Cacochyme

10.09.03 - 16.41
Dirty Pretty Things (4/5)

J'aime autant vous prévenir tout de suite, on n'est pas là pour rigoler. Bon, peut-être un peu quand même à deux ou trois moments, mais après Bruce Almighty on ressent quand même un certain contraste.

Dirty Pretty Things, réalisé par Stephen Frears, se passe dans le milieu des immigrés plus ou moins clandestins de Londres et montre au fil de l'intrigue des éléments qui le caractérisent : comment ils se démerdent, où ils travaillent, ce qu'ils subissent et la façon dont tout cela façonne leur vie quotidienne. L'intrigue, quant à elle, mêle une histoire d'amour assez discrète et la quête d'une vie un peu meilleure, menée par Okwe, un clandestin nigerian joué par Chiwetel Ejiofor et Senay, une immigrée turque en phase de régularisation incarnée par Audrey Tautou.

Je dirais bien que les acteurs sont le point fort du film, mais ce serait oublier la façon dont il est mené, le naturel avec lequel l'intrigue pourtant sordide est développée, les images sombres et l'épaisseur intéressante des personnages. Vraiment, il est difficile de trouver de vraies failles dans Dirty Pretty Things. Pendant un moment, j'ai trouvé que le personnage de Sneaky, le gérant de l'hôtel dans lequel travaillent Okwe et Senay était peut-être un peu trop cynique, joué de façon légèrement caricaturale, mais à la réflexion je ne vois pas bien comment il aurait pu être géré autrement. Finalement, le seul petit défaut que je relèverai, c'est la tendance un peu prévisible de certains éléments, notamment autour du personage de Senay. Pas de quoi fouetter un chat (comme si vous aviez besoin d'un prétexte), mais puisque j'ai dit que je relevais, je relève.

Ceci dit, fatalement, il faut que je parle des acteurs, et en particulier de Chiwetel Ejiofor. Parce que bon, c'est vrai qu'il a un personnage qui a particulièrement la classe, mais quand même, il est d'une justesse vraiment impressionnante. L'efficacité de la scène où les flics débarquent dans l'hôtel, ou encore de celle, plus classique, de l'aéroport est décuplée par sa présence. Du coup, je suis vraiment impatient de le voir dans d'autres films. A côté, Audrey Tautou est également très bonne (oui oh ça va), dans un registre un peu moins propret qu'à l'accoutumée. Et puis bon, je vais pas tous les citer, mais y en a un paquet qui assurent vraiment (allez, un dernier nom : Benedict Wong, dans un second rôle également bien travaillé).

Enfin, un dernier truc que j'ai apprécié dans Dirty Pretty Things : on ne peut pas dire que le film n'est pas militant, parce que le simple fait de montrer cet univers implique une certaine réaction chez le spectateur, mais il évite de belle manière le prêchi-prêcha enfonceur de portes ouvertes qu'on n'aurait pas été étonné de rencontrer dans une histoire de ce genre.

Voilà, on va pas s'étendre davantage : des acteurs qui tuent, une histoire intéressante parfaitement maîtrisée, une esthétique et une réalisation réussies sans être m'as-tu-vu, et on obtient un film bien classe qui nous signale avec bonheur, en association avec la pluie et le rhume que j'ai chopé, que la rentrée est arrivée.

2 commentaires

Un de mes films de l'année (l'autre étant le Spike Lee).

N'y allez pas, courez-y ! sinon c pan dans t fesses
lolo - 17.09.03, 23:37

Putain, lolo, je te connais pas mais je t'aime déjà !
Brice (link) - 18.09.03, 00:23

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