Paradise Now raconte l'histoire de deux potes palestiniens qui sont désignés pour commettre un attentat suicide à Tel Aviv, et je me disais à la base que ça pourrait être intéressant (ou complètement naze, selon la qualité du truc) de voir, plus ou moins de l'intérieur, le processus qui peut conduire des gens a priori dotés d'un cerveau en état de marche à se faire sauter la gueule au milieu d'autres gens, d'autant plus que ça doit faire vachement mal. Eh ben je me suis bien fait avoir, parce que le film n'en parle pas vraiment, se contentant d'effleurer le sujet à coups de gros poncifs, pour se concentrer sur l'histoire d'amitié entre les deux apprentis terroristes, et la façon dont elle va influer sur le cours des événements (ouais, parce que ça va pas se passer aussi simplement).
Du coup, le sujet en lui-même est bien moins sulfureux et, finalement, moins intéressant que je ne l'espérais. Et à côté de ça, Paradise Now n'impressionne pas beaucoup. Les enjeux sont assez bateau et exposés au cours de scènes dont on voit clairement qu'elles sont là pour ça, le jeu des acteurs est très inégal et seules quelques petites phases de mise en scène viennent relever un peu le niveau et apporter un peu de finesse. Bref, sans être une horreur absolue, on peut pas dire que ce soit la paradis (haha).
Bon ben voilà, disons-le carrément, j'ai pas vraiment adoré Keane. Je lui reconnais des tas de qualités, j'admets que le parti pris des plans ultra-serrés et de la caméra qui colle au personnage principal est assez cool, et je m'incline devant la prestation hallucinante de Damian Lewis, qui, avec cette démo d'une heure trente sous le bras, ne devrait pas avoir de problèmes pour trouver des rôles durant les annés qui viennent, mais malgré tout ça j'ai eu un peu de mal à accrocher. Parce que ça a beau être bien foutu et tout, je peux pas m'empêcher de trouver ça un peu vain. On voit clairement l'évolution psychologique de ce mec dont la petite fille a disparu et qui, petit à petit, cherche à reprendre pied, mais l'intérêt ne va pas au-delà. On me dira que c'est déjà pas mal, et c'est pas complètement faux, mais cet exercice de style et cette brillante performance d'acteur restent quand même un peu trop égoïstes pour que je m'y immerge totalement.
Excellente surprise, Rize m'a beaucoup plu. Pourtant, je suis pas le mec à faire le malin en tournant sur la tête au fond du Forum des Halles, mais j'ai retrouvé dans ce docu sur le clowning et le krumping (en gros, deux danses plus ou moins extrêmes issues du hip-hop et inspirées des danses tribales africaines) de nombreux thèmes que j'affectionne et qui peuvent, de manière assez curieuse, rapprocher Rize de Lords Of Dogtown et le hip-hop du punk. En effet, outre l'aspect purement documentaire relatant l'apparition et la montée en puissance de ces danses venues des quartiers pauvres de Los Angeles, Rize exprime avec brio toute l'intensité, tout le pouvoir venu des tripes du krumping et du coup toute l'indéniable sincérité des danseurs qui le pratiquent. On sort totalement du simple phénomène de mode pour ados pour entrer dans une autre dimension, celle qui fait que les individus prennent de l'importance et que leur art dépasse les considérations purement techniques ou esthétiques pour se transformer en véritable moyen d'expression radical.
Alors bien sûr, David LaChapelle ne peut pas s'empêcher de nous infliger quelques scènes à l'esthétique hyper classique, à base de ralentis et de corps musclés huilés et en sueur, mais c'était peut-être le prix à payer pour avoir droit, la plupart du temps, à des images mortelles à la fois clean et crades et à une scénarisation de bon aloi du documentaire, qui lui confère un rythme parfait. Alors voilà, y a pas à tortiller, j'adore ce genre de trucs, et je ressors immanquablement du cinéma réconforté et doté d'une furieuse envie de donner des coups de pompe dans les portes.
huit commentaires:
Hello,
Perso, je n'ai vu que Keane et je pense exactement comme toi. C'est techniquement vraiment pas mal mais il manque un souffle, quelque chose auquel se raccrocher pour être happé dans le film. Personnellement, je me suis sentie cruellement en dehors, je le regardais avec des yeux très neutres.....
Voilà !
clo
Chloé () (link) - 17.10.05 - 13:57
Critiquer c'est nul
accalmie () - 17.10.05 - 20:05
Dire que critiquer c'est nul, c'est nul.
Chloé () (link) - 18.10.05 - 15:28
Nico : parce que raconter des ragots à base de pizza aux pommes de terre pour me discréditer, c'est pas nul, peut-être ? :)
Brice () (link) - 18.10.05 - 23:52
Ha je ne voulais pas te discréditer mais simplement dévoiler une partie de ton passé mafieux.
Et puis ça impressionne toujours les gamines de dire qu'on a connu le grand Ggg.
PS :
Fais pas ton rat d'égout, rajoute moi sur ton MSN.
Fais pas ton rebelZ, je sais que tu as MSN.
PS (pour chloe) :
Dire que...non rien
accalmie () - 19.10.05 - 08:29
Hey ho acc, gamine toi-même (gnagnagna), moi aussi je lis les commentaires chez Brice.
(Sinon, non j'ai rien à dire sur les films).
gaelle - 19.10.05 - 21:16
Bon, et le lapin-garou, alors ?
Arno - 20.10.05 - 08:50
Oui, je suis là, qui m'appelle?
lapin garou - 20.10.05 - 13:32