08.08.03 - 04.26 Wrong Turn (1/5)
Je suis un fan de Massacre à la tronçonneuse. J'adore ce film, je trouve que c'est le meilleur du genre et que dans plein de domaines il surpasse mille fois des tas impressionnants de films "grand public". C'est un peu pour ça que j'avais apprécié l'hommage original rendu par Haute Tension, et c'est également pour ça que je suis allé voir Wrong Turn.
Et d'un côté, je me suis pas trompé : une panne de bagnole, des jeunes paumés au milieu de la campagne reculée américaine, des rednecks, une famille un peu dégénérée et qui plus est cannibale (ou collectionneuse, on sait pas trop), tout cela ressemblait étrangement à l'original. Mais ça allait vite se gâter, et ce dès les premières minutes du film.
Trois pétasses, dont une qui l'est un peu moins que les autres et qui n'a ni wonderbra ni décolleté, un blaireau insignifiant, un semi-original et un biclassé médecin / beau gosse se retrouvent au milieu de nulle part suite à une panne et à un accident. Premier truc naze : si vous ne devinez pas déjà qui va faire partie du couple survivant, toute votre éducation est à refaire. Bon, ensuite, c'est classique, certains se font choper par les cannibales-collectionneurs (miss wonderbra et mister blaireau), les autres découvrent un peu à qui ils vont avoir affaire (mention spéciale à miss décolleté, qui préfère pisser dans les chiottes immondes de la baraque dégueu remplie de morceaux de cadavres que d'aller sagement arroser les pâquerettes du sous-bois), se font à moitié décimer, jusqu'à ce qu'il ne reste que le couple final qui finit par renvoyer toute la petite famille collectionner les gencives humaines en enfer à coups de hache et de produits inflammables. Oui, je spoile comme un gros sale, mais c'est pour votre bien.
Ce qui me chagrine là-dedans, c'est que tout ce que je trouve intéressant dans ce genre de films passe à la trappe. Par exemple, j'aime bien le côté "survie", comment se démerder avec les moyens du bord, comment ne pas se faire découper en tranches par la bande d'attardés qui infeste le coin quand on est totalement dépassé par les événements et qu'on n'a sous la main qu'un canif dont la lame se coince au mauvais moment, bref, tous les détails hyper terre à terre qui donnent un côté réaliste au film et renforcent l'effet de terreur. Et dans Wrong Turn, tout est désamorcé : les personnages font des bons de dix mètres de branche en branche et des promenades accrochés sous des 4x4, le tout avec une décharge de plomb dans la jambe et je vous fais grâce de tous les détails, mais globalement, l'horreur est rendue totalement inopérante par l'incohérence des péripéties. Ajoutez à ça une image bien proprette et des acteurs tout juste moyens, et vous comprendrez que ce ne sont pas les multiples clins d'oeil à Massacre à la tronçonneuse (le bus Volskwagen, la fille attachée...) qui vont sauver ce film.
Au final, Wrong Turn est donc un film prévisible, qui s'écarte certes un peu des clichés du slasher pour ados mais qui n'en est pas pour autant plus original. En clair, restez-en aux valeurs sûres, louez The Texas Chainsaw Massacre.
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