Cacochyme

14.04.03 - 14.33
-2m² pour vivre

Putain, je veux pas être vulgaire gratuitement, mais là merde ! N'importe quoi ! Ce matin (vers 13h), je sors lentement de ce qu'il convient d'appeler le sommeil du Juste et j'entends des bruits dans la pièce à côté (eh oui, j'ai deux pièces, moi, je suis un bobo, monsieur). Ca n'a l'air de rien, comme ça, mais c'est quand même assez bizarre, étant donné que je vis seul comme un chien et que je n'en ai pas. Du coup, je me lève, sans même prendre le temps de m'étirer dans tous les sens (ce qui au passage ruine ma "matinée") et me dirige, à demi-nu comme le roi du calbuth, vers le petit salon (ou la bibliothèque, ou la salle à manger, ou le bureau, consultez le plateau de jeu de Cluedo pour connaître tous les usages possibles de la pièce en question).

Et là, énervante surprise, je vois un mec qui ressemble au flic de Moi, César, 10 ans et demi, 1m39, accompagné d'un homme sans visage, et dont l'occupation actuelle semble être le rangement maniaque de mon boudoir (la pièce, pas le biscuit). C'est alors que mon légendaire sens du dialogue entre en action.

- Qu'est-ce que vous foutez là ?

- Je range.

- Oui, ça je vois bien, mais comment vous êtes rentré ?

- Je travaille pour votre agence immobilière, je dois faire un peu d'ordre parce que le propriétaire voudrait déposer quelques meubles.

- Hein ? Mais je veux pas de ses meubles chez moi oh !

- Ben c'est chez lui...

Là, je dis rien, parce qu'effectivement c'est chez lui, mais j'avais jamais envisagé un bail en ces termes... Bref, le mec se barre en me lançant un "on revient tout à l'heure avec le propriétaire et ses meubles". Cool. Je décide d'aller me recoucher, pour tenter d'effacer ce réveil abominable en prétendant ne pas m'être levé aujourd'hui. Evidemment, ça foire, parce que le proprio arrive un peu plus tard avec une petite table rectangulaire et deux chaises vaguement carrées. Je m'apprête à l'engueuler, mais je remarque immédiatement la supériorité indiscutable de son costard cravate sur mon caleçon, et décide donc de me la jouer plus diplomate. J'essaye de le convaincre que c'est dégueulasse de m'enlever deux mètres carrés pour vivre, sans succès. Je tente alors de négocier une baisse de loyer proportionnelle à l'espace perdu, mais ça rate encore. J'expérimente du côté de la menace verbalo-physique, mais le bougre sait très bien que la menace est la seule arme du menaceur, et il se barre en rigolant et en me conseillant de "ne pas faire de bêtise".

Je suis sur le cul. En fait, non : je suis sur le ventre, et cette fois je me réveille vraiment. Il est 13h, le sommeil du Juste s'achève en douceur et je m'étire dans tous les sens en pensant à ce rêve débile que je retranscrirai sur mon blog dans quelques minutes.

Un jour, on analysera très précisément les rêves et je serai arrêté et déporté sur Pluton par l'agence de sécurité et d'hygiène mentale de mon pays.

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