Cacochyme

16.10.03 - 11.02
Cette femme-là (3/5)

Ouais bon alors oh la la, Josiane Balasko dans un rôle dramatique, oh la la alors. Enfin c'est ce que tout le monde dit. Et bon, OK, force est de constater que oh la la. Mais oh la la ouais ou oh la la bôf ? Ne faisons pas durer le suspense plus longtemps, oh la la ouais. Maintenant que j'ai réglé leur compte à LA question et à la syntaxe, passons au film.

Ma copine Josiane est un flic qui enquête sur un suicide qui pourrait bien ne pas vraiment en être un, si vous voyez c'que j'veux dire. Mais bon, c'est aussi une femme qui a perdu son fils dans un accident de voiture et qui éprouve les plus grandes difficultés à s'en remettre. Elle fait des cauchemars, elle déprime, sa vie est super glauque et elle fait la gueule. Et figurez-vous que tout ça est très bien fait. Les cauchemars sont élaborés et bien intégrés, les plans sont bien classieux, il y a une recherche assez poussée dans chacun d'entre eux pour installer une atmosphère à la fois étouffante, glauque et kitsch-triste, les acteurs sont très peu maquillés, c'est très appliqué et ça marche parfaitement bien. On a même parfois un peu de mal à respirer, mais c'est clairement (si on peut dire) voulu par le réalisateur. Et ça aurait même pu m'impressionner si j'avais pas vu exactement là même chose en trois fois mieux dans Lost Highway. Jusqu'au filtre ocre-jaunâtre. Du coup, je suis un peu partagé. D'un côté, j'ai envie de dire que c'est déjà vu, voire pompé, mais d'un autre, je me dis qu'un mec qui arrive presque à faire semblant d'être David Lynch sans que ça soit totalement pourri est quand même assez doué. C'est d'autant plus vrai que plein d'éléments montrent qu'il maîtrise parfaitement son truc. Le dialogue entre le personnage de Balasko et sa mère au sujet du papier peint est, dans le genre, vraiment marrant. D'ailleurs, je vais vous le raconter un peu, pour que vous puissiez rire vous aussi. Enfin sourire. Enfin essayer de comprendre pourquoi moi j'ai trouvé ça cool. Donc, pendant tout le film, les décors sont bien glauques, dans les tons marron-seventies, avec très peu de sources de lumière, toutes jaunâtres. Et à un moment du film, Josiane Balasko est censée aller se changer un peu les idées, chez sa mère, dans le sud. On se dit "aaah, on va enfin respirer un peu, il va y avoir du soleil et des cigales, et si ça se trouve elles vont se boire un petit pastis toutes les deux en regardant le spectacle de Titoff en DVD", et en fait, tout ce qu'on a, c'est un vieux plan bien sombre des deux personnages qui mangent en faisant la gueule dans un décor plus marron que jamais. Et là, dialogue :

- T'as remarqué, j'ai changé de papier peint...
- Ah oui, il est plus sombre.

Je sais pas pourquoi, je sens que ça va pas vous faire rire. Et pourtant c'est vraiment cool, faites moi confiance.

Bref, vraiment, les trois premiers quarts du film sont très très bien si on n'a vu aucun film de David Lynch et plutôt pas mal si on en a déjà vu quelques-uns (Lost Highway notamment, donc). Par contre, la fin gâche tout en transformant la subtilité oppressante du film en machin hystérique complètement débile. Mais vraiment, hein. D'autre part, la résolution de l'enquête, qui découle de cette scène, est un peu bâclée et on se rend alors compte que soit le réalisateur s'est foutu de notre gueule en plaçant des fausses pistes basées sur des coincidences tellement grosses que même Flavie Flament serait incapable de les avaler, soit les Grands Méchants de l'histoire sont totalement débiles (ce qui est plus probable quoique peu rassurant).

Enfin, pour boucler la boucle et revenir sur le truc sur lequel j'avais dit que je reviendrais pas, il faut quand même reconnaître la super qualité du jeu de Josiane Balasko, dans un registre très différent de bla bla bla bla Coluche bla bla Tchao Pantin bla bla bla comédie bla bla bla bla. Bla bla, mais quand même.

3 commentaires

Pourtant je pense que Flavie Flament est capable d'avaler des trucs assez gros
arh arh arh
Guillaume - 16.10.03, 14:23

Arh arh arh, je dois dire que j'en suis pas mécontent de celle-là, arh arh !
Brice (link) - 16.10.03, 14:27

Cessez de rire grassement, c'est un rôle dramatique !
Chuck Maurice - 16.10.03, 23:18

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