08.09.03 - 09.39 Phone Booth (2/5)
J'étais pas très chaud à l'idée d'aller voir un film de Joel "le droit de tuer !" Schumacher, mais tout le monde a son prix. Le mien, c'est un saucisson corse. Ptyx a donc acheté mon intégrité à grands coups de charcuterie et, quelques minutes plus tard, le grand Joel nous dispensait une leçon de philosophie dont il a le secret.
L'histoire de Phone Game est entièrement résumée dans sa bande annonce : un jeune yuppie presque infidèle (il ne trompe pas sa femme mais y pense plus ou moins) se retrouve piégé dans une cabine téléphonique avec un sniper psychopathe au bout du fil qui menace de lui faire sauter la cervelle s'il en sort avant d'avoir satisfait ses exigences. La cabine en question est rapidement cernée par la Police et Colin Farrel (le yuppie) suspecté d'avoir abattu un gros mac qui passait par là et voulait libérer la cabine pour ses protégées. Évidemment, c'est le sniper qui l'a abattu, mais les flics étant un peu trop cons pour analyser la trajectoire de la balle ou déterminer le type d'arme qui l'a tirée, une situation de blocage s'installe, avec la police qui veut faire sortir le mec de la cabine, le sniper qui veut l'y faire rester, et Colin Farrel qui rentrerait bien chez lui se siffler une bière devant Larry King.
Le truc qu'on ne peut pas reprocher à mon pote Joel, c'est de ne pas savoir mener son film. Ce genre de situation de base aurait pu donner un film bien chiant, mais ce n'est pas le cas : le rythme est soutenu, la tension maintenue jusqu'à la fin et seules les nombreuses incohérences viennent remettre la construction en cause. Malheureusement, de ce côté là, ça n'arrête pas : entre les flics qui ont oublié leurs leçons de ballistique, la façon qu'ils ont de considérer un suicide par égorgement au cutter comme étant tout à fait normal (ça m'a d'ailleurs rappelé un film dont le titre était un truc du genre L'attaque de l'épouvantail tueur et dans lequel la thèse du suicide n'était pas exclue lorsqu'on retrouvait un mec compressé contre un mur par une moissonneuse-batteuse avec une fourche plantée dans le dos), le cryptage magique de la communication téléphonique et, d'une manière générale, le manque d'idées des flics frôlant l'incompétence, on sent bien que la situation de blocage est totalement artificielle et que Navarro ou Julie Lescaut auraient torché cette affaire en quatre minutes, plus vite que Frameto. C'est quand même pas très flatteur pour le commissaire Forest Whitaker...
En revanche, les fans de Chute Libre et du Droit de tuer ? seront ravis de constater que Joel Schumacher est un cinéaste constant et cohérent, fidèle à ses idées. Finalement, c'est quand même bien fait pour la gueule de Colin Farrel, qui voyait régulièrement une fille avec qui il espérait tromper sa femme. Il l'a pas vraiment fait, mais il l'a pensé, et on peut dire qu'il s'en tire pas si mal ce salaud ! Heureusement qu'il y a des snipers-justiciers-tueurs-de-macs pour faire respecter la morale dans ce pays ! Cette petite musique vient rythmer l'ensemble du film avec une finesse n'ayant d'égale que les jeux de mots d'Arnold Schwartzenegger dans Batman & Robin. Du coup, en sortant, j'étais prêt à conclure un marché avec Joel : je veux bien le laisser faire des films, mais uniquement s'il s'engage à ne jamais entrer en politique (le mensonge étant évidemment, pour rester dans le ton, puni de mort).
2 commentaires "Cette leçon vaut bien un fromage."
tDP - 09.09.03, 17:26 Ouais, ou un saucisson corse...
Brice (link) - 10.09.03, 00:49
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