30.03.04 - 01.14 The School Of Rock (3.5/5)
J'aime bien Jack Black et j'adore Tenacious D, alors même si je suspectais le vieux film à la Mighty Ducks, je pouvais pas ne pas aller voir Rock Academy (avec un magnifique contresens dans la traduction, car on est quand même loin de la fabrication de groupe à la Star Ac'). Et bon, il faut bien l'avouer, le film a vraiment un côté déjà vu mille fois. Jack Black est un loser qui vit dans son rêve d'ado de devenir une star du rock. Se retrouvant forcé de trouver du travail, il se fait passer pour son pote instit et est embauché comme remplaçant dans une école privée super huppée. Et puis bon, au lieu d'apprendre les maths à ses nouveaux élèves, il leur enseigne le rock dans le but de les faire participer au grand concours de rock auquel il veut participer depuis longtemps. Ouais, voilà, ce genre de scénario, on le retrouve à l'identique dans environ quarante mille deux cent douze films. Même les différents retournements de situation, on les prévoit avant de rentrer en salle et on n'est pas surpris une seule fois. Donc, on tient effectivement un archétype de film américain ultra grand public pour mômes, baigné de bons sentiments et de clichés scénaristiques.
Et pourtant, c'est pas une grosse merde, loin de là. D'abord, comme personne ne peut manquer de s'en rendre compte, Jack Black porte une grande partie de ce School Of Rock sur ses épaules dodues. A coups de mimiques faciales hyper variées et de surjeu constant, évitant pourtant le piège de fatiguer à la longue le spectateur, il met une énergie ahurissante dans le film et se charge quasiment à lui seul de tout le comique du film. J'ai souvent pensé à De Funès, mais je pourrais aussi le rapprocher d'une version trash de Jim Carrey. Pour moi c'est des compliments (je préfère préciser parce que je pense qu'un paquet de gens pourraient en douter). Ceux qui connaissent un peu Tenacious D et les divers clips dans lesquels Jack Black a tourné reconnaîtront immédiatement son style, qui curieusement passe sans aucun problème du sketch au long métrage. Donc bon, clairement, Jack Black fait beaucoup pour The School Of Rock.
Mais malgré sa présence envahissante et la structure extrêmement rigide et prévisible du scénario, malgré aussi le côté "tout le monde est gentil" et l'inévitable happy end, le film est doté d'un réel charme et, aussi curieux que ça puisse paraître, d'une certaine forme d'authenticité typiquement rock. Bien entendu, tout cela transparaît sous une forme très enrobée, puisque le film est avant tout destiné aux pré-ados, mais n'empêche : la personnalité de Zack, la façon dont le film, par petites touches, lui fait endosser le rôle du songwriter tourmenté, ou encore les multiples références aux monde du rock sont autant de grandes réussites, d'autant plus remarquables qu'elles sont assez inattendues dans ce genre de comédie très formatée. Il y a aussi beaucoup d'énergie dans la mise en scène, bien entendue épaulée par une bande-son choisie avec soin et à-propos, et de jeunes acteurs très doués qui ont vraiment l'air de se marrer en jouant. Enfin, on retrouve aussi, avec un bonheur mêlé de surprise, le petit ton distancié tendance loser qui marchait déjà bien dans Almost Famous, film d'un genre assez éloigné mais traitant de sujets parfois proches. Bref, en gros, malgré une structure ultra rigide, ça parvient à bien remuer de l'intérieur.
Avant de m'arrêter, je voudrais prendre le temps de remercier le scénariste pour avoir introduit dans son film ce joli petit couple qui héberge Dewey (Jack Black) et qui est forcément inspiré de personnages réels. D'ailleurs, Mike, contacte-moi si tu lis ce texte, parce que si ça se trouve on se connaît.
Pas de commentaires
|