minimum intelligent, et je ressors de la salle en mâchant ma langue et en marchant au rythme d'une musique imaginaire. Et puis Val Kilmer s'est décidé à serrer un peu moins les fesses (haha, ce que je suis drôle) et ça lui va pas si mal. C'est pas si courant les acteurs dans son genre qui vieillissent pas trop mal.

Après, forcément, si vous êtes moins sensibles que moi à tout ce style gratuit, vous allez noter les quelques incohérences du scénario (ou les nombreuses si vous faites en plus abstraction du côté volontairement Western du film), les recettes éprouvées un peu énervantes (la ravissante idiote mais pas tant que ca, le loser peureux mais pas tant que ça, le professionnel qui maitrise mais pas tant que ca, les twists à la one again, etc.), mais personnellement j'ai bien aimé.

Me And You And Everyone We Know (4/5)

Moi, toi, et tous les autres Aïe. Je sais pas vraiment comment parler de ce film. Il est de la trempe d'un Casablanca Driver, mais en plus abouti. Je le trouve vraiment cool, mais je sais que ce n'est pas un chef-d'oeuvre. Et pourtant j'ai presque envie de le booster rien que parce qu'il m'est extrêmement sympathique. On peut y voir une énième tentative de comédie romantique poético-décalée, mais il est bien plus que ça, parce que sous ses airs de pas y toucher, il est plus profond que bien des films de ce genre. Il est drôle, mais on sent qu'il se force, qu'il fait tout son possible pour l'être, et ainsi masquer partiellement toute la tristesse sur laquelle il se fonde. Et quand je dis "il se force", ça ne veut pas dire qu'il aligne les gags déjà vus mille fois, mais que, comme les personnages qu'il met en scène, il s'efforce sincèrement d'amener un peu d'auto-dérision et de décalage pour améliorer son quotidien, même si ce n'est pas toujours ce qui voudrait transparaître en premier lieu (et cet élément tranche pas mal avec bon nombre de films dans lesquels un personnage possède une sorte de fantaisie innée qui fascine un personnage plus simple et loser, auquel on s'identifie immanquablement). Du coup, malgré le contexte un peu morose, on rit souvent, et Moi, toi et tous les autres a même provoqué mon premier fou rire au cinéma depuis un bon moment (Intolerable Cruelty peut-être). Et oui, pour ceux qui ont vu le film, c'est bien la scène qui a inspiré le titre de ce post.

Et puis à côté de ça il est d'une qualité formelle assez bluffante. C'est bien filmé, c'est bien écrit, c'est bien pensé, c'est bien interprété (John Hawkes, je t'aime). J'adore le parti pris de montrer des gens normaux et de les mettre dans des situations qui seraient normales si le scénario ne les poussait pas juste un peu plus loin pour en faire ressortir de la poésie, de l'humour ou de la réflexion (même si parfois, le un peu plus loin se transforme en un peu trop loin, notamment dans la scène où Peter et Sylvie sont allongés par terre et discutent). Bref, je trouve ca intelligent, fin et simple, et j'adore.

Le mot de la fin

Sinon j'ai vu Birth en DVD hier et c'est une grosse merde.

douze commentaires:

Moi aussi, j'lai vu hier Birth. En fait je pense que, sans faire injure à ton échelle de valeur critique qui a par ailleurs fait ses preuves, la qualification grosse merde est sans doute un peu au dessous de la réalité. Peut-être que "chiure fistulaire" serait plus appropriée. Mais bon, c'est qu'une proposition.
Nikko () - 26.09.05 - 23:09

Ah ben forcémen pour regarder des DVD avec Nicole Kidman y a du monde hein, mais quand je te prête Requiem for a dream (oh mon dieu déjà 1 an que tu l'as !!), j'entend toujours "j'ai pas eu le temps" ou "je peux pas j'ai piscine"....pfff...j'en foutre va !!
Kokott - 27.09.05 - 09:39

Kokott : et encore, quand il l'aura vu, il va falloir 6 mois pour qu'il donne son avis et environ 12 semaines pour qu'il te le rende :)
(bisous brice)
gaelle - 27.09.05 - 11:02

Maintenant je pourrai dire du bien de Casablanca Driver sans honte. Je sais que je ne suis plus seul.

