Cacochyme

14.11.03 - 20.45
Histoire de Marie et Julien (1/5)

Oh putain ! J'avais pas vu un film aussi chiant depuis euh... je me souviens même plus de m'être autant ennuyé pendant un film. Le pire c'est que j'ai même pas l'impression de ne rien avoir compris ou d'avoir raté l'essentiel, et à la limite, même si je me trompe, je ne vois pas comment ça aurait pu renforcer mon intérêt pour cette Histoire de Marie et Julien. Évidemment, quand je suis sorti du cinéma, je suis allé voir ce que les autres disaient du film, et je dois dire que ça m'a pas mal sidéré. Quasiment tout le monde en parle comme d'un chef-d'oeuvre. Le truc qui me rassure, c'est que quand on creuse, on s'aperçoit que soit ils parlent d'éléments qui sont loin de m'avoir parus aussi géniaux qu'ils le prétendent, soit ils noient leur critique dans un charabia tellement verbeux qu'on est en droit de suspecter un rien de snobisme dans le propos. Enfin j'ai pas tout lu, en même temps, peut-être que quelqu'un pourrait me convaincre, mais il va falloir qu'il soit balaise. Si vous voulez vous faire une idée de critique positive, je vous conseille celle de Chronicart, puisqu'on y apprend notamment que "si le cinéma de Rivette est, depuis ses débuts, travaillé par cette scansion de deux éléments hétérogènes, jamais comme ici on n’avait eu un tel sentiment du virtuel, des choses derrière les choses" et qu'"il faudra d’ailleurs re-faire, réitérer pour que ces choses enfin reprennent leur cour normal, redeviennent 'une'". Ca a l'air simple a priori, mais je vous conseille quand même de boire un peu de café avant, au cas où.

Quant à moi, je vais rester un peu plus terre à terre, parce que je suis pas super fan de scansion réitérée jusqu'à l'homogénéisation paradoxale de l'hétérogénéité ésotérique de toute chose, qui nous pousse souvent à passer allègrement de la synchronie à la dysynchronie sans autre forme de procès. L'histoire réservant un gros spoiler (qui n'est d'ailleurs pas très intéressant, soit dit en passant), je ne vais pas m'étendre dessus, mais, en gros, un horloger misanthrope tombe amoureux d'Emmanuel Béart (comme c'est original), qu'il recontre par hasard après l'avoir perdue de vue pendant un an. Rapidement, ils vivent ensemble et c'est à la fois le bonheur total, la merde, le doute, bref, la passion (et le spoiler aussi). Évidemment, je simplifie, parce qu'en fait c'est plein de symboles et de thèmes récurrents (qui tournent quand même pas mal autour de la passion). Indéniablement, c'est travaillé. Mais c'est aussi chiant et prétentieux, et ça se ressent particulièrement dans le jeu des acteurs, totalement désincarné, et les dialogues, dont chaque phrase est espacée de quelques secondes de silence, et qui sont déclamés comme quand on s'amuse à faire une parodie de théâtre d'avant-garde. Une façon hyper efficace de combiner platitude et grandiloquence. Pour tout dire, c'en est même parfois risible. D'ailleurs, même si moi je gardais mon sang froid, quelques spectateurs étaient visiblement morts de rire, et je ne pouvais que les comprendre.

Et en ce qui concerne la mise en scène, que tout le monde, là encore, trouve exceptionnelle, elle constitue exactement tout ce à quoi j'accroche pas. Les acteurs sont dirigés comme des zombies, les décors sont tellement placés au millimètre que ça en devient visible, et tout est sur-stylisé (les scènes de nu sont presque des caricatures). Bref, je peux pas dire que c'est pourri, mais je suis totalement hermétique à ça. C'est juste TROP.

Alors voilà, ça me désole un peu, surtout après avoir mis 1.5 à Freddy Vs. Jason, qui ne vaut pas grand chose, mais non seulement je n'ai pas trouvé quoi que ce soit de vraiment intéressant dans Histoire de Marie et Julien, mais en plus c'est la première fois depuis des années que j'ai eu envie de quitter la salle avant la fin du film tellement j'avais l'impression de me trouver devant une caricature de film chiant. Du coup, j'aimerais que ça provoque des réactions, parce qu'autant j'arrive à comprendre le mécanisme qui fait que, même si je trouve ça mauvais, des gens accrochent à un film comme The Matrix Reloaded, autant je n'arrive pas à voir ce qu'on peut trouver de passionnant dans celui-là.

2 commentaires

ah t'es fou , aller voir un Rivette c'est du suicide. bon je vois que tu t' en es sorti mais ne recommence pas , c'est dangereux .
perso, j'ai vu la bande annonce et j'ai cru mourrir de rire devant la séquence de nu débile où Beart dit avec un ton théatral exécrable " empeche moi de dormir" ...la vache j'en ris encore.
mais que c'est chiant Rivette bordel.
alan smithee - 14.11.03, 21:50

Et encore t'as raté les scènes de cul où ils se racontent des histoires érotiques (genre viol sur un lit en fer au milieu d'une forêt par un gros mec aux mains sales).

Mais ya des moments marrants, comme quand un personnage dit "comme le temps passe" (et qu'on se dit "putain ca on le sent passer le temps, ouais), ou quand ils gueulent "il faut que ca s'arrete !!!" (et que t'es d'accord avec eux).

Enfin bref :/
Brice - 14.11.03, 22:07

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