20.11.03 - 03.07 Northfork (3/5)
Northfork me laisse une impression étrange et j'avoue avoir un peu de mal à trouver un angle d'attaque pour cet article. Disons qu'en surface (haha, vous savez pas encore pourquoi mais je suis déjà drôle, là), l'histoire est la suivante : pour des raisons liées au développement industriel et économique d'une région, un petit village et les champs qui l'entourent va être inondé par l'ouverture d'un barrage, afin de créer un lac artificiel. Quelque temps avant l'opération, un groupe de personnes est engagé pour expulser les quelques habitants qui refusent de quitter leur village et de s'installer ailleurs.
Mais en réalité, ce qui est censé être le vrai thème du film, c'est une espèce de parabole sur la mort et les anges, dont on ne peut pas dire qu'elle soit mal foutue, mais qui, finalement, ne mène pas à grand chose. En fait, pour rester dans une veine poétique que j'apprécie particulièrement, ça se pisse un peu sur la cuisse.
C'est dommage, parce qu'il y a dans ce film des trucs assez impressionnants niveau réalisation, notamment en ce qui concerne les raccords et les transitions entre les scènes. Toute la partie relatant les expulsions est de ce côté vraiment excellente. En revanche, le rythme est vraiment le parent pauvre de ce film par moments assez aride. Du coup, on baille un peu, et c'est d'autant plus dommage que certaines scènes un peu surréalistes sont très drôles et parfois même plutôt originales. Elles viennent donc de temps à autre rompre la monotonie qui a tendance à s'installer assez rapidement dans Northfork, de façon volontaire ou pas. Il y a également quelques scènes un peu décalées, qui rappellent parfois l'univers de Gilliam dans Brazil ou Fisher King (la maison des anges, ou encore la coquecigrue qui en indique le chemin à Irwin). Attention, hein, on reste quand même assez loin du niveau de ces deux films, mais l'ambiance et l'univers visuel de ces scènes y font néanmoins penser. Ce souci de l'esthétique se retrouve dans la plupart des scènes, et notamment dans les plans d'ensemble, qui installent de manière impressionnante l'atmosphère désespérée et mélancolique du village condamné.
Les acteurs participent également à cette ambiance à la fois triste et décalée, qu'il s'agisse de James Wood ou de Nick Nolte, impeccable dans un rôle un peu bourru, très proche de son interprétation de Bob le flambeur dans The Good Thief. On notera aussi la prestation d'Anthony Edwards (le Mark Greene d'Urgences) dans la peau d'un personnage assez bizarre, pusqu'il incarne une sorte d'ange bigleux aux mains amovibles.
L'avantage incontestable de Northfork, outre sa réalisation très soignée, c'est que c'est un film qui pousse pas mal le spectateur à réfléchir, à recoller au fur et à mesure les pièces du puzzle pour en décoder les références (dont un bon paquet me sont passées à côté) et profiter pleinement de l'histoire et des thèmes abordés. Par contre, on peut regretter que cette réflexion soit plus forcée que stimulée, que certains passages soient un peu ennuyeux, et que tout cela débouche au final sur quelque chose de bien moins ambitieux que la forme du film ne voudrait nous le faire croire.
3 commentaires ouais mais faudrait savoir... c'est "Northfolk" ou "Northfork"?? parce que bon, hein...
yledm (link) - 20.11.03, 11:41 À ton avis ? HEIN ?
Brice (link) - 20.11.03, 18:37 Toujours ses envies de cinéma qui me chatouillent les orteilles, ma carte ugc illimitée qui gigote dans mon portefeuille et cette année tellement remplie, crevante, où je me noie littéralement et qui ne me laisse même pas 2 heures pour un ciné.... -cinéphage déprimée c'est au son de ton blog que je vois par procuration des choses biens, d'autres moins.- Merci pour les mois à venir !
juliet" () (link) - 20.11.03, 19:28
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