11.03.04 - 16.53 La vie comme elle va (2.5/5)
Parfois, il faut faire des concessions. Je serais bien allé voir Gerry, moi, mais vu que j'étais allé voir La jeune fille à la perle sans ae, elle m'a condamné à La vie comme elle va. Et à Une vie à t'attendre, aussi, mais c'est une autre histoire. En tout cas, elle aime bien les films qui parlent de la vie apparemment.
Et bon, celui-là, il est un peu particulier, parce que c'est en fait un documentaire sur la vie dans un petit village paumé de l'Aveyron (si je me gourre pas). Enfin, même pour un documentaire, il est un peu particulier, puisque le réalisateur habite lui même Najac, le village en question. Du coup, il connaît les protagonistes et il les met un peu en scène (ou alors ils le font tout seul et il leur dit rien). Donc bon, voilà, on le sait, c'est un peu biaisé dès le départ. Une fois que c'est dit, on peut regarder La vie comme elle va d'un oeil serein.
Jean-Henri (eh ouais) Meunier filme donc quelques habitants pittoresques de son bled. Il s'attarde sur certains, tandis que d'autres ne sont là qu'en toile de fond, mais quoi qu'il en soit, il les a bien choisis. Chaque personnage a son originalité : le "mauvais garçon" du village qui cherche sa "princesse" (bonne chance parce que ça a pas l'air très féminin, comme coin), la centenaire relou, le jeune syndicaliste de la Confédération Paysanne qui part avec un clown faire des spectacles pour les enfants de Bosnie, le mécano totalement dingue du boulot (sur qui Meunier aurait pu faire tout son film, ou à partir de qui il aurait pu tirer un magnifique personnage de fiction), le chef de gare feignant, bref, tous lui permettent de filmer des séquences drôles et / ou intéressantes. Donc, OK, ça marche, certains personnages sont vraiment attachants, on se marre un peu dans pas mal de scènes (même si c'est souvent aux dépens du protagoniste du moment), mais on sent quand même que ça va pas bien loin.
Bien sûr, on sent une espèce de volonté de nous servir un Bonheur est dans le pré réaliste, mais même si l'aspect "vie simple" peut parfois sembler attirant, on se rend quand même bien compte qu'ils s'emmerdent pas mal, à Najac, et que c'est peut-être même ce qui explique le côté atypiques des personnages. Il faut avoir un monde intérieur sacrément riche pour pas y déprimer.
Donc bon, au bout du compte, on a quand même l'impression de pas être bien plus avancé après le film qu'avant, même si on ne peut pas dire qu'il soit chiant ou désagréable. L'authenticité est un peu sabordée par l'évidente mise en scène des personnages, et on a plus l'impression d'avoir affaire à une sorte de matière première à partir de laquelle on pourrait développer des personnages fictifs qu'à de vrais portraits "sociologiques" ou à une vision réaliste de la vie dans un petit bled paumé. Voilà, j'ai rien d'autre à dire et je trouve pas de chute particulière, alors on va dire que c'est fini.
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