Merci.
ChypoR () (link) - 27.09.05 - 14:31

A quand un Popo Ping-Pong Club avec ces t-shirts ?
http://www.good-together.com/meandyou/
godspeed - 28.09.05 - 11:50

Nikko : va pour "chiure fistulaire", ça sonne bien.

Kokott : c'est parce que là on m'a forcé et j'étais pas chez moi !

Gaëlle : et si on parlait de ton nouveau layout ? :)

ChypoR : je crois que pas mal de gens ont aimé, non ?

Godspeed : c'est horrible ces trucs tellement cool qu'ils deviennent à la mode, alors qu'on aimerait pouvoir les garder pour soi et deux ou trois potes (à la rigueur).

Eh ouais, j'ai répondu à tout le monde, tout arrive.
Brice (link) - 29.09.05 - 02:51

Pour Land of the Dead, un peu trop d'incohérences à mon gout: rien n'est expliqué! Si le monde à été dévasté par les zombies, d'ou vient l'electricité? Et l'essence? Et pourquoi le méchant s'attache t'il toujours autant à l'argent qui n'a, visiblement, plus aucune valeur?
Asthur () (link) - 29.09.05 - 10:12

Donc en gros il faut que je récup mon DVD, que je t'invite à la maison et que je te force à le regarder ? C'est ça ? Si c'était pour que je t'invite à bouffer chez moi y avait qu'à le dire ça aurait été plus simple
Kokott - 29.09.05 - 12:01

Alleluiah !
Tu veux dire que non seulement je ne suis plus seul mais qu'en plus on est nombreux ?

Non parce que jusqu'ici j'avais eu droit à "Huh ? 'connais pas" ou à "Pfff ha oué d'accord oué"
ChypoR () (link) - 29.09.05 - 13:51

Lut,
Juste pour dire que c'est rare des gens qui savent faire d'aussi bonnes critiques. Pour ma part, j'ai vu Kiss Kiss Bang Bang, perso c'est Ce film qui m'a provoqué mon premier fou rire depuis des lustres (cf : le dialogue sur le mot "idiot"). J'ai vu aussi Moi, Toi et tous les autres, et je ne suis pas si enthousiaste que toi. J'ai ressenti de bonnes choses mais il lui manque un petit quelque chose d'un peu plus "cinéma" et moins "art contemporain". Mais l'h"roïne a tellement de jolies chaussures que je ne peux que m'incliner.
Sinon vu aussi Broken Flowers et carrément déçue..
Va faire un tour sur mon forum si tu veux.....j'y ai mis quelques critiques..
http://divinewhite.forumactif.com

bye, clo
Klo () - 04.10.05 - 20:25

Asthur : ben l'électricité vient des centrales nucléaires ou éventuellement de générateurs mis en place dans la ville, l'essence est pillée / prise dans les réserves, d'où les raids dans les villages zombies, et l'argent sert à avoir plus d'essence, d'électricité et de sécurité. Ca me paraissait clair...

Kokott : non mais un jour je vais le regarder, promis. Mais si tu veux m'inviter, OK. :)

ChypoR : il ne faut pas oublier la loi de Sturgeon dans ces cas-là...

Klo : merci, c'est sympa. J'irai faire un tour sur ton forum.
Brice (link) - 05.10.05 - 12:01

Donc, je n'aurais pas dû aller voir les 4 fantastiques.
Et merde.
Ataraxie - 10.10.05 - 22:07

Nom :
E-mail :
URL :
Commentaire : 
 



Pour que votre commentaire soit publié, vous devez taper le mot de passe. Le mot de passe est cuboméduse. Je sais que vous pouvez y arriver.

Small print: All html tags except <b> and <i> will be removed from your comment. You can make links by just typing the url or mail-address.