11.03.04 - 18.14 May (3/5)
Promis, à un moment je vais arrêter de mettre 3/5 à tous les films, mais pas aujourd'hui. Par contre, je tiens à faire amende honorable : je suis désolé d'avoir sous-entendu que Underworld était un film ultra goth. En fait, LE film ultra goth, celui qui figurera parmi les films cultes de toute une génération de jeunes filles habillées en noir et portant des corsets et des bagues armures uniquement pour me mettre dans tous mes états alors qu'elles sont à peine majeures, c'est celui-ci. May. Ultra Mega Hypra Giga Gothy May, ça aurait dû s'appeler. Avec un sous-titre du genre "The Scarification Of The Lonely Freaky Girl In Black". Et encore, ça aurait peut-être pas été assez préventif. Enfin bref, passons.
May est donc une jeune fille dont l'enfance a été durement marquée par un strabisme conséquent, qui l'a tenue à l'écart des autres enfants et a fait d'elle une grande solitaire. Et forcément, une fois adulte, elle a achevé sa transformation et coud maintenent elle-même ses vêtements en écoutant Sisters Of Mercy et en rêvant au prince charmant, en l'occurence un mec qui bosse dans une casse (ou un truc du genre) mais qui a de jolies mains (moi j'ai pas trouvé mais bon, les goths et les couleurs, hein...). Et puis bon, là on se rend compte qu'elle est encore plus bizarre qu'on le pensait, mais attachante quand même avec son petit monde intérieur et ses maladresses de fille pas adaptée mais originale blabla blabla, bref, ça sert à rien que je vous fasse un vrai portrait du personnage, parce qu'un mot suffit à le décrire à la perfection, et vu que j'ai déjà répété ce mot vingt fois, je vais me calmer avant d'avoir le fan club d'Evanescence sur le dos, bientôt rejoint par celui de Switchblade Symphony qui me tapera dessus en même temps que sur l'autre fan club en prétextant qu'Evanescence c'est pas goth, que toutes les filles qui mettent des grandes robes noires pour ressembler à la chanteuse sont des impostrices et qu'être goth c'est un état d'esprit, pas simplement un look et du maquillage. Là-dessus, Ptyx fera un commentaire sarcastique et le fan club de Cradle Of Filth fera son apparition pour y répliquer, me taper dessus, et en profiter pour mettre un coup de latte au passage aux deux autres hordes de fans en hurlant que Switchblade Symphony c'est du goth de fillettes. C'est là que les jeunes supporters d'Evanescence renchériront sur le même thème, en ajoutant que Cradle c'est un truc de vampires homosexuels maquillés comme les mecs de Kiss trente ans après. Et là, les fans de Kiss arriveront et tout ça dégénèrera en conflit de générations. Et vous êtes témoins : j'ai jamais voulu ça. Ceci dit, May, c'est plutôt du goth à la Switchblade Symphony. Je dis ça pour les spécialistes (ceux qui vont gueuler dans les commentaires, quoi).
Bref, on suit la vie de May, amoureuse pour la première fois, et c'est finalement pas si mauvais une fois qu'on a bien intégré le fait que malgré toutes nos protestations interieures, l'héroïne est attachante (je dirais même addictive, arh arh arh) et superbement interprétée par Angela Bettis qui change dix mille fois de registre au cours du film sans jamais baisser le niveau de son jeu. Par ailleurs, l'évolution du scénario est très bien foutue, et entraîne May sur des voies qu'on aurait jamais soupçonnées au début du film. J'aimerais bien en dire plus, parce que c'est une des grandes qualités du film, mais ça serait dommage de gâcher l'effet de surprise, alors j'en parlerai dans les commentaires avec l'avertissement adéquat. En plus de ça, le réalisateur est pas mauvais du tout et certaines trouvailles sont vraiment excellentes : le verre de la boîte de la poupée qui se fendille peu à peu ou encore la scène avec la poupée et les aveugles en sont de parfaits exemples. On peut peut-être dire qu'il se la pète un peu, mais personnellement, j'ai trouvé que ça passait bien.
En fait, j'aurais pu trouver May excellent s'il n'était pas aussi goth. Le truc, c'est que tous les clichés et tout ce qu'on s'attend à trouver dans un film directement adressé aux ados gothisants est rassemblé dans ce film. Du coup, non seulement on passe très près de l'overdose, mais ça enlève une grande part d'originalité à l'histoire, puisque l'univers du film, censé être décalé, nous est en fait très familier et ne crée donc jamais la surprise. C'est dommage, parce qu'il y a une volonté visible de faire de May une espèce de fable une peu barrée. Bon, ça marche quand même dans une certaine mesure, mais on sent que ça aurait pu être beaucoup mieux si le réalisateur s'était affranchi de tous ces clichés.
Par conséquent, mon opinion est mitigée. D'un côté, j'aime bien ce refus du réalisme et ce choix de la caricature qui transforment le film en fable et permettent d'aborder les thèmes de l'histoire avec une certaine distance, mais d'un autre, je trouve ça dommage d'avoir cédé à la facilité en stéréotypant autant l'ambiance du film à coup de dentelle noire et de fond de teint. Et puis c'est tellement grillé qu'il a été calibré pile pour rentrer dans la liste de films cultes des ados métallogothiques que ça m'énerve. Bon allez, la suite dans les commentaires pour ceux qui ne craignent pas les spoilers.
6 commentaires ATTENTION GROS SPOILER QUI TÂCHE
Oui alors le truc cool, c'est que ça commence comme une espèce de comédie romantique décalée et que ça se termine en slasher pas mal gore. Et c'est très bien fait, ça arrive lentement, en progressant de façon régulière, avec le bris de la poupée comme déclencheur. Comme en plus la fille joue super bien, cette espèce de descente aux enfers est vraiment jouissive. Et puis on retrouve le côté revanche des losers des vieux slashers, mais avec une pirouette finale sympa (je parle pas de la "poupée" qui s'anime, mais de ce qui se passe juste avant).
FIN DU SPOILER
Brice (link) - 11.03.04, 18:20 Tu commences à aller voir des films goths et tu finis par écrire dans Elegy mec. Fais gaffe c'est arrivé aussi à des gens biens 
Ptyx (link) - 11.03.04, 18:53 mouais... si j'ai bien compris, ce film est aux goths ce que "hackers" est aux nerds...
bin ça promet...
crevetor - 11.03.04, 22:48 moi je suis d'accord avec Ptyx.
si ca se trouve bientot tu vas aller voir des films sur la danse !
Guillaume - 12.03.04, 16:22 Derrière le "mouvement" Goth... n'y aurait-il pas un grand vide hyper-spatial ?
Romain () - 12.03.04, 23:08 Tu m'as donné envie d'aller le voir, j'y suis allée et j'en suis ravie... Très sympas, tes critiques
géraldine () - 14.03.04, 01:04
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