25.03.04 - 21.19 Immortel (ad vitam) (3/5)
Et hop, encore une BD adaptée au cinéma. Cette fois, on a de la chance, elle l'est pas son auteur, ce qui nous préserve des surprises à la Blueberry. Quand j'étais jeune et lycéen, j'étais super fan d'Enki Bilal. Aujourd'hui, des BD comme Partie de chasse ou Les phalanges de l'ordre noir restent parmi mes références, même si j'ai un peu plus de mal avec La trilogie Nikopol (dont est tiré le film) et Le sommeil du monstre, à cause du dessin des personnages que je trouve un peu trop statique. Et non, je vous raconte pas ma vie gratuitement, parce que c'est justement le premier truc qui m'a marqué en regardant Immortel : les personnages en 3D sont très rigides, et j'ai eu beaucoup de mal à entrer dans le film à cause de ça. C'est bizarre d'ailleurs, parce que Bilal fait également jouer des acteurs en chair en en os (Linda Hardy, notamment, qui constitue un exemple quasi parfait de ce qu'on peut faire avec de la chair et des os), qui sont à mon sens bien plus efficaces que leurs partenaires modélisés. C'est d'autant plus étrange que certains rôles secondaires (voire certains figurants) sont incarnés par des humains, tandis que des personnages principaux sont en images de synthèse (rigides). Bon enfin je sais pas si c'est super grave, mais moi ça m'a gêné.
Les décors du film sont également dessinés et modélisés, mais là par contre ça fonctionne parfaitement. Autant j'ai pris un peu de recul par rapport aux personnages de Bilal, autant les décors de ses univers futuristes un peu rouillés me parlent toujours autant. Et dans Immortel, ça rend vraiment bien. Esthétiquement, on prend quand même une bonne claque revigorante. Les acteurs sont bien intégrés dans le décor et sont plutôt bons dans l'ensemble, y compris Linda Hardy, au sujet de qui j'avais quand même de gros doutes plein de préjugés avant la projection. Quant à l'histoire, elle reprend celle de la bande-dessinée, avec quelques modifications. Pas de surprise, donc, mais du coup c'est pas non plus l'extase totale, notamment à cause de l'histoire d'amour entre Jill et Nikopol, qui est traitée un peu par-dessus la jambe, dans le style coup de foudre inexplicable, mais que voulez-vous ma bonne dame, l'amour ça ne s'explique pas. Moi je veux bien, mais on reste quand même un peu sur sa faim.
Ceci dit, s'il y a un truc qu'on ne peut vraiment pas enlever à Immortel, c'est que c'est vraiment une oeuvre personnelle. Ca fait plaisir de pas sentir une once de formatage de tout le film. Par certains côtés, c'est même un peu naze, comme lorsque les acteurs se sentent obligés de déclamer de la poésie en regardant l'horizon, mais ça donne aussi un grande personnalité au film et ça contribue à son originalité incontestable. En fait, que ce soit par son esthétique ou par son ton, Immortel est réellement un film d'artiste, avec évidemment tous les avantages mais aussi tous les défauts que cela comporte. Enfin au moins ça change un peu.
Donc bon, je peux pas dire que j'aie été follement enthousiasmé par ce nouveau long métrage d'Enki Bilal, mais j'ai quand même trouvé que c'était un film agréable et qui surtout sortait des sentiers battus. Et puis du point de vue de la mise en scène (et d'un paquet d'autres trucs), il est incontestablement supérieur à Tykho Moon et Bunker Palace Hotel.
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