Cacochyme

15.03.04 - 15.16
Feux rouges (3.5/5)

Et voilà ! Après avoir vu une centaine de films "pas mal, sans plus", Feux rouges vient à mon secours. Il s'agit de l'adaptation du roman de Georges Simenon, que je n'avais jamais lu alors qu'à une époque je me bouffais les tomes de son intégrale à une vitesse ahurissante. Donc oui, à la base je l'aime bien, Georges. D'ailleurs c'est grâce à lui qu'il existe une série policière française acceptable à la télé (les Maigret avec Bruno Kremer). Mais bon, là ça n'a pas grand chose à voir.

En effet, l'histoire de Feux rouges est celle d'un couple qui va chercher ses enfants dans le sud de la France et qui s'engueule en voiture. Ouais, un peu comme quand papa rate la sortie, que maman fait la gueule, prend en mains la direction des opérations, et finit par perdre tout le monde dans la zone industrielle d'Issoudun, après quoi papa est vraiment énervé et dit que jamais il n'aurait dû accepter d'acheter cette maison en banlieue ouest alors qu'il avait un plan en or en Normandie, mais que forcément Mâdâme n'aime pas les vaches. En général, ça se termine assez mal et on arrive très très tard à destination. Eh ben là c'est exactement pareil, sauf qu'il se passe des trucs bizarres qui changent radicalement le déroulement normal de ce genre d'engueulades. En gros, sans trop en dévoiler, papa (Jean-Pierre Darroussin) se retrouve tout seul dans sa caisse parce que maman (Carole Bouquet) a décidé de faire le reste du trajet en train.

Le truc qu'a vraiment la classe dans ce film, c'est la descente de Darroussin. Au début, il est tout heureux de partir rejoindre ses gosses dans le sud avec sa femme, et puis, petit à petit, de micro-contrariété en micro-contrariété, il pète les plombs. De ce côté-là, le début du film est mortel, et je me suis reconnu sur pas mal de points dans le personnage de Darroussin. Après, une fois qu'il a vraiment lâché la rampe et qu'il crie yeehaa en roulant sur l'autoroute à contresens et à 140 sur les trottoi-a-a-a-ars, l'ambiance change mais le personnage est toujours traité avec autant de classe. Je dirais pas que Jean-Pierre Darroussin porte tout le film sur ses épaules, parce que Cédric Kahn, le réalisateur, mène vraiment la progression de l'histoire de main de maître, mais son rôle est tout de même prépondérant. D'ailleurs, ce film me servira d'argument supplémentaire contre les gens qui prétendent défendre Joël Schumacher en citant Chute libre, parce que Michaël Douglas dans ce film, à côté de Darroussin dans Feux rouges, c'est une caricature de Stéphane Collaro.

Je m'aperçois que c'est assez difficile d'expliquer ce que j'ai aimé dans Feux rouges sans trop en dévoiler, mais ça l'est encore plus de déterminer ce qui fait que ce n'est pas un film parfait, même si concrètement je n'ai quasiment rien à lui reprocher. Je peux éventuellement mentionner les dialogues de l'engueulade, que j'ai trouvés un peu trop écrits, ou encore la scène du téléphone qui, bien qu'elle soit finalement assez classe, a les défauts de ses avantages : si vous arrivez à passer dix coups de fils de suite et que la personne décroche à chaque fois à la première sonnerie, vous m'expliquez comment vous faites. Bon, je chipote, OK. Mais même si l'ambiance oppressante, la progression du lâchage de rampe du personnage principal et même la résolution de l'intrigue sont excellentes, je trouve qu'il manque un petit quelque chose pour faire de Feux rouges un film mortel. Je sais que c'est pas bien de médire comme ça gratuitement, mais il faut que je m'en contente, vu que j'arrive pas à mettre le doigt sur ce qui manque.

Ceci dit, je veux pas finir sur cette note négative, parce que le film est vraiment pas mal, dans un style sombre très marqué et superbement renforcé par la prestation de Darroussin, que j'aime bien globalement et qui est ici meilleur que jamais. Donc voilà, je finis sur une note positive. C'est quand même bien fait, hein ?

4 commentaires

Tu dis toutes ces jolies choses et tu lui mets que 3.5/5 ?!
Monsieur est bien avare de ces poin(g)(t)s. Toi à l'école des fans, t'aurais été le petit morveux qui met la pancarte 1 ou 2 à tout le monde. Salaud ! (Guillaume, tu noteras, j'ai pas dit "mon salaud").
gaelle - 15.03.04, 16:39

Ouais, j'hésite depuis le début à lui mettre 4, en fait. Je vais peut-être le faire, d'ailleurs.
Brice (link) - 15.03.04, 16:58

Bon en fait je vien de refaire un tour dans mes archives et je lui laisse 3.5. Y a des films comme ça, genre celui-là, Below, The Station Agent ou Pirates des Caraïbes qu'étaient pas loin du 4. Mais si je commence à mettre des .75 c'est la porte ouverte à toutes les fenêtres, alors je laisse ça comme ça et on considère que Feux rouges est un gros 3.5.
Brice - 15.03.04, 17:12

bon ok, ça me va avec tes explications (par contre, j'm'en fous, le final avec Pierre Bachelet, c'est moi qui le chante)
gaelle - 15.03.04, 18:15

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