18.01.04 - 16.15 Lost In Translation (3.5/5)
Pff, ça fait une semaine que j'ai vu ce film et j'ai toujours rien écrit dessus. Ma flemme me mettra à la rue, un jour, et vous regretterez d'avoir refusé de sponsoriser ma vie quand il en était encore temps. Heureusement, il vous reste encore quelques jours pour m'envoyer vos dons. Ceci dit, on pourrait croire que c'est pas très grave que j'écrive rien sur Lost In Translation, vu que tout le monde en a parlé deux mille fois, et que c'est un peu le chouchou actuel des critiques comme du public. Mais bon, fidèle à mon esprit de contradiction légendaire, qui m'a fait plaider des causes comme celles de la vente d'armes aux pays du tiers-monde, de la joie de jeter des papiers gras par terre dans des réserves naturelles ou encore des bienfaits universels de Julien Courbet, je suis pas tout à fait d'accord. Ha !
Bon, OK, je le suis quand même un peu. Lost In Translation est quand même, et c'est pas un petit mérite, une des seules comédies romantiques digestes que j'aie vue depuis un sacré bout de temps. En même temps ce n'est une comédie que de justesse, on est pas plié de rire à chaque réplique, mais à la limite c'est pas forcément plus mal, parce qu'il s'installe peu à peu dans ce film une espèce de finesse hyper classe dans le traitement de la relation entre les deux personnages principaux. Ils sont parfaitement incarnés par Bill Murray et Scarlett Johansson. Mais vraiment parfaitement. Ca veut dire que quand on les regarde jouer, on sent de manière presque palpable les sentiments parfois un peu bizarres et paradoxaux qui émanent de leurs personnages. Oui, parce que au cas où vous le sauriez pas, c'est l'histoire d'un quadragénaire et d'un fille de 25 ans, tous les deux mariés et américains (un malheur n'arrivant jamais seul), qui se rencontrent dans un hôtel de Tokyo où ils se trouvent pour quelques jours, et tombent plus ou moins amoureux (plutôt plus que moins d'ailleurs). Et là, bon, classique (mais pas tant que ça en fait), invocation du dieu Corneille, mais invocation très fine, sans les sabots en bois cloutés et les "vas y, ta mère, j'te hais point". Enfin bref, voilà, tout ça, c'est le gros point fort du film. Une situation pas facile à traiter avec finesse et pourtant rendue de manière incroyable, grâce aux acteurs et à la réalisatrice.
Et bon, OK, c'est impressionnant, mais c'est un peu mou. On se fait pas chier, mais on sent parfois la longueur du film (qui ne fait pourtant qu'un peu moins de 105 minutes). Ce serait idiot de se plaindre qu'un film de ce genre n'ait pas d'intrigue, mais une évolution un peu plus variée de la relation entre les deux personnages n'aurait à mon avis pas été de trop. À côté de ça, on peut aussi reprocher à Sofia Coppola (la réalisatrice) une vision un peu caricaturale du Japon et quelques gags un peu faciles (la scène de la douche, par exemple, qui cumule un peu des deux, en plus de pas être très bien foutue, puisqu'on voit très bien à l'image qu'avec un petit effort Bill pourrait remonter la fixation d'une bonne trentaine de centimètres). C'est pas très grave, puisque l'intérêt du film est ailleurs, mais on se souvient immanquablement de ces petits bémols en sortant de la salle.
Mais je vais pas cracher dans la soupe, Lost In Translation m'a plu. Moins qu'aux autres, apparemment, mais il m'a plu quand même. Et puis il m'a permis d'ajouter une nouvelle actrice à ma liste de Femmes À Épouser Absolument. Oui, c'est Scarlett Johansson.
5 commentaires preum's
moi elle est dans ma liste depuis Ghost World (c le seul truc que j'avais aimé du film d'ailleurs)
Guillaume - 18.01.04, 23:56 Ouais mais bon, elle est devenue majeure depuis, Guillaume...
gaelle (link) - 19.01.04, 00:46 Elle avait 15 ans salopard !
Brice (link) - 19.01.04, 00:58 J'arrive un peu tard, je l'ai vu qu'hier, et tiens, c'est marrant, j'ai exactement pensé la même chose de la scène de la douche (il y aurait là matière à débat sur un rapport à ma connaissance inédit entre le réalisateur et le spectateur), mais surtout, surtout, SURTOUT, parlant de "remonter la fixation d'une trentaine de centimères", pourquoi personne n'en parle, hein ? pourquoi ? pourquoi personne ne demande si on a bien viré le CADREUR après le tournage, ou si on a conseillé au PERCHISTE d'aller se muscler pour éviter que son MICRO n'apparaisse dans le champ au MINIMUM quinze fois sur le film ?? J'ai pas rêvé, tout le monde parlait de ça quand je suis sorti !! Là où c'est fort, ce que la première scène où ça apparaît, c'est celle du tournage du spot publicitaire, alors on se dit, aha, mis en abîme, tout ça, on nous montre tout les détails du tournage, etc, et ben pas du tout !! Quoi, c'est un détail ? Hé, t'imagines la tête de Brando déclamant "it smelled like slow death inside" avec le micro qui se balance au-dessus de son crâne d'oeuf ? Hé, les Coppola, y en a pas un qui peut apprendre son métier à l'autre ?
PyD
Pyderman () - 04.02.04, 19:09 J'avais pas vu ça, c'est vrai que c'est un peu la honte. Il va peut-être falloir faire comme Spielberg sur Duel : recadrer l'image pour faire disparaître les micros 
Brice - 12.02.04, 04:37
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