15.12.03 - 09.00 Thirteen (3/5)
Back on tracks ! Premier film depuis deux semaines et demi, ça commençait à me faire bizarre. J'avais peur que les mecs du cinéma recommencent à me vouvoyer et aient filé mon fauteuil réservé à quelqu'un d'autre. Mais heureusement, c'était pas le cas. Quand je suis arrivé, tout était prêt, ils avaient recouvert mon fauteuil de tissu doré et y avaient déposé un grand coca orné d'une étiquette "Welcome Back". J'avais la larme à l'oeil. Enfin bref, je me suis installé, et j'ai regardé Thirteen.
Le film raconte l'histoire d'une (pré-) ado qui, prenant modèle sur la star du lycée, se transforme peu à peu en pétasse XXL sous l'oeil impuissant de sa mère. Ca commence par le vol de fringues dans des magasins, et ça finit par des parties à quatre pleines d'alcool, de drogue et de scarifications (bon, OK, tout n'est pas forcément mélangé, mais en gros c'est ça). Alors bon, soyons clair tout de suite, le côté descente aux enfers ne marche pas si bien que ça. Pour tout dire, c'est écrit au bazooka, et on observe une petite fille "normale" de treize ans se transformer en crackwhore hystérique en à peine plus d'une heure, frappé d'incrédulité tellement le scénario charge Tracy, l'héroïne du film. De même, toutes les situations qui la font aller toujours plus loin dans la voie de la pétasserie sont un peu grossières, un peu téléphonées. D'ailleurs, je sais pas si c'est moi ou si ça fait ça à tout le monde, mais j'ai quasiment rien ressenti d'un tant soi peu positif vis à vis de Tracy, tant elle est transformée en machine à subir les péripéties du scénario. À côté d'elle, le personnage de sa mère, joué par Holly Hunter, est également façonné à la machette : c'est l'archétype de la mère hippie divorcée qui perd le contrôle de sa fille. Et puis évidemment, la sctructure du scénario est ultra classique, avec descente aux enfers, doute / prise de conscience, et enfin début de reconstruction. À mon avis, on tient là les deux gros échecs du film : le côté bourrin de l'écriture et la relation assez froide qui s'instaure vis à vis de l'héroïne, qui fait plus petite conne que victime.
Voilà, j'ai craché mon venin, mais je n'ai pas pour autant détesté Thirteen. Tout d'abord, bien qu'un peu poussé à l'extrême, le thème est intéressant et amène malgré tout quelques réflexions, entre deux crises d'hystérie. D'autre part, c'est bien filmé. Peut-être parfois un peu trop clipesque, mais toujours très efficace et très maîtrisé, évitant l'effet pour l'effet. Et puis, surtout, c'est hyper bien interprété. Evan Rachel Wood, qui joue Tracy, est juste impeccable, tout comme Holly Hunter et Nikki Reed, co-auteure du film, qui joue la pétasse-étalon que Tracy va prendre en exemple pour sa transformation.
Du coup, je regrette vraiment le manque de nuance et de finesse de l'histoire, parce que même si tout le reste est bien, c'est vraiment ce qui fait la différence entre un bon film comme Thirteen et un truc vraiment impressionnant comme The Long Way Home.
1 commentaire Mais le monde n'est rempli que d'archétypes. La descente aux enfer peut arriver aussi vite que dans le film et de manière aussi caricaturale. C'est ça la réalité. Le film est caricatural parce que la réalité l'est.
Nono () - 11.01.04, 11:19
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